Le Tage, un élément de géopolitique majeur
Le Tage avec 1007 kilomètres est le plus long fleuve de la péninsule Ibérique. Son cour d’eau traverse à la fois différents pays que sont l’Espagne et le Portugal et des régions distinctes a une échelle plus réduite qu’est celle du pays.
Par la variété des zones géographiques et territoriales que le Tage est amené à traverser le fleuve prend de facto une dimension politique s’inscrivant dans le cadre de la géopolitique de l’eau. La géopolitique de l’eau sous-entend les possibles rivalités et conflits liés à sa gestion que ce soit pour la régulation de son débit ou l’exploitation des multiples ressources hydrauliques. Si de telles rivalités ont tendance à prendre leur source dans une dimension internationale affectant les relations entre deux états il ne faut négliger les relations interétatiques. De fait chaque région tente de tirer de son bassin hydraulique de commune manière au détriment de la zone territoriale voisine située en aval.
Le Tage, au même titre que l’Ebre traverse plusieurs autonomies différentes. On distingue parmi ces autonomies, la Castilla la Mancha, Madrid et l’Extremadura. Afin d’endiguer de possibles querelles entre régions comme c’est le cas pour la Catalogne et l’Aragon, l’état Espagnol mit en place une mesure novatrice d’un point de vue étranger, celui d’une gestion intercommunautaire. Pour ce a été mis en place une confédération hydrographique pour la gestion du Tage, évitant de fait l’apparition de possibles conflits nationaux, l’organisme étant indépendant des régions sous la tutelle de l’état.
Les relations souvent conflictuelles entre deux états quant à la gestion d’un fleuve commun comme on le remarque avec les barrages Turcs sur le Tigre et l’Euphrate pour les pays en aval comme l’Irak par exemple sont très différentes pour l’Espagne et le Portugal. Ces deux pays membres de l’Union-Européenne ont tissé d’étroites relations diplomatiques. L’existence de programme commun à la péninsule Ibérique pour la gestion de l’eau confirme les faits. Ces programmes communs au Portugal et a l’Espagne vise à permettre un apport hydraulique régulier et ce même par période sécheresse grâce à la politique des grandes rétentions d’eau à l’aide des barrages dans les années 70-80.