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Politique de la France en Amérique latine

Le Mercredi 29 avril en Amphi Bolivar, s’est déroulée la conférence de Madame Elisabeth BETON-DELEGUE, actuellement Directrice des Amériques et des Caraïbes du Ministère des Affaires étrangères.

La France est exposée par Madame Delegue comme une capitale perçue avec sympathie, sans doute par rapport au voisin des Etats-Unis. Certes, la francophilie de l’Amérique Latine se dévoile particulièrement dans le cadre de la culture et de l’éducation : les Lycées Français sont réputés pour leur excellence académique, les centres cultures font preuve d’un suivi constant à travers l’organisation de colloques, conférences, expositions. Les parcours de jeunes latino-américains ayant fréquenté l’Alliance Française locale, étant partis en France pour poursuivre leurs études, ayant peut-être obtenu une bourse, sont de moins en moins surprenants et de plus en plus fréquents. L’Amérique Latine est sans doute tournée vers la France.

Or, la conférence portait sur le sujet fort débattu de la Politique de la France en Amérique latine. Madame Delegue a commencé par nous rappeler, encore une fois, « l’influence des philosophes des lumières sur les processus d’indépendance en Amérique Latine ». Certainement, et tout comme la Révolution Américaine, l’exemple français a eu un rôle clé dans les révolutions latino-américaines, qui demeure largement exagéré par l’historiographie européenne. Pourtant, pour de nombreux pays, le lien avec la France est tout aussi réduit que cette influence des lumières, qui clairement s’exerça uniquement sur les élites locales du système colonial.

Madame Delegue a sans doute fait preuve de bonne volonté en nous rappelant que le président Sarkozy s’est déjà rendu au Brésil et au Méxique. Cet intérêt réside sans doute dans le partenariat stratégique visé ; elle nous rappele que ce sont « les pays émergents avec lequel la France a le plus de vues communes ». Il s’agit donc d’un allié de circonstance ? Oui, l’Amérique Latine est entrée la mondialisation. Son idée reste peu convaincante. Des limites certaines se dessinent pour ce partenariat conjoncturel. La relation avec le Méxique est plus récente mais il s’agit de l’accompagner dans « son futur rôle : ne plus être l’arrière-cour des Etats-Unis ». Le type d’approche avec le Brésil est similaire : Sarkozy rejoint Lula Da Silva pour préparer le G20 conjointement. A part le cas d’Ingrid Bétancourt, l’intérêt de la France se manifeste rarement pour l’Amérique Latine, cette dernière ayant apparemment moins de liens affectifs avec les hommes politiques français.

Quelles sont donc les bases pour la politique de la France en Amérique Latine ? D’après les propos de Madame Delegue il s’agirait en partie de profiter de la fenêtre d’opportunité due au délaissement de l’hémisphère par George W. Bush, avant que ceci ne change avec Barak H. Obama. Nous nous demandons si la France peut se permettre d’observer toujours l’Amérique Latine comme un « laboratoire de la gestion sociale », tel le fait la ministre du Logement Christine Boutin au Brésil ? Peut-on consolider une relation politique basée sur un rejet pour (ou par) les Etats-Unis ? Il semblerait que la France perd en crédibilité tout comme en puissance. C’est le cas lorsque des fonctionnaires français affirment, tel Madame Delegue, que l’Union Européenne limite la portée de l’influence française en Amérique Latine. Ce n’est pas le cas avec l’Espagne, partenaire commercial par excellence de l’hémisphère, faisant partie de l’Union Européenne depuis 1986. Ne vous méprenez pas, l’Union Européenne n’est mal reçue en Amérique Latine. Mais elle n’est tout de même pas perçue comme un idéal d’intégration à suivre minutieusement. Il s’agirait de rappeler à Madame Delegue que l’Union Européenne est tout de même le second partenaire de l’Amérique Latine, et ceci toujours à la suite des Etats-Unis.

Sofía MADURO

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