Festival « Art et Politique »: seconde édition

Sourires aux lèvres. Yeux pétillants. Heureux sous un tonnerre d’applaudissements. C’est que nos jeunes artistes sciences-potes ont de quoi être fiers. Danseurs. Chanteurs. Comédiens. Musiciens. Talentueux, motivés et pleins d’énergie, ils ont éclairé les soirées du mercredi 21 et jeudi 22 avril 2010. Amis, professeurs et courriels de l’administration n’ont pas manqué de féliciter les organisateurs et participants de ce très beau festival ; le Mural souhaitait lui aussi revenir sur cet événement.
Le Festival « Art et Politique » se déroula à Poitiers les 21 et 22 Avril Dernier. Il fut organisé par le Bureau des Art du campus de Poitiers et par le projet collectif « Le festival Cubain ». Une collaboration qui permit de combiner spectacles artistiques et cycle de conférences, lesquels vinrent ainsi remplacer, l’espace de ces deux jours, cours et exposés.
C’est sur quelques notes de musique brésilienne que les trois coups furent donnés. Venu accompagner d’instruments de musique des plus étranges, le brésilien Augusto de Alencar démontra par quelques airs originaux que la musique Brésilienne ne peut se résumer à la Samba. Par sa bonne humeur et sa conférence des plus informelles, il diffusa rythmes et sourires pour donner le ton au festival.
Quoique… Mercredi soir, Montserrat lui ne rigolait pas. C’est que deux heures durant, le personnage crée par Emmanuel Roblès, se réanima pour vivre le dilemme tragique auquel il fut confronté en Juillet 1812. Cet officier espagnol, ne tolérant plus la violence de l’armée espagnole face aux indigènes, vient d’aider Bolivar à échapper aux troupes du général Izquierdo lesquelles cherchent à le capturer par tous les moyens. Conscient que sa capture mettrait fin à l’espoir d’une Amérique Latine libérée de la domination espagnole, Montserrat refuse d’avouer à ses compatriotes, conscients de sa trahison, où se cache Bolivar. Il est alors enfermé avec six otages innocents qui seront exécutés si Montserrat refuse de parler. L’espoir d’une Amérique latine indépendante contre la vie de six innocents. La pièce d’Emmanuel Roblès pose ici un dilemme des plus tragiques. D’autant plus tragique, qu’il est bien mis en scène. Emotions. Attentes. Suspens. Dans la salle des salons de Blossac, c’est le silence le plus complet. Les spectateurs sont captivés. Pas un ne pense à éternuer. C’est que nos jeunes comédiens sont épatants. Soudainement transformés en lieutenant violent et sadique, en officiers des plus monstrueux, en moine capucin, ou encore en innocents vivant leur dernière heure, ils s’exécutent devant nous et nous replongent sans difficultés au début du XIX siècle. Les nombreuses heures de travail et de répétitions venaient de porter leurs fruits. Monteserrat version sciencespotes : un véritable succès.
Montserrat mort, mais la révolution assurée, la troupe de théâtre laisse alors sa place à la troupe de danse. Loin d’être terminé, c’est dans un petit cabaret Cubain, El Elterno, que le spectacle se prolonge. Inspirés par le film « Adieu Cuba », d’Andy Garcia, nos camarades danseurs nous entrainent à l’époque de la révolution cubaine en retraçant l’histoire d’El Eterno, avant, pendant et après la révolution. A leurs services : salsa, rock, tango, mambo … Les ressources chorégraphiques ne manquent pas à nos camarades qui brillent sur chaque chanson. Des costumes au pas de danse, la représentation impressionne. Public ravi, les camarades sciences potes viennent de comprendre la raison des samedis après-midi en Manchu, musique à fond, « 1 et 2 et 3 » en toile de fond. Amigos bailadores, félicitations.
Le jeudi, la journée fut réservée aux conférences organisées par le projet collectif le « festival Cubain ». Durant cette journée, intervinrent Jacobo Machover, Jesus Zunegra, Marie-Catherine Scherer et Eduardo Lamora pour nous parler ou nous montrer (par le biais de film) des aspects de la vie culturelle à Cuba. Parallèlement fut organisée une exposition de photos du photographe François Saintigny dont les clichés vinrent faire vivre l’instant de quelques jours les murs de l’amphi Bolivar.
Le festival se clôtura par un spectacle public sur la place Charles de Gaulle. Alors que la pluie aurait du selon les dires de Madame Météo perturber le bon déroulement de ces événements, elle laissa nos artistes dévoiler tranquillement leurs talents aux passants poitevins et leurs camarades venus en nombre les acclamer. Il faut dire qu’il aurait été dommage de les priver d’une seconde représentation du spectacle de danse, et du concert tant attendu de Canta Historia. Neufs étudiants du campus ont en effet travaillé durant l’année, dans le cadre d’un projet collectif, à l’enregistrement d’un cd musical dans lesquels ils interprètent des chansons qui marquèrent l’histoire de l’Amérique Latine. Leur disque récemment paru, ils nous l’interprétèrent en live sous cris et applaudissements de leurs premiers fans. L’air d’ « apesar de você » [1] résonna à l’air libre mettant fin à ces 48 heures culturellement et artistiquement si riches.