Renoir, plus qu’une sommité, une personnalité
Derrière la mathématique des chiffres, un art ; 3,5 millions d’euros de budget, 3 ans de préparation, 350 000 visiteurs attendus, 150 œuvres exposées, 1500 m² d’exposition et 60 à 80 agents de sécurité ne pourront saccager les mérites de l’esthétique du style renoirien.

Renoir au XXe siècle
23 septembre 2009 – 4 janvier 2010
Galeries Nationales du Grand Palais
Avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
01 44 13 17 19
L’exposition se tenant du 23 septembre au 4 janvier 2010 à Paris retrace la florissante période artistique d’Auguste Renoir du début du XXe. Empreint d’une nostalgie indiscutable, il rompt au tournant du siècle avec les logiques impressionnistes pour diluer sa peinture dans une sensualité féminine charnelle. Ce sont effectivement les œuvres caractérisées par une maturité artistique qu’adulateurs passionnés tout comme novices curieux peuvent admirer en déambulant dans les sobres galleries du Grand Palais.
Nues voluptueuses, baigneuses généreuses de sensibilité, portraits témoignant des sentiments à fleur de peau du peintre et ambiances bourgeoises romantiques se succèdent, laissant transparaître un Renoir vieillit, serein, méditatif. Bien que déclarant se chercher à cinquante ans, il déclarera en 1913, six ans avant sa mort « je commence à savoir peindre », alors qu’il se consacre à la sculpture.
La peinture représente pour Renoir l’art « d’égayer les murs » plus qu’une voie d’expression de l’émotivité mature qui transparait cependant dans ses acryliques, ses sanguines et multiples autres esquisses au fusain.
Fût-ce Cagnes, où il dût se rendre pour raisons médicales, ou le détachement artistique de Mallarmé, à l’origine de cette saisissante parenthèse de vie ? Nul ne le sait, bien que l’exposition offre d’abondantes pistes pour cerner la psychologie du personnage plus que la conversion artistique qu’il opéra en entrant dans un nouveau siècle.
Sophie Ranger