Quand Sciences-Po prend l’ascenseur social : la convention d’éducation prioritaire…
Jugée nécessaire et juste pour certains, et scandaleuse pour d’autres, la création à l’Institut d’études politiques de Paris en 2001 d’une voie d’accès sans concours pour les bacheliers des zones d’éducation prioritaire (ZEP) a fait trembler les murs de nos grandes écoles, sanctuaires de l’élitisme hexagonal. Pendant longtemps, on a connu les quotas des Grandes écoles réservés aux élèves issus de ces milieux défavorisés, ou plus récemment des « prépas à la prépa » des grands lycées parisiens (année de formation à la prépa), afin de répondre au manque de justice sociale du système éducatif français. En s’engageant dans la voie de la démocratisation de l’enseignement, Sciences-Po a donc créé une véritable révolution. Le succès ne s’est pas fait attendre ; il suffit de laisser parler les chiffres : soixante-deux lycées signataires de la convention aujourd’hui, contre sept en 2001, et près de quatre-cent étudiants ayant pu en bénéficier … de quoi casser l’image d’une école élitiste où seuls les fils de bourges ont accès.