Éditorial : Il a survécu à sa première année…
Préparez donc les bougies et les feux d’artifice, cuisinez-nous un beau gâteau et lâchez les ballons. Un an. Le Mural a un an ! Un peu jeunot pour faire la fête, nous direz-vous. Peut être qu’on devrait attendre d’avoir atteint la renommée du Monde ou du Times avant d’exiger une fête d’anniversaire ?
L’événement cependant est l’occasion de dresser le bilan de la première année d’existence d’un modeste journal étudiant qui tente tant bien que mal de se faire une place parmi les moyens d’expression actuels. Et la concurrence est rude. Internet est en effet devenu le lieu rêvé de la liberté d’expression. Les plus grands journaux ont désormais leur page web tandis que Skyblog, Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux ont envahi la toile. L’économie du pays X, la politique du pays Y, le prix du pain au chocolat, le dernier livre de Monsieur A, les retards de la SNCF, le cours de la bourse, le régime alimentaire des koalas et même le récit de la soirée de la veille … Sur Internet, désormais on trouve de tout. Et entre autres, le journal Mural.
Depuis mars 2009, en effet, quelques ambitieux étudiants poitevins de Sciences Po Paris ont décidé qu’il était temps de mettre leur grain de sable dans la course aux moyens d’expression. Les Muralistes s’arguèrent d’entrer dans la compétition on line. Bien sur ils n’insistèrent pas sur leurs laborieuses tentatives de réaliser un journal papier. Les discours sur le choix écologique et économique d’une publication en ligne leur semblèrent une bien meilleure justification à la présence du Mural sur la toile. Ceci est un art du journalisme après tout : montrer les choses du côté qu’on entend les montrer. Pourquoi insister sur les échecs quand on peut apparaitre comme des grands maitres de la technologie moderne, créateurs du journal du campus de Poitiers de Sciences po Paris ? Restait donc à faire du Mural, non pas la page internet visitée par quelques surfeurs égarés, mais un véritable lieu d’expression et d’information capable d’en faire trembler Twitter. Ou au minimum (ne soyons pas si ambitieux !) un journal qui soit lu. Mais comment attirer les lecteurs quand la popularité assez restreinte du journal limite les chances de ses créateurs de recevoir, en lettre recommandée et en avant-première, les dépêches les plus croustillantes des agences de communication ? Et que par souci d’éthique professionnelle, on a choisi de faire du Mural un journal d’actualité et d’opinion plutôt que le potin-worldweb du campus ? Peut être aurait-il fallu rajouter la fonction poke et la possibilité de « j’aime[r] » tout ce qui est écrit pour ne pas limiter les visiteurs du Mural aux sciences-potes, amis, parents, oncles et tantes des créateurs réalisant leur devoir de compassion ? Mais ne serait-ce pas reconnaître alors que le Mural ne peut réussir sans copier le modèle consumériste des plus grands ? Nos journalistes ne baissèrent pas les bras. La célébrité viendrait plus tard. Il suffisait simplement de lui courir après. Les apprentis journalistes sont alors devenus des professionnels de la Polémique. La phrase qui fâche, le mot qui fait débat, la photo qui choque et voilà qu’on entend parler des articles du journal dans les couloirs de l’école et que des commentaires bien salés viennent récompenser nos longues heures d’écriture.
Bien sûr, l’art de la Polémique consiste à glisser dans les rubriques quelques articles d’une incroyable neutralité pour que la technique-de-l’article-dont-on-va-parler-et-qui-apportera-des-lecteurs-supplémentaires ne soit pas démasquée. Etape suivante, donc, la chasse aux articles pour garnir les rubriques… car le mercredi, la Une doit briller. Peut être devrions nous remercier Olivier Dabène d’avoir rendu obligatoire la rédaction mensuelle d’articles par chaque projet collectif augmentant soudainement nos effectifs de papier à publier… mais faisons semblant de croire que cette récente invasion d’articles est liée à l’honneur de s’exprimer dans le Mural (mais oui, c’est notre anniversaire, laissez nous rêver !). Le Mural est même passé au tri sélectif d’articles, c’est dire les progrès, quand on se rappelle qu’il n’y a pas si longtemps des Muralistes suppliaient leurs chers amis de leur écrire un papier pour nourrir leur nouveau-né.
Un an, donc. Un an plus tard le Mural brille sur la toile. Mise en page simple, professionnelle, carrée. Reflet d’une volonté orgueilleuse de cacher les dessous secrets de l’entreprise Muraliste ? Qu’importe. Remarquons juste que malgré tout, le Mural a survécu dans cette concurrentielle planète journaliste. Fêtons donc les un an de cette aventure. Rigolons de nos déboires. Avouons nos difficultés. Le manque d’inspiration. La phobie de la feuille blanche. La chasse aux fautes d’orthographes. Remercions nos lecteurs. Écoutons leurs critiques.
Un an. Un début. Mais l’aventure Muraliste, espérons, est loin d’être terminée. A voir, donc, ce que, les prochaines années, nous fêterons.

Feliz cumpleaños !!!
Feliz cumpleeee !!!
Dommage que la mise en page de cet éditorial soit si compacte: deux ou trois sauts de lignes faciliteraient la lecture…
Morgui, qui fête son premier anniversaire de lecteur donc*
* « Moi j’ai appris à lire, et je ne souhaite ça à personne. »
Très bon bilan (je lis régulièrement votre journal, toutes rubriques comprises).Félicitations!!! et très bon anniversaire, continuez ainsi!!
:-] Bravo.
Même si mon âme schopenhauerienne, ne peut s’empêcher de se révulser face à de tels propos. Chercher la polémique pour faire mousser, ça marche, mais c’est céder trop facilement à la tentation.
Les bons journaux ne se sont jamais fait de petites phrases, ils se sont fait de sérieux et de temps.
Mais c’est vrai que The Sun se vend 10 fois plus que The Guardian.
PS : Quand je dis face à de tels propos, je parle de ça :
Nos journalistes ne baissèrent pas les bras. La célébrité viendrait plus tard. Il suffisait simplement de lui courir après. Les apprentis journalistes sont alors devenus des professionnels de la Polémique. La phrase qui fâche, le mot qui fait débat, la photo qui choque et voilà qu’on entend parler des articles du journal dans les couloirs de l’école et que des commentaires bien salés viennent récompenser nos longues heures d’écriture.
Bien sûr, l’art de la Polémique consiste à glisser dans les rubriques quelques articles d’une incroyable neutralité pour que la technique-de-l’article-dont-on-va-parler-et-qui-apportera-des-lecteurs-supplémentaires ne soit pas démasquée.
Felicitaciones! Un abrazo, muralistas.
Arthur, peut-être en tant qu’avide lecteur de The Sun tu tends à confondre la polémique qui distille du journalisme jeune avec le sensationnalisme médiocre du journalisme jaune. En tout cas, je ne crois pas que Mural fasse partie de ce dernier camp et je félicite cette initiative qui stimule le débat d’idées, tant nécessaire pour combattre l’apathie de notre génération.
Ouais !