Cinéma, entre art et divertissement
Une pluie d’images, une déferlante de sons, le cinéma enivre. Mais au-delà de son potentiel immédiat à capter l’attention du spectateur, à susciter rires ou larmes, le cinéma est souvent déchiré de par sa personnalité bicéphale. La diversité des productions cinématographiques, la liberté et l’originalité des créations, des genres toujours plus variés et des techniques novatrices font du cinéma un terme polysémique dont il est difficile de cerner le sens véritable. Art à part entière ou industrie du divertissement populaire ? C’est là le centre du débat.
En français, le cinéma est souvent nommé « septième art », aussi bien dans les milieux spécialisés que par les spectateurs. Cette expression, représentative d’une vision du cinéma, a été formulée dans les années 1920 par le critique Ricciotto Canudo . En effet, ce dernier revêt, et ce depuis sa création, un aspect personnel et unique dans le sens où il est le reflet de la vision du créateur sur le monde qui l’entoure. Le cinéma est en quelque sorte une fenêtre ouverte sur l’appréhension du réel de celui qui le produit. Cet aspect purement artistique est renforcé par la bande son du film qui complète l’image. La musique participe activement à créer une atmosphère et accentue les émotions qui se dégagent de l’œuvre, se détachant ainsi d’un simple rôle d’accompagnement (d’un rôle de « papier peint », comme l’expliquait Igor Stravinsky au début de l’essor du cinéma).
« Le cinéma, c’est l’opéra du vingtième siècle. On a tous les arts : les écrivains, les acteurs, les décorateurs, les chefs opérateurs, les musiciens, pour faire une œuvre totale. »
Jules Petit-Senn
Cependant, le cinéma est né en pleine révolution industrielle, ce qui en fait un produit commercial à part entière, fruit d’une nouvelle forme d’industrie qui l’assujettit à un objectif de rentabilité. Nul ne peut ignorer aujourd’hui qu’il est devenu, dans bien des cas, un objet de divertissement « populaire » ayant pour but de toucher le plus grand nombre de personnes afin d’engranger des bénéfices, souvent au détriment de son côté créatif. Les sommes drainées par l’industrie cinématographique sont colossales, malgré des coûts de production et de diffusion élevés. D’après Cornelius Castoriadis, l’art cinématographique n’a plus sa subversion d’antan, et cette culture qui devient « un mélange d’imposture moderniste et de muséisme » fait du cinéma un objet économique au détriment de la spécificité de son langage. Ce serait donc un avènement du conformisme, une volonté d’imposer un code visuel accessible et compréhensible par tous.
C’est à ce niveau que se situe la rupture, désormais nette et consommée, qui distingue le cinéma dit « d’auteur », des « productions hollywoodiennes à grand public ». Il ne s’agit nullement de privilégier l’une ou l’autre facette du cinéma, chacun choisira en fonction de ses goûts, mais de permettre à l’expression artistique de perdurer et de s’épanouir aux côtés d’un cinéma de masse.
Léna Konc, pour le projet collectif CiNESPO
Pas mal la faute d’orthographe sur le nom de famille de Léna…
J’ai corrigé l’erreur. Merci.
Je suis déçu : pourquoi n’as-tu pas poursuivi sur ta bonne lancée et fait deux sous-parties ?