Quel futur pour nos projets collectifs ?
En 2006, à Poitiers, une grève de la faim de 98 sans-papiers rend la question des personnes en situation irrégulière embarrassante pour les autorités. Au cours de cette manifestation, six étudiants de notre campus avaient organisé dans le cadre de leur projet collectif « Citoyenneté sans-papiers » une table ronde dans les locaux de Science Po. Un événement qui avait réuni des gens de divers horizons et qui avait même capturé l’attention des journaux. Pourtant, ils sont peu nombreux ceux qui se souviennent encore de cette histoire, presque tombée aujourd’hui dans l’oubli.
C’est pourquoi la semaine dernière, j’ai demandé à Olivier Dabène de me montrer les archives des projets collectifs. Durant ces dernières années, beaucoup d’entre eux ont rencontré du succès : les Visages de l’Amérique latine, l’Opalc, l’Espoir Crédit et tant d’autres. Mais à côté, il y a eu aussi beaucoup de bonnes idées, tout simplement abandonnées. Ce n’est pas étonnant, malgré les efforts de l’administration, qu’un projet collectif ait peu de possibilité de survie.
Réfléchissons un instant sur comment nous avons procédé jusqu’à présent pour transmettre des projets de génération en génération. Cela fonctionne de la manière suivante : au début de l’année scolaire, le Directeur présente les projets de l’année précédente valant la peine d’être repris, mais si un projet ne trouve pas d’équipe, il n’est pas présenté l’année suivante. Autrement dit, un projet abandonné ne peut être mis en veille. Cela pose donc un grand défi, puisque la continuité d’un projet collectif – indépendamment de sa qualité – dépend de sa visibilité. C’est-à-dire, un projet n’a pas le droit d’être suspendu plus d’une année, sinon, il n’y aura plus personne pour transmettre le projet aux générations suivantes. Galep (Guide de l’Amérique Latine, de l’Espagne et du Portugal) en est le meilleur exemple. Olivier Dabène l’a proposé l’année dernière, mais après 12 mois d’inactivité, il n’a pu être repris. En effet, à cette rentrée 2009, il n’a pas été proposé.
Posons-nous maintenant la question sur la visibilité soulevée la semaine dernière par Olivier Dabène lors de la réunion des chefs des projets collectifs. Il souhaiterait qu’une solution soit rapidement trouvée. Ce problème a des conséquences beaucoup plus complexes qu’uniquement une faute de continuité. Monsieur Dabène reproche un manque de communication individuelle des projets au cours de l’année académique, puisque hors du campus, on a l’impression que les étudiants de Sciences Po ne sont pas suffisamment engagés. Aussi, son objectif serait que chaque projet annonce publiquement et régulièrement son évolution.
Le Directeur a soumis cette tache à l’ensemble des étudiants. Déjà, quelques solutions ont été proposées pendant la réunion. Par exemple, le site Web du campus pourrait avoir un espace pour tenir les gens informés de l’avancement de chaque projet. Une autre réponse a été de créer un blog où chaque équipe publierait des mises à jour ou bien une rubrique dans ce journal – spécifiquement conçue pour les projets collectifs – pourrait être ajoutée. Toutes ces idées permettraient de démontrer que le campus a une vie étudiante très active, et ce serait aussi une façon de mettre à disposition des prochaines générations des archives publiques quant aux projets collectifs.
Ce serait comme une sorte de projet collectif pour donner de la visibilité aux projets collectifs. Ce serait génial – si on réussissait à le faire marcher ! Quelle que soit la solution choisie par les étudiants, il faut se rappeler que pour que cela fonctionne, les projets collectifs doivent être motivés un par un pour que puissent être publiées des annonces pendant toute l’année, une motivation qui pourrait être inégale selon le projet. Par ailleurs, nous pourrions aussi nous demander si le problème de la visibilité est réellement dû à l’absence d’un lieu pour rendre visible. Quelle embrouille, si le projet des projets était lui aussi abandonné.
Rafael Millán
Je vote milles fois pour la création d’une rubrique spéciale dans VOTRE journal, dont je dois dire que je suis fan XD. Quoi de mieux qu’un projet collectif pour mettre en valeur… un projet collectif !?
Un beso al equipo ^^