Dimanche 12 septembre dernier, la 9ème Parada da Diversidade de Recife parcourait le quartier de Boa Viagem, avec pour slogan “ Droits : Nous les voulons intégralement, pas à moitié !”.
Censée être un des temps forts des luttes LGBTQI (Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, Queer, Questioning and Intersex), la manifestation s’avère être une pâle copie du Carnaval : musique commerciale assourdissante, chars colorés, costumes à paillettes et maquillage outrancier, tout y est. La foule est majoritairement composée d’hétérosexuel-le-s venu-e-s assister au spectacle des déviant-e-s exposé-e-s dans leurs chars telles des bêtes de foire, et éventuellement assouvir quelque fantasme plus ou moins refoulé. Organisé sous la houlette de la préfecture de Recife ainsi que par le gouvernement du Pernambouc et envahi par des candidat-e-s en mal d’électorat, l’évènement a vu sa force de contestation amoindrie par l’institutionnalisation. L’ambiance est donc à la fête et à la parodie démocratique, pas à la lutte. Lire la suite »
« I have a dream : Je rêve d’un pays où « enculé » ne serait plus une insulte, mais une invitation à l’amour ; Je rêve d’un pays où l’appartenance à une religion, à un syndicat, à une association, à un parti politique ou bien l’orientation sexuelle ne seraient pas assimilées à un éventuel trouble à l’ordre public [...] ». C’est par ces mots que Soeur Camélia et Novice Violetta, accompagnées des Soeurs Néfertata et Lysistrata, ont commencé la lecture de leurs évangiles à leurs ouailles lors de la Gay Pride de Tours, le 22 mai dernier.
Vous vous en douterez, ces nonnes de la Perpétuelle Indulgence n’ont pas fait vœu de chasteté; elles se sont engagées à promouvoir la « joie multiverselle » et à lutter pour l’« expiation de la honte et de la culpabilité ». Revenons tout d’abord sur la genèse du mouvement.
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Je vois une jeune fille aux yeux verts et poilus, coiffée de tresses enfantines.
Je note qu’elle a les mains abîmées et les boucles d’oreilles dépareillées.
Je remarque qu’elle porte une fine chaîne en argent avec un pendentif en forme de cœur.
Je souligne que le bleu turquoise et le vert sapin dominent sa tenue.
Je me demande si elle a des vêtements d’autres couleurs dans son placard.
Je suis certaine qu’elle mange souvent des bonbons et des yaourts à la fraise en cachette dans son lit.
Je doute qu’elle sache faire la cuisine.
Je parie qu’elle aime rire et qu’elle fait elle-même beaucoup rire les autres.
Je ne peux pas croire que ce soit elle l’aînée de sa fratrie.
Je n’aimerais pas qu’elle me fasse à manger.
Je préférerais qu’elle fasse la vaisselle parce que je sais qu’elle n’a pas peur des éponges.
Je regrette qu’elle n’ait pas frappé plus tôt à la porte de ma vie.
Je Vois ma colocataire, mon amie, ma sœur de cœur.
Je vois d’abord une tignasse blonde.
Je note que les vêtements sont en accord avec la tignasse blonde : un pull simple, un pantalon trop large, des chaussures de skate imposantes, sales et déchirées.
Je remarque une succession de boucles d’oreille non assorties : une petite étoile verte, une perle noire, une salamandre argentée et une énorme spirale en bois pour surplomber le tout.
Je souligne une grande bouche, plutôt au sens figuré.
Je me demande si ces vêtements bizarres sont ceux qu’elle a acheté chez Jules.
Je suis certaine que cette grande bouche a beaucoup de chose à dire et qu’on va l’entendre tout au long de l’année.
Je doute que l’on arrive à la faire taire.
Je parie que le seul moyen de le faire, serait de l’effrayer avec un tas d’éponges, objet dont elle a une phobie.
Je ne peux pas croire que ses pensées soient toutes rationnelles.
Je n’aimerais pas que ce soit quelqu’un qui manque d’humour.
Je préfèrerais qu’elle aime les yaourts à la fraise parce que j’y suis allergique et on finit toujours par les jeter.
Je regrette que l’on ne se soit pas rencontré avant.
Je Vois quelqu’un dont l’apparence et la position décalées – genoux remontés sous son menton – reflètent la personnalité.
Laura et Vanessa