Mural

Articles écrits par Vanessa Carronnier Scott

On t’avait dit…

Photo : Enzo Jiang (CC).

Bien que Météo France ait prévu des chutes de neige inhabituelles sur le Sud-Ouest, le trafic des trains a été fortement perturbé ce lundi 8 mars par un imprévu. La neige et ses complications ont effectivement empêché toute circulation au-delà et en provenance de Narbonne.

Essayons d’être précis. Selon le personnel de la SNCF, deux trains auraient été bloqués entre cette ville et celle de Carcassonne, l’un en détresse, l’autre en panne et il était difficile de les sortir de là car la neige avait gelé des caténaires. Et un arrêté de la préfecture interdirait toute circulation dans la région du Languedoc-Roussillion. Tu as tellement entendu de versions confuses que tu es fatigué(e) de voir ces bonshommes à casquette grise, tu te fiches de savoir lequel a la bonne et tu as juste envie d’arriver à destination.

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Stolen Little Renee

Photo : Jess Johnson (Creative Commons).

Renee was ready. She had hated this farm ever since she had arrived and had longed for this moment. As a London kid, she could not get used to this archaic way of living. Though Mrs Jones was a nice lady, she still was out of Renee’s orbit. She had gathered her belongings in a backpack which she grabbed firmly. The moment had come.

She slipped out of the sleepy house and closed the front door. She paused for a second to stare at the keyhole. She knew her own key was lying inside with the explanatory letter she had written. There would be no coming back.

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An easy way to learn about Dead Famous people

« Yes, even though he’s dead, Spartacus is still full of surprises »

Photo : Vanessa Carronnier Scott

This rather unexpected phrase is a typical example of what you can find on the back of a book part of the Dead Famous collection, published by the Scholastic editions. This company commits to develop reading in children and to support their parents as well as their teachers. For this purpose, they essentially provide books which can be used as learning products.

One of their star products would be the Horrible Histories and the Dead Famous series which aim at getting children interested in history by focusing on the trivial, the gory or the unpleasant. Historical facts concerning a precise period or character are thus presented in the most unusual way. For instance, you are able to “read the inside story in Spartacus’ diary, catch up on the latest battle results in The Daily Gladius, and find out how to keep the mighty Roman Empire at bay with just a few trusty  followers and a cunning plan”.

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Je Vois

Je vois une jeune fille aux yeux verts et poilus, coiffée de tresses enfantines.
Je note qu’elle a les mains abîmées et les boucles d’oreilles dépareillées.
Je remarque qu’elle porte une fine chaîne en argent avec un pendentif en forme de cœur.
Je souligne que le bleu turquoise et le vert sapin dominent sa tenue.
Je me demande si elle a des vêtements d’autres couleurs dans son placard.
Je suis certaine qu’elle mange souvent des bonbons et des yaourts à la fraise en cachette dans son lit.
Je doute qu’elle sache faire la cuisine.
Je parie qu’elle aime rire et qu’elle fait elle-même beaucoup rire les autres.
Je ne peux pas croire que ce soit elle l’aînée de sa fratrie.
Je n’aimerais pas qu’elle me fasse à manger.
Je préférerais qu’elle fasse la vaisselle parce que je sais qu’elle n’a pas peur des éponges.
Je regrette qu’elle n’ait pas frappé plus tôt à la porte de ma vie.
Je Vois ma colocataire, mon amie, ma sœur de cœur.

Je vois d’abord une tignasse blonde.
Je note que les vêtements sont en accord avec la tignasse blonde : un pull simple, un pantalon trop large, des chaussures de skate imposantes, sales et déchirées.
Je remarque une succession de boucles d’oreille non assorties : une petite étoile verte, une perle noire, une salamandre argentée et une énorme spirale en bois pour surplomber le tout.
Je souligne une grande bouche, plutôt au sens figuré.
Je me demande si ces vêtements bizarres sont ceux qu’elle a acheté chez Jules.
Je suis certaine que cette grande bouche a beaucoup de chose à dire et qu’on va l’entendre tout au long de l’année.
Je doute que l’on arrive à la faire taire.
Je parie que le seul moyen de le faire, serait de l’effrayer avec un tas d’éponges, objet dont elle a une phobie.
Je ne peux pas croire que ses pensées soient toutes rationnelles.
Je n’aimerais pas que ce soit quelqu’un qui manque d’humour.
Je préfèrerais qu’elle aime les yaourts à la fraise parce que j’y suis allergique et on finit toujours par les jeter.
Je regrette que l’on ne se soit pas rencontré avant.
Je Vois quelqu’un dont l’apparence et la position décalées – genoux remontés sous son menton – reflètent la personnalité.

Laura et Vanessa

L’Olivier

Plongé dans l’histoire, les yeux écarquillés, Olivier écoutait son grand-père. Le vieil homme racontait son passé de résistant, un après-midi d’été, dans un quartier modeste. L’adolescent connaissait aujourd’hui, la plupart des aventures de son aïeul, pour ainsi dire, par cœur. Les histoires qui se déroulaient pendant la Seconde Guerre Mondiale le passionnaient. Il écoutait probablement celle-ci pour la énième fois. Il adorait également étudier cette sombre période, comme le prouvaient ses lourds classeurs remplis de documents. Cependant, le jeune garçon se gardait bien de parler de ce centre d’intérêt à ses amis. Ils ne pourraient pas comprendre et le ridiculiseraient.

Olivier, donc, buvait les paroles de son grand-père :  » Ce jour-là, avec mon camarade Bernard Lebrun, dont je t’ai déjà parlé, nous avions décidé de participer au détournement d’un train allemand. Il se dirigeait vers notre capitale française, remplis de soldats ennemis. La tâche de notre groupe de résistants était de le faire dérailler. Nous devions descendre sur les voies afin d’abaisser un levier qui changerait la direction des rails, mais pas entièrement. Il fallait qu’il reste bloqué entre les deux voies. Bien sûr, cela était plus difficile qu’il n’y parait. Nous devions éviter les patrouilles de soldats qui pouvaient nous surprendre. La torture nous attendait si l’on se faisait prendre. »

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Le mal de l’éducation

Depuis quelques semaines, comme cela semble être la tradition ces dernières années, les blocus ont repris sporadiquement, dans divers lycées en France, cette fois-ci contre la réforme les concernant. L’apparition de mouvements de protestation à intervalles réguliers, témoigne d’un malaise persistant au sein des établissements scolaires. Cependant, les élèves ne sont pas les seuls à se sentir étouffés par leur environnement. Dans cet article, je souhaite évoquer la situation actuelle des enseignants de l’Éducation nationale, profession qui suscite de moins en moins d’enthousiasme, au fur et à mesure que passent les années.  Je voudrais y ajouter une touche de musicalité, en l’appuyant sur une chanson d’un groupe musical français, les Fatals Picards. Les paroles de « La sécurité de l’emploi » sont frappantes, tintées d’humour mais également imprégnées de réalisme.

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Elle, si belle

Ça y est, j’ai enfin fini mon travail ! Je vais pouvoir y aller, se dit-il, un sourire rêveur aux lèvres… Il  quitta son bureau, recula sa chaise dans un grincement de protestation. D’un geste agile, il empoigna ses clés. Après avoir enfilé son blouson dans le vestibule, il sortit et pensa à refermer soigneusement derrière lui. Il contourna la maison afin de récupérer son vélo, paresseusement appuyé contre le mur, près de la terrasse.

L’adolescent enfourcha la selle habilement, appuya de tout son poids sur les pédales pour sortir du petit jardin terreux. Il rejoignit la route principale quelques instants plus tard.

C’était une bonne idée d’acheter cette bicyclette. Ainsi, je suis plus libre, je peux la rejoindre facilement… Mais je sais qu’elle ne sera jamais loin pour moi… Le flot de pensées tourbillonnait à la vitesse du vent dans la tête du jeune garçon tandis qu’il roulait vers elle. Ne dit-on pas que l’amour donne des ailes ? Il savourait à l’avance l’instant de joie qu’il allait vivre.

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Une touche de judaïsme à Poitiers

Jacques Mergui, président de l’Association Cultuelle et Culturelle Israélite. Photos : Vanessa Carronnier Scott (J. Mergui) et Premasagar (Jersusalem; CC).

Nous connaissons tous Poitiers pour ses monuments historiques tels que l’Église Notre-Dame la Grande ou le Baptistère Saint-Jean. Nous pouvons considérer l’origine religieuse catholique comme le principal point commun entre les édifices situés de part et d’autre de la ville. Pourtant, Poitiers est également imprégnée d’autres cultures, certes plus discrètes. J’ai donc choisi d’interviewer ce vendredi 23 octobre 2009 Jacques Mergui, le président de l’Association Cultuelle et Culturelle Israélite.

Vanessa Carronnier Scott : Je vais commencer par deux questions simplistes : y a-t-il une communauté juive à Poitiers et quelle importance a-t-elle ?

Jacques Mergui : Oui, une communauté existe. Il y a une petite communauté à Poitiers, répartie entre la Vienne et les Deux-Sèvres. Elle comprend une centaine de personnes donc ce n’est qu’un très faible pourcentage par rapport à la population totale. Dans cette population, certains pratiquent et d’autres moins. Les rites sont pratiqués surtout lors des fêtes ou des occasions comme les enterrements, les circoncisions, etc.

V.CS : Depuis quand la communauté est-elle présente ?

J.M : La communauté a commencé à s’installer dans Poitiers au XIIème siècle, puis elle a disparue car elle a été chassée sous Philippe Auguste et elle est revenue à la Révolution. Il y a eu, au long de cette période, des hauts et des bas dans le nombre de personnes. Il y a eu des problèmes bien sûr en 1940. Les Juifs ont été attrapés, parqués dans le camp de Limoges puis amenés à Drancy et ensuite à Auschwitz. C’était ce que voulait Hitler. Il ne voulait plus de Juifs.

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