Mural

Faceless man

Je n’ai pas de visage. Je n’ai pas d’identité. Je n’ai pas de souvenir. Rien.

Pourtant. Pourtant. Pourtant mes pas suivent un chemin tout tracé. Ou plutôt mes pas se laissent importer, se laisse attirer vers l’objet de mon désir.

Pourtant. Pourtant. Pourtant je ne sais pas ce que je veux. Ce que mes pas cherchent. Ce qui attire mes pieds fatigués d’avoir tant marché. Tant marché pour n’être rien;

Pourtant. Pourtant. Pourtant, au passage j’emporte tout. En pensant que peut être ainsi dans le tout je trouverais ce que je veux, ce qui attire mes pas. Je prends tout à mon passage. Au risque de me perdre. Et parce que je me nourris de tout dans l’espoir de le trouver, je n’obtiens rien. Rien de rien.

Pourtant. Pourtant. Pourtant qui aurait pu dire qu’en ayant tout on n’a plus rien. J’aime tout ce que j’ai. Mais j’en suis profondément insatisfait car je n’ai pas ce que j’aime.

Pourtant. Pourtant. Pourtant peut-on dire que l’on aime ce que l’on ne connaît pas? Que l’on désire ce que l’on n’a jamais vu, sentis, touché,entendu, ou expérimenté sensorielle ment?

Et pourtant. Pourtant. Pourtant mon âme torturée, lassée, n’abandonne pas ses recherches.

Et pourtant. Pourtant. Pourtant mon cœur continue à soupirer, à se languir de ce qu’il anticipe déjà sans le savoir. Et de se languir il se meurt. Il se meurt la mort à l’âme comme un jour je mourrais de tristesse de n’avoir jamais trouvé ce que désespérément je cherchais.

Pourtant. Pourtant. Pourtant certains, beaucoup même, m’ont conseillé de ne plus chercher. Car à fouiller dans tous les coins ce que je ne connais pas… Je ne regardais plus disaient-ils, je ne voyaient plus disaient-elles ce qu’autrement j’aurais aimé. Oui, j’aurais aimé! Croyez le ou pas, j’aurais aimé. Mais mon cœur est un grand romantique: aimer ce qu’il trouve ne lui suffit pas il veut trouver ce qu’il aime. Pauvre cœur torturé. Pauvre naïf qui croit  aimer sans connaître l’objet de ses passions. Et à croire qu’il aime par avance un brouillard dans l’horizon, il reconnaît en chaque étranger, en chaque passant un inconnu qu’il croit aimer. Arrête de chercher m’a-t-on dit. Arrête cette quête insensée.

Et pourtant. Pourtant. Pourtant. S’ils savaient pourtant que ce n’est pas d’une quête désespérée que je souffre. Non, le mal-être n’est pas de là. Si mon cœur souffre c’est à cause d’un amour frustré. Frustré de ne pas avoir connu l’objet de ses pensées.

3 commentaires

    « There is not enough love and goodness in the world to permit giving any of it away to imaginary beings. »
    Nietzsche

    Oui, je sais.
    Pourtant…
    Pourtant, comme toi Anonyme, je cherche.

    Merci pour ce texte.

  • J’aime beaucoup.

  • Le plus gros problème quand on fait l’autruche, c’est qu’on a la tête enfouie dans la terre mais le cul toujours à l’air. Du coup, les coups de pieds par derrière, on les voit pas arriver et il font d’autant plus mal, mais on continue de creuser plus profond, en espérant qu’on finira bien par tout ensevelir…J’aime beaucoup ( le texte hein, pas l’autruche).

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