EDWARD WESTON: Un éloge de la sensualité
« Art must have a living quality which relates it to present needs,
or to future hopes, opens new roads for those ready to travel,
those who were ripe but needed an awakening shock… »
Les lignes courbes d’un coquillage, un corps de femme, svelte et musclé se contorsionnant sur le sol, la pureté d’un tronc d’arbre dont l’écorce empreinte milles chemins, se torsadant à l’infini… Edward Weston révèle ce que la nature nous offre de plus beau, dans toute sa pureté.
Né dans la banlieue de Chicago, Illinois, en 1886, il reçoit son premier appareil photo à l’âge de 16 ans. Très vite, il se passionne pour cet art. Ses premières réalisations capturent la ville en mutation. Weston est un jeune homme pénétré par l’architecture utilitariste, dont les lignes verticales et la découpe des buildings nouvellement construits lui permettent d’exercer ses talents de photographes. Toutefois, son départ pour Mexico le détourne de la jungle urbaine de l’Amérique des années 1930. Il est séduit par la simplicité de ce pays et de ses habitants et entame alors une quête de la pureté le menant d’abord à la peinture du nu – comme sublimation du corps humain -, puis, à la représentation de la nature. De retour aux Etats-Unis, il consacre sa vie à dépeindre les landscapes californiens.
Ses paysages se singularisent par leur force émotionnelle. Car la nature que nous livre Weston est une nature forte et humaine, qui, bien plus que d’accepter l’irrégularité des formes, la sublime grâce à la maîtrise parfaite du noir et blanc et des jeux de lumière. Elle transmet la vie, honnêtement, sans fioritures, en s’attachant à l’essence des choses. Weston explore tour à tour l’ovale d’un œuf, les nervures du bois, la douceur des dunes et la complexité d’un nuage pour en délivrer l’esthétique, l’harmonie et la sobriété.
Il fait partie de cette veine d’artistes américains dont l’œuvre refusa de suivre le chemin que prenait leur pays, dans l’opulence, la consommation, les paillettes de l’American Dream. Réalisé près de 50 ans plus tard, le film Dead Man de Jim Jarmusch nous offre le portrait d’une nature sauvage proche du travail d’Edward Weston, loin du faste des studios hollywoodiens. Ces visionnaires outrepassèrent les codes urbains, dépassèrent les frontières des mégalopoles et s’attaquèrent à l’Amérique des grandes plaines, des dunes ou forêts afin d’en délivrer les mystères et d’en souligner l’intensité. Ils furent aussi de ce temps où Photoshop n’existait pas, où le génie du photographe résidait dans la capacité à capturer l’instant.
L’Œuvre de Weston est une œuvre intemporelle qui parle de la vie. À la fois singulière, insaisissable et parfaitement ancrée dans le réel, elle se dispense de commentaire, laissant le spectateur ébahi devant tant d’humanité…


Merci de nous le présenter si bellement!
Je trouve aussi que tu écris vraiment très bien, Julia.
(et je ne dis pas ça pour me faire pardonner du retard, mais parce que j’aime VRAIMENT lire tes articles).
Très très jolie plume Julia!