Articles écrits par Julia Partouche
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Cinéphiles, arrêtons de nous lamenter sur la fermeture de Megaupload: Internet a encore de beaux jours devant lui! Et ce, grâce au travail d’un homme, Dan Colman, le doyen de la faculté de Standford. Colman, geek à ses heures perdues, s’est amusé à parcourir la toile à la recherche du meilleur web éducatif. Son site, Open Culture, fondé en 2006, recense des petites perles cinématographiques tombées dans le domaine public, des cours d’universités de renoms (Berkeley, Harvard,….), des livres audio etc. A voir de toute urgence !!
Situé au 84, King Street, en plein coeur de SoHo, Manhattan, le Paradise Garage réunit pendant près d’une décennie (1977-1987) la fine fleur new yorkaise, impulsant une nouvelle façon de concevoir le clubbing autour de performances live et de DJ set endiablés.
Le Paradise Garage fait partie de ces lieux de légende, précédé par le Studio 54, capable de brasser l’avant garde triomphante des 80’s, de Mick Jagger à Diana Ross, de Wahrol à Stevie Wonder. On y côtoie, parmi les habitués du lieu, Grace Jones, Madonna, George Michael ou encore Marshall Jefferson, qui brillèrent par leurs performances. On garde tous en mémoire la silhouette gracile de Grace Jones intégralement ornée des fameux motifs de Keith Haring.


Il est fascinant de se replonger dans l’histoire de ce club d’anthologie où l’exubérance était de bon ton, car bien que la consommation d’alcool y était proscrite, la drogue circulait facilement. Imaginons un instant ce garage automobile désaffecté, capable d’accueillir une foule de 4000 clubbeurs, vibrant au son de son DJ résident, Larry Levan et des chants scandés par la farouche Grace Jones ou par la mélodieuse Gloria Gaynor. Le Paradise Garage fut le témoin de dix ans de groove.
A l’origine, Larry Levan est éclairagiste. Un soir que le disc jokey résident du Loft (NYC), autre grand club de l’époque, ne peut assurer le set, Levan est appelé à mixer. Il y forge ses armes aux côtés de Frankie Knuckles. S’y rencontrent les populations gays et noires du centre-ville qui viennent danser jusqu’au bout de la nuit sur les rythmes soul, funk et disco, auxquels Levan ajoute le beat des synthétiseurs et boîtes à rythme.
Par la suite, Frankie Knuckles partira s’installer à Chicago où, depuis les platines du Warehouse, il deviendra l’instigateur du courant House Music naissant. Quant à Levan, il s’installera aux commandes du Garage.
Le Paradise Garage est précurseur du style garage, mixant des chants a capella de gospel sur des ensembles de cordes. Avec des artistes tels Peech Boys et Gwen Guthrie, il puise ses influences dans le disco et la soul édité par le label Salsoul. Le garage sera immortalisé par le label West End Records fondé par Charen. Marshall Jefferson devint par la suite la figure de proue du garage.
Pour la légende, on raconte qu’un soir, Larry Levan, réputé pour son perfectionnisme, arrêta un disque pour aller nettoyer, muni d’une échelle, la boule à facette qu’il trouvait sale.
Le Paradise Garage est le résultat de l’union de deux hommes: Mel Charen et Michael Brody, amants à la ville, partenaires financiers en affaires. Ils popularisèrent la culture gay, jusqu’alors stigmatisée, en lui offrant un terrain d’expression où la liberté des moeurs rimait avec le plaisir de la danse, les jeux de séduction et une avant-garde artistique pointue. »One important thing that the Garage did, which is not being done today, is to bring together black and white, straight and gay in one place. When people learn to dance together, they can get along. », dira Charen

Le Paradise offre le terrain à de nombreuses explorations scéniques. Madonna y réalise le clip de son premier morceau, Everybody, en 1982. Grace Jones s’exhibe en tenue d’Eve, le corps recouvert de peinture post-tribales, sous le pinceau de Haring. S’y produisent successivement François Kevorkian, Wham!, Natalie Cole, fille de Nat King Cole, pour ne citer qu’eux.


Fermé en septembre 1987 par son propriété Michael Brody, atteint du SIDA, le Paradise, « dope club for dope people », a marqué toute une génération en se présentant à l’avant-garde de Djing, de la pop et de la performance.
« Tout bouge, il n’y a pas d’immobilitié. Laissez tomber la construction des cathédrales et pyramiques qui s’écroulent comme des tartes. Vivez à présent, vivez dans et sur le temps, pour une réalité belle et totale », dit si bien Tinguély (1971). Se pencher un temps sur l’actualité culturelle et politique, là est ce à quoi nous aspirons. Car qui a-t-il de plus juste, de plus honnête, que de parler de ce qui nous entoure ? Dans cette perspective, le rap, l’art, le printemps arabe, constitutifs de notre temps, sont à la Une, pour cette nouvelle édition. Passionnant !
En première partie de la tournée internationale de Justice, DVNO (Divino) – hommage au titre éponyme du duo français formé par Xavier de Rosnay et Gaspard Augé – propose une électro gorgée de références au hip hop et à la new wave des années 70’s. Pour le plaisir des oreilles, sa Mixtape « Moonlighting » -composée avec l’aide de DJ Pone du collectif Birdy Nam Nam – est disponible gratuitement ici.
Remerciements à Thomas Hajjar pour les précieuses informations sur le reggeaton.
La musique électro nous réserve parfois de belles surprises. La dernière née est le « Moombahton », un mélange de synthés électro dance et de rythmes latinos issus du reggeaton. Un cocktail explosif qui balaie des décennies d’influences pour offrir une sonorité rythmée et battante.


Au tempo dynamique – environ 108 BPM – et sexuel, le reggeaton est un genre musical né au début des années 1990 en Amérique Centrale. A l’instar du merenhouse, mélange de merengue, de house music et de hip hop, le reggeaton surgit originellement dans les années 1970 lorsque des immigrés jamaïcains importent la musique reggae au Panama. Les portoricains réinterprétent en espagnol des morceaux de reggae en y incluant des sonorités rap et hip hop. Notons ainsi la reprise du morceau Down to Me de 50 Cent par De la Ghetto et la participation de rappers américains renommés tels Akon à des morceaux de reggeaton.
Le reggeaton est popularisé en Amérique Latine par une poignée d’artistes dont les plus célèbres sont Daddy Yankee, Don Omar, Hector el Father et Wisin y Yandel. Il prend son essor à Puerto Rico, en Republique Dominicaine, et en Colombie à la fin des années 1990. Le reggeaton est avant tout un genre populaire. Les paroles invitent au sexe, à la consommation d’alcool et de drogues. Cette musique sensuelle et fortement misogyne se danse collé-serré – « el perreo » comme disent ses adeptes. Malgré une certaine standardisation de ce mouvement, il s’illustre par sa variété et sa popularité au sein des populations jeunes d’Amérique Latine.
En novembre 2009, Dave Nada, du duo Nadastrom, est appelé à animer une soirée étudiante organisée par son cousin. Disciple de la house et du Dutch House à Washington, Nada est désappointé lorsque la horde de Kids présents à la soirée s’excite sur des rythmes bachata et reggeaton. Il décide alors de ralentir un morceau clé de la Dutch House – Moombah de Chuckie, remixé par Afrojack- à un tempo de 108 BPM, donnant naissance à un morceau original dont le rythme s’apparente au reggeaton mais dont les influences house sont visibles.
Les basses plus denses sont ponctuées de constructions spectaculaires alliant une pulsation de deux-pas, des samples a cappella de rap et des voix stridentes.
Le moombathon s’impose en moins d’un an comme un genre musical à part entière capable de faire la jonction entre deux cultures a priori antagoniques. Conjuguant le slow tempo du reggeaton -108 BPM- et une électro house pointue, il séduit rapidement la blogosphère, faisant de nombreux adeptes au delà des frontières de D.C.
Dave Nada signe chez T&A Records avant de se produire à Vancouver à l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver en 2010. Dès le départ, Nada spécifie la portée globale du Moombahton:
« Moombahton is mid-tempo global bass music for the universe. It’s a sonic marriage of electronic dance music (house, techno, and dubstep) with latin/island music (reggeaton, cumbia, and dancehall) that flows at a pace of about 108 beats per minute.
Originally, moombahton started by Dave Nada slowing down tropical and dutch house records and re-edited them to sound like reggaeton’s weird little cousin. Because the tempo nears that of reggaeton, Nada created the neologism “Moombahton” by combining the title of the track “Moombah” by DJ Chuckie & Silva Cuomo and the “ton” ending of the word “reggaeton” and applied it to the new genre.
Moombahton continues to grow worldwide as producers and DJ’s push the music in exciting new ways. »
Notons Dillon Francis de Los Angeles, DJ Heartbreak de Charlotte, N.C., Munchi à Rotterdam, parmi ses producteurs les plus prolixes à l’heure actuelle.

En Europe, le moombahton perce timidement mais l’edit d’une compilation par Brodinski, European Introduction to Moombahton, sacralise un mouvement encore largement éparpillé.
Le Moombahton s’inscrit dans une démarche passionnante de revalorisation du patrimoine culturel latino-américain en s’emparant de ses traits caractéristiques, de son tempo, de sa force émotionnelle, et en le superposant au son gras et aux breaks déstabilisants de la Dutch House.
Pour les adeptes, retrouvez la compil Moombahsoul V.2, une variante beaucoup plus downtempo du Moombathon.
Le MURAL se met à l’heure arabe pour entériner le lancement du partenariat avec le journal du campus de Menton – Le Zadig. Au programme, mise à l’honneur du dernier clip de M.I.A. par le talentueux Romain Gavras qui a fait ses armes au sein du collectif Kourtrajmé, premières publications d’articles par les étudiants du campus orienté vers le monde arabe, clichés, saveurs et exotisme. Au plaisir!
Club Cheval s’exporte aux US en ce début d’année 2012. Le temps de revenir sur ce collectif d’électro lillois, résident au SOCIAL CLUB (Paris), composé des talentueux Myd, Panteros 666, Canblaster et Sam Tiba. Mention spéciale pour Train to Bamako de Myd.

© Photo par Eduardo Diaz
Le Mural se met aux couleurs de Tokyo pour célébrer la ville aux lumières vacillantes, une fois la nuit tombée. A l’instar de la capitale japonaise, les mégalopoles nous fascinent. Villes grouillantes, où la folie et la démesure sont de règle, elles génèrent une dynamique qui en séduit plus d’un. L’occasion de féliciter les étudiants de 2ème année de Sciences Po qui auront l’occasion, l’année prochaine, de s’en aller, de Buenos Aires à New York City, célébrer la ville et se découvrir dans des paysages de rêve.