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Welcome to Europe. Exit is this way

Photo : Maxime Marais (Creative Commons).

Présentation du délit de solidarité autour du Film « Welcome ». Conférence organisée par le Projet Co « Immigr’action ».
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S’il ne s’agissait pas d’une conférence en bonne et due forme, il n’empêche qu’elle a ouvert des perspectives qui sont trop souvent inconnues du public. Dans le court laps de temps qui leur a été accordé, les membres de la Cimade¹ ont soulevé plusieurs problématiques liées à ce qu’on appelle l’immigration « clandestine² ». Un petit retour (engagé) sur leur intervention.

On assiste depuis déjà un certain temps à une radicalisation de la lutte contre les ESI, autrement dit les « Étrangers en Situation Irrégulière ». On les oppose aux gentils migrants légaux, on les diabolise, on les accuse d’envahir la France et de profiter d’avantages en tous genres. Oui, c’est un discours que l’on peut entendre lors des JAPD (le soi-disant parcours de « citoyenneté »), ici même, à Poitiers, sortant de la bouche d’un gendarme. Ou encore dans une discussion de deux vieilles dames dans un TER Poitiers-Limoges. Le gouvernement a voulu justifier sa position en affirmant que lutter contre les illégaux, c’était protéger les légaux. Sauf que ce manichéisme est plus qu’éloigné de la réalité : ces deux catégories ne sont pas étanches et il arrive souvent qu’une même personne circule de l’une à l’autre.

En clair, il faut lutter contre ces méchants clandestins qui souhaitent naïvement trouver une vie meilleure. Tout est allègrement mis en place par un gouvernement qui souhaite rallier les électeurs d’extrême droite à sa cause. On a donc instauré des centres de rétention, où l’on enferme les clandestins en attendant de pouvoir les expulser dans la joie et la bonne humeur. Non non, nous dit-on, ces centres ne sont pas des prisons. En parallèle, les conditions de vie sont difficiles et précaires, comme on peut le voir dans le film Welcome et avec la fameuse « jungle » de Calais, régulièrement mise à bas de façon extrêmement délicate par les autorités. Sans compter le blocage administratif permanent et la volonté d’intimider les « délinquants solidaires ». Mais jamais au grand jamais les institutions n’acceptent d’assumer la responsabilité de cette situation : c’est toujours la faute de l’autre, de la loi, du gouvernement, du Père Noël.

Et puis comme si cela ne suffisait pas, on a décidé d’externaliser le contrôle des migrations. Désormais, la surveillance s’effectue directement sur les mers, avec le système militarisé Frontex. Et comme les régimes autoritaires sont nos amis, on leur confie la gestion des migrants illégaux, arrêtés avant qu’ils n’entrent sur le territoire européen. Il existe donc, par exemple, des camps de rétention en Libye, pays des droits de l’Homme par excellence. En échange, l’aide au développement continue : un peu de « chantage au développement » est toujours utile.

Bizarrement, les autorités ont encore l’espoir de résoudre le soi-disant « problème » des migrations, ces migrations qui ont toujours fait partie de l’Histoire. Les migrants changent en permanence leurs routes : abandonnant le Maghreb désormais armé jusqu’aux dents, ils ont opté pour les Canaries, elles aussi bloquées depuis peu. Du coup, ils font le tour par la Turquie. Too bad. Bref, espérer arrêter les migrations, c’est comme espérer le retour de Jésus : illusoire.

Pour plus d’informations sur le sujet : le 14 avril, à 18 heures, une table ronde aura lieu à la Maison du Peuple (Poitiers) sur le thème « Les sans-papiers et l’enfermement ».

¹ Comité Inter Mouvements Auprès Des Évacués (Cimade) : association à but non lucratif agissant notamment auprès des étrangers en situation irrégulière dans les camps de rétention.
² Qui n’est pas si clandestine que ça, les institutions étant au courant et les migrants  « clandestins » pouvant être très bien intégrés à la société

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