Articles écrits par Sophie Ranger
Ce matin-là, je n’étais pas sortie de chez moi comme à l’accoutumée. Ce n’était ni pour aller m’enfermer dans un atelier ultramoderne pour tracer des perspectives de bâtiments désuets, ni pour aller dans les antres de la Di Tella écouter un énième cours sur la culture moderne. « Moderne » au sens argentin, c’est-à-dire, « européenne ». Lire la suite »
Silence. Quelle rare sensation que celle de me réveiller à Buenos Aires ce matin-là. Sans bruit. A 15 heures. Sans aucun bruit de la rue… L’antinomie, l’incompatibilité des termes me suggère de me rendormir. Je dois sûrement être en train de rêver, peu consciente de l’ambiance lourde qui pèse dehors. Peut-être devrais-je monter les persiennes ? …
Le silence de mort qui règne m’extirpe enfin des bras de Morphée ; et m’aspire par la fenêtre. Et alors que ma rétine capte la chaleur solaire, aucun son n’atteint mon oreille. Lire la suite »
Ô toi, valeureux voyageur en quête de lokoums et de kebabs, attends-toi à être surpris en posant le pied en Turquie. Car découvrir cette contrée est une entreprise qui se révèlera plus complexe que tu n’aurais pu te le figurer. Bien plus que par l’hétérogénéité de sa culture, ce sont les contradictions qui font de ce pays un joyau. Si l’on devait qualifier la terre native d’Homère, l’adjectif « bipolaire » serait le plus adapté. Vois-tu, visiteur, berceau de nombreuses civilisations antiques alors que revendicatrice de son titre européen, moderne tout en prêchant les merveilles de son passé, la Turquie est difficilement cernable. Car même si Mustafa Kemal Atatürk, le père de l’Etat turc, entreprit de fondre les échantillons de cultures hétéroclites en une nation turque, c’est la différence qui règne.
A Istanbul, des galeries d’art contemporain et projets architecturaux avant-gardistes côtoient les mosaïques de la mosquée bleue, des femmes voilées jusqu’au dernier cheveu discutent avec la jeunesse turque en jupe – dont la longueur prête à la critique -, des joueurs de Backgammon déplacent pions dans la fumée de leur Marlboro… La capitale européenne de la culture 2010 ne manquera pas d’attiser ta curiosité de flâneur… Car flâner deviendra ta passion. C’est en déambulant dans les rues inclinées de Beyoğlu, où le vieux métro se fraie un passage entre badauds aux babines luisantes de glace turque, que tu t’imprègneras de leur culture.
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© Bac Films
Indignation. Abattement. Révolte. Crépitement de sentiments… Fin. Ecran noir. Cœur meurtri et pommettes rouges.
Sortie de la salle. Silence creux. Torpeur indigne. Indignation flottante. Pas un mot ne sort de la bouche des spectateurs effarés de la violence du film de Sherry Hormann : Fleur du désert. Violence ? Oui.
Il était une fois …. Tel un conte, l’histoire finit bien. Cependant, sans crapaud ni soulier doré. Et avec en prime, un tableau peint de cruauté humaine.
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Ne désespérons pas quant à une sortie du dilemme apparu lors des infructueuses négociations de nos dirigeants au Sommet de Copenhague. Les terriens peuvent désormais dormir sur leurs deux oreilles. En cas de crise provoquée par le réchauffement climatique, l’issue d’urgence existe ! Son oubli abusif réside sûrement dans la date éloignée de son inauguration, le 26 février 2008. Et de son éloignement géographique : l’île norvégienne du Spitzberg.
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La maquette du Abu Dhabi Performing Arts Centre. Photo : pineapplebun (CC).
Le Sheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan en avait rêvé, l’émirat d’Abou Dhabi sur lequel il règne l’a fait !
En effet, voulant que sa ville égalât Paris, Venise ou New York dans le ranking des grands centres culturels, la capitale des Emirats Arabes Unis est en passe de devenir LA métropole internationale de la culture, concentrée sur 2700 hectares d’île. Située à 500 mètres au large d’Abou Dhabi, l’île de Saadiyat, « île du bonheur » en arabe, devrait voir affluer des touristes venant du monde entier à partir de 2013. La parcelle insulaire, en plus des infrastructures sportives et pavillonnaires, s’inscrit dans la logique de délocalisation des firmes internationales. Ainsi, l’île accueillera le musée Guggenheim Abou Dhabi dessiné par Frank Gehry, le Louvre Abou Dhabi dont Jean Nouvel se charge de la construction, le Musée National du nom du père de la Nation, Sheik Zayed, dédié à l’histoire des Emirats, le Musée Maritime par Tadao Ando, et le Performing Arts Centre, véritable kaléidoscope de salles de concert, d’opéra, de théâtre.
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Louis XIV, l’homme et le roi
20 octobre 2009 au 7 février 2010 au Château de Versailles
L’exposition « Louis XIV, l’homme et le Roi » qui se tient du 20 octobre 2009 au 7 février 2010 au Château de Versailles, présente une collection impressionnante de trois cents trésors du souverain, provenant des quatre coins du monde. Première exposition consacrée à celui qui agrandit le pavillon de chasse de Louis XIII en l’actuel château, ce ne fut pas une tâche aisée que de réunir en plus de l’incontournable « Portrait de Louis XIV » par Hyacinthe Rigaud, les armoires en marqueterie d’argent et d’écaille d’André Charles Boulle, la nef italienne en lapis-lazuli enchâssée dans une monture d’orfèvrerie, le bureau à gradin de Pierre Gole ou encore le « Parnasse Français » de Louis Garnier, Simon Curé et Augustin Pajou, représentant le Roi sous les traits d’Apollon. L’organisatrice de la scénographie de l’exposition, Giada Ricci, déclare avoir voulu « une mise en scène sobre et contemporaine, en sortant les œuvres de leurs places habituelles où elles se trouvent souvent noyées dans les décors ».
Le règne de Louis le Grand s’est caractérisé par l’épanouissement des arts comme le démontre son goût assez prononcé pour les miniatures, les gemmes, les sculptures, les manuscrits enluminés, les camées, les médailles et les joyaux. Cette collection est l’héritage des relations personnelles que le Roi-Soleil a établi avec les artistes : Le Brun et Mignard pour la peinture, Le Vau et Hardouin-Mansart pour l’architecture, Le Nôtre pour l’art des jardins, Lully pour la musique et Molière pour le théâtre.
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Derrière la mathématique des chiffres, un art ; 3,5 millions d’euros de budget, 3 ans de préparation, 350 000 visiteurs attendus, 150 œuvres exposées, 1500 m² d’exposition et 60 à 80 agents de sécurité ne pourront saccager les mérites de l’esthétique du style renoirien.
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