Articles écrits par Marie Sachet

La Rafle, affiche du film
© Gaumont Distribution
On me pardonnera de paraphraser Prévert…mais aucune autre stance n’aurait pu mieux servir d’accroche à cet article. Car Barbara n’est pas seulement cette jeune fille souriante, ruisselante, inconnue tutoyée, qui court sous la pluie de Brest. Barbara c’est avant tout l’étrangère au sens grec du terme « Barbaros », ceux qui sont différents de nous, ceux qui sont moins bien que nous, ces barbares…
Et pourtant, nous sommes tous des étrangers, nous sommes tous des barbares.
Et bien souvent encore, trop souvent, c’est le « barbare » qui subit la barbarie.
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Mademoiselle,
(Car je ne crois pas, c’est mon avis, qu’on ait jamais trouvé mariage à votre goût
En effet, qui peut se vanter de vous avoir déjà apprivoisée ?)
Je ne sais comment trouver les mots ;
Pour vous livrer mon sentiment. . . . . . . .
Mais depuis le temps vous le savez. – Plait-il ! Cessez votre sourire narquois -
Le mieux est d’être franche!
Sur ce, très chère, je vous délie.
Tu voulais de l’opinion ! Je vais te montrer mes tripes !
- Ah ! Tu me nargues encore avec ta tronche d’ironie déguelasse -
Directe ! Dans le dictionnaire des égouts et des bordels !
Ça t’apprendra petite faucul : salope : catin :
qui se fout en permanence de la gueule de mon gosier à sec,,
« de ma plume » de mon stylo pâteux_maladroit
Incapable, nul, pourri…
Toi ? Une Demoiselle ?
Sale palabre ! Vieille passerelle ! -
Sans cesse à cause de toi faut qu’je bégaye(…)(…)(…)(…)
Triste folle ! Pt’ être bien qu’tu m’dé-boussoles…
Mais… s’tu savais comme je m’en gondole !
Tu as malgré tout réussi à être l’ustensile
Le plus débile, soit, le plus futile
Aussi prestigieux et vital pour l’animal.
—à quoi sert donc le mot …. Rhizome ? Mouluration ? Horripilateur ? ^ ^
Tout à fait jubilatoire ! -
« Bonjour je voudrais trois Rhizomes. En liquidités ? Alors ça fera deux numéraires»
Heureusement que la langue est parfois plus réaliste terre à terre corporelle
Péteuse arrogante chambre à air fardeau social emmerdeuse fonctionnaire château de Versailles !
Mais voilà qu’il faut s’attabler…
Parce que dehors on te crie, parce que dehors on te hurle.
Alors on parle, tu parles…discours, ardeur, rêve, espoir !
Quel tact? “” Tic Tac Boom””
Seules tes onomatopées ont encore de l’impact !
Des mots, des mots ! du vent ! du courant d’air !
Tes mots ?! J’y croyais mais je les vomis maintenant……
Crois-moi, des particules !
Trop pitoyables, bouffonnes, burlesques : trop ridicules.
A quoi bon ? Puisque tu embrasses aussi bien que tu _ _ _ _ _ _ _
C’est fini,
Plus jamais je n’articule.
Signée,
Une fille qui a malgré tout plus de langue que de visage…
Interview de mademoiselle Whitney GALIPO. Photo : Osvaldo Landaverde.
Bonjour Whitney,
Suite à la récente actualité en France – je fais bien entendu allusion au projet de loi xénophile sur le port de la burqa ou encore l’intéressant débat sur l’ouverture nationale – nous aurions souhaité avoir l’avis d’une étudiante à SciencesPo Paris tout droit venue de la colonie française si chère aux cœurs des Français, la Guadeloupe.
Pour vous présenter brièvement, vous êtes donc Guadeloupéenne, vous êtes une personne de couleur et vous êtes une femme. En gros, vous cumulez.
Parlez-nous d’abord un peu de vous. Pourquoi êtes-vous…une personne de couleur ?
J’adore vraiment cette manière très politiquement correcte de parler de ma couleur de peau. Pourquoi suis-je noire ? Je ne sais pas pourquoi je suis noire. C’est une bonne question. Je crois que ma mère a prié tous les jours que Dieu fait pour avoir un bébé de la même couleur qu’elle. Il est vrai qu’être noire apporte quand-même beaucoup d’avantages ; quand on est blanc, on ne peut pas faire de blagues sur les noirs, mais quand on est noir, on peut faire des blagues sur les blancs et sur les noirs !
Qu’est ce que vous appelez un « blanc » exactement ?
Et bien un Blanc c’est une personne de couleur. Mais une couleur très pâle. J’ajouterai aussi une personne qui a des liens de parenté avec ceux qui ont exploité mes ancêtres.
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Le 12 janvier dernier, un violent séisme a ravagé Haïti et bouleversé le monde entier. Comme souvent face à ce genre de catastrophe, les artistes ont réagi en masse pour soutenir le peuple haïtien.
Aux quatre coins du monde, les artistes se sont mobilisés.
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Il est désolant de constater que quand on annonce à un groupe d’élèves parisiens de SciencesPo, l’enthousiasme en berne, qu’on veut faire sa troisième année en République Dominicaine, chacun d’entre eux se retient d’esclaffer de s’esclaffer de rire. La plage et les cocotiers: rien de très sérieux tout ça…n’est-ce pas ?
Combien d’entre eux crieraient au scandale si on s’amener à réduire la Chine, nouvelle destination en côte pour la troisième année, aux bars branchés dont regorgent Pékin et où vont épancher leur luxure les petits expats universitaires ?
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L'oil pétillant. Photo : Anne-Marie Gingras (CC).
Conférence: Autour de l’œvre de Bernard Noël, par Stéphane BIKIALO.
ECOUTE ! REGARDE ! ENTENDS ! AIME !
C’est la sensure qui clignote un peu partout autour de nous.
Non, je n’ai pas dis Censure mais bien Sensure. C’est en effet autour de ce néologisme que tournait la très intéressante conférence de Monsieur Bikialo, professeur d’écriture créative à SciencesPo, à 18h00 mercredi 18 novembre à la Médiathèque de Poitiers.
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Bernard Débré, membre du Comité Consultatif National d’Ethique, a donc proposé en 2005 puis en 2007, une loi qui viserait à rendre la castration chimique obligatoire pour les criminels sexuels récidivistes. Photo : CedEm (CC)
La castration ? Il parait que c’est un sujet sensible…
Mais, rassurez-vous messieurs, je ne veux ici m’occuper du sort de la gente masculine en général, qui tout aussi bien ferait l’objet d’un grand débat, mais de celui des criminels sexuels.
Notre ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie (qui au passage est une femme), a récemment déclaré, que la question de la castration chimique méritait un vrai débat.
Qu’à cela ne tienne ! Débattons.
Avant que chacun ne s’adonne aux pouvoirs de son imagination, permettez moi de rappeler la différence entre castration physique et castration chimique. La première est chirurgicale, opération qui consiste à couper ce qui dépasse. La deuxième est plus subtile (parait-il) et surtout, réversible. Elle consiste en plusieurs injections qui suppriment les hormones mâles et la libido. Bernard Débré, membre du Comité Consultatif National d’Ethique, a donc proposé en 2005 puis en 2007, une loi qui viserait à rendre la castration chimique obligatoire pour les criminels sexuels récidivistes. Mais cette loi chatouille les politiques, qu’on sait tous très virils, et n’a toujours pas été étudiée.
Le débat refait surface, bien évidemment, au milieu d’un brouhaha émotionnel propice, à travers le récent procès de Francis Evrard, pédophile récidiviste, qui avait violé et séquestré le petit Enis âgé de cinq ans, en 2007. Pour ne rien arranger, Evrard (qui en plus d’être pédophile se révèle sadomasochiste) a écrit le mois dernier une lettre au président de la République afin de le « supplier » de le soumettre à la castration chimique, lui, pauvre victime de ses pulsions. Outre la sublime intelligence manipulatrice qu’on peut reconnaître à ce soi-disant malade, l’affaire ne peut nous laisser sans réaction, quel que soit nôtre attachement aux symboles de la vigueur masculine.
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« Le dictionnaire et le porto à découvert
Je débourre des mots à longueur de pelure
J’ai des idées au frais de côté pour l’hiver
A rimer le bifteck avec l’engelure »
Léo Ferré
Des madeleines de Proust à l’exposition –plus ou moins sauvage- de textes anonymes, de la récitation indécente de textes drôles et intimes aux chants passionnés des quelques survivants en fin de soirée, il n’y a qu’un coupable : le goûter littéraire organisé par le BDA ce 23 octobre 2009.
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Nous sommes mercredi et bien-sur, sortant de cours à 18H00, il me prend l’envie folle d’assister à la conférence qui se prépare en Bolivar ! Mais n’ai-je à peine eu le temps de descendre les dernières marches qui mènent au lieu culte, voici qu’on me distribue un tract pour le boycott des produits israéliens et me souffle sur un ton on ne peut plus aimable « Oui c’est par là que ça se passe ! ».
Le ton est donné.
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