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Douce France, qu’est-il advenu de toi ?

Faites vos jeux, rien ne va plus.

Non, rien ne va plus. La France est devenue une pâle copie de ce pays chargé d’une histoire et d’une culture qui forçaient à la fois l’admiration, le respect, et pour certains l’indignation, car on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais mon pays s’en est allé.

Plus le temps passe, et plus l’évidence s’impose. Les valeurs que l’on nous matraque dès qu’il est question de l’immigration, les principes dont on se targue d’être les instigateurs, après la révolution lorsque trois pelés et deux tondus se sont attaqués à une prison où croupissaient sept personnes… Où sont-ils passés ?

Certainement embarqués vite fait dans les bagages des politiciens qui se crêpent le chignon à longueur de journées, comme de vieilles mégères aigries, qui vous pointeraient du doigt ou tendraient une spatule accusatrice vers vous. Prise en tenailles, ma pauvre France, entre ces différents courants, qui, loin de t’avoir aidé à te relever, se sont désolidarisés et ont cherché à rabattre le faute sur les autres. De toute façon, c’est bien connu, s’il y a un coupable, c’est forcément pas moi.

Mais je radote.

Monsieur Guéant fait partie de ces joyeux trublions des hautes sphères bien gardées de la politique qui se font connaître pour leurs frasques et leurs dérapages, pour lesquels il n’est plus à son coup d’essai.  Champion des propos portant à controverse sur l’immigration ou l’islam, notre ministre de l’intérieur, très en forme ce jour là (comme aurait aimé à le souligner MAFR), nous a donc gratifiés d’un sublime « Toutes les civilisations ne se valent pas. […] Nous devons protéger notre civilisation ». Du Guéant dans toute sa splendeur.
Quel exemple penses-tu donner, Cloclo, en sortant des inepties de la sorte ? Que la tienne vaut mieux qu’une autre parce qu’elle promeut la liberté, l’égalité et la fraternité ? Mais que viens-tu donc me chanter là ? Il y a bien longtemps que notre vieille France n’est plus en mesure de respecter ces idéaux…

Peut-on réduire une civilisation à trois fanatiques qui se battent en duel pour dire que celle-ci vaut moins qu’une autre ? Certes, de nombreux peuples sont opprimés, on leur confisque leurs libertés, et les femmes ne sont bonnes qu’à servir d’incubateurs. Mais qui est en train de se faire massacrer dans les rues en ce moment même ? Qui sont ces peuples épris de liberté et de justice qui défient au quotidien leurs geôliers ? Ceux-là même que vous dénigrez, monsieur le ministre.

N’oubliez pas que la France, au milieu du siècle dernier, n’a pas non plus été un modèle de vertu. La Résistance, aussi auréolée de gloire et d’admiration ait-elle été après la Libération, n’a pas accueilli dans ses rangs la majorité des Français. Beaucoup trop ont vendu leur âme au diable et au nazisme, ont tourné le dos à peur patrie en embrassant ces valeurs, s’il est possible de les traiter de valeurs, et ont trahi celles que notre devise nationale prônaient. Repentir il y a eu, mais cette période restera à jamais gravée dans le marbre de notre histoire, nous obligeant à rabaisser notre égo et nous remettre en question. Comment être capable d’affirmer comme vous le faites que notre civilisation, avant tout, doit être sauvée ? Alors que nous n’avons pas été capables de protéger les nôtres ? Les ressortissants de notre propre patrie, pour une simple question de religion, ont été envoyés à l’abattoir ! Nous devrions rougir de honte devant de tels propos, et faire profil bas. Notre bonne et belle civilisation, pétrie de toutes les valeurs que vous voudrez, se sera laissé embourber dans toute sa splandeur.

Personne, pas même vous, tout ministre que vous êtes, ne peut arbitrairement juger de la supériorité ou non d’une civilisation. Elles sont chacune marquées de l’empreinte de leur propre histoire, de leur évolution, qui fait qu’elles sont ce qu’elles sont aujourd’hui. Nos valeurs républicaines, si elles nous paraissent évidentes, ne doivent pas être par analogie celles que le monde entier devrait embrasser. Laissez le monde faire sa vie. Laissez les différences s’affirmer. Laissez la multitude décider par elle-même de ce qu’elle veut. La voix d’un peuple uni dans sa culture et son histoire doit être la seule à pouvoir s’exprimer.

Et commencez par vous occuper de votre propre pays qui en a bien besoin, au lieu de détourner l’attention sur une question qui n’a pas lieu d’être. Vous considérez que notre civilisation est dotée d’une supériorité incontestable ? Faites-en sorte que l’on puisse en dire autant. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Vois-tu, douce France, à quel niveau tes valeurs ont été reléguées ? On t’exhibe, pour animer un débat où toi qui n’a rien demandé, te retrouve au milieu d’un bourbier sans nom, à devoir montrer un exemple qui est hors de ta portée.

Qu’il est loin, le temps des Lumières, le temps de la quête des droits, des libertés, et de la fierté de porter hautes tes couleurs. Te voilà exploitée, rendue à la servitude de ces hommes qui ne recherchent en toi rien d’autre que le moyen d’assouvir leurs ambitions personnelles.

Même Mickaël Vendetta commence à parler de vouloir devenir député, et pense que « si je me serais présenté, ça aurait été moi [le président en 2012]. »
Pleure, ma bonne France, et crains pour ton avenir.

1 commentaire

    On sent le style Maurice Neyra poindre dans cet article…

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