Une excuse légitime
Parfois tu marches dans la rue. Tu regardes les personnes qui passent. Les enfants jouent et les jeunes draguent. Les mamies attendent le bus pour rentrer rejoindre leur famille alors que les papis vont au bar rencontrer leurs amis, boire une bière. Les chrétiens vont à la messe, sous le regard critique et moqueur des athées. Et toi, toi tu les regardes.
Tout cela te paraît familier. Familier, parce que tu es habitué à les voir, à voir tout ça. Tous les jours tu les vois en sortant de cours. Et comme tous les jours, tu traverses la place Notre Dame pour te rendre à Monoprix faire des courses hors de prix car tu n’as pas eu le temps d’aller ailleurs.
Mais tous les jours ne se ressemblent pas. Ce lundi soir, en sortant de Monoprix, tu aperçois cette jeune demoiselle. Magnifiquement belle mais au bout de sa main celle de son copain, qui lui, se sent fier d’avoir une perle aussi rare, d’être avec cette jeune femme sublime. « J’ai vraiment de la chance, tout le monde me regarde, ils sont jaloux, ils voudraient être comme moi ». Ce sont les mots qui sont inscrits dans une bulle au dessus de sa tête. Une bulle que tu imagines car tu as été nourri aux caricatures de Plantu dans le Monde.
Et voilà, tout d’un coup tu te rends compte que ça fait cinq minutes que tu les fixes et que la sublime demoiselle se sent embarrassée par ton regard trop pesant. Et là, toi lecteur, tu te demandes pourquoi si son copain a cette gueule qui dit je l’aime à la folie, elle se sent embarrassée. Elle devrait se sentir chanceuse d’être avec cet homme mais aussi d’attiser la convoitise d’autres hommes. Et bien, je vous apporte la réponse, son prince charmant a quarante ans de plus qu’elle. Elle le sait et sans doute a-t-elle conscience de ce que nous pensons tous au plus profond de nous même.
Bien souvent les yeux qui la regardent ne sont pas emplis de jalousie, mais bien d’indignation voire de mépris. Cette magnifique femme passe du statut de chanceuse à pute dès que notre regard se pose sur son prince charmant. Opportuniste, vénale sont les mots qui viennent à notre esprit. Ce n’est plus une charmante jeune fille amoureuse mais une femme sans scrupule qui n’est avec lui que pour son compte bancaire.
Voilà ta première impression de ce couple. Tu es révolté car toi aussi tu as un père et bien sûr tu n’aimerais pas le voir avec une jeune femme qui court après son argent. Parce qu’assurément tu sais qu’elle ne l’aime pas sinon son argent. Mais mon ami, es-tu sûr que ton jugement est le bon ? Que tu a complètement raison ? Connais-tu leur vie ? Leur amour ? Leur histoire ?
Peut être que tu n’as pas tort, peut être que tu as raison. Mais moi, je te dis, fais une recherche, fais un plan détaillé si tu veux tant que tu gardes en tête cette question : Pour quelle raison cette jeune fille de 20 ans sort avec un vieillard de 60 ans ?
Explorons les réponses possibles :
Peut être qu’elle l’aime ! Je vous vois tous en train de vous dire mais bien sûr moi aussi je me pose la question. Peut être qu’elle aime l’argent, peut être qu’elle veut acheter une voiture ou peut être que c’est juste une opportuniste qui aime l’argent facile que lui donne les petits vieux sans compter ce qu’elle gagne dans la rue tous les soirs, quand Papi dors !
Mais est-ce possible que quelqu’un ait aussi peu de dignité ? Surtout quand cette personne semble être gênée par les regards qui se posent sur elle.
Alors tu te dis qu’il doit y avoir autre chose, quelque chose qui puisse justifier sinon excuser ses actes. Quelque chose qui puisse rendre son couple plus normal à tes yeux, qui puisse justifier son choix mais surtout son embarras.
Mais tu es toujours devant eux, à fixer, à juger avec ce regarde qui te trahis. Tu dois trouver une réponse, c’est trop intriguant pour toi, tu n’as plus envie de juger, car le regard de cette femme te dis que tu te trompes et te donnes envie de savoir plus. Cette magnifique jeune femme t’as percé à jour et veux que tu la comprennes, que tu vois dans ses yeux ce qu’elle veut t’expliquer, qu’elle veut s’exprimer, se justifier.
Mais elle doit partir car elle n’en peut plus des regards assassins dont elle est victime, ceux qui rend son Prince Charmant fier car il se sent envié. Lui il n’a rien compris !
Elle quitte les Cordeliers mais laisse tomber une photo, photo qui t’es destinée. Et là tu as tout compris : finalement, l’opportuniste n’est qu’une victime, celle qui aime l’argent n’est qu’une pauvre misérable. Tu croyais qu’elle voulait s’acheter une Ferrari mais elle doit construire un village. Tu pensais qu’elle aimait la vie facile mais elle doit subvenir aux besoins de sa famille, de ses enfants nés d’un viol qui n’a jamais été puni. Finalement, celle qui prend l’argent des vieux, se fait payer pour aller aux Cordeliers, se montrer avec papi, le fait afin de pouvoir rester en France et ne pas être ramenée dans son pays. Celle qui se prostitue n’est à la fin qu’une victime du système qui l’a obligé à vendre sa beauté, son physique, son corps car sa beauté intérieur on la lui a volé. Certainement, tu te dis qu’elle aurait pu s’en sortir d’une autre manière. Qu’elle aurait du dès le départ dénoncer les abus qu’elle a subi.
Mais comment dénoncer, si les immigrés non pas de voix ? Si à chaque fois qu’elle a essayée, elle s’est fait tabasser frôlant ainsi la mort et que personne ne l’a aidée. Comment dénoncer, si le processus d’intégration à la société, des aides et de protections sociales prennent du temps à se mettre en place quand ils ne vous oublient pas ? Comment faire quand on a des enfants à nourrir tous les jours ? Comment s’en sortir si pendant ces vingt petites années de vie, elle fait partie de la cinquième génération de femmes de sa famille à subir le même destin ? Comment changer les choses ?
Finalement tu comprends qu’on n’a pas tous eu la même chance que toi. Donc ne juge pas.
Photo: Sylvia Ortiz Domney (Creative Commons)
Quoi?
Huum. Quoi quoi ?
Tout d’abord, nous tenons à t’exprimer notre sincère gratitude pour ce petit rappel à l’usage des sexistes qui se laissent aller. En effet, la Sainte Trinité féminine est ici mise en scène dans le plus grand respect de la tradition patriarcale : la pute, la maman et la victime.
Il convient cependant de considérer l’entité générale qui englobe ces subtiles sous-catégories, à savoir celle de la Femme-objet. Nous ne pouvons par conséquent qu’approuver les réflexions du pépé fier de sa nouvelle acquisition : « J’ai vraiment de la chance, tout le monde me regarde, ils sont jaloux, ils voudraient être comme moi » ainsi que notre observateur plein de discernement lorsqu’il affirme : « Elle devrait se sentir chanceuse d’être avec cet homme mais aussi d’attiser la convoitise d’autres hommes. » Si ces jolies babioles étaient pourvues d‘une âme, elles ne manqueraient pas de s’enorgueillir du regard concupiscent de leurs potentiels acquisiteurs. Celle-ci étant tout droit importée d’un continent bien connu pour sa barbarie, il n’est pas étonnant qu’elle ne sache pas apprécier à sa juste valeur les regards des frustrés libidineux et des ados en proie à leurs désordres hormonaux.
Cette «sublime demoiselle » étant dépourvue de conscience, elle n’est pas pour autant dispensée de fournir une « excuse légitime » pour s’être laissées approprier par un impuissant grabataire. Merci de nous rappeler qu’il n’est pas souhaitable de s’écarter de ce que tu nommes, à juste titre, « couple normal ». Tout couple dont les membres ont l’outrecuidance de ne pas être hétéros, blancs, jeunes, beaux, riches et en bonne santé, doivent impérativement être soumis aux hautes instances du jugement sociétal pour pratiques attentatoires aux bonnes mœurs. Nous nous devons de préserver les honnêtes gens de la dépravation rampante qui gangrène notre société.
Mais revenons-en à nos brebis égarées :
1) La pute: Bien sûr, quand c’est une jeune avec un vieux, c’est une pute qui n’en veux qu’à son fric. Et quand c’est une vieille avec un jeune, c’est une pute qui refuse de comprendre qu’elle a dépassé la date de péremption et n’a plus sa place sur le marché de la bimbo pétillante et qui, de surcroît vole sa jeunesse à un pauvre type en profitant de sa candeur. Nous apprécions également que notre anthropologue averti se demande : « Pour quelle raison cette jeune fille de 20 ans sort avec un vieillard de 60 ans ? » et qu’il ne lui effleure même pas l’esprit de se poser la question suivante : « Pour quelle raison ce vieillard de 60 ans sort avec une jeune fille de 20 ans? ». C’est en effet parce qu’un pépé qui collectionne les minettes est d’emblée considéré comme légitime, alors qu’une jeune femme qui se tape du pépé ne peut être qu’une catin opportuniste.
2) La maman: Oh ben ça alors, en fait elle a des bouches à nourrir et des culs à torcher… Bon, dans ce cas, vendre son cul peut être légitime. N’oublions pas que ça peut arriver à des femmes profondément vertueuses et ce, grâce à une institution vieille comme le monde que des crapules sodomites et clitoridiennes tentent de dévoyer depuis quelques années.
3) La victime: Immigrée et violée de surcroît. Ouais, là on commence à avoir pitié d’elle. La pute est devenue une pauvre chose éplorée qui distribue des photos à des inconnus qui lui reluquent le cul dans la rue en espérant qu’ils viennent la sortir de son donjon de détresse. Juste pour info, le viol et les violences de couple ne sont pas l’apanage des pays en développement. Et les mécanismes de disqualification et de culpabilisation qui poussent les femmes victimes de violences sexuelles à s’emmurer dans le silence ne se résument pas aux coups. Et puis il faudrait savoir à la fin, ce qu’il faut faire pour être une femme respectable, les perpétuelles injonctions paradoxales semant la confusion dans les esprits : on exige des femmes qu’elles soient jolies pour plaire aux hommes mais si elles se font agresser, elle doivent en porter l’entière culpabilité et ce, jusqu’à la fin de leurs jours de vieilles filles souillées. [ cf. « obligé à vendre sa beauté, son physique, son corps car sa beauté intérieur on la lui a volé. » ( On remarquera au passage que l’approximation psycho- sociologique n’a d’égale que son homologue grammaticale) ]
Mention spéciale, également, à la Sainte Trinité masculine qui se dessine en filigrane au fil de l‘histoire : l’étalon fringant qui scrute les bons p’tits culs potentiellement pinables dans la rue ; le justicier téméraire mais impuissant et enfin le moralisateur altruiste.
Sérieusement, la prochaine fois, abstiens-toi du petit laïus final, ça reste un peu en travers de la gorge quand on est déjà sur le point de vomir la collection de clichés qui s’étale tout au long du texte.
Sur ce, nous laissons les petits santons stéréotypés de ton histoire reprendre le cours de leur morne existence : que les mamies continuent à attendre le bus pour rentrer préparer à manger aux papis qui, il faut le reconnaître, réintègrent le foyer exténués après leur tournée quotidienne des tavernes poitevines ; que les jeunes continuent à draguer et les cathos à aller la messe pendant que les putes tapinent sous le regard réprobateur des passants qui s’en reviennent de Monoprix les bras chargés de victuailles.
Merci pour ton commantaire. Mais avant tout je trouves que tu t’emportes un petit peu en usant et en abusant d’une ironie quelque peu déplacée pour exprimer ton « non adhésion » à mon article. Si je te dis merci, c’est parce que tu mets en exergue des situations, des questions que je n’avais pas posées dans cette histoire. Certes, je ne les est posé mais est ce que ça veut dire que je les ai oublié,je n’en suis pas sur.
Mais après est ce que dans la vie courante, tu penses réellement que tout le monde se pose toutes ces questions? Je n’en suis pas sûre.
Mon but était de traduire la réalité, aussi malheureuse que ce soit ça c’est la réalité d’autant plus que je l’ai connu. Toi, tu soulèves avec raison sans doute, les points que j’ai oublié, les clichés que j’ai peut être repris, dans une manière très « sciences po » avec un petit plan détaillé etc.
Mais toi, toi qui juge ce que j’écris as tu seulement été confronté,as tu seulement vu ce genre de choses. Es tu la mieux placé pour parler de ces filles qui vendent leur corps pour subvenir aux besoins de leur famille? Je ne suis pas sûre.Théoriser en n’ayant jamais vécu ce genre de choses, connu ou été ce genre de personnes, me semblent déplacer. Encore plus peut être que mes clichés. En tout cas merci pour ton commentaire qui m’aura encore une fois donné l’occasion de m’exprimer.
Voila
Tout comme l’article, votre commentaire (Viviane et Laura) est très intéressant. Je pense que votre but premier était de faire remarquer aux lecteurs que cet article pouvait être incomplet, réducteur etc.
Mais la question que je me pose c’est : Était-ce la bonne manière de le faire ? Un usage de l’ironie et du sarcasme qui ferait pâlir un Stéphane Guillon à chaque phrase. Oui, pâlir parce qu’au final ce que moi je retiens de votre commentaire c’est le fait que vous avez dénigré le travail de l’auteur de cet article mais avec quelle légitimité.
Comme vous l’a fait remarquer l’auteur, on peut bien être scandalisé par ces propos, ces clichés mais quand ils sont vrais ont fait comment ? Peut être que l’auteur a raison de vous faire remarquer que souvent on discute sur des sujets parce qu’on croit les connaitre mais les connait-on mieux que ceux qui les ont vécu ?
Broken Mirror a tenté de nous faire partager son vécu. Peut-être était-ce un peu moralisateur, mais vous-même ne l’êtes vous pas un peu aussi ? A sa manière elle a tenté de dénoncer ce qui l’a révolté. Dans cet article, j’ai vu une dénonciation de ce que nous faisons tous les jours juger et tirer des conclusions hâtives. C’est peut être bête mais il y aura toujours des personnes qui émettront des jugements sur un couple qui ne rentre pas dans LEUR norme.
Broken Mirror a traité d’un cas, est-ce pour autant critiquable. Quand vous dites : « Et quand c’est une vieille avec un jeune, c’est une pute qui refuse de comprendre qu’elle a dépassé la date de péremption et n’a plus sa place sur le marché de la bimbo pétillante et qui, de surcroît vole sa jeunesse à un pauvre type en profitant de sa candeur. », pourquoi la pute ne serait pas ce jeune homme de 20ans, pourquoi forcément la femme de 60 ans ? Pour être une pute il faut être une femme ? A vous de me le dire.
Une dernière remarque : « obligé à vendre sa beauté, son physique, son corps car sa beauté intérieur on la lui a volé. » ( On remarquera au passage que l’approximation psycho- sociologique n’a d’égale que son homologue grammaticale) ». C’était bas et petit en sachant que TOUT le monde peut faire des erreurs grammaticales !
Je suis totalement d’accord avec Broken Mirror.
Je pense que la lecture de cet article doit aller au delà de la vision plutôt simpliste pour le coup de la « femme objet ».
Laissez moi m’expliquer.
L’indignation face à la conception de la femme considérée comme une pute, comme une chose, tout le monde connait, et cela (croyez moi ou non indigne beaucoup plus de personnes que vous ne l’imaginez). Alors pardonnez moi les filles, mais pondre un commentaire composé pour démontrer que OUI la femme est bien un être humain comme les autres est dépassé.
D’autant plus que je trouve déplacé l’ironisme dont vous faites preuve toutes les deux. Le coup du « La victime: Immigrée et violée de surcroît. Ouais, là on commence à avoir pitié d’elle. La pute est devenue une pauvre chose éplorée qui distribue des photos à des inconnus qui lui reluquent le cul dans la rue en espérant qu’ils viennent la sortir de son donjon de détresse. » Désolées les puces, mais si pour vous le fait de vendre son corps pour de manger est scandaleux, et bien croyez nous si vous voudrez, mais ça l’est pour tous. Scandaleux c’est certain, mais pas stupide, et de ce fait votre ironie est inacceptable. Parce que ce qui est décrit dans cet article n’est catégoriquement PAS acceptable, mais c’est réel. Ce qui est décrit dans cet article, et UNE REALITE. Alors non, ce n’est pas un éloge de la « femme chose » ou de la poupée gonflable qui sourit et se fait sauter mais juste une représentation de ces femmes qui, par NECESSITE, ont du admettre que merde, compte tenu de leur situation, de leur statut social, ont décidé qu’il valait mieux envoyer au Diable les merveilleuses théories féministes que vous avez étalé si naivement, et de vendre leurs fesses pour aspirer à un changement. Alors oui, vos conceptions sont réelles, sont vraies, mais elles ne font pas se nourrir certaines femmes. Et c’est malheureux.
Maintenant, pas de mégarde, je ne suis pas en train de justifier le fait que ces choses là existent. Mais je ne pense pas que l’objectif de cet article soit de prôner, et d’adhérer à ces conditions. D’ailleurs, les filles, je comprends pas comment vous avez pu tomber si facilement dans le panneau, mais plutôt d’exprimer une situation qui est, que vous le vouliez ou non, avérée, et de préserver ces femmes (qu’il est encore si difficile d’aider) de vos préjugés.
Viviane,
Si je puis me permettre, je crois que l’article ne cherchait pas à dénoncer le machisme pimpant de notre société, bien que je le reconnaisse pleinement, (sans parler de l’extrapolation qui accuse l’auteur d’homophobie déguisée…) et oui on peut aussi vouloir parler d’autre chose. Je crois que cet article cherchait avant tout à dénoncer le regard de ceux qui jugent sans savoir et dont tu viens de donner la parfaite illustration.
Tu commences dès le début à qualifier cette femme de « pute » qui n’aurait d’ailleurs ni âme ni cervelle…et ça veut dénoncer la suprématie masculine? Mais tu fais comme eux, tu refuses dignité et intelligence à une femme parce qu’elle a décidé de vendre son corps pour survivre. Ce n’est pas parce que la prostitution est en elle-même « rabaissante » qu’il faut rabaisser celle qui la pratique. Tu peux m’expliquer la différence avec une femme qui décidé d’aller coucher à droite et à gauche pour son bon plaisir? Elle aussi c’est une pute après tout dans ce cas puisque les hommes la prennent et la jettent comme un produit de consommation, ou un objet comme tu dis.
Tu te mets ensuite à prendre de haut les raisons qui peuvent pousser une femme à ce genre d’extrémités, le viol, la maternité. Au mon dieu quelle honte d’être prête à renoncer à tout pour torcher des culs de mioches! Quelle folie de dire qu’une femme violée a du mal à se reconstruire !
Je voudrais te poser une question, sans animosité aucune mais avec beaucoup d’intérêt : as- tu vécu dans le monde des bisounours où il suffirait de dire que les hommes sont tous des salops aux tendances animales et que les femmes qui profitent de la situation pour se payer le luxe de vivre avec trois repas par jour sont des putes?
Je ne te souhaite sincèrement pas de te retrouver un jour obligée d’aller vendre ton cul à un octogénaire baveux pour payer le médecin à ton frère.
Des clichés? Mais le cliché c’est de croire qu’il y a les méchants vieux riches avec les méchantes putes pauvres et de l’autre côté, les gentils civilisés et cultivés pour redresser le niveau en condamnant les méchants pervers selon leur propre morale.
Enfin, je déplore les attaques personnelles et grammaticales (faites à quelqu’un dont si ça se trouve la langue maternelle n’est pas le français)… tu as bien dit « esprits libres »?
Oui certains clichés sont vrais, aussi mal que ça puisse faire à nos petits culs propres de bourgeoises!
Une femme qui se tape un vieux pour acheter des couches, que ça te choque ou non, j’éprouve pour elle une grande part d’admiration car je ne sais pas si je serais moi-même capable de renoncer à mon apparat chrétien de dignité pour aider les miens et j’ose l’espérer. Je le dis, je persiste et je signe,
Marie SACHET.
je m’excuse je n’avais pas vu que c’était Laura ET Viviane, mon message s’adresse bien sur à vous deux.
Marcel Proust levantate quiero saber lo que piensas!
Sinceramente me parace que este articulo qiere simplemente denunciar unas de las multiples situaciones que existen en esta bella Tierra, y de las cuales nosotros pequenos estudiantes de sciences Po, nos permitimos analisar como pequenos profesionales.
Dejen me decirles que « el dolor se siente, el dolor no se sabe ».
Serà que porque nos ganamos un 17 en EXPOSE pensamos en verdad ser los mas inteligentes y los mas justos????????? Jajajajaj
Pienso que finalmente el autor de este articulo logro su meta: provocar a los espiritus politicos y utopistas que llevamos dentro.
Porque?
Porque, claro que quizas el articulo no hable de todas las situaciones, es mas! es impossible hablar de todo si quieres hacer pasar una idea. No sera por eso que los titulos de los articulos de prensa no llevan verbos conjugados???
Sin embargo, pienso que viviane y Laura calleron en la trampa del autor, cuando este dice » haganse un plan detallado y una problématica » es para que usted estructuré su reflexion, pero como mucho lo sabemos! Muchos hacen un plan para despues copiar lo que dice un autor sin nisiquiera reflexionar en la pregunta.
Acaso no fue eso lo que hicieron???
Aqui vemos a dos personas que leyeron el articulo, no se sintieron incluidas, y quisieron revendicar un lugar.
Dejenme decirles que la vida no es color de rosa, no todos son intelectuales como voz, y, aunque no lo creas no todos piensan como voz ni quieren ser como voz.
Cuando estas ninas haygan vivido, sufrido y comido MIERDA en sus vidas. Les pido que se levanten y que me tiren la primera piedra!!
NO SE MUCHO DE SCIENCE PO
PERO PIENSO QUE TIENES RAZON
Les filles (viviane et laura) je pense qu’à un moment donné il faut arrêter de voir le mal partout. L’auteur de l’article dénonce ces clichés plus qu’il ne les véhicule. Justement il nous démontre à travers son récit qu’il ne faut pas se fier aux apparences et ne pas tomber dans des jugements trop hâtifs, chose que vous n’avez malheureusement pas manqué de faire (peut-être devriez vous relire l’article encore une fois, ou même deux…aller encore une troisième fois pour la route, peut-être que vous prendrez le texte au second degré et comprendrez le message qu’il essaie de faire passer).
Je vous trouve légèrement à cran dés que l’on parle de femmes, j’ai l’impression que vous voulez tellement prouver votre féminisme que ça tourne à l’obsession voire à l’extrémisme, et du coup votre lecture ne peut qu’être biaisée. Votre indignation et réaction face à cet article, n’est due à mon humble avis, qu’à une lecture trop hâtive et erronée de celui-ci. Je vous rassure vous n’êtes pas une espèce en voie de disparition, il existe d’autres féministes que vous sur cette planète, parmi lesquelles on trouvera peut-être même la personne qui a écrit l’article, allez savoir…
Avec une telle attitude et un peu d’efforts on pourrait accuser l’auteur de xénophobie, homophobie, misogynie, de discrimination à l’encontre des personnes âgées et même d’atteinte à la réputation du centre commercial des cordeliers, qui devrait sans plus tarder attaquer broken mirror en justice pour diffamation : en effet il n’y a point de prostituées qui se promènent dans les cordeliers c’est faux !!! La police poitevine est bien trop efficace
Indignez vous et criez au scandale quand il y aura lieu de le faire, je serai la première à vous soutenir , mais cela ne veut pas dire qu’il faut s’indigner et crier au scandale dés que l’on parle de femmes, car cette attitude, qui est la votre, dessert davantage votre cause qu’elle ne la défend.
Amicalement.
Nous sommes désolées que notre commentaire ait été interprétée comme méprisante envers les prostituées et les femmes victimes de violences ou les mères, c’était tout le contraire qui était visé. On n’est pas en train de juger les prostituées, on est justement en train de dire qu’elles n’ont pas à se trouver d’ »excuse légitime », ni à se justifier de ce qu’elles vivent comme semble le suggérer le texte.
Nous sommes bien placées pour savoir que le genre de situations dénoncées par le texte est une réalité. Ce qu’on a voulu dénoncer, c’est le manque de recul de ce texte qui véhicule des clichés autour de ces sujets et renforce des visions stigmatisantes des trois figures féminines que nous avons exagéré à dessein. Nous avons voulu parodier l’attitude adoptée à la base par le texte en pensant en faire ainsi ressortir ce que nous avons perçu comme des incohérences.
Le vocabulaire utilisé renforce notamment des visions quelque peu archaiques des femmes(« sublime demoiselle » etc.)
Quant à partir du principes que ceux qui dénoncent les injustices sont forcément des bourgeois utopistes sans aucune expérience de la vraie vie et de leur souhaiter de souffrir un bon coup, nous vous remercions, mais nous ne vous avons pas attendu pour « manger de la merde ». Vivre plusieurs mois à la rue ne me semble par exemple pas l’une des principales caractéristiques de l’habitus bourgeois.
On ne nie pas l’extrême difficulté de ces situations pour les personnes qui les vivent; on a juste été dérangées par ce discours quelque peu « bourgeois » qui enferme les femmes ou les hommes victimes dans une impossibilité définitive de se reconstruire malgré le traumatisme. Allez jeter un oeil du côté de Camille Paglia si vous voulez mieux comprendre notre point de vue.
PS: Merci pour la comparaison flatteuse avec Stéphane Guillon, nous ne pensions pas mériter tant d’honneurs!
Viviane et Laura, vous avez une voix qui vous soutient. En effet, j’approuve intégralement leur critique de l’article.
Le problème ? Une vision strictement paternaliste, et en effet bourgeoise.
Oui, il y a une linguistique du paternalisme : « elle devrait se sentir chanceuse d’être avec cet homme », la femme est en permanence objectivée, vue comme l’acteur passif. « Quelque chose qui puisse justifier sinon excuser ses actes », ici aussi, un regard paternaliste qui ne cherche pas à « expliquer », mais à « justifier » ou « excuser », ce qui a un tout autre sens. La femme doit ainsi rendre compte auprès de nous, au lieu de décrire la situation objective.
Ainsi, ce texte parle de rapports de sexe, en cherchant à objectiver la situation, sans parler de rapports de genre, qui seuls sont pertinents. Le sexe biologique n’est que le support d’une construction sociale qui le prend pour justification. Ici, l’auteur inverse les causalités entre sexe biologique et sexe social.
Le sexe social, ou genre, recoupe ici en effet la typologie de Laura et Viviane : Pute (reproduction de service sexuel), Mère (reproduction de service domestique), Victime (vide de toute production).
Et oui, le discours est phallocratique :
- Les mamies qui vont rejoindre « leur » famille, contrairement à leurs maris les papis qui eux ont « leurs » amis. La Mère au foyer, le Père dans le grand monde.
- Le « prince charmant ». Qu’est-ce que le Prince Charmant ? L’image d’un homme promis à une « princesse » qui n’attend que lui en se languissant. Un principe actif, un principe passif. Ils se marièrent et ils eurent… ou plutôt elle eut beaucoup d’enfants.
Ce principe actif/passif recoupe la Femme-objet au centre de la réaction de Viviane et Laura. La « perle », à consommer, jetable, réutilisable, puisque principe strictement réactif. Tandis que l’Homme est sensé se réjouir de l’avoir à la main, elle est sensée se réjouir de ne pas être avec les autres ! C’est une démarche bien différente !
- « Cette magnifique femme passe du statut de chanceuse à pute dès que notre regard se pose sur son prince charmant » : elle n’existe donc pas. Elle est, mais son existence ne prend forme que vis à vis de l’individu masculin qui l’accompagne. On doit réserver son jugement, pour se faire son opinion via son compagnon.
- L’Homme a une bulle pour exprimer ses pensées, la femme n’a que le registre émotionnel de sa gêne. La Pute « a conscience », mais nous « pensons ».
- Le discours sur le langage des yeux, et la Pute qui cherche sa rédemption dans les yeux du narrateurs, la Marie-Madeleine du Monoprix, ça commence à faire beaucoup. Ne lave-t-elle pas les pieds du narrateur pour expier son diabolique organe sexuel ? La recherche de la rédemption auprès d’un passant, la justification de la Pute qui bien entendu ira beaucoup mieux après avoir révélé au grand jour son statut et son histoire, c’est d’un goût mitigé.
Une question psychanalytique : Pourquoi l’emploi du « tu » ? Pour que le lecteur se sente lui-même prisonnier de cette vision du monde tout au long du texte, et empêcher qu’il remette le discours en question ? Ce « tu » me semble bien masculin – et très phallique en l’occurrence ! – pour fixer cinq minutes durant une « sublime jeune femme ».
Et oui, c’est une vision bourgeoise : idéalisée, abstraite (cf. l’Idéologie allemande), bref qui raisonne dans les cadres existants au lieu d’interroger les cadres eux-mêmes. C’est à dire dans notre cas, de raisonner avec la femme juridiquement et fictionnellement libre, sans parler des rouages qui la meuvent. Ainsi, parler de la femme, du triptyque féminin explicité par Laura et Viviane, sans expliquer les rapports dans lesquels s’ancrent ces figures individuelles.
Outre bien entendu la charge critique que représentent ces figures, la Pute existe-t-elle sans patriarcat ? La Mère existe-t-elle sans famille bourgeoise patriarcale assignant la femme aux tâches de reproduction de l’économie domestique ? La Victime existe-t-elle sans rapports sociaux de genre conduisant à la domination masculine ? Et bien c’est cette perspective individualiste et autiste (pour les figures) qu’adopte le texte. Elle « aurait pu s’en sortir » et elle « aurait du dénoncer », comme si les comportements n’étaient pas socialement normés. Elle aurait plutôt du ne rien avoir à dénoncer. Les « immigrés n’ont pas de voix » ? Mais c’est la catégorie d’ »immigré » qu’il faut interroger ! Dès lors qu’on accepte de catégoriser une population, on accepte des hiérarchies parmi elle. La différenciation, c’est la ségrégation. La ségrégation, c’est la domination. La domination, c’est l’exploitation.
Un petit tour d’horizon (non-exhaustif, et certaines critiques sont bien entendu justifiées) des réponses :
- Laura et Viviane se poseraient des questions que personne ne se pose dans la vie quotidienne ? Mais un discours qui n’est pas interrogé est un discours intériorisé. Une langue aussi témoigne des rapports de force (rapports de classe, rapports de genres). C’est bien là leur mérite, de lire le sens des mots, et de comprendre ce que parler veut dire. Doit-on réduire nos réflexions au comptoir du commerce ? Se poser des questions que personne ne se pose dans la vie quotidienne, c’est réfléchir sur le quotidien, et les structures profondes du champ social.
- « Une femme qui se tape un vieux pour acheter des couches [...] j’éprouve pour elle une grande part d’admiration car je ne sais pas si je serais moi-même capable de renoncer à mon apparat chrétien de dignité pour aider les miens » : admirer l’humiliation, c’est déjà profondément chrétien comme démarche !
En effet, tout le monde n’a pas eu la même chance, et on ne devrait pas juger. Mais comme l’ont montré Laura et Viviane, le discours qui sous-tend et structure le texte est un discours de jugement, un discours éminemment phallique.
Je n’ai pas eu énormément de temps, ce n’est pas bien mis en forme, il n’y a pas de sacro-saint plan débilitant en 2 parties, vous m’en voyez désolé !
Toutes mes amitiés pro-féministes à Laura et Viviane, et mes sentiments respectueux à tous !
PS : je n’ai pas pu parler du commentaire en espagnol, ne comprenant pas cette langue, mais peut-être y aurait-il eu à dire !
Mr Le Passant du Nord Est.
Et si l’auteur de cet article était une femme?
QUELLE EST LA DIFFERENCE? A TU UN PROBLEME LES FEMME?
Cela nous permettrait de saisir l’actualité du Discours sur la servitude volontaire de La Boétie, ou bien d’analyser ça en terme d’aliénation, être « l’allié de ses fossoyeurs » selon Milan Kundera. Cela ouvrirait de nombreuses possibilités de réflexions.
Une femme n’est pas exempte de réactions phallocratiques. Combien de fois les dominés adoptent-ils le langage des dominants ? Combien de femmes se révoltent face à l’inégalité de l’économie domestique, à la fois quantitativement (2h de travail supplémentaires quotidiennes) et qualitativement (l’homme aux tâches productives, qui se remarquent une fois faites vs. la femme aux tâches reproductives, qui se remarquent si elles ne sont pas faites) ? Toute femme serait-elle par nature féministe ? Et on retombe dans la naturalisation du sexe biologique en un sexe social, qui veut déterminer des grands invariants féminins. Une femme ne peut pas collaborer avec le sexe social opposé, sinon, elle n’est plus une femme. L’essence précède l’existence, le nom de JP Sartre est mal choisi !
Ce type de contre-argument sera valable le jour où aucun noir ne militera plus au FN, le jour où aucun ouvrier ne votera Sarkozy, où aucun colonisé ne saluera le colon, où aucun syndicaliste ne se fera plus acheter, et le jour où les femmes seront émancipées des tutelles symboliques, des idéaux de vie à la Disney et du rôle social dévoyé à leur sexe. Ce n’est pas demain la veille, malheureusement.
Une production existe indépendamment de son producteur. Oui, connaître l’auteur aiderait à mettre des intentions derrière le texte. Mais les mots ont un sens rigoureux et parfois inconscient, quel qu’en soit l’auteur. Alors intéressons-nous au produit fini, et réponds moi sur le fond, ce serait avec plaisir que j’en débattrais.
PS : Le pseudo de J-P Sartre, pour y revenir, serait utilement remplacé par Simone de Beauvoir, qui elle avait compris les problématiques de genre.
« Mieux vaut une vérité que deux mensonges ptite pute, j’ai insulté ta mère, mais c’est ta mère qui est une insulte. »——- Joey Starr, sociologue.
Parfois tu regardes des gens à la télé qui marchent dans la rue. Tu regardes les personnes qui passent depuis la fenetre de ton appart’. Les enfants jouent au jeux vidéos et les jeunes draguent sur sexbook. Les mamies attendent le bus pour rentrer rejoindre leur maison de retraite alors que les papis vont au bar se mettre une mine avec des gens qu’ils ne connaissent pas, au moins, ce soir il-y a un match. Les chrétiens vont à la messe sous le regard critique et moqueur des athées. Et toi, toi tu les regardes et tu penses: « infidèles ».
Tout cela te paraît familier. La famille c’est important. Parce que tu es habitué à les voir, à voir tout ça. Ca ressemble vachement à Loft-Story, sans Loana, ou à Pascal, Le grand frère. Et comme tous les jours, tu traverses la place Notre Dame pour te rendre à Monoprix faire des courses hors de prix car au moins, Monoprix, c’est clean, c’est slick et ça à « le look ».
Mais tous les jours ne se ressemblent pas. Ce lundi soir, en sortant de Monoprix, tu aperçois cette jeune donzelle. Magnifiquement belle mais au bout de sa main celle de son copain, qui lui, se sent fier d’avoir une perle aussi rare qu’il a du aller chercher au fin fond du Botswana (comme le montre la photo d’illustration). Il est content d’exhiber ce trophée, cette jeune femme sublime. « J’ai vraiment de la chance, tout le monde me regarde, ils sont jaloux, ils voudraient être comme moi, mais c’est ma meuf, nananère. ». Ce sont les mots qui sont inscrits dans une bulle au dessus de sa tête. Une bulle trés jolie que tu imagines car tu as été nourri aux amphétamines et aux BD’s de Plantu, sauf que toi, tu es moins drôle.
Et voilà, tout d’un coup tu te rends compte que ça fait vingt minutes que tu les fixes et que la sublime demoiselle venue des tristes tropiques se sent embarrassée par ton regard trop pesant, c’est dommage que tu ne puisses pas contrôler ses émotions, comme dans Second-Life (en passant, et pour qu’elle soit vraiment parfaite, tu lui augmenterait la taille de poitrine, juste un peu) Et là, toi, internaute, en plus de te demander pourquoi tu lis un récit peu intelligent et inintelligible qui est sensé être un article tu te demandes pourquoi si son copain a cette gueule qui dit « j’ai ce qu’il te faut dans mon pantalon », elle se sent embarrassée. Elle devrait se sentir chanceuse d’être avec cet homme au phallus imposant mais aussi d’attiser la convoitise d’avoir autant de phallus qui la pointent du gland. Et bien, je vous apporte la réponse, son prince charmant a quarante ans de plus qu’elle. Elle le sait (parce que l’on a tous des bulles sur la tête qui portent des onomatopées signifiantes de convoitise et de jalousie exemple : »ouie, rumfl rumfl ») et sans doute a-t-elle conscience de ce que nous pensons tous au plus profond de nous même: Que ce vieux croulant ne sait même pas ce servir de Twitter, et encore moins de jouer à half-Life en réseau binome en mode « warrior ».
Bien souvent les yeux qui la regardent ne sont pas emplis de jalousie, mais bien d’indignation voire de mépris. Il ya des bulles qui apparaissent partout, Pute, Pute!! Pute!! Cette magnifique saloppe passe du statut de chanceuse à celui de pute dès que notre regard se pose sur son prince charmant. « Opportuniste », « anal » et « clitoris » sont les mots qui viennent à notre esprit, en même temps que nous nous demandons si l’avoir pendant une nuit serait trop cher. Ce n’est plus une charmante jeune fille amoureuse mais une de ses femmes cyborgs du film « le retour des putophiles à la planète 666″ .
Voilà ta première impression de ce couple. Tu es révolté car toi aussi tu as un père pédophile islamiste et bien sûr tu n’aimerais pas le voir avec une jeune femme qui court après son phallus. Parce qu’assurément tu sais qu’elle ne l’aime pas sinon son pour son pal. Mais mon ami, es-tu sûr que tu veux continuer à lire ? Que tu as complètement raison ? Connais-tu leur high-score ? Leur nombre de points « amour » sur facebook ? Leur avatar ?
Peut être que tu n’as pas tort, peut être que tu as raison, ce qui est en soit exactement la meme chose, sauf que moi je préfère avoir raison plutôt que de ne pas avoir tort, par pure et simple question de syntaxe. Mais moi, je te dis, fais une recherche sur google, cherche un plan sur oboulo.com si tu veux faire énerver Aranzazu (?), tant que tu gardes en tête cette question : pour quelle raison cette jeune fille de 20 ans sort avec un vieillard de 60 ans ?
Explorons les réponses possibles :
Parce que 20 plus 60 egal 80! Je vous vois tous en train de vous dire mais bien sûr moi aussi je me pose la question. Peut être qu’elle veut profiter de l’allocation retraite, peut être qu’elle veut acheter le nouveau star craft 2 ou peut être que c’est juste une opportuniste qui aime l’argent facile que lui donnent les petits vieux sans compter ce qu’elle gagne dans la rue tous les soirs, quand Papi dort ! Décidemment, quelle pute.
Mais est-ce possible que quelqu’un ait aussi peu de dignité, aussi peu de correction gramaticale ? Surtout quand cette personne semble être mouillée par les regards qui se posent sur elle. Au final, un vagin c’est un vagin, indépendemment de la couleur.
Alors tu te dis qu’il doit y avoir autre chose, quelque chose qui puisse justifier sinon excuser ses actes. Quelque chose qui puisse rendre son couple plus normal à tes yeux, qui puisse donner un sens à ce texte, à part un emportement petit-bourgeois de spice girl sous lsd.
Mais tu es toujours devant eux, à fixer, tel un voyeur-guetteur post-moderne, à juger avec ce regarde qui te trahis (si tu avais rammené ta game boy color, au moins tu pourrais faire semblant de cacher ton éréction). Tu dois trouver une réponse, c’est trop intriguant pour toi, tu n’as plus envie de juger, car le regard de cette femme te dis que tu te trompes et te donnes envie d’en savoir plus. Tu essayes de cliquer sur ses habits, pour voir si tu peux le lui enlever comme chez « les Sims », hélas, ça ne marche pas. Cette magnifique jeune femme t’as percé à jour et veux que tu la comprennes, que tu vois dans ses yeux ce qu’elle veut t’expliquer (est-ce que les noirs voient en blanc et noir?), qu’elle veut s’exprimer, se justifier, se déshabiller, elle te tourmente, les mots te manquent pour décrire la fanfare de sensations, tellement ton omniscience et grande , tellement tu comprends le monde, tellement t’es fort , tellement t’as atteint le niveau « légende » quatre fois sur World of Warcraft.
Mais elle doit partir car elle n’en peut plus des regards assassins dont elle est victime, ceux qui rend son Prince Charmant fier car il se sent envié. Elle dit: « Tout c’est regards me tuent! » et papi répond: « KIKOOLOLMDR ». Décidemment, il n’a rien compris, lui non-plus.
Elle quitte les Cordeliers mais laisse tomber un gode-michet, gode-michet qui t’es destinée (Gode-michet ou pagode michet ). Et là tu as tout compris : finalement, l’opportuniste n’est qu’une victime, celle qui aime l’argent n’est qu’une pauvre misérable. Tu croyais qu’elle voulait s’acheter un jeux vidéo mais elle doit distribuer des bites en plastique. Tu pensais qu’elle aimait le vis facile mais elle doit subvenir aux besoins de sa famille ougandaise, de ses enfants rachitiques, analphabètes et moribonds (qui rappellent étrangement ces enfants sur les plages du Sri-Lanka post-tsunami auquels on tentait vainement de distribuer des chips) nés d’un viol perpetré par un éjaculateur précoce qui l’a laissée sur sa faim . Finalement, celle qui prend l’argent des vieux, se fait payer pour aller aux Cordeliers, se montrer avec pépé-malin, le fait afin de pouvoir rester en France -Oh, pays des droits de l’homme et de la célébration de la journée internationale de la salope- et ne pas être ramenée dans son pays, pays des dictatures sanguinaires de negroides blanchiphobes dégénerés (même si « Nous devons aller vers l’Afriqe » voir l’article de Maurice « Magic » Neyra). Celle qui se prostitue n’est à la fin qu’une pute, malgré la sècheresse de ses paroies vaginales. C’est pas moi qui le dit c’est Christinne Boutin. Certainement, tu te dis qu’elle aurait pu s’en sortir d’une autre manière. Elle aurait pu monter un site web porno, ou devenir une présentatrice de sept-à-huit, ou encore tenir une barraque à frites dans la cour de l’élyséee. Tellement de possibilités dans le monde virtuel de la béatitude pornographique spéctaculaire marchande!
Mais comment dénoncer, si les immigrés non pas de voix, pas de valeurs, pas de drapeau, et des sexes aussi protubérants? Si à chaque fois qu’elle a essayée, elle s’est fait tabasser frôlant ainsi la mort et que personne ne l’a aidée. Comment dénoncer, si le processus d’intégration gna gna gna gna gna bla bla bla à la société, bla bla bla Comment s’en sortir si pendant ces vingt petites années de vie, elle fait partie de la cinquième génération de femmes de sa famille à subir le même destin (eh manu tu descends? -Pour quoi faire? -C’est ton destin!) ? Comment changer les choses et les machins du destin ?
Finalement tu comprends qu’on n’a pas tous eu la même chance que toi, même si on est tous égaux devant dieu. Donc ne juge pas, seul dieu peut juger (et encore, seulement aux portes du paradis). J’ai les larmes qui me montent aux yeux, et je commande une pizza sur speed-rabbit.