La naissance du Microcrédit
« Le microcrédit, c’est aider chaque personne à atteindre son meilleur potentiel. Il n’évoque pas le capital monétaire, mais le capital humain. Le microcrédit constitue avant tout un outil qui libère les rêves des hommes et aide même le plus pauvre d’entre les pauvres à parvenir à la dignité, au respect et à donner un sens à sa vie. »
—Vers un monde sans pauvreté, Mohamed Yunus, 1997
Avant la création du Grameen Bank, une grande partie de la population du Bangladesh rural (dans la plupart des cas des agriculteurs ou artisans) utilisait les services de préteurs informels. Ces populations le faisaient car elles n’avaient pas accès aux prêts bancaires traditionnels. Ceci était dû à plusieurs raisons. D’une part, leur situation de pauvreté ne leur permettait pas de donner aux Banques des garanties de remboursement (les revenus n’étaient pas fixes et étaient même, parfois, inexistants). D’autre part, les frais d’ouverture d’un dossier de prêt dépassaient souvent l’argent demandé. Le prêt leur était alors inaccessible dès le départ. Enfin, ces populations n’avaient pas de biens de valeur, c’est-à-dire, pas de collatéral pour garantir le prêt. De plus, les petites valeurs en jeu (les prêts souvent n’arrivent pas à 1 dollar) faisaient de ces prêts un marché très peu attractif pour les banques traditionnelles : elles pensaient ne pas pouvoir en retirer des profits. Elles n’avaient pas une volonté d’entrer dans ce marché.