La Chorale de l’Université de Poitiers
Une répétition…
C’est mercredi soir, rendez-vous à 19h45 dans l’amphi du bâtiment de Sciences Naturelles de l’UFR de Poitiers. Peu à peu, la salle se remplit au fur et à mesure que les plus de cent choristes arrivent et s’installent à leurs pupitres. C’est un tableau assez pittoresque : des hommes et des femmes, certains avec des barbes ou des moustaches grisonnantes, d’autres en jeans et portant leurs sacs de l’université. En effet, la chorale regroupe des chanteurs de tous les âges : membres du personnel et étudiants de l’université sont bienvenus, tout comme les étudiants faisant leur cursus ailleurs.
Voilà, après quelques minutes de bruit et désordre, la directrice de la chorale, Dorothée Schmidt-Maillard fait finalement son entrée. Elle se tient en face, comme un professeur qui s’apprête à donner sa classe. Seulement cette classe commence avec quelques exercices de détente physique, pour préparer le corps à l’exercice du chant. Bouger la tête, étirer les bras, bâiller pour préparer la position interne de la bouche. Un peu étrange ? Pas tellement en comparant avec ce qui vient après. De petits cris s’élèvent, puis deviennent plus forts et plus chaotiques, le but étant de réveiller la voix. Certaines essayent même d’imiter une sirène d’ambulance ! Ensuite les exercices deviennent plus normaux. Juste quelques-uns pour échauffer la voix, et la répétition commence.
Pour apprendre plus facilement les chansons, la chorale se divise en voix. Les ténors, les basses, les altos et les sopranos se séparent alors dans quatre salles différentes et essayent de déchiffrer les partitions des chansons. Ce n’est pas si évident que ça, surtout si l’on considère qu’il y a des gens de tous les niveaux, c’est-à-dire que quelques-uns sont à l’aise en solfège et d’autres ne le sont pas. Pour leur faciliter la tâche, Dorothée enregistre des CDs dans lesquels elle chante chaque voix, ce qui permet à tous d’écouter la chanson et de l’apprendre par cœur. Au programme de cette année, on y trouve un grand nombre de chansons romantiques françaises, de Fauré jusqu’à Gounod. Elles peuvent faire suer. Les harmonies ne sont pas évidentes !
Après une petite pause pour se détendre (ou aller au toilettes) la chorale se réunit à nouveau dans l’amphi pour mettre en commun les mélodies apprises. C’est alors que le miracle arrive. Les voix s’unissent pour créer des sons magiques. Des harmonies se créent, on sent que la musique commence à remplir l’amphi. Impossible de ne pas se laisser emporter. Après les efforts et les difficultés, on peut sentir que la petite mélodie de chaque voix prend sa place et se mêle aux autres dans la totalité de la chanson. Ça laisse toujours un sourire sur les lèvres.
Des fois, bien sûr, l’inspiration peut déconcentrer les choristes. Lorsqu’on ne se soucie plus de la technique, ce n’est plus magique, mais tragique. Heureusement, Dorothée est là pour intervenir. En donnant quelques indications au groupe, elle permet à chacun de corriger ses erreurs. Voilà la beauté du chœur. Pas besoin d’avoir des cours particuliers de chant ; en s’écoutant mutuellement et en écoutant les indications, chacun peut travailler sa justesse, sa technique et améliorer sa voix.
Il est maintenant 22h, donc quelques chants de gospels pour finir la répétition, aussi au programme de cette année. Les « negro spirituals » sont toujours un plaisir à chanter. Faciles à apprendre et à interpréter, ils requièrent beaucoup de force et d’attitude. On se lève, on applaudit et on chante comme si on était dans une église. Un exercice parfait pour finir la répétition en toute convivialité.
Vingt-deux heures quinze, l’heure de rentrer chez soi. On sort dans le froid glacial de la rue et chacun prend son chemin. Prochain rendez-vous, mercredi prochain
Un peu d’information
La chorale de l’université de Poitiers est une association créée en 1988 et qui fonctionne depuis. Elle permet d’intégrer le personnel de l’université et les élèves autour d’une passion unique : la musique. Il s’agit d’une chorale qui compte déjà un répertoire très varié et une expérience considérable. Il y a deux ans elle est partie chanter le Canto General à Santiago de Chile, et cette année, un autre voyage est envisagé. Elle est présidée par Guillaume Bourgault depuis 2006, et les neuf membres du Conseil Administratif de la chorale se chargent de trouver les lieux pour les concerts, de faire de la publicité et de gérer les comptes de la chorale. En effet, celle-ci doit retrouver du financement pour acheter des partitions (cette seule dépense peut avoir un coût de près de 2000 euros par an), ainsi que pour payer le chef de chœur et les musiciens qui l’accompagnent. La chorale reçoit une généreuse subvention de l’Université de Poitiers et une autre de la ville de Poitiers. Le reste de l’argent est récolté grâce à la vente de CDs et aux quelques concerts. La chorale compte un effectif stable d’à peu près 150 choristes. Les étudiants présents représentent bien sûr le groupe le plus variable puisqu’ils sont souvent juste temporairement à Poitiers. Le but de la chorale étant de recevoir le plus grand nombre de gens possibles, le répertoire change chaque année pour toujours permettre aux nouveaux gens de s’inscrire.
Chers lecteurs, si vous vous êtes amusés pendant cette répétition, n’hésitez pas à aller aux concerts ! La chorale vous attend le 16 décembre (lieu en attente de confirmation), puis en avril, mai et juin.
Magdalena Arbelaez