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MENTON : Let’s celebrate lemons!

Je ne me serais très certainement jamais prêtée au jeu des corsos et autres chars décorés d’agrumes si je n’avais pas reçu une petite visite familiale durant la traditionnelle fête du citron de Menton, qui a pris place et a provoqué un véritable raz-de-marée de touristes venus des quatre coins de la France ( et du monde ? D’Italie tout du moins ! ) En effet, selon les statistiques de la ville aux jardins, les rues mentonnaises se gorgeraient de 230 000 touristes chaque année grâce à cet événement qui a donné depuis de nombreuses années sa notoriété à Menton, et ce à travers la France. Non, non ne souriez pas ! Après une petite visite à Lyon pendant les vacances, le peu de personnes que j’ai rencontrées pensaient tout de suite à cette manifestation annuelle quand j’évoquais mon lieu de résidence, plutôt étonnant pour une étudiante.

Et c’est peu dire que la fête a gagné sa réputation. Inaugurée en 1934, elle est le fruit (!) d’une longue tradition de la culture des agrumes, comme nous le savons tous. 1929 : Menton est la première ville productrice d’agrumes du continent européen ! Bien que ce chiffre puisse paraître étonnant, à nous qui voyons Menton comme avant tout LA ville d’accueil de tous les touristes du troisième âge voulant découvrir la Côte d’Azur en toute sécurité. Soit. Mais notre ville a aussi reçu de prestigieux invités comme la reine Victoria venue admirer un feu d’artifice donné en son honneur dans la baie de Garavan, clou de la parade de l’année 1882 et d’autres riches héritiers en tout genre qui croyaient aux vertus salvatrices du climat méditerranéen et quasi-tropical que nous connaissons à Menton (oui, la pluie fait partie intégrante du climat tropical, révisez vos classiques !). Sous sa forme la plus ancienne, suggérée par les hôteliers qui souhaitaient redonner à la ville son dynamisme durant l’hiver (surtout refaire marcher les affaires un peu plus tôt !), la fête se résumait à une courte parade puis on a constaté l’arrivée des corsos. Khalas avec l’histoire, qu’est devenue la Fête du Citron depuis sa création ?

Les fruits ne débarquent sur les chars qu’en 1930 et encore aujourd’hui on peut remarquer le soin donné à la confection de ces derniers. Le thème de cette année étant les Grandes Civilisations, nous avons pu assister à un défilé coloré de costumes et de chars tous plus farfelus les uns que les autres. Bien que quelques erreurs et incohérences historiques aient trouvé leur place et que certaines lacunes soient amèrement regrettées (aucune évocation de la civilisation arabe dans le corso nocturne auquel j’ai assisté !), le spectacle est avant tout appréciable par sa spontanéité et sa convivialité. Là est bien le mot. L’ambiance des musiques brésiliennes vous réchauffent le cœur quand vous attendez debout dans le froid, le prix des places assises étant si exorbitant, le début des festivités et le sourire des majorettes rappelle le plaisir que tous ces gens prennent à venir visiter la ville qu’à de nombreux égards, nous adorons détester. Les confettis ont fusé, et les enfants ont chanté, et les vieux se sont dérouillés : bref, cette ville que nous déplorons dépeuplée s’est amusée et trémoussée le temps de deux semaines et a maintenant retrouvé son calme habituel. Veuillez, chers amis qui avez été ennuyés par le fruit local en quelque manière, pardonner mon enthousiasme à propos de cette fête qu’après tout je n’ai goûtée que d’un zeste ! Entre les nuisances, les accès impossibles à nos domiciles, et la noirceur du monde dans notre bon vieux Marché U… tout cela est à présent terminé ! Jusqu’au début de l’été…

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