Mural

Quand le « Bicentenaire » inspire l’Ecole de Printemps…

8 avril 2010. Jeudi matin, 9H30. Les premiers rayons de soleil commencent à percer, les oiseaux chantent et de petites fleurs ont miraculeusement fleuri dans patio, salles de classe et amphithéâtre. Le campus de Poitiers est prêt à accueillir le Printemps.  Un bon croissant, une tasse de café et l’école de Printemps commence…        
Hum. Attendez donc avant de commenter amèrement ce début-cliché et  laissez-moi rectifier. C’est vrai que le Mural dédierait bien un article fleuri et coloré à l’arrivée du Printemps… mais ce début à la Alice aux pays des Merveilles  ne saurait refléter en rien les journées du 8 et 9 avril 2010 : l’école de Printemps a en effet peu de choses à voir avec des cours de botanique !  Reprenons donc.

L’école de Printemps est en fait un séminaire thématique qui se déroule tous les ans sur le campus de Poitiers.   Deux jours particuliers durant lesquels la péninsule ibérique et l’Amérique Latine sont au centre des débats ; l’objectif principal étant de  sensibiliser  les étudiants aux grandes problématiques actuelles en relation avec ces zones géographiques. Un débat promu par le biais de conférences, tables rondes, et ateliers auxquels les étudiants du campus de Sciences Po Paris à Poitiers  se doivent d’assister… et qui furent organisés par quelques uns de leurs chers collègues. La grande particularité de cette école de Printemps étant en effet que les diverses activités sont préparées et coordonnées par un groupe d’étudiants du campus, lesquels travaillent en partenariat avec des chercheurs et des décideurs, et sont aidés par un tuteur (Le directeur du campus, monsieur Dabène, dans le cas présent). En effet, toute personne présente durant ce séminaire,  aussi passionnée fut-elle par les conférences et débats, aura pu par ailleurs observer les membres du projet collectif « El grupo bicentenario Sciences Po »,  costard et talons hauts, donnant directives, consignes et conseils pour assurer le bon fonctionnement de ces deux jours.  Car, pour ce projet collectif choisi par l’administration comme grand organisateur de l’édition 2010, l’Ecole de Printemps représentait  la concrétisation d’un projet initié depuis les premiers mois de l’année universitaire. Un petit retour sur leur travail semble donc s’imposer…

Premier objectif : un thème. Sous quelle thématique allait donc se placer la tant attendue école de Printemps 2010 ? En cette année de célébration du processus d’indépendance de la couronne espagnole –un événement primordial dans le mouvement d’émancipation et d’indépendance des anciennes colonies-  l’école de Printemps se présenta comme l’occasion de promouvoir le mouvement Bicentenaire dans les rangs du campus de Poitiers.  Pour  information, le concept de « Bicentenaire » désigne des commissions crées en Amérique Latine  qui ont en charge de promouvoir par des activités sociales et culturelles la réflexion et la célébration de ce processus. Le « grupo bicentenario de Sciences Po », convaincu de l’importance d’une participation active des jeunes ibero-americains dans ce mouvement, a  souhaité créer dans sa  propre école un espace de discussion où chacun peut effectivement s’exprimer et participé à des échanges d’opinion. Deux axes principaux de réflexion furent décidés : l’intégration de la région deux cents ans après son indépendance et les relations entre Europe et Amérique Latine. 
Les thèmes choisis, il restait encore aux organisateurs à trouver une forme qui ferait de l’Ecole de Printemps un séminaire tout aussi agréable que novateur et instructif.  Ainsi, plusieurs types d’activités furent organisées.
Des intervenants appartenant à divers domaines académiques, institutionnels, et géographiques acceptèrent   de participer à cette édition 2010 de l’école de Printemps. 
D’autre part, désireux de donner la parole à leurs camarades, les organisateurs décidèrent de créer en plus d’un espace d’écoute, un espace de communication et d’expression.  Ainsi ils utilisèrent des instruments de communication favorables à la démocratie participative : cette année la WEB 2.0 fut à l’honneur.  Derrière cet étrange terme  « WEB 2.0 » il faut entendre les différents espaces de communication que l’on trouve désormais sur le net et qui permettent aux internautes de s’exprimer et partager librement leurs idées et opinions. Ainsi, ce jeudi et vendredi, le réseau Twitter s’est vu soudainement assailli de centaines de réponses, idées et propositions aux différentes problématiques soulevées lors des tables rondes…  Il faut dire que les débats furent nombreux et que la majorité des étudiants prit plaisir à partager ou défendre des points de vue sur les différents thèmes ….  et ce qu’il s’agisse de thèmes sociaux, politiques, culturels ou économiques. Les étudiants purent aussi s’exprimer lors des ateliers où ils durent soit choisir, après un travail de recherche, une ville susceptible d’être la capitale de l’Amérique Latine, soit travailler sur les « libertadores del siglo XIX » ; les deux ateliers  permettant d’accroitre, tout en se distrayant, les connaissances  géographiques et historiques de l’Amérique latine. Enfin, la projection du film Queimada de Gillo Pontercovo permit aux étudiants de se plonger  l’espace de quelques heures, dans la dure réalité de la période coloniale, ce film historique retraçant une révolte d’esclave contre l’empire portugais.

 L’étincelle débat ayant tendance à rapidement s’enflammer en présence d’une masse d’étudiants  sciences potes aux idées bouillonnantes, et les lecteurs ayant tendance à s’endormir face à des articles un tantinet trop longs, loin de moi l’idée de m’étendre des pages entières sur les nombreux points abordés  durant conférences et débats, les conclusions éventuellement dégagées, les capitales potentielles de l’Amérique latine choisies… Un rapport final de l’Ecole de Printemps sera publié (et par le biais de Twitter, vos idées ont de toute façon déjà fait le tour du monde !), lequel retranscrira certainement plus formellement et avec davantage de détails les conclusions de ce séminaire.  Mais un article semblait tout de même s’imposer pour lever le voile sur le travail dans l’ombre des organisateurs, sur ces mystérieux collègues qui ont fait fleurir les fleurs durant la nuit, qui ont invité et reçu les intervenants, qui ont préparé et animé les ateliers, qui ont su nous offrir un espace de parole et innover pour  mettre en place une belle école de Printemps.  « Mais ce n’est qu’un début » comme le rappellent les membres du « groupe Bicentenario ». «  Nous espérons que cette idée de forum participatif  pourra se développer pour les prochaines écoles hors des murs… Twitter n’est qu’un outil parmi beaucoup d’autre de la WEB 2.0 ; espérons que son utilisation dans le cadre de l’école de Printemps aura permis de montrer à nos camarades qu’il existe de nombreux espaces où ils peuvent s’exprimer.  Les réseaux sociaux, souvent utilisés à des fins divertissantes, peuvent aussi se convertir en véritable plate forme politique : les jeunes doivent en prendre conscience car l’avis de chacun d’entre eux compte ». 

Deux jours bien remplis, donc. Le groupe bicentenario peut donc être fier du travail réalisé. Modeste, cependant, les membres de ce projet collectif insistent sur l’importance de vos commentaires et critiques pour pouvoir améliorer cette nouvelle forme d’école hors des murs qui, espérons-le, inspirera certainement les prochaines éditions.

1 commentaire

    Félicitation !

    lorsque l’on écrit Bicentenaire de Poitiers ton article est le 4ème liens (juste après celui de Victor Hugo….) Signe de la qualité de ta plume 2.0 !

    Encore un grand merci pour cette superbe École de Printemps, plein de rencontre et réflexion.
    Et Bonne chance à vous deux, Sandro et Sergio, pour la Ruta Bicentenario!

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