Femmes tchétchènes libres, une espèce en voie de disparition
Maintenant que le conflit en Tchétchénie s’est apaisé – ou du moins maintenant que tous les opposants sont éliminés, il est nécessaire de trouver un nouvel ennemi. Or le mal qui apparemment ronge la société tchétchène est la perte des valeurs traditionnelles ; le traitement préconisé est apparemment l’islamisation de la société. Et ce mouvement ne vient pas – directement – de mouvements intégristes, mais bien du président tchétchène, Ramzan Kadyrov – et ce sans aucune opposition de Vladimir Poutine, premier ministre russe. Ô surprise, les femmes sont les premières touchées. Kadyrov a décrété que les femmes devront désormais porter le foulard à l’université, que ce foulard deviendra en 2009 le hidjab, plus couvrant, et il affirme « qu’elles adoreront cela ». A quand la burqa et l’interdiction de sortir de chez soi?
Tandis que les hommes ne sont pas inquiétés, que les anciens soldats et miliciens de tous types ayant violé des dizaines et des dizaines de femmes pendant le conflit russo-tchétchène continuent paisiblement leur vie, ce sont les femmes qui sont désormais diabolisées et accusées de « démoraliser » la Tchétchénie. Dans cette logique, une femme qui se fait tuer est une femme soupçonnée d’avoir un comportement amoral : il est donc normal voire nécessaire de la faire disparaître. Quelle belle excuse pour justifier toutes les horreurs commises, viols, violences, humiliations empreintes de misogynie. Quoi de plus simple que de rejeter la faute sur celles qui ne peuvent pas se défendre ? Bientôt on verra peut-être des agresseurs récompensés d’avoir lutté contre la supposée décadence féminine ; bientôt la peur régnera dans les esprits, exactement comme avant ; bientôt les femmes tchétchènes libres n’existeront plus.
Raphaëlle SARDIER
Votre article sur les femmes me soulage car étant moi même tchétchéne je me considére comme femme libre du moins j’essais de l’être , mes parents tchétchénes sont d’accord avec le president tchétchéne, moi même je lutte contre mes parents contre les traditions, contre mon peuple en leur disant qu’une femme a le droit d’être libre et qu’ils ne sont que des humains eux mêmes et qu’ils ne peuvent juger les gens de cette façon. C’est trés dur , j’ai reçu des menaces de mort ,mais ayant un esprit trés français je sui consideré comme « tarée » de la famille. Votre critique , votre artcile c’est exactement ce que je pense , au faite ça m’a soulagé de voir cet article .Merci j’espere qu’il y aura encore plus de personnes pour voir que c’est le mashisme qui est persistant en tchétchénie et non pas l’islam.