Détérminés à entrer à Sciences Po
Quand Arthur Schlomoff a décidé d’entrer à Sciences Po, il avait passé toute sa vie au Brésil. Sans connaître la procédure internationale, il est parti en France, où il a passé son bac. Très déterminé à entrer à Sciences Po, il a fait une classe préparatoire pendant l’été de 2007. À la fin des vacances, il a passé le concours Bac+0.
Quelques mois avant, Aiko Cortés avait passé l’épreuve orale de la procédure internationale à Santiago, Pedro García lui l’avait présenté au lycée français de Mexico, et Gabriel Gutiérrez, salvadorien, était allé au Guatemala pour passer son oral.
En sortant de la salle d’évaluation, Arthur, Aiko, Pedro et Gabriel ont eu le même désagréable sentiment de ne pas avoir réussi à leurs épreuves. Après en avoir reçu confirmation par écrite, la déception est devenue définitive. Comment ont-ils trouvé de la motivation pour postuler deux fois dans cette école ?
Étant sa première option, Arthur avait passé tout son été à préparer le concours, aussi cet échec fut-il quelque peu démotivante. Ensuite, il a dû passer à son plan B : une prépa hypokhâgne près de Paris qu’il a commencé tout de suite après l’été. Pour Aiko, avoir raté son oral ne l’a pas empêchée de partir à Poitiers, où elle aussi, elle a commencé une prépa littéraire. Elle raconte des souvenirs similaires à ceux d’Arthur. La somme de travail de la prépa l’avait mise sous beaucoup de pression.
Quant à Pedro et Gabriel, ils ont avoué ne pas avoir été très motivés lors de leurs oraux. Pedro n’était pas sûr de ce qu’il voulait faire comme études en sortant du lycée el lapossbilité d’aller à Sciences Po n’a véritablement commencé à lui plaire qu’après avoir passé son entretien. D’une façon presque similaire, Gabriel n’était pas convaincu de partir à Poitiers, il était beaucoup plus attiré par une grande ville comme Paris. Même si ces deux étudiants avaient des notes brillants au lycée, ils ne se doutaient pas que des questions personnelles allaient avoir autant de poids dans leurs admissions à Sciences Po.
Ne pas avoir été admis a été décourageant pour Pedro. Aujourd’hui, deux ans après son premier essai, il reconnaît que la motivation – ainsi que d’autres facteurs circonstanciels – ont dû jouer un rôle dans son échec. Après les résultats, il est resté au Mexique, où il a étudié un an les relations internationales à l’UNAM, une réputée université de l’enseignement public. En revanche, Gabriel était plus déterminé à partir à Paris pour faire une prépa Sciences Po afin de passer le concours Bac+1.
À la recherche de motivation
Rater un concours d’admission est sans doute un coup dur pour le moral. Après cet échec, comment ont-ils trouvé l’envie d’aller de l’avant ? Arthur dit avoir retrouvé sa motivation grâce à un ami de la prépa qui voulait aussi entrer à Sciences Po. Préparer l’admission tout seul aurait été très dur, c’est pourquoi il faut avoir un bon entourage. Ironiquement, celui qui a aidé Arthur à retrouver son moral n’a pas réussi à entrer à Sciences Po.
Pour Aiko, ne pas postuler à nouveau signifiait rester sur un échec et laisser cette affaire comme inachevée. De la même manière, pour Pedro, cela n’a pas tellement été un désire académique mais plutôt un besoin personnel. Savoir qu’il n’avait pas été capable d’entrer dans cette école le frustrait. Pour Aiko tout comme pour Pedro, entrer à Sciences Po avait aussi un sens dans leur développement personnel.
Aujourd’hui, les quatre sont étudiants en première année. Aiko et Gabriel ont passé l’entretien le même jour à Poitiers. Le Salvadorien avait décidé de venir à Poitiers au lieu de faire le concours pour entrer à Paris. Il m’a confessé avoir raté l’analyse de l’article, mais comme il avait une vision différente de cet entretien, les questions personnelles lui ont ouvert les portes de l’école. Pedro a refait son entretien à Mexico, où il assure avoir été plus à l’aise grâce à la présence de Smilja Dabène. Arthur a réussi l’écrit et l’oral du concours Bac+1, qui d’ailleurs n’existe plus aujourd’hui.
Enfin, je me suis demandé si l’expérience avait laissé des traces.
« En quelque sorte, c’est comme si j’avais redoublé », a expliqué Arthur. En effet, ils sont en retard par rapport aux autres premières années et ils perçoivent cet écart dans l’âge – parfois même avec les deuxièmes années. Pourtant, cette année-là n’a pas été en vain. Pedro assure que le fait d’étudier dans une université de l’enseignement public a été très gratifiant, puisque c’était un changement par rapport aux lycées privés que la plupart des Latino-américains à Poitiers ont l’habitude de faire. Aiko et Arthur profitent encore des connaissances académiques acquises à la prépa lettres, notamment celles de l’histoire de l’Europe qui les ont mis à l’aise pendant le premier semestre. Quant à Gabriel, il a tout simplement parlé avec nostalgie de son année de vie à la parisienne.
Rafael MILLÁN
Photo de l’accueil : dcJohn

Mh… ya sabía que habías entrado por orgullo… hahaha… pero sea como sea, te extrañamos mucho Trinidad…