Géopolitique des questions gaies et lesbiennes dans le monde contemporain
La conférence tenue le jeudi 2 février en amphithéâtre Simon Bolivar par Louis-George TIN , intellectuel français impliqué dans la lutte contre l’homophobie et le racisme, a permis à un auditoire varié de mieux cerner les enjeux qui gravitent autour de la question homosexuelle de nos jours. C’est dans le cadre du projet collectif « Esprits Libres » que cet homme de combat est intervenu à Sciences-po, l’objectif étant de sensibiliser un large public sur des questions qui occupent une place de plus en plus importante dans notre société. Si cette conférence a pris une tournure quelque peu différente de celle que certain imaginaient, elle n’en fut pas moins palpitante. C’est en débutant par un rappel historique de la place qu’a occupée la question homosexuelle dans nos sociétés que Louis-George TIN a dressé un panoramique des enjeux géopolitiques actuels qu’elle englobe au niveau international.
Louis-George TIN a tout d’abord rappelé qu’en Europe, zone où la reconnaissance des couples homosexuels est la plus avancée, le débat sur l’homosexualité est directement lié aux institutions européennes. L’on a assisté au cours des deux dernières décennies à un véritable effet domino en Europe : si les choses se jouent aujourd’hui à l’échelon européen en ce qui concerne les questions gaies et lesbiennes, la position des instances européennes est déterminante pour le positionnement des pays en ce qui concerne la lutte contre l’homophobie.
Afin d’avoir une vision plus globale des enjeux géopolitiques de la question homosexuelle dans différentes parties du monde, Louis-George TIN s’est concentré sur le cas complexe de l’Afrique. Sur ce continent, c’est une logique réactive par rapport à l’Occident qui a entraîné la radicalisation des pays africains concernant la question homosexuelle. Dans une grande majorité des pays du continent, un renforcement des politiques répressives a pris place afin de montrer au reste du monde que les valeurs africaines sont incompatibles avec l’homosexualité. Ainsi, des pays tels que l’Egypte au sein desquels les homosexuels n’étaient pas stigmatisés jusque dans les années 70, ont pris une orientation bien différente depuis trente ans. L’homosexualité est en réalité perçue comme un symbole de la colonisation occidentale, une importation des pays du Nord qu’il faut éradiquer des pays africains. Lire la suite »


