Aux urnes, Sciences-potes !
Dans le hall du campus délocalisé de Poitiers, l’arrivée du mois de février s’accompagne d’une floraison de tracts électoraux et d’une multiplication des affiches- tapisserie. Les syndicats étudiants font campagne.
Car ce mardi 9 et mercredi 10 février 2010, à Poitiers comme dans l’ensemble de la France, les étudiants de l’Institut Etude Politique de Paris sont appelés aux urnes pour élire le syndicat étudiant qu’ils souhaitent voir les représenter. « Votre participation à ces élections est primordiale » nous écrit l’administration de l’école insistant sur le fait « le vote est un droit mais aussi un devoir ! ». Alors avant de mettre notre scrutin dans l’urne, des représentants des trois syndicats présents sur le campus de Poitiers -UNEF, InterZaide Facverte, et le Met-, ont accepté, à travers la défense de leur propre couleur, de nous éclairer davantage sur le rôle des syndicats étudiants et leurs fonctionnements ainsi que sur l’importance des élections et de notre vote.
- Un syndicat étudiant, c’est quoi ?
Le syndicat étudiant se défini comme une organisation de représentation étudiante chargée de représenter et de défendre les intérêts des étudiants. Mais une telle définition, aussi communément admise soit-elle, soulève de nombreuses questions : comment ces syndicats fonctionnent-ils ? Auprès de qui agissent-ils ? Comment défendent-ils les intérêts des élèves ? « A Sciences-Po, le rôle premier d’un syndicat étudiant est de représenter et de défendre les droits de leurs camarades auprès de l’administration et dans les Conseils de Sciences-Po» répondent les syndiqués. En effet, dans notre école, les syndicats étudiants agissent notamment auprès du Conseil de Direction, où se détermine la politique générale de l’établissement, ainsi qu’auprès de la Commission Paritaire qui s’intéresse à la vie étudiante et la pédagogie et « réglemente les conditions d’exercice des libertés politiques et syndicales, les activités culturelles et les décisions relatives à la gestion des services organisés dans l’intérêt des élèves ». Les représentants insistent aussi sur le rôle de relais joué par les syndicats auprès des autres étudiants : « Les syndicats ont aussi un rôle d’informateur auprès des étudiants, en les tenant au courant de l’évolution de leurs actions et des décisions de l’administration. Ils doivent ensuite être à l’écoute, prendre en compte et faire remonter les demandes des étudiants, sans fonctionner en vase clos. » explique Patrice, représentant du syndicat InterZaide FacVerte. De même, Mate, membre de la commission paritaire de l’UNEF souligne que son syndicat a « aussi une responsabilité sociale et travaille avec les administrations et acteurs sociaux en faveur de l’implantation de politiques sociales et/ou économiques plus justes. »
- Comment fonctionnent-ils ?
Le « Pourquoi » d’un syndicat étudiant étant désormais explicité, par les réponses croisées de nos camarades, il convient désormais de s’intéresser au « Comment ». Chaque syndicat présentant ses spécificités propres, les paragraphes ci-dessous permettent à chacun des candidats d’expliquer leur mode de fonctionnement et leurs moyens d’action.
Le MET (Mouvement des Etudiants) rassemble désormais des syndicats présents à Sciences Po depuis de nombreuses années : Nouvelle donne et l’Uni. « Notre syndicat est un rassemblement large d’étudiants qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes ambitions pour leur école. Nouvelle Donne s’est joint à une nouvelle organisation nationale extrêmement large regroupant plus de 40 associations et syndicats étudiants tels que la corpo Paris V, Fac+, BU by night, la fédération des étudiants africains de France (la FEAF), la fédération des étudiants de l’enseignement libre et nombreux autres». Les représentants nous en explique le fonctionnement : « Contrairement à d’autres syndicats, le MET de Sciences Po dispose d’une grande marge d’indépendance parce qu’il constitue une fédération, et non pas un syndicat hiérarchisé et affilié idéologiquement à un parti politique : nous profitons donc d’une large liberté quant à nos revendications. Nous formulons chaque année des propositions visant à améliorer l’organisation de Sciences-Po (ou à s’opposer à une réforme qui irait à l’encontre de notre projet, comme la réforme des langues). Ces propositions sont votées et adoptées par les conseils de Sciences-Po. L’année dernière nous avons ainsi obtenu la suppression du nouveau règlement de prêts inter-campus et la mise en place de crédits ECTS pour les étudiants qui s’engagent dans des associations.
Enfin, nous comptons dans nos adhérents des étudiants de toutes les années et de tous les masters y compris la Prep’ENA et de tous les campus (Paris et chaque campus délocalisé), ce qui n’est pas le cas de tous les syndicats.
Cela nous permet de mieux comprendre les préoccupations de chacun ainsi que d’avoir en permanence un interlocuteur à qui s’adresser ».
[Pour voir le bilan complet de mandat et avoir davantage d’informations sur ce syndicat : http://met-scpo.fr/ ]
Interzaide Fac-Verte est un syndicat étudiant présent à Sciences-Po depuis 4 ans. « Le fonctionnement d’Interzaide-Fac Verte est très particulier. Nous travaillons de manière totalement collégiale et démocratique. Pas de président, pas de secrétaire général, toute personne qui se reconnait dans nos idées et souhaite intégrer le syndicat est bienvenue et sa voix compte tout autant que celles des autres membres du syndicat. Ensuite, comme nous sommes dispersés sur tous les campus de Sciences Po, nous travaillons beaucoup sur internet pour faire circuler l’information, donner son avis, construire des propositions, se positionner sur les différents thèmes qui font débat, intégrer et relayer les demandes des étudiants. Nous avons choisi aussi de créer un syndicat qui n’existe qu’à Sciences Po, pour se concentrer sur ses problématiques propres sans entrer dans une logique syndicale nationale. Totalement indépendant des partis politiques et sans cotisation des membres, nous vivons simplement de la subvention de Sciences Po» nous expliquent les membres. « Par exemple, nous avons participé à la réforme du concours d’entrée pour que celui-ci ne soit plus un objet de séléction sociale mais vraiment de mérite personnel. Son déplacement juste après le bac, la création d’un oral et la modification des épreuves sont pour nous une réussite. Un autre exemple de nos actions : nous avons obtenu après plusieurs années d’effort, l’instauration d’un vrai diplôme de fin du 1er cycle, le Bachelor, qui assure une visibilité internationale au premier cycle et ne bloque pas les étudiants pour 5 ans à Sciences Po, mais restons dans le même temps particulièrement vigilants afin de s’assurer qu’il n’entraîne pas une sélection avant d’entrer en master ». [Pour voir le bilan complet de mandat et avoir davantage d’informations sur ce syndicat : http://www.interzaide-facverte.org ]
L’UNEF est un syndicat présent dans tous les établissements d’enseignement supérieur. « Engagé et socialement actif, notre syndicat compte plus de 30.000 adhérents à niveau national et plusieurs centaines à SciencesPo ». Mate, qui en défend ici les idées, nous explique le mode de fonctionnement et d’actions de ce syndicat à Sciences-Po : « L’UNEF compte plusieurs centaines d’adhérents à SciencesPo. La négociation est notre arme principale pour améliorer les conditions d’étude, aides sociales, problèmes administratifs, etc… Notre force réside dans les nombreux étudiants qui adhérent et/ou votent pour nous, ainsi que dans notre expérience étant donné que nous sommes le plus ancien syndicat étudiant, et enfin dans notre condition de syndicat national-local qui nous permet d’avoir une communication et action efficaces tant au niveau de SciencesPo qu’au niveau de l’enseignement supérieur. Par ailleurs nous éditons régulièrement des « lettres des élus » pour mieux informer les étudiants de nos actions dans les conseils et sur le terrain ». Et comme les autres syndicats, Mate nous donne quelques exemples de leurs réussites et actions : « Nous avons mené de nombreuses actions et réussi des changements significatifs tant à niveau de SciencesPo, exemple la réforme du concours, comme à niveau des collèges universitaires, exemple du retrait de la réforme du prêt entre sites ». [Pour voir le bilan complet de mandat et avoir davantage d’informations sur ce syndicat : http://unefiep2009.wordpress.com/ ]
Ces trois syndicats sont représentés sur le campus de Poitiers par des camarades poitevins syndiqués ; cependant n’ayant pu trouver de représentants des autres syndicats, je vous invite à consulter aussi la présentation sur le site de Paris des différents syndicats de Sciences-Po.
- Pourquoi voter aux élections syndicales ?
« Le vote de chacun est très important » insistent les différents représentants syndicaux ; en témoigne la réponse à la question simple mais essentielle « Pourquoi voter ? ». Le syndicat InterZaide insiste sur le fait que notre vote permet « de donner une vraie légitimité et du poids aux syndicats étudiants dans leurs discussions avec l’administration. Des étudiants élus par une minorité des étudiants, ce n’est pas un contrepoids efficace. Nous avons la chance d’avoir un taux de participation (environ 25%) supérieur à celui de l’université, mais cela reste insuffisant pour une école qui se veut démocratique et forme des futurs décideurs. Les syndicats ont leur mot à dire, mais pour cela, il faut leur donner la légitimité de leur action ! Par le vote ! ». Une idée partagée par les autres syndiqués, comme en témoigne la réponse de l’UNEF « La légitimité de nos élus réside dans les votes qu’ils ont reçus. En tant qu’Institut d’Etudes Politiques nous devons être sensibilisés aux élections et montrer les qualités de la démocratie étudiante : votre vote et fondamental ! ». Enfin, le MET quand à lui ajoute : « Si vous êtes fiers de votre école, des conditions dans lesquelles vous travaillez ainsi que des opportunités de réussir qui vous sont offertes, mais que vous estimez pouvoir les améliorer grâce à votre contribution personnelle, si vous souhaitez améliorer Sciences Po par vous-même, vous faire entendre, que l’on partage vos idées et qu’elles aboutissent à un projet et à des actions concrètes, adhérez à un syndicat ! Adhérer à un syndicat vous permettra d’orienter votre école vers vos besoins, vos projets, et vous verrez que ces aspirations sont partagées par un grand nombre d’étudiants ; l’union faisant la force, c’est tout le rôle d’un syndicat. »
Les présentations ainsi faites, les enjeux mieux explicités, chacun des syndiqués vous invite désormais à éplucher leurs tracts et leurs sites internet pour découvrir leurs idées et leurs projets dans le but d’élire mardi et mercredi le syndicat qui sera selon vous le mieux vous représenter.