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	<title>Journal Mural &#187; Raphaëlle Sardier</title>
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		<title>Requiem pour John Locke</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Apr 2011 20:52:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[Au-delà de ses positions critiquables envers les athées, au-delà des aspects de sa pensée très empreints de défense du protestantisme, et en reprenant strictement le noyau de sa théorie sur la tolérance religieuse, on en arrive vite à la conclusion que ses idées semblent avoir été oubliées de la classe politique française actuelle.
Hypothèse de base [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au-delà de ses positions critiquables envers les athées, au-delà des aspects de sa pensée très empreints de défense du protestantisme, et en reprenant strictement le noyau de sa théorie sur la tolérance religieuse, on en arrive vite à la conclusion que ses idées semblent avoir été oubliées de la classe politique française actuelle.</p>
<p>Hypothèse de base de Locke : la stricte séparation entre l’État et les Églises. Chacun a son organisation propre, ses objectifs propres, ses moyens propres. L’État a pour but de permettre la vie en société en protégeant ses citoyens ; il est donc limité à la défense des intérêts temporels et le magistrat est le seul qui a le pouvoir d’utiliser la force. Une Église a pour but d’assurer le bonheur de ses membres dans l’autre vie, elle est donc limitée à la défense des intérêts spirituels ; l’usage de la force lui est strictement prohibé.</p>
<p>Toujours partant des hypothèses de Locke, le voile est une « <em>chose indifférente</em> » à Dieu (à supposer l’existence d’un dieu, évidemment) : c’est la foi qui importe et non les choses extérieures. Le port d’un voile n’influe donc pas sur le salut du croyant – voile qui, soit-dit au passage, n’a pas un statut très clair dans les textes islamiques. On pourrait donc supposer que le magistrat peut légiférer sur les choses indifférentes, étant donné qu’elles ne mettent pas en jeu le supposé bonheur futur du croyant. Et on suppose pourtant faux : une loi doit se caractériser par son utilité par rapport au bien public. Qu’est-ce que le port d’un voile, aussi couvrant soit-il, a à voir avec le bien commun ? Vous allez me répondre que cela nuit à l’ordre public, étant donné que la dignité humaine a été intégrée à cette notion par jurisprudence.</p>
<p>Dignité humaine. Une notion bien vague, ma foi. Des esprits mal tournés pourraient penser que son invocation cache d’autres opinions moins humanistes. Une certaine hostilité à une religion différente, peut-être ? Bien, soyons coopératifs, et supposons que le port d’un voile intégral porte atteinte à cette fameuse « dignité humaine » que l’on a bien du mal à définir. Que faire si les femmes qui le portent sont persuadées d’avoir choisi de le porter ? Qu’on interdise de forcer quelqu’un à le porter, soit. Parce qu’un État a le devoir de protéger les libertés individuelles. Parce qu’une Église a l’interdiction de forcer quelqu’un à adhérer à son culte. Mais lorsque le port du voile intégral est revendiqué comme un choix –endoctrinement ou pas, peu importe –, que faire ? Une amende est-elle le meilleur moyen d’y remédier ? Ne risque-t-elle pas au contraire de cristalliser les tensions sous-jacentes ?</p>
<p>On revient ici à deux autres idées principales de la <em>Lettre</em> et de l’<em>Essai sur la tolérance</em>. Tout d’abord, la force n’est que l’ultime moyen à employer, et qu’il n’est pas forcément le plus efficace. Certes, une croyance, de par son nom, n’est pas une vérité absolue en soi. Mais il se trouve qu’on ne peut pas se forcer à croire quelque chose. Essayez de convaincre quelqu’un qui porte un voile volontairement que cela porte atteinte à sa dignité : il, ou plutôt elle, va vous rire au nez. Même si la fin justifiait les moyens, les moyens employés ne seraient de toute façon pas adaptés. Une loi sera inutile pour promouvoir la dignité humaine ou l’émancipation féminine au niveau individuel ; en revanche, la persuasion, la discussion, des questions bien posées, peuvent avoir des effets bien plus grands et surtout moins stigmatisants.</p>
<p>Ce qui nous conduit à une autre idée de Locke : il vaut mieux avoir des « <em>ennemis</em> » déclarés, auxquelles on est opposés que par la religion. Le terme d’ennemi ne convient pas ici, à moins d’être partisan d’un certain Front, mais vous avez compris l’idée : l’opposition systématique est non seulement inutile mais surtout contre-productive. Aussi dangereux que puissent être des groupuscules islamiques extrémistes pour l’État et pour la dignité de quelques 2000 femmes intégralement voilées, ils sont tout à fait différents de la grande masse des musulmans, qui pourraient bizarrement se sentir visés ; des musulmans qui n’ont, dans l’ensemble, aucun problème avec l’État et ne posent aucun problème en tant que musulmans.</p>
<p>Le vrai problème, c’est ceux qui voient un problème dans le port d’un voile à la Poste. Je parlais ici de l’interdiction du voile intégral, mais on peut facilement l’étendre au voile tout court ; oh, pardon, l’étendre « <em>à tout signe religieux</em> », pour ceux qui souhaitent rester dupes. L’État est laïc, effectivement, donc ses fonctionnaires aussi. Mais depuis quand un usager du service public, école, hôpital ou administration, devrait-il l’être ? A moins que ce port puisse porter atteinte à l’ordre public (exigence sanitaire, etc.), et n’en déplaise à Claude Guéant, cette interdiction relève plus d’une intolérance de la part de l’État que de la défense de la laïcité. Il ne s’agit pas ici d’être favorable ou non au voile, de l’approuver ou d’y être hostile, ce qui relève de l’opinion personnelle. Il ne s’agit pas de relativisme culturel abusif non plus, car l’État peut essayer de changer ces opinions en choisissant de véhiculer des idées féministes, égalitaires – mais pas les imposer. Non, il s’agit simplement de voir la situation d’un point de vue rationnel et pragmatique. Il s’agit d’examiner le rôle qu’un État doit avoir par rapport aux Églises, et le nôtre semble avoir dangereusement oublié certains de ses principes.</p>
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		<title>Réveillez vos papilles !</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Oct 2010 14:46:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[Une ancienne élève du campus vous propose une promenade gastronomique à Poitiers&#8230;.
Septembre 2010, c’est la rentrée pour les premières années. Nouvelle ville, nouvelle école, nouvelles têtes. Sans oublier qu’un étudiant, même s’il se nourrit de pâtes à longueur d’année, peut parfois avoir envie de surprendre ses papilles. Si la France est loin d’être le pays [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une ancienne élève du campus vous propose une promenade gastronomique à Poitiers&#8230;.</strong></p>
<p>Septembre 2010, c’est la rentrée pour les premières années. Nouvelle ville, nouvelle école, nouvelles têtes. Sans oublier qu’un étudiant, même s’il se nourrit de pâtes à longueur d’année, peut parfois avoir envie de surprendre ses papilles. Si la France est loin d’être le pays du foot par excellence, elle maintient un niveau honorable dans au moins un domaine : la gastronomie. Et Poitiers ne s’en tire pas trop mal : il y en a pour tous les goûts et tous les budgets.<span id="more-3635"></span></p>
<p>On n’a évidemment pas tous les jours le temps de « bien » manger, entre cours, exposés et réunions de ProjetsCo. C’est dans ces cas-là qu’on a besoin de nourriture rapide, facile à manger et surtout dans un rayon territorial limité. Pourquoi dans ce cas ne pas choisir l’option <em>Mie Câline</em> ou pizza à la <em>Royale </em>? Certes, ce n’est pas du gourmet, mais votre estomac n’en sera pas retourné pour autant. Pour des sandwichs plus originaux, rendez-vous à la <em>Grange à Pain</em>, sur la place Notre-Dame – à ne surtout pas négliger si vous avez besoin d’un gâteau d’anniversaire : Forêt noire et Élysée vous sont fortement recommandés. Sans oublier le <em>Fournil d’Elina</em>, petite échoppe qui vend de croustillantes tartes salées et de délicieuses pâtisseries, avec en prime une jolie salle au premier étage.</p>
<p>Il arrive aussi qu’on veuille se faire un petit resto entre amis, qu’on doive fêter la fin des examens ou autre évènement quelconque. Pour l’ambiance, pour le prix et surtout pour la nourriture, n’hésitez pas à user et abuser de <em>l’Oasis des Saveurs</em>, rue de la Cathédrale – que je suis sûre que vous connaissez déjà tous. Vous n’échapperez pas aux étudiants de Sciences Po, vous prendrez quelques kilos, et pourtant vous y reviendrez régulièrement. Ah, ces saveurs d’Orient !</p>
<p>Côté français, il y a la <em>Serrurerie</em> : un peu plus cher que la moyenne, mais la qualité des plats compense la fin de mois difficile. Mention spéciale à l’assiette de Meze et au café gourmand. Petit dernier, un restaurant bien sympathique : la <em>Cave Magenta</em>. Oui, pour un étudiant de Sciences Po, la rue Magenta est au bout du monde (comprendre : à l’autre bout du centre-ville), mais elle en vaut la peine ! Même ceux qui ne sont pas friands de viande ne pourront qu’apprécier leur déclinaison de steaks, cuisinés avec soin par le propriétaire. Et puis, pour les Bretons irréductibles en mal du pays (et autres sympathisants), il y a la <em>Charrette « a ar »</em><strong> </strong>: musique plus que typique, décoration fort authentique, crêpes aux sarrasin et autres spécialités… Mais attention à la prononciation sous peine de vous faire fusiller du regard.</p>
<p>Évidemment, la liste n’est pas exhaustive : vous trouverez rue Carnot pléthores de restaurants sûrement tout aussi goûteux. En revanche tout au bout de cette même rue se trouve le <em>Mare Nostrum</em> : à moins d’être amateur de folklore, fuyez à toutes jambes ! Le menu a beau avoir l’air alléchant, on comprend rapidement pourquoi ce restaurant est quasiment vide. Les mauvaises langues diraient du propriétaire (et serveur) qu’il est franchement exaspérant. Nous dirons qu’il est inhabituellement volubile.</p>
<p>J’avoue que je n’ai pas eu l’occasion de goûter aux spécialités locales : le fameux « farci poitevin » n’est pas forcément le plat le plus appétissant qui soit, ce qui freine considérablement les ardeurs. Pourtant la gastronomie de la région est riche en saveurs : avis aux aventuriers friands de nouvelles sensations. Welcome to Poitou-Charentes and <em>bon appétit</em> !</p>
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		<title>Welcome to Europe. Exit is this way</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Apr 2010 09:01:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[S’il ne s’agissait pas d’une conférence en bonne et due forme, il n’empêche qu’elle a ouvert des perspectives qui sont trop souvent inconnues du public. Dans le court laps de temps qui leur a été accordé, les membres de la Cimade1 ont soulevé plusieurs problématiques liées à ce qu’on appelle l’immigration « clandestine2 ». Un petit retour (engagé) sur leur intervention.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="inforight"><p><img class="size-Boite wp-image-2688 alignnone" title="welcome" src="http://www.journalmural.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/welcome-200x266.jpg" alt="" width="200" height="266" /></p>
<p>Présentation du délit de solidarité autour du Film « Welcome ». Conférence organisée par le Projet Co « Immigr’action ».<br />
Votre avis sur la conférence :</p>
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<p><span class="first">S</span>’il ne s’agissait pas d’une conférence en bonne et due forme, il n’empêche qu’elle a ouvert des perspectives qui sont trop souvent inconnues du public. Dans le court laps de temps qui leur a été accordé, les membres de la Cimade¹ ont soulevé plusieurs problématiques liées à ce qu’on appelle l’immigration « clandestine² ». Un petit retour (engagé) sur leur intervention.</p>
<p>On assiste depuis déjà un certain temps à une radicalisation de la lutte contre les ESI, autrement dit les « Étrangers en Situation Irrégulière ». On les oppose aux gentils migrants légaux, on les diabolise, on les accuse d’envahir la France et de profiter d’avantages en tous genres. Oui, c’est un discours que l’on peut entendre lors des JAPD (le soi-disant parcours de « citoyenneté »), ici même, à Poitiers, sortant de la bouche d’un gendarme. Ou encore dans une discussion de deux vieilles dames dans un TER Poitiers-Limoges. Le gouvernement a voulu justifier sa position en affirmant que lutter contre les illégaux, c’était protéger les légaux. Sauf que ce manichéisme est plus qu’éloigné de la réalité : ces deux catégories ne sont pas étanches et il arrive souvent qu’une même personne circule de l’une à l’autre.</p>
<p>En clair, il faut lutter contre ces méchants clandestins qui souhaitent naïvement trouver une vie meilleure. Tout est allègrement mis en place par un gouvernement qui souhaite rallier les électeurs d’extrême droite à sa cause. On a donc instauré des centres de rétention, où l’on enferme les clandestins en attendant de pouvoir les expulser dans la joie et la bonne humeur. Non non, nous dit-on, ces centres ne sont pas des prisons. En parallèle, les conditions de vie sont difficiles et précaires, comme on peut le voir dans le film Welcome et avec la fameuse « jungle » de Calais, régulièrement mise à bas de façon extrêmement délicate par les autorités. Sans compter le blocage administratif permanent et la volonté d’intimider les « délinquants solidaires ». Mais jamais au grand jamais les institutions n’acceptent d’assumer la responsabilité de cette situation : c’est toujours la faute de l’autre, de la loi, du gouvernement, du Père Noël.</p>
<p><span id="more-2684"></span></p>
<p>Et puis comme si cela ne suffisait pas, on a décidé d’externaliser le contrôle des migrations. Désormais, la surveillance s’effectue directement sur les mers, avec le système militarisé Frontex. Et comme les régimes autoritaires sont nos amis, on leur confie la gestion des migrants illégaux, arrêtés avant qu’ils n’entrent sur le territoire européen. Il existe donc, par exemple, des camps de rétention en Libye, pays des droits de l’Homme par excellence. En échange, l’aide au développement continue : un peu de « chantage au développement » est toujours utile.</p>
<p>Bizarrement, les autorités ont encore l’espoir de résoudre le soi-disant « problème » des migrations, ces migrations qui ont toujours fait partie de l’Histoire. Les migrants changent en permanence leurs routes : abandonnant le Maghreb désormais armé jusqu’aux dents, ils ont opté pour les Canaries, elles aussi bloquées depuis peu. Du coup, ils font le tour par la Turquie. Too bad. Bref, espérer arrêter les migrations, c’est comme espérer le retour de Jésus : illusoire.</p>
<p><em>Pour plus d’informations sur le sujet : le 14 avril, à 18 heures, une table ronde aura lieu à la Maison du Peuple (Poitiers) sur le thème « Les sans-papiers et l’enfermement ».</em></p>
<p>¹ Comité Inter Mouvements Auprès Des Évacués (Cimade) : association à but non lucratif agissant notamment auprès des étrangers en situation irrégulière dans les camps de rétention.<br />
² Qui n’est pas si clandestine que ça, les institutions étant au courant et les migrants  « clandestins » pouvant être très bien intégrés à la société</p>
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		<title>L’Enchanteresse de Florence</title>
		<link>http://www.journalmural.com/2010/03/l%e2%80%99enchanteresse-de-florence/</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Mar 2010 11:55:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pedro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[Loin de moi l’idée de m’ériger en critique littéraire. Si ce roman a des défauts et s’il ne restera pas dans l’Histoire, maalech, peu m’importe. Dans cet article se trouve juste l’envie de vous faire découvrir un livre ensorcelant, captivant, au réalisme presque palpable.
XVIe siècle. Il était une fois un jeune homme blond en route [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Loin de moi l’idée de m’ériger en critique littéraire. Si ce roman a des défauts et s’il ne restera pas dans l’Histoire, <em>maalech</em>, peu m’importe. Dans cet article se trouve juste l’envie de vous faire découvrir un livre ensorcelant, captivant, au réalisme presque palpable.</p>
<p>XVIe siècle. Il était une fois un jeune homme blond en route vers l’Orient. Changeant d’identité comme de chemise, il se dit être le fils de l’Enchanteresse de Florence, une des plus belles femmes que le monde ait connu. Voyageant par monts et par vaux, toujours paré de son manteau aux mille cachettes, il fera des rencontres qui marqueront sa destinée. Ayant échappé à la mort in extremis sur un bateau anglais, il finit par arriver dans le royaume d’Akbar, le plus grand roi Moghol, pour lui raconter sa fabuleuse histoire…Et l’empereur, qui n’est pas un cuistre, l’écoutera avec délice. <span id="more-2615"></span></p>
<div class="inforight"><p><a href="http://www.journalmural.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/03/51nGaZZhuTL._SS400_.jpg"><img class="alignnone size-Boite wp-image-2625" title="51nGaZZhuTL._SS400_" src="http://www.journalmural.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/03/51nGaZZhuTL._SS400_-200x200.jpg" alt="" width="200" height="200" /></a></p>
<p>Titre: <em>L&#8217;enchanteresse de Florence</em>,<br />
Auteur: Salman Rushdie<br />
Editeur: Plon</p>
<p></p></div>
<p>Mais comme toute histoire nécessite un minimum de rebondissements, notre héros est bientôt mis au cachot et condamné pour meurtre. Sa sentence : être piétiné par le terrible éléphant d’Akbar. Mais comme Shéhérazade, il réussira à séduire son audience par ses récits,  ses aventures et ses anecdotes. Telles des poupées russes, les histoires se séparent, s’emboîtent, s’entrelacent : d’un bond, on passe de l’empire Moghol à l’Italie florentine, sans oublier de faire un petit détour par la Turquie. On rencontre des personnages hauts en couleur, Argala l’aventurier, le mystérieux Mogor dell’ Amore et même Niccolò Macchiavelli, dit il Machia. On se régale.</p>
<p>Amateurs d’action, vous abstenir (mais il y a quand même des péripéties…). Insomniaques aussi, si vous essayez de vous endormir. Comme dans un conte des <em>Mille et une nuits</em>, Salman Rushdie mêle habilement récit et réflexion, humour et cynisme, cruauté et fantaisie. C’est une écriture souple et légère, un roman que l’on dévore sans se rendre compte que la nuit est déjà bien avancée. Et même si notre réveil sonnera dans quelques heures, impossible d’avoir des regrets de s’être laissé captiver.</p>
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		<item>
		<title>Le Golem, ou pourquoi il est impossible d’écrire un livre</title>
		<link>http://www.journalmural.com/2010/03/le-golem-ou-pourquoi-il-est-impossible-d%e2%80%99ecrire-un-livre/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 22:56:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[Première affirmation déstabilisante : il est impossible d’écrire un livre. Pourquoi donc ? A cause du langage. Pour Alberto Manguel, il ne s’agit pas de nier l’existence de la littérature, mais d’expliquer les difficultés et les déceptions qui en découlent. L’écrivain se heurte tout d’abord à son imagination, qui se révèle être plus ou moins fertile selon les heures. Mais il doit aussi faire face à la difficulté de la concrétiser par des mots. A l’image des récits bibliques, l’écrivain est tiraillé entre deux forces : il a le pouvoir de créer une réalité parallèle grâce au langage, mais le résultat ne sera jamais à la hauteur de ses espérances. Autrement dit, écrire frustre. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="inforight"><p></p>
<p><img class="alignnone size-Boite wp-image-2565" title="manguel" src="http://www.journalmural.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/03/manguel-200x274.jpg" alt="" width="200" height="274" /></p>
<p><strong>Conférence :</strong> <em>Le Golem, ou pourquoi il est impossible d’écrire un livre</em>, par Alberto Manguel. Photo : Grumpel (CC).</p>
<p>Votre avis sur la conférence :</p>
<p>Note: There is a rating embedded within this post, please visit this post to rate it.</p>
<p></p></div>
<p><em>« Nous pouvons mentionner ou évoquer, mais jamais exprimer »</em> (José Luis Borges)</p>
<p><span class="first">P</span>remière affirmation déstabilisante : il est impossible d’écrire un livre. Pourquoi donc ? A cause du langage. Pour Alberto Manguel, il ne s’agit pas de nier l’existence de la littérature, mais d’expliquer les difficultés et les déceptions qui en découlent. L’écrivain se heurte tout d’abord à son imagination, qui se révèle être plus ou moins fertile selon les heures. Mais il doit aussi faire face à la difficulté de la concrétiser par des mots. A l’image des récits bibliques, l’écrivain est tiraillé entre deux forces : il a le pouvoir de créer une réalité parallèle grâce au langage, mais le résultat ne sera jamais à la hauteur de ses espérances. Autrement dit, écrire frustre.</p>
<p>De là naît tout le questionnement sur le langage et sur son rapport à la réalité. Peut-on changer le monde grâce aux mots ? Est-il possible de créer du réel à partir du langage, comme pourrait nous le faire penser l’histoire du Golem ? Cette légende du XVIIIe siècle, c’est celle d’un rabbin qui, dans un ghetto de Prague, décide de protéger les juifs des pogroms. Pour cela, il modèle une créature en argile et la rend vivante en lui inscrivant le mot « Vérité » sur le front : le Golem est né. Mais un jour celui-ci devient fou, et le rabbin prend la décision de le détruire ; une fois de plus, il se sert du langage. En enlevant la première lettre du mot « Vérité », ce mot deviendra, en hébreu, le mot « Mort ». Brève illustration symbolique du pouvoir des mots.</p>
<p>Mais si le langage est puissant, il résiste aux simples mortels, il leur échappe. Borges lui-même était convaincu qu’il ne pourrait qu’être un <em>« faiseur plus ou moins médiocre de phrases »</em>. Qui n’a jamais été frustré de ne pas pouvoir exprimer une idée conformément à son souhait ? Pour contrer ce problème, certains ont décidé d’inventer des mots. D’autres ont préféré écrire des poèmes faits d’onomatopées. Ce n’est pas forcément très convaincant, mais comme dirait Roosevelt, <em>« c&#8217;est dur d&#8217;échouer, mais c&#8217;est pire de n&#8217;avoir jamais essayé de réussir »</em>.</p>
<p><span id="more-2562"></span></p>
<p>Si c’est une idée ancienne et simple qui nous a été exposée mercredi dernier, elle n’en reste pas moins marquante ; elle a toutefois été exposée un peu longuement. Une citation de Borges (oui, encore) s’adapterait très bien à la conférence, si celle-ci avait été un livre de cinq cent pages : <em>« Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cent pages une idée que l&#8217;on peut très bien exposer oralement en quelques minutes¹. »</em></p>
<p>¹ Extrait du prologue de <em>Fictions</em></p>
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		<title>Freud et Staline au Mexique ?</title>
		<link>http://www.journalmural.com/2010/02/freud-et-staline-au-mexique/</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2010 20:41:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[Pardon ? Qu’est-ce qu’ont à voir Sigmund Freud et Joseph Staline ? Qui plus est, au Mexique ! Le titre de la conférence avait de quoi déconcerter, et c’est donc relativement sceptique que je me suis installée en amphi Bolivar.
Ruben Gallo est actuellement professeur à Princeton ; il était venu à Sciences Po pour donner une conférence sur le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="inforight"><p></p>
<p><a href="http://www.journalmural.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/02/Sigmund_Freud_LIFE.jpg"><img class="size-Boite wp-image-2277 alignnone" title="Sigmund_Freud_LIFE" src="http://www.journalmural.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/02/Sigmund_Freud_LIFE-200x283.jpg" alt="" width="200" height="283" /></a></p>
<p><strong>Conférence: </strong><em>Freud y Stali</em><em>n en México</em><em>, </em>par Ruben GALLO.<br />
Votre avis sur la conférence:<br />
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<p></p></div>
<p>Pardon ? Qu’est-ce qu’ont à voir Sigmund Freud et Joseph Staline ? Qui plus est, au Mexique ! Le titre de la conférence avait de quoi déconcerter, et c’est donc relativement sceptique que je me suis installée en amphi Bolivar.</p>
<p>Ruben Gallo est actuellement professeur à Princeton ; il était venu à Sciences Po pour donner une conférence sur le sujet de son nouveau livre, <em>Freud in Mexico: The Neuroses of Modernity</em>. L’enjeu était à la fois d’analyser qu’elle avait été la réception de Freud au Mexique et quelle idée Freud se faisait du Mexique. Et c’est en examinant sa bibliothèque que des pistes se sont ouvertes. En effet, pas d’histoires du Mexique ou de livre sur les Aztèques chez le père de la psychanalyse. En revanche s’y trouvait un ouvrage pour le moins surprenant : <em>Derecho Penal Mexicano</em>, de Raúl Carrancá y Trujillo, 1937. Après une petite enquête, Ruben Gallo trouva que Carrancá, juriste mexicain, était très peu connu (voire inconnu) dans le milieu universitaire. Pourquoi ce livre se trouvait-il dans la bibliothèque de Freud ?</p>
<p>C’est en se penchant sur l’auteur que l’on comprend le lien entre Freud et le Mexique. Carrancá avait la certitude que l’on pouvait améliorer la criminologie grâce à d’autres sciences. Il pensait donc que le juge pouvait s’appuyer sur des concepts de sociologie, de médecine, de psychologie…et de psychanalyse ! Carrancá a donc appliqué les théories de Freud pour essayer de cerner l’inconscient des accusés, de façon à identifier leurs névroses et déterminer leur peine en fonction de son diagnostic. Il a d’ailleurs publié quelques plusieurs articles sur le sujet dans les années 30, en envoyant même un à Freud qui lui répondit avec enthousiasme.</p>
<p><span id="more-2276"></span></p>
<p>Cependant, quel est le lien avec Staline ? C’est assez simple : en 1940, Carrancá est nommé juge de l’assassin de Trotski, un Belge dénommé Franck Jacson¹. Carrancá le psychanalyse pendant un certain temps, pour finalement aboutir à la conclusion que ce dernier souffre du complexe d’Œdipe – ce qui l’aurait poussé à commettre le meurtre. Sa mère aurait en effet été l’amante de « l’homme de main² » de Staline, qui était chargé d’abattre Trotski ; Jacson aurait donc pu agir par amour pour sa mère ou par fidélité envers son amant… Bref, un peu surréaliste. Et puis la psychanalyse reste une « science » encore assez floue pour pouvoir valider des hypothèses toutes plus hallucinantes les unes que les autres. Que Ramón Mercader se soit senti trahi par Trotski et ait voulu se venger, ou bien qu’il ait était un agent du NKVD, il me semble que rester terre-à-terre est plus plausible qu’accorder du crédit aux  délires psychanalytiques de certains.</p>
<p>¹ Qui en fait se prénommait Ramón Mercader del Río et était catalan.<br />
² Leonid Eitington</p>
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		<title>« L’avenir est-il un long passé ? »¹</title>
		<link>http://www.journalmural.com/2010/02/lavenir-est-il-un-long-passe/</link>
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		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 22:59:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis ses débuts, la Guinée n’a pas connu des jours faciles. Le pays qu’on appelait « les Rivières du Sud » deviendra colonie française en 1891 et prendra le nom de Guinée (ou Guinée Conakry). Elle n’obtiendra son indépendance qu’en 1958, en refusant courageusement la proposition du général de Gaulle à propos de l’intégration des colonies au sein d’une « Communauté française ». Mais si le pays est désormais libre, la France décidera de lui faire payer cher sa décision : si elle ne s’y opposera pas militairement, les relations économiques et politiques seront rompues. La France retire immédiatement toutes ses installations, à savoir armée et fonctionnaires, ainsi que tout soutien économique.  La Guinée, jeune pays libre, sera fragilisée par le départ des organismes « structurants » qui auraient pu garantir la stabilité. Les relations avec la France sont tendues, des tentatives de renversement et d’assassinats de Sékou Touré sont organisées. On connaît la suite : un régime qui se durcit, avec répression violente et corruption à la clé. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span class="first">D</span>epuis ses débuts, la Guinée n’a pas connu des jours faciles. Le pays qu’on appelait « les Rivières du Sud » deviendra colonie française en 1891 et prendra le nom de Guinée (ou Guinée Conakry). Elle n’obtiendra son indépendance qu’en 1958, en refusant courageusement la proposition du général de Gaulle à propos de l’intégration des colonies au sein d’une « Communauté française ». Mais si le pays est désormais libre, la France décidera de lui faire payer cher sa décision : si elle ne s’y opposera pas militairement, les relations économiques et politiques seront rompues. La France retire immédiatement toutes ses installations, à savoir armée et fonctionnaires, ainsi que tout soutien économique.  La Guinée, jeune pays libre, sera fragilisée par le départ des organismes « structurants » qui auraient pu garantir la stabilité. Les relations avec la France sont tendues, des tentatives de renversement et d’assassinats de Sékou Touré sont organisées. On connaît la suite : un régime qui se durcit, avec répression violente et corruption à la clé.</p>
<p><span id="more-2038"></span></p>
<p>A sa mort, les choses sont loin de s’arranger. Lansana Conté s’empare du pouvoir en avril 1984 : il se crée une image de libérateur, souhaitant rompre avec le régime antérieur. Il dénonce la violation des droits de l’Homme et souhaite accélérer le développement économique de la Guinée. Pourtant, bien que le président engage des réformes économiques, parfois couronnées de succès, le régime ne tarde pas lui non plus à se durcir. Dans la théorie, les pouvoirs sont séparés, les droits de l’Homme respectés, une nouvelle Constitution est même rédigée en 1990. Mais peu après les élections présidentielles de 1993, dont les résultats sont contestés par l’opposition, le pays sombre dans l’autoritarisme. La répression repart pour un tour. Le mécontentement de la population finit par se faire sentir au milieu des années 2000 : grèves et manifestations s’enchaînent – sans succès et réprimées – bien que le gouvernement soit fragilisé. Et Lansana Conté meurt le 22 décembre 2008.</p>
<p>Peu de temps après sa mort, un groupe de militaires, qui forment le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD), prend le pouvoir. Ils dénoncent le régime antérieur pour corruption, accaparement des richesses par les élites et mépris pour les besoins de la population. Une lueur d’espoir naît chez les Guinéens et dans la communauté internationale : le pays se dirige-t-il enfin vers la démocratie ? Mais très vite, le gouvernement est dissolu, la Constitution supprimée. Et en guise de cadeau de Noël, Moussa Dadis Camara s’autoproclame président le 24 décembre 2008. La junte militaire prévoit d’organiser des élections, c’est un début encourageant : on voudrait y croire… on voudrait vraiment. Mais comme on ne perd jamais ses bonnes habitudes, le régime se durcit à son tour. Le massacre du 28 septembre 2009 est l’apogée de la violence : <em>« le 28 septembre 2009, vers 14 heures, aux alentours du stade de Conakry, des dizaines de femmes, adolescentes, mères de famille ou femmes âgées, erraient telles des zombies, totalement nues, dégoulinantes de sang, de sperme, de boue² »</em>. Camara promet une enquête et en profite pour accuser exclusivement l’opposition. Pendant ce temps, l’ONU parle de crime contre l’humanité. La situation stagne, la période électorale approche dans une atmosphère d’angoisse et de terreur.</p>
<p>Et puis coup de théâtre : le militaire Toumba Diakité blesse Moussa Dadis Camara à la tête. Celui-ci, hospitalisé à Rabat, n’est plus en état de gouverner et renonce au pouvoir à la mi-janvier 2010. Mais quel est l’avenir du régime militaire ? Le numéro deux de la junte, le général Sékouba Konaté, a pris la tête du pays. Il semble être un homme posé, moins sujet aux accès de colère que Camara. Il semble préférer l’apaisement, en nommant Premier Ministre le doyen de l’opposition, Jean-Marie Doré. Il semble aussi privilégier le dialogue et le consensus. Mais on n’y croit plus. Et peut-être a-t-on raison : la junte publie son rapport sur les massacres du 28 septembre en disculpant les militaires (à l’inverse de l’ONU), et la préparation des élections crée déjà quelques tensions entre ceux qui souhaiteraient se présenter. Ces élections, <em>« transparentes, démocratiques et inclusives »</em> (l’espoir fait vivre…) doivent avoir lieu dans un délai de six mois. Et il s’en passe des choses en six mois.</p>
<p>Évidemment, il serait caricatural d’accuser uniquement les hommes au pouvoir. Chacun a eu la caractéristique initiale de vouloir changer la situation du pays, pour tomber ensuite dans l’autoritarisme. Cette répétition sans fin du même schéma semble montrer que les problèmes sont structurels : pressions des élites économiques et politiques, privilèges, trafics en tous genres et corruption ne favorisent pas l’éclosion d’une démocratie stable. C’est donc bien le système qu’il faut changer. Peut-être celui qu’on surnomme « le Tigre » est  l’homme de la transition, et peut-être ne l’est-il pas. L’avenir est-il un long passé ? Espérons que non.</p>
<p>¹ Tiré de la chanson « L’avenir est un long passé », du groupe Manau<br />
² Tiré d’un article du Monde, « La malédiction des femmes de Guinée », par Ibrahima Baldé et Nathalie Zajde</p>
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		<title>Afghanistan : veuillez emprunter la sortie de secours</title>
		<link>http://www.journalmural.com/2010/02/afghanistan-veuillez-emprunter-la-sortie-de-secours/</link>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 18:07:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[L’idée d’une négociation avec les talibans fait petit à petit son trou : elle était un des sujets de discussion de la Conférence internationale sur l’Afghanistan, le 28 janvier dernier. L’idée n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été proposée en 2006 : une tentative d’entrer en contact avec les talibans avait été effectuée par Michael Semple et Mervyn Patterson, respectivement fonctionnaires de l’Union Européenne et des Nations Unies. Toutefois, la démarche avait échoué : suite à des pressions nord-américaines, le gouvernement afghan les avait tous deux expulsés, pour avoir communiqué sans autorisation avec un groupe terroriste. Mais elle semble aujourd’hui la seule sortie possible au conflit.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span class="first">L</span>’idée d’une négociation avec les talibans fait petit à petit son trou : elle était un des sujets de discussion de la Conférence internationale sur l’Afghanistan, le 28 janvier dernier. L’idée n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été proposée en 2006 : une tentative d’entrer en contact avec les talibans avait été effectuée par Michael Semple et Mervyn Patterson, respectivement fonctionnaires de l’Union Européenne et des Nations Unies. Toutefois, la démarche avait échoué : suite à des pressions nord-américaines, le gouvernement afghan les avait tous deux expulsés, pour avoir communiqué sans autorisation avec un groupe terroriste. Mais elle semble aujourd’hui la seule sortie possible au conflit.<br />
<span id="more-1786"></span><br />
Si cette idée semble peu à peu renaître de ses cendres, c’est tout d’abord car la stratégie militaire des États-Unis n’a l’air que peu adaptée à la situation. Malgré l’envoi de nouvelles troupes, les attaques se multiplient, en force et en fréquence : les talibans montrent qu’ils sont mieux organisés qu’en 2001 et tout à fait prêts à riposter. Déjà, en 2008, l’International Council on Security and Development estimait que les talibans contrôlaient 72% du territoire, sans compter leur présence au Pakistan. Ils sont maintenant présents sur la quasi-totalité du territoire afghan. Par ailleurs, depuis ce qu’on qualifie de « retour des talibans » en 2006, l’insécurité règne en Afghanistan, l’intimidation se poursuit ; le pavot fleurit ci et là¹ ; la loi n’est plus.</p>
<p>L’échec de la stratégie purement militaire de l’OTAN réside surtout dans le fait que les stratèges ont omis de prendre en compte la structure des talibans, et notamment leurs liens forts avec les tribus pachtounes. Bien que les États-Unis aient fortement investi en Afghanistan, la corruption généralisée a empêchée les populations d’en profiter. Par ailleurs, le recrutement et déploiement de soldats non-pachtounes a fortement mécontenté les populations pachtounes. Celles-ci ont donc accordé leur soutien aux talibans, elles qui, sans les soutenir, n’avaient jamais été radicalement contre eux. Ces données doivent être prises en compte pour résoudre le conflit ; accepter de dialoguer avec « l’ennemi » ne signifie pas forcément être d’accord avec lui mais être pragmatique : il s’agit de changer de stratégie, de remplacer la violence physique par la parole. Ce n’est pas une position idéaliste, il s’agit au contraire de résoudre un conflit qui commence à s’éterniser.</p>
<p>Il resterait a priori une difficulté : les talibans sont-ils disposés à entamer le dialogue ? Désormais en position de force, ils pourraient choisir de continuer l’affrontement militaire. Toutefois, deux arguments peuvent être avancés, allumant ainsi une petite lueur d’espoir. Tout d’abord, la composition de la guérilla : nombreux sont ceux qui ont rejoint les talibans non pas par sympathie idéologique mais parce qu’ils avaient été déçus de la politique menée par les États-Unis. Le dialogue serait dès lors plus simple avec eux, dont les préoccupations sont plus socioéconomiques que strictement « philosophiques ». Par ailleurs, en ce qui concerne les 20% restant, la situation ne semble pas perdue non plus : bien qu’incitant à continuer le combat, le mollah Omar, chef suprême des talibans, a déclaré en novembre 2009 que <em>« l’émirat islamique d’Afghanistan est prêt à participer avec tous les pays où des mesures constructives visant au développement économique et à un avenir fondé sur le respect mutuel »</em>.</p>
<p>A l’inverse de l’Iran, où manifestement le dialogue reste au point mort, la mise en place d’une communication entre l’OTAN et les talibans ne peut pas être pire que la simple stratégie militaire – bien que les modalités restent encore à définir. Il faut bien évidemment la compléter : renforcement des institutions afghanes, coopération dans la région, etc. Mais la solution politique semble la seule sortie (de secours), et les États-Unis y semblent pour la première fois favorables. Il était temps.</p>
<p>¹L’Afghanistan produit plus de 90% de l’opium mondial.</p>
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		<title>Aussi rouge que possible…</title>
		<link>http://www.journalmural.com/2009/12/aussi-rouge-que-possible/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 09:09:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[« Parler de couleur rouge est un pléonasme. Le rouge est la couleur par excellence [...] la première de toutes les couleurs »
Michel Pastoureau, Dictionnaire des couleurs de notre temps, 1992
Non, ce n’est pas de la propagande pour le Parti Communiste. Juste le nom d’une exposition aux Arts Décoratifs, qui retrace l’évolution du rouge au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><em>« Parler de couleur rouge est un pléonasme. Le rouge est la couleur par excellence [...] la première de toutes les couleurs »</em><br />
Michel Pastoureau, <em>Dictionnaire des couleurs de notre temps</em>, 1992</p>
<p>Non, ce n’est pas de la propagande pour le Parti Communiste. Juste le nom d’une exposition aux Arts Décoratifs, qui retrace l’évolution du rouge au fil des siècles. C’est une série d’objets disposés les uns à côté des autres, parfois de façon inattendue (un vieux tableau du Pape côtoie un fauteuil plutôt moderne…) : des objets rouge cerise, rouge sang, rouge feu, et j’en passe.</p>
<p><span id="more-1520"></span></p>
<div class=inforight>
<p><iframe width="200" height="240" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="http://maps.google.com/maps?f=q&amp;source=s_q&amp;hl=en&amp;geocode=&amp;q=107,+rue+de+Rivoli,+paris&amp;sll=46.586986,0.342648&amp;sspn=0.10075,0.308647&amp;ie=UTF8&amp;hq=&amp;hnear=107+Rue+de+Rivoli,+75001+Paris,+Ile-de-France,+France&amp;t=h&amp;ll=48.863077,2.333307&amp;spn=0.006776,0.008583&amp;z=15&amp;iwloc=A&amp;output=embed"></iframe><br /><small><a href="http://maps.google.com/maps?f=q&amp;source=embed&amp;hl=en&amp;geocode=&amp;q=107,+rue+de+Rivoli,+paris&amp;sll=46.586986,0.342648&amp;sspn=0.10075,0.308647&amp;ie=UTF8&amp;hq=&amp;hnear=107+Rue+de+Rivoli,+75001+Paris,+Ile-de-France,+France&amp;t=h&amp;ll=48.863077,2.333307&amp;spn=0.006776,0.008583&amp;z=15&#038;amp">View Larger Map</a></small><br />
<strong>« Aussi rouge que possible »</strong>, aux Arts Décoratifs (Paris)<br />
107, rue de Rivoli</p>
<p>Jusqu’au 3 janvier<br />
Gratuit pour les moins de 26 ans</p></div>
<p>C’est un rouge qui est tout d’abord symbole de puissance. Les magistrats sont habillés en rouge. Tout comme les cardinaux vêtus d’écarlate et le pape de pourpre à partir du XIIIe siècle. Le rouge représente la force, le pouvoir, de la toge romaine à la Légion d’honneur.</p>
<p>Mais c’est aussi un rouge à dimension politique. Couleur de la Révolution au XVIIIe, il a été repris par des mouvements plus récents. Le rouge reste le symbole de la lutte, de la résistance, du drapeau communiste à la rose du Parti Socialiste français (même si la lutte est plutôt à l’intérieur pour le moment…).</p>
<p>Le rouge reste également synonyme de passion, se situant <em>« entre séduction et transgression »</em>. Il s’allie souvent au noir pour décorer les dessous fripons, et une lanterne vermeille indiquait jadis les maisons closes. Une étude aurait d’ailleurs suggéré que les hommes préféraient les femmes en rouge (comme les chimpanzés d’ailleurs…désolée messieurs !). Même le Petit Chaperon Rouge, en apparence si ingénu, ne serait pas si innocent que ça…</p>
<p>Et c’est enfin un rouge très hivernal avec notre cher Père Noël, tout de rouge vêtu. Sans oublier le petit renne qu’<em>« on appelait &laquo;&nbsp;Nez Rouge&nbsp;&raquo;/ Ah! Comme il était mignon/ Le p&#8217;tit renne au nez rouge/ Rouge comme un lumignon »</em>…Joyeux Noël à tous !</p>
<p style="text-align: right;">Raphaëlle Sardier</p>
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		</item>
		<item>
		<title>« La violence politique en Colombie du point de vue de la psychologie sociale et politique »</title>
		<link>http://www.journalmural.com/2009/12/la-violence-politique-en-colombie-du-point-de-vue-de-la-psychologie-sociale-et-politique/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 00:10:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaëlle Sardier]]></category>

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		<description><![CDATA[
Conférence : Violencia Política en Colombia Un análisis desde la psicología social y política, par Diana Rico Revelo.
Votre avis sur la conférence :

L’utilisation de la violence politique en Colombie n’est certes pas un fait nouveau : celle-ci, structurelle, existe depuis les années 40, au moment où les deux partis politiques principaux (le Parti Libéral et le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="inforight">
<p><strong>Conférence</strong> : <em>Violencia Política en Colombia Un análisis desde la psicología social y política</em>, par Diana Rico Revelo.</p>
<p>Votre avis sur la conférence :</p>
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<p><span class="first">L</span>’utilisation de la violence politique en Colombie n’est certes pas un fait nouveau : celle-ci, structurelle, existe depuis les années 40, au moment où les deux partis politiques principaux (le Parti Libéral et le Parti Conservateur) furent créés.  C’est depuis une constante dans l’histoire colombienne, et notamment avec l’apparition du conflit armé, auquel participent guérillas, paramilitaires et gouvernement colombien.</p>
<p>Mais avant tout chose, il faut parler de ce qu’est la violence politique. Celle-ci n’est certes pas intrinsèque à la nature humaine. Pour rester dans le général, on dira qu’elle relève plus d’une stratégie politique, qui utilise la violence de façon préméditée, avec une fin bien déterminée, le tout saupoudré d’une idéologie spécifique. Ainsi, la violence politique est un moyen de dominer les autres et d’établir (ou préserver) un ordre social déterminé, en la justifiant par un système de valeurs spécifiques.</p>
<p><span id="more-1278"></span></p>
<p>La mobilisation de la psychologie sociale pour expliquer la persistance et les mécanismes du conflit armé ouvrent dans cette optique beaucoup de pistes de réflexion ; c’est pourquoi la conférence de Diana Rico Revelo s’est révélée enrichissante, bien que cette dernière n’ait pu finir son exposition, faute de temps.</p>
<p><strong>Une légitimation nécessaire de la violence</strong></p>
<p>Un groupe qui décide d’employer la violence comme mode d’action politique doit auparavant la légitimer. En l’absence de légitimation, la méthode risque d’être rejetée, à la fois par les membres du groupe et par les personnes extérieures. Il doit donc trouver une base idéologique justifiant l’emploi de la violence.</p>
<p>Par ailleurs, dans le cadre d’un conflit inter-groupal, il est nécessaire de « délégitimer » l’adversaire, de créer un discours le dévalorisant. Cette technique revient à rendre l’ennemi responsable de la situation, justifiant ainsi l’utilisation de la violence à son encontre.</p>
<p><strong>L’importance des croyances collectives</strong></p>
<p>Pour ce faire, la création de croyances collectives est un élément-clé : celles-ci permettent d’influencer l’inconscient collectif, de s’introduire dans la pensée de chacun et d’influer sur le comportement. Elles peuvent être destinées aux membres du groupe tout comme à ceux qui sont témoins des violences. Une fois ces croyances intériorisées, l’action violente ne suscite que peu de réactions – montrant ainsi le pouvoir du psychologique dans un conflit. Ces croyances peuvent également naître de façon spontanée et collective dans les groupes concernés par la violence.</p>
<p>Suite à une étude de terrain en Colombie, dans un projet de promotion des Droits de l’Homme, plusieurs « croyances » collectives ont pu être mises en valeur. Tout d’abord, la différence entre victimes et bourreaux, aux uns étant attribuées des valeurs positives, et aux autres des valeurs négatives. Sans affirmer catégoriquement qu’Alvaro Uribe ait des liens avec les paramilitaires, on peut voir une différence de traitement entre les FARC (« los terroristas ») et les paramilitaires (« los muchachos »). L’usage de la violence se justifie également en invoquant l’intérêt général, et plus précisément la sécurité (ou encore de justice), thème récurrent des gouvernements pour légitimer l’usage de la violence : c’est l’idée du « represor justificado », qui construit « la démocratie avec de la violence ». On voit donc l’importance de l’idéologie dans la justification de la violence. Enfin, troisième croyance pouvant être soulignée : la « déshumanisation » des adversaires. On construit une certaine vision de l’ennemi. On parle ici de quelqu’un de différent de « nous », d’un « autre », auquel on refuse donc l’humanité : cela justifie la violence, et permet de ne pas se donner mauvaise conscience – et donc de limiter les réactions négatives.</p>
<p>Quant aux croyances qui se créent naturellement, celles-ci concernent surtout les spectateurs des violences. Ceux-ci, face à la violence, se trouvent dans une situation difficile : « <em>nadie escucha, nadie ve, nadie habla pero todo el mundo sabe </em>». Ils passent du statut de victime à celui de « complice », enfermés dans un dilemme moral – mais immobilisés par la peur de la répression. Se créent donc de nouvelles idées, comme celle d’un nouvel Olympe (le pouvoir appartient aux autres, puissants, qui nous dominent, et nous ne pouvons rien faire), celle de la guerre forcée.</p>
<p><strong>Des éléments complétant l’analyse du conflit armé en Colombie </strong></p>
<p>Ces nouvelles données permettent de compléter les analyses faites du conflit armé en Colombie et de la violence politique en général. Elles donnent également de nouvelles perspectives d’action pour y remédier.</p>
<p>Les croyances étant intériorisées, elles sont donc d’autant plus difficiles à neutraliser. Des efforts doivent bien évidemment être faits au niveau politique (favoriser la négociation par exemple, le conflit « verbal » remplaçant la violence). Mais aussi au niveau des individus, afin de favoriser un certain rejet de la violence, pour la délégitimer et rompre ces croyances collectives. Cela pourrait passer par des actions de « réhumanisation » de l’adversaire, de promotion et de réhabilitation des droits de l’Homme, etc. Malheureusement, d’autres intérêts entrent en jeu et l’actuel gouvernement colombien semble être très loin d’adopter une telle stratégie…</p>
<p style="text-align: right;">Raphaëlle Sardier</p>
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