Depuis son accession au pouvoir en avril 2008, Fernando Lugo a habilement troqué la soutane pour l’habit politique. Avec une année 2011 placée sous le signe des célébrations du bicentenaire de l’indépendance, il pensait continuer sa marche en avant, allant jusqu’à émettre l’hypothèse de briguer un second mandat. En insinuant cet éventuel « outrage » à la constitution, l’ancien candidat de l’Alliance Patriotique pour le Changement (APC) a fait le pas de trop. Involontairement, il a mis en évidence les frasques d’un régime corrompu jusqu’à la moelle, gouvernant de manière dévergondé un pays rongé par les trafics d’armes et de drogue.
Le Paraguay serait-il voué à subir un désenchantement politique permanent ? Toujours est il que le mauvais sort jeté par un mystérieux sorcier semble devoir perdurer et ne lâche pas les basques du Paraguay. Comme un symbole, les festivités en l’honneur des 200 ans de la libération du joug espagnol renferment un passé trop douloureux. Il ne s’agit pourtant pas là de s’apitoyer sur le sort des martyrs de l’indépendance. Non, car ce segment de l’histoire paraguayenne s’apparenterait presque à une époque préhistorique en termes de déboires nationaux.
La Guerre de la Triple Alliance (1864-1870) a décimé la population et créé un vide démographique. La Guerre du Chaco (1932-1935), quant à elle, a creusé la tombe du pays. Le coup de bêche final est revenu à un dictateur n’ayant, en matière de longévité, rien à envier au récemment déchu Mouhammar Khadafi.
Trente-cinq ans à la tête de l’État (1954-1989), Alfredo Stroessner a fini d’enterrer un peuple qui essaie (très) doucement de refaire surface. Car le coup d’état (et pas de baguette magique), de février 1989, s’il a renversé ce despote d’origine allemande, n’a pas remis le Paraguay sur les rails de la prospérité. Les mandats de présidents « fantômes » se sont succédés. Flanqués de ministres plus incapables les uns que les autres, appuyés par une pléthore de béni oui-oui acquis à leur cause, les plus hauts-mandataires paraguayens ont enchainés les échecs. A tel point qu’aujourd’hui, vagabonder dans les rues de la capitale Asuncion apparaît plus dangereux que du temps de la dictature. Un comble ! Le taux d’homicide mensuel atteint des sommets (59 pour le seul mois de juillet 2011). La classe moyenne a disparu et le fossé séparant les ultra-riches des plus défavorisés fait peur tellement il est abyssal.
En 2008, Fernando Lugo représentait aux yeux d’un « électorat meurtri » la voie du changement. Assurant avec brio le leadership d’APC, une coalition de partis de gauche composée de socialiste et socio-démocrates, le candidat dudit parti mystifia ses adversaires lors d’une campagne présidentielle menée tambours battants. Depuis, le rêve d’une vie meilleure s’est évaporé. L’ère Lugo a tourné au vinaigre pour une raison essentielle. Comment un homme soi-disant de gauche a-t-il laissé prospérer autant d’inégalités ? Pourquoi ce jadis « porteur de la parole de Dieu» est-il devenu (in)consciemment le chantre du « paradoxe » paraguayen ? Un paradoxe qui met en relief d’un coté la fortune amassée par les puissants et de l’autre la misère sociale hantant les bidonvilles.
S’il fallait résumer cette terrible situation à l’aide d’un exemple choc, rien de mieux que celui du gigantesque Palais Législatif rénové à l’occasion du bicentenaire et jouxtant les « villas » (favelas.py) du quartier La Chacarita. Voir ce colossal édifice se dresser sur sa gauche lorsque sur sa droite on distingue sans peine (jeux de mots tragique vous l’aurez compris) des enfants en haillons côtoyant des adolescents fumant des boulettes de crack, ne peut laisser transpirer qu’un sentiment de dégoût envers les coupables. Les nombreuses forces de l’ordre quadrillant le périmètre et instaurant une sorte de frontière physique (mais pas visuelle) entre l’argent sale et l’univers morbide dans lequel se morfondent tous ces jeunes sont uniquement les pions d’un système diabolique.
Certes, tous les ministres de Lugo, du moins ceux qui le sont encore, puisque « Ferchu » (son surnom dans la presse) a pratiqué une politique de licenciement abusif vis-à-vis de ses ministres, ne sont pas à blâmer. Mais les rares exceptions ont bien du mal à exister face à la « tornade Lugo ». Il y a deux semaines de cela, l’ancien ministre de l’intérieur Federico Acuña, déclaré malade dans la presse, a tout simplement été congédié puis remplacé par le fantasque Carlos Filizzola.
Discussions après discussions avec des journalistes paraguayens chevronnés, un constat flagrant et terrible à la fois s’est dégagé. Lugo n’est pas qu’un simple bouc-émissaire, il demeure l’un des coupables principaux de cette situation tellement paradoxale où les ultra-riches côtoient comme si de rien n’était les plus démunis.
Au Paraguay plus qu’ailleurs, politique rime avec tragique. A tel point que le désintérêt exprimé par le peuple guarani vis-à-vis de la vie politique du pays va crescendo. Et tant qu’élection rimera avec désillusion, il y a fort à parier que cette tendance ne s’inversera pas.
L’année 2013 sonnera-t-elle enfin l’heure du changement, le vrai, celui que tout le monde attend ?
17 avril 2011. Lorsque l’horloge indique 11h30 pétantes en ce dimanche pictavien ensoleillé, les résultats des nominations viennent de tomber. Certains nominés ne peuvent s’empêcher d’esquisser un sourire tant leur présence en finale s’apparentait à une évidence. Sur d’autres, au contraire, on devine aisément la soupe à la grimace. Après avoir lu maintes et maintes fois le mail envoyé par le Pôle Gala atterri sur leur l’ENTG, ils n’en reviennent toujours pas. Histoire de remuer le couteau dans la plaie, les grands manitous de ces Nacho Awards invitent les victimes du peuple à mener campagne. Un comble? Les finalistes désemparés répondent par l’affirmatif. Tandis que les plus motivés exultent, l’équipe du Mural se frotte les mains. 10 catégories, 10 vainqueurs, quels seront les (mal)heureux élus ? Une enquête exclusive truffée de pronostics. Lire la suite »
Pour vous, les équipes du Mural sont allés recueillir quelques confessions croustillantes auprès des 2 auteurs de la pièce de théâtre « Khiriman ».
Gaston Solari et Jean-Philippe Besson nous livrent leurs impressions sur le making-of d’un travail monumental.
En plus, nous nous sommes procurés 2 BONUS hilarants, qui reflètent l’ambiance festive régnant dans cette petite troupe de Sciences Po Poitiers.
Bravo à eux et très prochainement dans les colonnes de Mural, des vidéos inédites pour notre DOSSIER SPÉCIAL FESTIVAL. Lire la suite »
"Photo: Franck Perry/AFP"
A l’heure où Marine le Pen monte en puissance, avec un Front National présent au second tour dans 402 cantons, d’aucuns diraient que le pire est à venir. En effet, nos contrées hexagonales regorgent de miliciens frontistes. Disposés à endosser la tunique de justicier, que portent habituellement des forces de l’ordre jugées «inefficaces», leurs actions sont bercées par des aspirations d’autorité. Sans aucun doute leur discours, teinté de xénophobie, traduit des désirs de répression. Et dans une France sans frontières, qui dit répression dit avant tout endiguement de l’immigration massive et illégale. Les cibles privilégiées, les Roms. Tout droit venues de Roumanie, Bulgarie voir Bosnie, ces populations dérangent nombre de fervents fanatiques des propos lepénistes ou gollnischiens. Lire la suite »
http://vimeo.com/21190309
« Existe-il encore une gauche en France » ?
Telle était la question posée par les organisateurs du Club de rhétorique. Un club domicilié à l’Hôtel Chaboureau, le site du campus délocalisé de Sciences Po Poitiers, et qui organise régulièrement des débats polémiques concernant l’actualité. Ce sous la forme d’un duel entre deux équipes composé chacune de quatre membres : le « oui » et le « non », comme se plait à le rappeler Ian Sielecki, chef du projet. En ce mercredi 16 mars, 18 heures pétantes, les participants sont prêts à s’entredéchirer, place au débat filmé. Attention, version uncut.
La vidéo du débat avec pour le « oui » : Florian Bercault, Estelle Feriaud, Florence Tomasi et Pierre Saglier. Pour le « non » on retrouve : Ian Sielecki, Silvia Marroquin, Luc Aldon et Jean-Philippe Besson. Débat animé par Julien Zahnd. Lire la suite »
"Photo: Maurice Neyra (CC)"
http://vimeo.com/21115356
Ce lundi 14 mars, nous sommes aux alentours de 17 heures lorsqu’une Mercedes noire la dépose devant le bâtiment B 21 du campus universitaire de Poitiers. Accompagnée d’un membre du comité organisateur et de son interprète personnel, elle salue d’un grand geste de la main les quelques élus locaux ayant fait le déplacement. Les journalistes dégainent leurs appareils photos, prêts à shooter. Quant à la centaine de curieux venus assister à l’inauguration d’une rue en hommage à son combat pour le respect des droits de l’homme, ils sont aux anges. Une joie légitime, car « elle », c’est Shirin Ebadi, l’iranienne prix Nobel de la paix en 2003. Lire la suite »
Ils viennent d’Amérique latine pour certains, de France pour d’autres et ont tous une passion en commun : la politique. Qu’ils soient argentins, guatémaltèques, brésiliens ou français, les étudiants du campus délocalisé de Sciences Po Poitiers partagent le goût de l’analyse et passent chaque élément de la vie politique internationale au crible. Et l’actualité de l’hexagone, rythmée par les sondages anticipant les résultats des élections présidentielles de 2012, est particulièrement sujette à débat. Alors, devant la « déferlante bleu Marine », référence faite aux deux sondages Louis Harris venant couronner la stratégie communicationnel d’une Marine le Pen filant vers l’Élysée, le Mural se devait d’enquêter. Lire la suite »
Le hibou géant symbolisant la divinité Cananéenne Moloch
A l’heure où les dérives sectaires, les mouvements occultistes et les pratiques ésotériques se multiplient dangereusement, un club ultra-élitiste fait figure de pionnier et demeure intouchable. Fondé en 1872 par cinq journalistes du San Fransisco Examiner, le Bohemian Club apparaît comme une organisation néoconservatrice prônant le paganisme à outrance. Qui sont alors ses membres mystérieux, prêts à payer une cotisation de 25 000 dollars et patienter durant plus de vingt ans sur une file d’attente ? Lire la suite »
"Photo: Vasily Dorotev (CC)"
« L’histoire de l’Allemagne est une copie de l’histoire de la Biélorussie sur certains points. Tout ce qui est lié à Adolf Hitler n’est pas mauvais. L’autorité allemande s’est accrue durant des siècles et sous Hitler, ce processus a atteint son point culminant. Cela est parfaitement en conformité avec notre vision d’une république présidentielle et du rôle de son président. Aujourd’hui, nous passons par une période semblable, quand nous devons nous unir autour d’une personne ou groupes de personnes afin de survivre, tenir le coup, et rester droit dans nos bottes… ». Ces paroles, prononcées en décembre 1995 par Alexandre Loukachenko devant un parterre de journalistes ébahis, plantent le décor de la scène politique biélorusse des seize dernières années. Les observateurs politiques patentés demeurent aujourd’hui unanimes. Une plongée dans les arcanes politiques de la Biélorussie fait froid dans le dos. Les élections présidentielles du 19 décembre 2010 n’ont contribuées qu’à l’aggravation de ce constat. Cinq ans de terreur sont à nouveau promis à la population. Lire la suite »
"Photo: Ljubomir Rankic (CC)"
Un Michael Llodra s’effondrant en larmes dans les bras du capitaine Guy Forget. C’est l’image que l’on retiendra de cette finale de Coupe Davis où la France est passée à deux doigts de lever le saladier d’argent pour la dixième fois de son histoire. Mais le destin en a voulu autrement, l’homérique victoire samedi du double tricolore n’aura finalement servi à rien. Emmenée par un Djokovic impérial, la Serbie remporte quant à elle sa première Coupe Davis. Retour sur un week-end riche en émotion. Lire la suite »