Mural

Articles écrits par Sophie Mouline

3A – Chapitre I : Cet incroyable mouvement étudiant…

(Juillet à Septembre 2011)

« Les étudiants chiliens sont en grève » m’informe-t-on, vaguement, quelques jours avant mon grand départ pour le Chili… Mais en cette période de pré-départ, préoccupée par valise, visa, et despedida, je n’imagine pas alors le sens qu’il convient de donner à cette information.  Après un mois dans le pays, plus de doute cependant : nous sommes arrivés au Chili à un moment historique (et quand je dis « moment historique » ce n’est pas la pseudo-journaliste-sensationnaliste-que-je-peux-être qui s’exprime mais l’étudiante-en-échange-au-Chili dont le mois a été rythmé par davantage d’évènements que sa plume n’aurait pu en inventer).

La Casa Central de la Universidad de Chile, Universidad en toma.

En juillet 2011, à mon arrivée, le mouvement étudiant chilien est déjà fort d’une organisation et d’une détermination surprenante. Des centaines de milliers de lycéens et d’étudiants ont rejoint leurs huit milles camarades qui ont initié la lutte pour « une éducation digne et gratuite », lors de la première marche du 28 avril 2011. Le 16 juin puis le 14 juillet, le 9 et le 18 août, plus de cent cinquante mille chiliens marchent dans les rues de Santiago au son de « ¡Y va a caer, y va a caer, la educación de Pinochet! » (Traduire  par « Elle va tomber, elle va tomber l’éducation de Pinochet »). Ce qu’ils demandent, c’est la réforme en profondeur d’un système éducatif lucratif et inégalitaire hérité de la dictature.
Le système éducatif chilien s’est vu transformé par les politiques néo-libérales mises en place par le général Pinochet. Durant la dictature (1973-1990),  les dépenses publiques consacrées à l’éducation sont drastiquement réduites. Désétatisant le système, Pinochet met fin à l’éducation supérieure gratuite en 1981. Celle-ci est désormais à la charge de chacun.  Les établissements scolaires et leurs gestions sont transférés aux municipalités, lesquelles ne reçoivent plus qu’un montant de subvention par élève, identique quelque que soit la richesse des municipalités. La Loi Organique Constitutionnelle de l’Education promulguée en 1990 enracine une privatisation croissante du système éducatif ; réformée sur certains points durant les gouvernements de la Concertation, elle régit cependant encore le système éducatif chilien.

Aujourd’hui, sous la présidence de Sebastian Piñera, alors que le pays se targue de sa bonne croissance (9,8% au premier semestre) seulement 4,4 % du PIB de l’Etat est consacré à l’éducation (l’Unesco recommande 7%). Un étudiant doit débourser mensuellement entre 250 et 600 euros pour étudier (à titre indicatif et bien parlant, le salaire minimum chilien est inférieur à 300 euros !) (Chiffres d’après :  Estudio sobre las causas de la deserción universitaria. Centro de Microdatos, Departamento de Economía, Universidad de Chile;). La majorité des étudiants (70%) s’endettent sur environ quinze ans afin de pouvoir financer leurs études supérieures ; pour ceux dont les revenus sont au plus bas, ils doivent parfois renoncer aux études supérieures. D’autre part, le système éducationnel chilien génère d’importantes inégalités dans l’accès à une éducation de qualité. A noter aussi à l’intérieur d’une même université, chaque cursus universitaire, a son propre coût. Un système congelant, de fait, la mobilité sociale. L’éducation est « un bien de consommation » déclare le Président ; les étudiants se mobilisent pour en faire un droit.

Manifestation du 9 aôut 2011

Et quelle mobilisation ! Courageux et déterminés, les étudiants chiliens cherchent à se faire entendre grâce à « une manière différente de se mobiliser», selon les propres termes de Camila Vallejo, porte-parole de la CONFECH, la réunion des Fédérations étudiantes. Depuis juin, un calendrier de mobilisations culturelles, artistiques, et sportives « por la Educación » a remplacé l’emploi du temps académique des universités publiques.  Les étudiants ont déserté les salles de cours (les universités publiques sont en grève, rejointes au mois d’aout par certaines universités privées) pour investir un espace public, devenu le théâtre de leurs actions.

La presse a rapporté les jets de pierre et les vitres cassées lors des journées de manifestation, faisant souvent suite aux affrontements avec les policiers. Certes, ils ont lieu mais il convient de souligner que ces actes de violence sont condamnés par le mouvement étudiant, duquel ils viennent entacher la remarquable mobilisation. Car les étudiants, cette même génération que la classe politique dirigeantes dit « dépolitisée » ont su se créer une voix, pacifiquement, en organisant des activités originales et d’une ampleur impressionnante. Avec talent, ils innovent des singuliers moyens d’expressions pour pallier aux défaillances des institutions politiques représentatives dans lesquelles ils n’ont plus confiance. (Les images de trois mois de mobilisation)

Quelques exemples  (choisis parmi les plus remarquables, des centaines de mobilisations ayant étaient organisées) :

En juin, plus de 2000 étudiants endossent leur costume de zombies, leurs pancartes « Morí pagando mi educación » (je suis mort pour payer mes études) – sur laquelle ils écrivent le montant de leur dette-  et dansent devant le palais de la  Moneda «le Thriller de Michael Jackson ». Un coup d’œil à la vidéo suffit pour comprendre la force de la mobilisation. Sur le même thème, ils organisent le suicide collectif pour l’Education.

1, 8 milliards de dollars étant le montant nécessaire pour assurer l’accès à l’éducation gratuite,  les étudiants chiliens ont initié le 13 juin les « 1800 heures pour l’éducation ». Une sorte de marathon insolite durant lesquelles la banderole « Education gratuite, tout de suite » fut portée par plus de 4000 coureurs chiliens, sans arrêt. Après deux mois à observer, admirative, les coureurs et leurs banderoles courir autour du Palais présidentiel, à n’importe quelle heure, sous n’importe quel climat, je me réjouis de savoir que le 27 août ils ont célébré la réussite de ce marathon-protestation.
Des centaines de couples s’embrassèrent face à la Moneda lors du « Besatón por la Educacion».  Des centaines d’étudiants ont parcouru, en vélo, en courant, à pied, les 130 kilomètres qui séparent Santiago de Valparaiso où se trouve le Congrès.
Je fus aussi très impressionnée (et tout comme la société chilienne, préoccupée)  par la détermination de ces lycéens qui ont passé plus de 71 jours en grève de la faim. C’est dire la force du combat que d’imaginer des étudiants, encore mineurs, prêt à sacrifier leur santé pour appuyer leurs demandes.
Plusieurs artistes se sont unis à la cause. Le 21 août, lors du « Domingo familiar por la Educacion », réapparaissent sur le devant de la scène les Inti Illimani, les Illapu, et autres groupes symboliques des luttes sociales chiliennes. Quelques jours avant, « El pueblo unido jamás será vencido» des Quilapayun résonne devant la Universidad de Chile, repris par une foule émue. A mes côtés, j’observe des étudiants, mais aussi leurs parents, leurs grands-parents, leurs petits frères, leurs professeurs. Le mouvement étudiant a recueilli le soutien de 80 % de la société chilienne.
Le soir de ma fenêtre, j’observe les santaguinos taper sur leur casserole, cri  de mécontentement de la population. Le cacerolazo, moyen de protestation utilisé sous la dictature de Pinochet, résonne de nouveau dans le pays depuis la violente répression de la marche –non autorisée par le gouvernement- du 4 août.

La popularité du président Piñera a chuté à un faible 26% : il semblerait que le mouvement étudiant ait mis le feu aux poudres à un mécontentement latent provoqué par le modèle socio-économique chilien. D’autres revendications viennent s’ajouter à celle des étudiants : baisse des impôts, réforme des retraites, augmentation du budget de l’Etat consacré à la santé etc… Les 48 heures de grève générale mises en place par la Central Unica de los Trabajadores, premier syndicat du pays, le 24 et 25 août témoignent du climat de revendications sociales qui s’est désormais posé sur le pays, au point que certains parlent d’un « mai 68 chilien ».

« Il est impossible qu’il soit impossible de changer cette histoire »

* * * * * * * *

Afin d’actualiser cet article (en attendant la publication du Chapitre 2), un court compte rendu de la situation dans le pays à l’heure actuelle : nous sommes désormais fin octobre, et ici, la lutte des étudiants continue. Debut octobre, la table de dialogue entre étudiants et gouvernement a été rompue par les leaders du mouvement jugeant les propositions du gouvernement bien insuffisantes pour répondre à leurs revendications. Les deux parties de l’actuel bras de fer restent divisées concernant le thème de la gratuité de l’éducation et aucune proposition du gouvernement ne répond actuellement à la principale requête des étudiants concernant la fin du profit réalisé avec l’Education et le passage à un système éducatif gratuit pour tous.

Les étudiants restent mobilisés. Plusieurs universités et lycées sont toujours en paro et des manifestations, auxquelles répondent des dizaines de milliers de personnes, sont toujours convoquées presque chaque semaine. La situation s’est cependant tendue dans le pays et personne ne semble pouvoir se prononcer sur le dénouement du mouvement.

Chiffres d’après :  Estudio sobre las causas de la deserción universitaria. Centro de Microdatos, Departamento de Economía, Universidad de Chile;

Confessions post-festival

Avec les photos du festival de  Salome et Eduardo : Voir leur album

Plus la peine de se déplacer jusqu’à la côte d’Azur, le festival de Poitiers n’a rien à envier à celui de Cannes.  Car, la petite ville du Poitou héberge aussi ses stars…. Et quelles vedettes ! Etudiants sérieux et appliqués le jour, ils se transforment la nuit venue en de talentueux musiciens, acteurs et danseurs.  Les nuits du 14 et 15 avril 2011,  le Festival « Art et Politique »  a fait la lumière sur des talents insoupçonnés…

Retour sur une année de travail et de collaboration grâce aux témoignages de nos  célébrités locales, bien plus accessibles que les Alain Delon et autres Isabelle Adjani. Lire la suite »

Cap deux, franchi!

Le 18 mars 2011, 1085 internautes ont visité le Mural.

Ce jour-là nous avons béni notre compteur de visites. Fier de réaliser que tata, cousin, et petit(e) ami(e) des « Muralistes » ne sont pas les seuls à lui porter de l’intérêt (par devoir de compassion s’entend), le Mural a soufflé sa deuxième bougie dignement.

Certes, pour ne pas gâcher la fête, nous nous sommes bien gardés de nous lancer dans une étude profonde du pourquoi-et-comment de nos visites, laquelle aurait sûrement révélé qu’un ¼ de nos visiteurs s’est retrouvé là par hasard (on remerciera Google francophone de lier à nos pages tous mots clefs à consonance « Latina »), un autre ¼ venu voir l’avancé « des battles de commentaires », un autre ¼ venu se pencher sur l’évolution de la dernière polémique Muraliste, et puis, peut-être le dernier ¼ est-il venu réellement lire un –voire plusieurs si vous nous autorisez à rêver en ce jour d’anniversaire- de nos articles?
Quand bien même un tel pronostic d’étude ne doit pas être loin de la réalité, la seule preuve que nous ne sommes pas les seuls à zieuter le Mural nous apporte récompense et satisfaction. L’expérience Muraliste nous a apprise à ne pas être trop exigeants.

Modeste journal étudiant dans le monde des grands.

Car, deux ans, c’est encore tout jeune. Et le Mural n’est pas des plus faciles à éduquer. Trois équipes ont déjà pris le relais, connaissant tour à tour les joies d’un article publié et commenté, de la croissance du compteur de visites, des compliments des camarades… et partageant les moments-un-peu-moins-agréables du manque d’inspiration, de la chasse aux fautes d’orthographes, de l’article qui fait « flop », du commentaire qui fait mal. Des déboires finalement vite oubliés en voyant notre petit grandir sur la toile (sourires aux lèvres quand on surprend un camarade errer sur nos pages, et ce quand bien même il se livre à cette activité uniquement dans les cours les plus ennuyants !).

En témoigne les quelques mots ci-dessous, offerts par l’équipe créatrice, à l’occasion des deux ans du journal :

* Alice Pappas : « Je crois qu’on ne peut être plus fier de ce projet parti de rien! Le Journal Mural, pour lequel nous luttions pour avoir des articles à la fin du mois est devenu ce que nous voulions depuis le début, un espace de débat sur des domaines aussi variés qu’il y a d’opinions dans notre campus, un espace d’échanges, de controverses et finalement de souvenirs. Nos articles ne servent pas juste à rappeler des faits divers mais à montrer que nous avons une voix et qu’on peut se faire entendre, d’abord parmi nous, puis à l’extérieur. Parole d’ancienne ; vous tirerez un maximum de profit de cette expérience (à niveau de rédacteur en chef, journaliste ou chroniqueur). Parce qu’au final, ce qu’on vous demandera c’est ce que VOUS pensez sur tel ou tel sujet et pas uniquement la théorie appliquée…et ça ce n’est pas toujours si facile à exprimer.

Je tiens à remercier l’équipe actuelle pour avoir maintenu et dynamisé ce projet avec succès et -j’anticipe- merci aux générations futures qui voudront bien en reprendre les rênes! »

* Pedro Garcia : « Lors qu’on a commençé à imaginer l’idée du Mural, ma plus grande inquiétude était la « concurrence » au projet. J’avais l’impression qu’il ne manquait pas de moyens d’expression en ligne. Mais en même temps, j’étais certain que les étudiants du campus avaient besoin d’une voix différente, faite par des étudiants et faite pour les étudiants. Le Mural a endossé ce rôle et a permis aux étudiants de partager et de s’exprimer comme membres de Sciences Po Paris, campus de Poitiers. Je suis très fier des publications, des collaborations et du feedback que le projet reçoit. Je souhaite une bonne continuation aux futurs muralistes et j’espère qu’il y aura beaucoup plus d’anniversaires. »

* Rafael Millán : « Quel plaisir de voir le Mural si présent dans le campus aujourd’hui. Dire qu’il y a juste deux ans nous n’étions qu’une petite équipe de cinq personnes en train de faire du brainstorming en Mafalda. Merci à ce groupe originel pour avoir vu au-delà du papier quand le Mural n’était qu’une vague idée, et à l’équipe de l’année suivante pour ses efforts pour consolider le Mural. Bravo aux étudiants qui participent cette année pour toutes les nouveautés que vous avez apporté au journal. Mais ne vous arrêtez pas, car c’est en innovant à chaque génération que le Mural maintiendra une voix dans le campus. »

Quand à l’équipe actuelle, elle reconnait que l’éducation du jeune Mural est loin d’être terminée ; il doit encore bien grandir pour 1) apprendre à écrire sans aucune faute d’orthographe, 2) apprendre à se changer régulièrement, 3) s’endurcir face aux commentaires-ennemis, 4) être moins timide pour se faire davantage remarqué. Mais en attendant que 1000 visites ne soit plus qu’un chiffre de visites ridiculement faible (j’aime imaginer le Ciber-Sciences-Pote de la génération 2020 qui lira moqueur cet article alors que le Mural sera au hit parade des journaux on line… -Ok, je rêve-), prenons le temps de nous arrêter souffler les deux bougies Muralistes sur le long chemin qui lui reste à parcourir…

Nous remercions tous ceux qui prennent le temps de soutenir notre projet, ceux qui alimentent le Mural de leurs écrits, ceux qui prennent le temps de lire nos articles (incluant tous ceux qui les survolent pour remercier plus de monde !), ceux qui nous aident à avancer par leurs commentaires, ceux qui nous soutiennent par leur « like » et même ceux qui se perdent sur nos pages nous permettant des joies comme celle du 18 mars 2011.

Petit Mural, Joyeux Deux Ans !

En mars, le Mural fête ses deux ans!

Chers Amis lecteurs,

Oui, « Amis lecteurs » parce que c’est moins utopique que « fidèles lecteurs » mais surtout parce qu’un anniversaire se fête entre amis.

Parce que ça fait deux ans que le Mural lutte tant bien que mal pour se faire une place dans les moyens d’expressions on line,  deux ans qu’il ne cesse d’innover pour attirer un minimum de lecteurs,  deux ans qu’il essaye de plaire à ceux pour qui il a été créé (soyez indulgents, on parle de vous), mais surtout deux ans qu’il existe.

En ce mois de Mars 2011, le journal MURAL  fête ses deux ans.

Parce que c’est grâce à vous que le journal soufflera, fièrement, sa seconde bougie, nous vous invitons à participer à l’événement.

Prenez le temps de lire ce message (promis, je m’engage à le faire moins long que nos articles!) afin de connaître l’actualité du journal en ce mois muralement exceptionnel.

* Inauguration de deux nouvelles rubriques :

Nous inaugurons ce mois-ci deux nouvelles rubriques, la rubrique « La photo du Jeudi » et la rubrique « Muralito » :

-  « La photo du Jeudi » : l’idée est de présenter chaque jeudi, jour de renouvellement de notre une, une des magnifiques photos prises par les artistes photographes qui arpentent les couloirs de Chaboureau. Nous prions ces derniers d’oublier leur modestie et de nous envoyer leurs plus beaux clichés à journalmural@sciences-po.org. Le thème est libre, la photo devra juste être accompagnée d’un titre.

- « Muralito » : La rubrique qui manquait au campus ! De vos fantasmes à vos fétiches, du dîner de vendredi soir à la cuite de lendemain, cette rubrique sera notre coin café pour discuter de l’art, de la littérature, du cinéma, de l’œnologie et encore de la cuisine, des légendes urbaines, des scandales familiaux, des réveils à ressort mécanique etc. Nous vous invitons dès à présent à venir enrichir notre tout nouveau MURALITO!

*Concours de billets d’humeurs:

A l’occasion des deux ans du journal, nous vous invitons à participer à un concours de billets d’humeurs.

Pour information : Le billet d’humeur est un formidable mode d’expression journalistique. Situé entre l’éditorial et l’article de presse, le billet d’humeur adopte des formes variées. Il permet de véhiculer librement ses opinions sur un sujet d’actualité. Selon votre bonne ou mauvaise humeur, votre billet sera plus ou moins lu…. Alors à vos stylos !

Envoyez nous vos billets d’humeur entre le 22 février et le 6 mars (pas d’excuses vous avez les vacances entières pour créer des chefs d’œuvres) à journalmural@sciences-po.org ; les votes auront lieu sur le Mural la semaine de la rentrée, et la remise des prix la semaine suivante. On compte sur votre participation !

* Réalisation d’un Mural sur les murs de Chaboureau :

La semaine de la rentrée sera l’occasion pour tout les élèves de la promo poitevine 2010-2011 de réaliser un vrai Mural sur les murs de votre chère école (bon ok, sur une affiche collée sur les murs de votre chère école). N’oubliez pas de venir laisser votre message!

D’autres événements sont en cours de préparation et auront lieu tout au long de la semaine du 7 au 12. N’hésitez pas à vous tenir au courant grâce à notre nouvelle rubrique Les Actualités du Mural !

On compte sur vous pour aider notre petit à passer le cap des deux ans !

Encefalografía de aquel que busca inspiración

© Photo par Eduardo J. Diaz

12H53, sentada en un murete de la plaza Charles de Gaulle, buscando inspiración. Ni siquiera se me ocurrió pedir un café en una terraza. Es que el café de la terraza – el que no tiene el regusto de plástico al cual se han acostumbrado las papilas gustativas de los estudiantes con fe en los supuestos poderes del extraño brebaje generado por la sagrada máquina – huele demasiado a vacaciones como para que pudiera llevar bien a cabo mi tarea actual. Encontrar inspiración.

No es que el mundo actual no nos dé lugar para despotricar sobre millones de temas, sino que las agencias de prensa no nos envían sus comunicados para que pudiéramos escribir artículos de información sin pasar tiempo escrutando minuciosamente otros periódicos para dominar el asunto del artículo sobre el cual tenemos la pretensión de escribir (esta revelación no es una incitación para enviar los artículos del Mural al análisis underground). Hoy no me siento con ninguna legitimidad para disertar sobre eventos cuyo sentido podría ser escarnecido por ojos crédulos; no tengo ganas de escribir un enésimo coup de gueule; pasar horas escribiendo el compte-rendu de una conferencia que nunca será leído (sí, sí, lo averiguo con el feedback) porque los pocos interesados seguramente tuvieron la iniciativa de moverse hasta la conferencia misma. Buscando Inspiración.

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Richard Descoings rencontre le Mural

A l’occasion de sa venue à Poitiers le mardi 25 janvier 2010 Richard Descoings a accepté de répondre à quelques questions des paparazzis muralistes. Entre gestion d’une institution pour le moins importante, réunions budgétaires et administratives, petit déjeuner/déjeuner/dîner avec des personnalités, des débats au sujet parfois insolite avec les étudiants (« comment redonner sens aux nouvelles générations ?»), quelques posts facebookiens, le directeur de Sciences-po Paris nous a livré quelques mots sur les campus délocalisés.

Mural : En cette année 2011, le campus de Poitiers souffle fièrement sa dixième bougie. Pouvez-vous nous expliquer quelles furent vos motivations pour créer un campus spécialisé sur l’Amérique Latine et la Péninsule Ibérique ?

R. Descoings : En créant les campus, notre idée étant d’internationaliser le premier cycle du collège universitaire.  Il était évident que l’Amérique Latine et la Péninsule Ibérique devaient trouver une place dans cette initiative.  Le rôle des acteurs politiques locaux dans ce type d’initiative a été primordial.  Ces derniers souhaitaient voir se développer dans la région un même type de campus que celui ouvert à Nancy un an auparavant. Or les très bonnes relations de l’université de Poitiers avec la fameuse université de Salamanque, la tradion d’accueil d’étudiants hispanophone et lusofones,  peuvent entre autres justifier la localisation dans la région Poitou-Charentes d’un centre d’étude spécialisé sur la Péninsule ibérique et l’Amérique Latine.

Quelles étaient vos attentes en créant le campus ?

L’idée principale était de créer une génération multiculturelle et polyglotte : permettre à des étudiants français et à des étudiants étrangers d’étudier ensemble est une manière de favoriser la tolérance et l’altérité.  Je pense que vous en êtes les acteurs et les témoins quotidiens.

Donc finalement, 10 ans après, le campus de Poitiers ressemble à ce que vous aviez imaginé ?

Au niveau des résultats, oui. Surtout en termes d’altérité, comme vous devez en jugez par vous-même dans un campus où la mixité culturelle est la principale richesse. Il est vrai, cependant, que le campus a évolué dans une voie propre et extérieure à ma volonté initiale. D’un point de vue sociologique, cette évolution est passionnante car elle est le fruit des envies et pratiques du corps social qui a modelé de lui-même les campus tels qu’ils sont aujourd’hui. « La révolution poitevine » suite à la réforme de la troisième année est un bon exemple de l’adaptabilité des campus. Vous avez réussi, par vos contestations, à modifier le projet initial. Voilà dix ans que le corps d’élèves façonne selon sa volonté les campus qui ont donc pris, au cours du temps, leur autonomie… et « le plus joli c’est que chacun des campus a pris sa vie, ses différences, sa caractéristique».

Quels sont vos projets d’avenir concernant les campus délocalisés ?

Nous avons ouvert en 2010 le campus Euro-Américain à Reims et souhaitons mettre en place pour septembre 2011 un programme Europe-Afrique en région parisienne. Pour l’instant nous ne souhaitons pas ouvrir davantage de campus mais plutôt se centrer sur la stabilité et le développement des campus existants.  Nous sommes entrain d’augmenter les capacités d’accueil des campus de manière à recruter davantage d’étudiants. Le nouveau campus de Reims présente un important potentiel et nous travaillions actuellement à son renforcement.  Ce campus pourrait accueillir 1500 étudiants. Les campus de Menton et du Havre présentent aussi une importante possibilité d’expansion.  Au regard des dossiers, de très nombreux étudiants ont leur place dans notre institution mais nous restons limités par les capacités d’accueil.

Vous êtes vous fixé un chiffre précis d’admis dans chaque campus ?

Je ne suis pas forcément en faveur d’objectifs chiffrés et précis d’étudiants dans chaque campus car le choix du campus ne doit pas avoir de conséquence sur la procédure d’entrée à Sciences-Po. Nous ne souhaitions pas différencier les campus délocalisés et le campus de Paris en fonctionnant selon des critères quantitatifs.

Vous ne faites donc pas de différence entre le campus de Paris et les campus de régions ?

Il ne s’agit pas de différencier les étudiants des campus et les étudiants de Paris, par contre, je pense que l’internationalisation des études est très importante. Je vais vous livrer une formule très méchante, et donc pas vraie, mais qui peut vous permettre de comprendre ma vision : « Paris est la clef d’entrée dans le monde d’aujourd’hui, les campus en région, la clef d’entrée dans le monde de demain ».  Il faut se rendre à l’évidence, la France et même l’Europe ne sont plus le centre du monde et l’ouverture est désormais primordiale pour l’avenir.  Je pense que l’entrée des étudiants dans le monde actif est aujourd’hui plus certaine lorsqu’elle se fait par les grandes régions du monde.  Ainsi je souhaite internationaliser l’admission au 1er cycle du collège universitaire de Sciences-po Paris.

Cela signifie que tous les étudiants en premier cycle devront se spécialiser sur une zone géographique spécifique ?

Nous espérons atteindre un objectif élevé (environ 60%) d’étudiants du premier cycle dans des campus délocalisés.  Cependant, je ne pense pas que la solution adéquate soit d’imposer à tous nos élèves les études en campus délocalisés. Nous devons laisser le choix aux étudiants d’une spécialisation régionale ou non. Il sera toujours possible de réaliser son premier cycle sur le campus de Paris  où nous allons, par contre, mettre en œuvre la procédure internationale d’admission.

[Avec nos remerciements à Monsieur Richard Descoings et Monsieur Olivier Dabène d'avoir permis cet entretien.]

Sommes-nous vraiment des homo oeconomicus ?

Les cours d’économie ont fait rentrer l’homo oeconomicus dans ma vie. Bon, soyons honnête, ce n’était pas non plus une rencontre révolutionnaire ; ce bonhomme passe sa vie au marché à choisir entre des pommes et des poires. Des milliers d’étudiants lui ont déjà dit que d’après sa fonction d’utilité, monsieur-préfère-les-pommes-aux-abricots-et-les-abricots-aux-poires-et-donc-par-transivité-les-pommes-aux-poires mais impossible de lui faire lâcher son panier. C’est que monsieur est rationnel et ne mange en dessert que le fruit qui maximisera son utilité (toute personne ayant déjà disserté sur l’utilité d’une pomme est priée de me faire parvenir ses conclusions). Sachant que je ne supporterais pas longtemps un homme qui refuse mon gâteau au chocolat au prétexte que l’utilité qu’il lui procure n’est pas assez éloignée du point d’origine, j’aurais du passer mon chemin… Seulement voilà, c’est entre autres la passion rationnelle de notre ami pour les fruits du verger (et pour les glaces à la vanille en temps de petit écart de rationalité diététique) qui font de lui un être singulier suscitant bien des réflexions. Lire la suite »

Sida : une journée mondiale pour une lutte quotidienne

Pour la 23ème année consécutive, la journée du 1 décembre fut dédiée à la lutte contre le sida. Conceptualisée en 1988 lors du Sommet des ministres de la santé sur les programmes de prévention du sida, la journée mondiale de la lutte contre le sida est l’occasion d’une sensibilisation du public à la triste réalité de cette épidémie : plus de 25 millions de morts et près de 60 millions de personnes affectées depuis l’apparition de la maladie. La lutte vise, malheureusement, un adversaire de taille. Depuis sa première manifestation en 1980, le virus s’est propagé de par le monde à une allure surprenante. En 1990, 7,3 millions de personnes vivaient avec le VIH ; fin 2009, ils étaient 33,4 millions.  Parmi eux, 2,1 millions d’enfants de moins de 15 ans.1

L’épidémie sévit particulièrement sur certaines régions. En décembre 2009, on comptait en Afrique subsaharienne plus de 22,4 millions de personnes vivant avec le VIH ; 3,8 millions en Asie du Sud et du Sud-Est, 2 millions en Amérique Latine… De tels chiffres mettent en évidence une réelle disparité régionale ; cependant le sida n’en reste pas un moins une épidémie sans frontière. Ralentir l’épidémie, lutter contre sa propagation, inverser la tendance est un devoir collectif, une exigence mondiale. En signant la Déclaration du Millénaire, 191 Etats s’engagent sur cette voie. Lire la suite »

Proxima estação: Baixa Chiado.

 

Avant le 7 novembre 12H43 tu t’étais toujours demandé pourquoi « Saudade » est le premier mot que l’on t’a appris en portugais avant « Bom dia » et « Obrigado ». Et puis le 14 novembre 07H57, tu rentres de ta semaine d’Ecole d’Automne à Lisbonne et là : Saudade.

Moment important de la scolarité du 1er cycle du collège de Sciences Po à Poitiers, l’Ecole d’automne est  l’occasion pour les étudiants du campus de vivre une expérience d’enseignement (et pas que d’enseignement !)  hors des murs.  Cette année, les murs d’accueil se trouvaient à 1168 km, 20 heures de bus.  Universidad Nova de Lisboa. Auberge Pousada da Juventude. Estação Baixa Chiado, Q.G de la promo.  L.I.S.B.O.N.N.E Lire la suite »

La vie privée, tu « aimes » ?

Combien de temps encore avant qu’on se colle un radar facebook sur le derrière ? Combien de temps avant que le bouton « publier sur facebook » ne fasse son apparition sur les sites d’achat-vente en ligne ? Après tout, puisqu’on peut informer nos 555 amis (oui, il est beaucoup plus facile de se faire des amis au XXIème siècle) de l’achat de nos billets de trains, de l’endroit où nous nous trouvons, de la personne située à côté de nous, pourquoi pas aussi publier sur facebook le prix et la photo des pyjamas que nous venons d’acheter en ligne ? Lire la suite »