“O Tejo, o mais belo rio” ou “o Tejo, o mais poluído”
Autrefois, Fernando Pessoa décrit dans son poème¹ le Tage comme un fleuve majestueux qui ouvre ses portes vers le monde. Aujourd’hui, ce symbole de l’âge d’or a perdu de sa beauté et de sa grandeur pour devenir un fleuve sali par l’homme. Il suffit d’aller à Lisbonne, et plus précisément à la Praça de Comercio pour réaliser qu’il n’est plus le fleuve qui a tant donné d’inspiration aux poètes. La bouteille vide bercée par les vagues décevra surement le lecteur naïf de Fernando Pessoa.
La pollution a en effet envahi le Tage, notamment au niveau de son embouchure. Elle a fondamentalement trois origines. Tout d’abord, l’urbanisation progressive sur les bords du Tage a négligé la préservation de la qualité de l’eau en rejetant dans le fleuve l’eau domestique usagée. Pour vous donner une idée, près de deux millions personnes vivent dans la région, ce qui correspond à un rejet de 300 000 m³ d’eau résiduelle des habitudes quotidiennes d’hygiène et des activités domestiques. A cela s’ajoute l’activité industrielle, facteur tout aussi important. Elle aussi déverse dans le fleuve ses résidus, qui n’ont malheureusement pas toujours été bien traités. Ces effluents contiennent en général des substances non biodégradables et souvent, des éléments toxiques. Vous pouvez facilement imaginer les conséquences pour le Tage et ses habitants sous marins…Enfin, l’agriculture intensive est en partie responsable de la pollution de ce grand fleuve. En effet, elle diffuse dans l’eau, de manière indirecte (par les nappes phréatiques) dans l’eau, les engrais qui ne sont pas absorbé par les plantes. Cela inclut un grand nombre de pesticides dont l’excès est porté dans les sources de l’estuaire par les eaux de pluies et les eaux d’irrigation.