Salut Marie, aux grands yeux de femmes
Non, je sais, tu ne répondras pas.
Tu murmures que c’est à moi
D’aller me faire foutre aujourd’hui.
Je t’en prie, tais-toi.
Marie,
Moi aussi j’ai le ventre creux et percé
Mes enfants meurent avant le baiser
Et même Jésus,
Fruit de ton viol, n’ose plus.
Marie, tu me ressembles de chair et de peau
Alors pourquoi ne pas tout pardonner ?
Pourquoi ne pas s’embrasser,
Comme deux filles de joie?
Salut Marie, ma sœur, mon autre,
Tu sais bien toi que l’on s’en fout.
Que l’on soit belle ou pas
Vierge ou pas
Tu sais mon amour, tu sais bien toi
Qu’il faut tout éclater
Qu’il faut tout avaler
Au sens. Au sentiment.
Et baiser Dieu.
On le réinventera.
Celui de deux passantes nues
Sans peur de rien,
Pour faire l’amour enfin.
Salut Marie,
Fais l’amour
Puisque tu murmures qu’il n’existe pas.
Je t’en prie, ne dis pas ça.
Ne baisse pas les bras, pas toi.
Je te salue Marie.
Ma Marie, ma sœur, mon membre.
HERA CAMETIS
Un homme, un occidental, la cinquantaine, fait le va et vient depuis des heures dans une pièce vide et fermée, peut-être à clefs.
Un enfant, la peau noire, est assis sur une chaise dans un coin de la pièce.
Il n’y a pas d’échappée.
On m’a collé là avec ce gosse noir, ce gosse d’Afrique, enfin je suppose. Oui, je précise noir, nègre, black, parce que ça change tout…et puis peut-être que ça fait bien aussi de caser un enfant noir à un moment ou un autre dans l’histoire, ça fait charitable.
On ne précise pas si quelqu’un est blond ou roux mais noir ou blanc oui, on précise. Ce n’est même plus une question de racisme, ça doit être une question de conscience, encore une connerie consciencieuse.
D’ailleurs à ses deux énormes billes qui me dévisagent, et à son silence, son putain de silence impassible, on doit bien voir que c’est un enfant d’Afrique. L’Afrique vous savez, ce grand pays dont personne n’est foutu de retenir le nom des « régions ».
Mais sans vouloir décevoir le nouveau genre d’humanité que vous incarnez sûrement, ce n’est pas cet enfant en lui même l’important, lui il fait partie du décor. L’important c’est mon gros cul blanc, qu’on a posé là, en face de lui. Et ne commencez pas à chercher à comprendre cette situation, elle est totalement absurde. Tout comme le reste, sauf que cette fois, je vous fait la fleur de vous prévenir dès maintenant, ne cherchez pas. Et puis je suis déjà assez mal barré comme ça, seul avec ce gosse sans savoir où ni pourquoi ni jusqu’à quand, pour que vous veniez en rajouter avec vos élucubrations métaphysiques de lecteurs mal baisés.
L’écrivain s’est fait plaisir pour le coup, et pas de bol , c’est tombé sur moi. Quant à vous, vous vous en sortirez surement indemnes, bon petits lecteurs que vous êtes. Si seulement vous saviez que lire est un crime ! Mais passons, ce n’est pas le sujet, et si on commence à divaguer dès maintenant on ne va jamais en finir avec cette sale histoire et on veut tous aller se coucher le plus vite possible, puisque rien ne nous empêche de dormir ! Donc je disais, toute cette merde en phrases qui va suivre, est déjà assez tordue pour que vous en rajoutiez avec vos tentatives de compréhensions, ou encore pire, d’interprétations ! Vous me donnez déjà mal à la tête.
Alors lis, et ferme-la.
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