Lionel Messi, les superlatifs ne suffisent plus

Qualifier de stratosphérique la performance réalisée par Lionel Messi lors du quart de final retour de Ligue des Champions serait presque insulter le prodige argentin. En cette -soirée du mardi sept avril la Pulga (la puce)-, son surnom préféré, a créé une véritable onde de choc sur la planète football. Cela ne fait plus l’ombre d’un doute, la star du FC Barcelone a atteint une dimension jusqu’à là inconnue des joueurs, des journalistes ou des simples amateurs du beau jeu. Les défenseurs d’Arsenal peuvent en témoigner, eux, les malheureuses victimes expiatoires de cette folle soirée de Coupe d’Europe qui restera pour toujours gravée dans les mémoires.
Lionel Messi n’avait pas joué prodigieusement lors du match aller de cette affiche des quarts de finale entre Barcelone et Arsenal, un choc annoncé comme une finale avant l’heure. Supplanté par l’efficacité diabolique du suédois Zlatan Ibrahimovic, auteur d’un doublé, l’argentin était même resté dans l’ombre. Loin de jouer à son meilleur niveau, il n’avait pas réussi à s’entendre avec le géant scandinave. Ajouté à la non-performance de Messi, les prestations en dents de scie de la défense barcelonaise débouchèrent sur un score nul de deux partout, prometteur pour les Gunners d’Arsenal en vue du match retour. Les habituels sceptiques rappelaient que la rencontre aller s’était déroulée en Angleterre. Ainsi revenir de Londres avec deux buts inscrits s’apparentait à une performance hors norme, sauf pour Barcelone.
Tous les supporters blaugrana se rendaient à l’évidence ; Après avoir mené deux buts à zéro, se faire remonter au score de la sorte ne semblait pas glorieux. Par ailleurs, la défense risquait d’être décimée pour le match retour au Camp Nou. Puyol suspendu, Piqué également, la tâche de roc défensif incombait au mexicain Marquez et à l’argentin Milito. Certes, du coté d’Arsenal, Fabregas avait eu la mauvaise idée de se blesser aux adducteurs en tirant à la quatre-vingt cinquième minute un penalty litigieux accordé par l’arbitre. Néanmoins personne ne s’attendait à la fatidique nouvelle tombée dimanche soir, Zlatan ne se trouvait pas en mesure de disputer le match retour. La sinistrose aurait alors très bien pu s’emparer des dirigeants et des ultras culés, autre surnom des fanatiques du dernier vainqueur de la plus prestigieuse compétition européenne au monde. Il n’en fut rien, Guardiola, maître tacticien recommanda à ces protégés de développer un jeu offensif alléchant à souhait, comme d’habitude.
Dans cette équation offensive en apparence relativement simple, Messi doit marquer le plus vite possible pour définitivement pour tuer le suspens. Pourtant, à la surprise générale se sont les visiteurs londoniens qui ouvrent le score par l’intermédiaire de l’attaquant danois Bendtner. Les quatre-vingt dix mille supporters barcelonais sont alors médusés. Ils ne le resteront pas longtemps. En effet, à peine trois minutes se sont écoulées depuis la réalisation d’Arsenal, que le « festival » Messi débute. La frappe surpuissante qu’il décoche à l’entrée de la surface de réparation laisse Almunia pantois. Le gardien espagnol des Gunners ne s’en doute pas encore, mais son pire cauchemar vient de prendre forme. Une quinzaine de minutes plus tard, Messi inscrit son deuxième but de la soirée après avoir aisément pris de vitesse Mickael Sylvestre à l’approche des six mètres. Fantomatique, le défenseur français l’a été tout au long du match. Il est vrai qu’il a peu été aidé par la performance mirobolante du jeune argentin. Gaël Clichy et Alexandre Song, les autres remparts de la défense londonienne ont également été dépassés par l’ampleur de la catastrophe. Surtout lorsque Messi signe un triplé à la quarante deuxième minute de jeu, après avoir parfaitement piqué la balle au dessus d’Almunia. À la pause on n’ose pas s’imaginer le discours fanfaronnant tenu par Guardiola magnifiant certainement la performance du natif de Rosario.
Éléphantesque pendant plus de vingt minutes, Messi tyrannise une défense londonienne apathique. Au retour des vestiaires, la donne semble avoir changé pour le prodige argentin. Il attend patiemment son heure pendant une grande partie de la seconde période, tel un prédateur qui guette sa proie avant de lui sauter dessus au moment opportun. Redouté comme la peste par ses adversaires d’un soir, Messi se met lui-même sous l’éteignoir, fait assez rare pour être souligné dans le football professionnel. Cette capacité unique à sortir volontairement du match pour déstabiliser ses homologues directs n’est pas donnée à tous les joueurs. Il s’agit pourtant du pain hebdomadaire que l’attaquant vedette de Barcelone propose aux rugueux défenseurs de la Liga, le championnat espagnol. Il disparaît jusqu’à la quatre vingt huitième minute, à quelques instants seulement d’une victoire amplement méritée par le club catalan. Avant surtout d’entrer dans la légende de la Ligue des Champions.
Messi continue d’écrire son propre chef d’œuvre avec des lettres en or. Il score ainsi une dernière fois après avoir de nouveau ridiculisé toute la défense adverse. Son incroyable quadruplé lui permet de se hisser au firmament du football et de rentrer dans le club très sélect des « cinq extraordinaires », qui doivent désormais accueillir un nouveau compagnon. Ce club extrêmement restreint désigne les joueurs ayant marqué quatre buts lors d’un match de Ligue des Champions. On y retrouve des noms prestigieux comme Inzaghi, Van Nistelrooy, Prso ou encore Shevchenko. La particularité de l’exploit de Messi réside dans le fait qu’aucun de ces joueurs n’avaient réalisé cette performance lors d’un match à élimination directe. Il a donc été le premier à s’octroyer cette liberté. Arsenal n’est pas une équipe parmi tant d’autres mais bien une des meilleure du championnat anglais. Tous les spécialistes du football s’accorderont sur ce point. Ceci ne fait qu’amplifier la titanesque performance de l’argentin, toujours aussi modeste en conférence de presse. Ce dernier nous surprendra jusqu’au bout, car malgré les retombées médiatiques positives qui s’abattent sur lui à la vitesse de la lumière, il n’a aucunement les chevilles qui enflent.
Lionel Messi nous à tous ébloui mardi soir en réalisant un chef d’œuvre monumental, scorant par quatre fois tout au long d’un match de haute intensité. Aucun amateur de football ne peut nier la réalité, tout comme aucun journaliste ne peut se voiler la face, le dernier Ballon d’Or est tout simplement trop fort. Actuellement, qu’on le veuille ou non, il n’a pas d’égal footballistiquement parlant. Les superlatifs qui le déifient semblent bel et bien légitimes. Le peuple Argentin tout entier attend désormais de le voir à l’ouvrage sous le maillot albiceleste lors de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Oui, un jour on pourra raconter à nos enfants puis à nos petits enfants que l’on a vu jouer Lionel Messi.

Article sympa, et pas trop long
C’est vrai que « Leo » est un très bon joueur, un de ceux qui peut réinventer le football.
On apprend des choses sur le foot et l’actualité sportive; c’est bien: pas trop long, mais peut être un peu euphorisé, style « latino » qu’on aime tant !!Mais pas par tout. Très amusant !!(Si l’on trouve « el hilo ».
« Mais pas par tout. » –> « Mais pas partout »
Et pourtant, j’ai bien compris…