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	<title>Journal Mural &#187; Thomas Soulié-Glémet</title>
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		<title>L&#8217;accès aux grandes écoles: la question de la diversité sociale</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 20:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Soulié-Glémet]]></category>

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		<description><![CDATA[Sujette à controverses et polémiques, l'éducation fait régulièrement la Une des journaux. Récemment, c'est la question des grandes écoles, véritable spécificité française, qui revient sur le devant de la scène. Alors que le système éducatif supérieur français semble souffrir d'un dualisme entre université et grande écoles, nombreuses sont les critiques vis-à-vis d'un tel système qui signalent non seulement son inadéquation avec les nouvelles caractéristiques du marché globalisé mais également la ségrégation sociale qui sévit au sein d'une organisation pareille. Dans l'attente éventuelle de changements structurels majeurs, il semble nécessaire de remédier au manque de diversité sociale parmi les populations étudiantes des grandes écoles. La promotion 2009-2011 de l'École Nationale de l'Administration (ENA) compte 60% d'enfants de cadres (16% de la population active) et seulement 3% d'enfants d'ouvriers (23% de la population active).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span class="first">S</span>ujette à controverses et polémiques, l&#8217;éducation fait régulièrement la Une des journaux. Récemment, c&#8217;est la question des grandes écoles, véritable spécificité française, qui revient sur le devant de la scène. Alors que le système éducatif supérieur français semble souffrir d&#8217;un dualisme entre université et grande écoles, nombreuses sont les critiques vis-à-vis d&#8217;un tel système qui signalent non seulement son inadéquation avec les nouvelles caractéristiques du marché globalisé mais également la ségrégation sociale qui sévit au sein d&#8217;une organisation pareille. Dans l&#8217;attente éventuelle de changements structurels majeurs, il semble nécessaire de remédier au manque de diversité sociale parmi les populations étudiantes des grandes écoles. La promotion 2009-2011 de l&#8217;École Nationale de l&#8217;Administration (ENA) compte 60% d&#8217;enfants de cadres (16% de la population active) et seulement 3% d&#8217;enfants d&#8217;ouvriers (23% de la population active).</p>
<p><span id="more-2412"></span></p>
<p>La sociologue Marie Duru-Bellat, professeur à Sciences Po, souligne le caractère cumulatif des inégalités. Dès l&#8217;école maternelle, des clivages apparaissent. 80% des enfants d&#8217;ouvriers non- qualifiés ont un niveau inférieur aux enfants de cadre notamment dans le domaine de la logique verbale. Le problème: ces inégalités s&#8217;accroissent très rapidement avec le temps de sorte qu&#8217;à la fin du collège, les jeux sont déjà faits. Les spécialistes de la question insistent sur le moment clé que constitue le passage à l&#8217;école primaire dans la formation. Trop d&#8217;enfants sortent du système scolaire sans maîtriser parfaitement les acquis de base: lire, écrire et compter.<br />
Aisé de constater que les inégalités constituent un état de fait. Cependant, ces véritables fractures vont bien au-delà. Elles s&#8217;inscrivent aussi dans les mentalités. Un exemple: le choix des familles à la sortie du collège. On constate que pour un élève qui a juste la moyenne, les choix sont largement différents, les familles des PCS élevées préfèrent une orientation vers le lycée alors que les familles plus modestes se dirigeront davantage vers les voies professionnelles. La lumière fut aussi portée sur la nature des épreuves aux concours d&#8217;entrées dans les grandes écoles. En effet, certains les accusent de recruter les candidats sur certains critères qui favoriseraient les familles aisées. C&#8217;est le cas par exemple des épreuves de langue qui avantagent indéniablement les étudiants qui ont eu l&#8217;opportunité au cours de leur scolarité de réaliser des voyages à l&#8217;étranger. La ministre de l&#8217;Enseignement supérieur Valérie Pécresse est montée au créneau pour faire entendre aux grandes écoles qu&#8217;il serait pertinent de recruter davantage les étudiants sur des aspects plus personnels comme le parcours scolaire.</p>
<p>Pourtant, le récent débat sur les quotas a ouvert de nombreuses pistes de réflexion pour modifier la donne à court et à moyen terme.</p>
<p>Et tout d&#8217;abord quid des quotas? Il a suffi que le directeur de Sciences Po Richard Descoings prononce ce terme pour agiter tous les esprits. Celui-ci se réjouit d&#8217;ailleurs d&#8217;avoir trouvé un moyen efficace pour initier le débat. Très vite, la Conférence des Grandes Écoles (CGE) se refuse à un tel système en soulignant que des quotas sont susceptibles de faire baisser le niveau. Malgré cette opposition d&#8217;apparence sévère, les deux partis font le même constat, à savoir: un manque de mixité sociale. Le débat évolue et porte de plus en plus sur les moyens pour rétablir l&#8217;égalité des chances. La solution qui crée le plus grand consensus est surement celle qui consiste à diversifier les filières de recrutement comme l&#8217;a fait l&#8217;ENA avec l&#8217;ouverture d&#8217;un 3ème concours ou encore Sciences Po avec la procédure CEP réservée aux lycéens de ZEP. D&#8217;autres idées semblent pertinentes parmi lesquelles une de Jacques Attali qui préconise de multiplier les portes entre les filières technologiques et les grandes écoles comme Polytechnique. Quant aux partisans du quota, ils perçoivent cet instrument comme un outil temporaire pour rétablir l&#8217;égalité.</p>
<p>Dans l&#8217;attente d&#8217;une refonte totale du système de l&#8217;enseignement supérieur français, il semble urgent d&#8217;agir sur les conditions d&#8217;accès aux grande écoles pour répondre à l&#8217;idéal d&#8217;égalité, creuset des valeurs républicaines.</p>
<p style="text-align: right;">Thomas Soulié-Glémet, pour le projet collectif CEP Branly<br />
Sources: Observatoire des inégalités</p>
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