Je me souviens d’une photo où deux têtes bouclées sur des carrés de couleurs se regardent et se découvrent. Une photo où les mains touchent la peau laiteuse et l’autre au niveau de la joue, au creux du sourire. Deux pairs d’yeux bleus, deux nez ronds et deux bouches roses, allongées côte à côte.
Je me souviens d’un lit moelleux, d’un hamac au soleil ou d’un matelas dans le jardin. Ils écoutent comme moi la voix de maman qui lit les Mille et Une Nuits, pour moi, rien que pour moi.
Je me souviens du miroir ovale qui se souvient d’une cicatrice sur le front, des cheveux lissés et des mots tracés au rouge à lèvres, mots d’adieu, d’au revoir, d’à bientôt.
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Salut Marie, aux grands yeux de femmes
Non, je sais, tu ne répondras pas.
Tu murmures que c’est à moi
D’aller me faire foutre aujourd’hui.
Je t’en prie, tais-toi.
Marie,
Moi aussi j’ai le ventre creux et percé
Mes enfants meurent avant le baiser
Et même Jésus,
Fruit de ton viol, n’ose plus.
Marie, tu me ressembles de chair et de peau
Alors pourquoi ne pas tout pardonner ?
Pourquoi ne pas s’embrasser,
Comme deux filles de joie?
Salut Marie, ma sœur, mon autre,
Tu sais bien toi que l’on s’en fout.
Que l’on soit belle ou pas
Vierge ou pas
Tu sais mon amour, tu sais bien toi
Qu’il faut tout éclater
Qu’il faut tout avaler
Au sens. Au sentiment.
Et baiser Dieu.
On le réinventera.
Celui de deux passantes nues
Sans peur de rien,
Pour faire l’amour enfin.
Salut Marie,
Fais l’amour
Puisque tu murmures qu’il n’existe pas.
Je t’en prie, ne dis pas ça.
Ne baisse pas les bras, pas toi.
Je te salue Marie.
Ma Marie, ma sœur, mon membre.
HERA CAMETIS
Je n’ai pas de visage. Je n’ai pas d’identité. Je n’ai pas de souvenir. Rien.
Pourtant. Pourtant. Pourtant mes pas suivent un chemin tout tracé. Ou plutôt mes pas se laissent importer, se laisse attirer vers l’objet de mon désir.
Pourtant. Pourtant. Pourtant je ne sais pas ce que je veux. Ce que mes pas cherchent. Ce qui attire mes pieds fatigués d’avoir tant marché. Tant marché pour n’être rien;
Pourtant. Pourtant. Pourtant, au passage j’emporte tout. En pensant que peut être ainsi dans le tout je trouverais ce que je veux, ce qui attire mes pas. Je prends tout à mon passage. Au risque de me perdre. Et parce que je me nourris de tout dans l’espoir de le trouver, je n’obtiens rien. Rien de rien.
Pourtant. Pourtant. Pourtant qui aurait pu dire qu’en ayant tout on n’a plus rien. J’aime tout ce que j’ai. Mais j’en suis profondément insatisfait car je n’ai pas ce que j’aime.
Pourtant. Pourtant. Pourtant peut-on dire que l’on aime ce que l’on ne connaît pas? Que l’on désire ce que l’on n’a jamais vu, sentis, touché,entendu, ou expérimenté sensorielle ment?
Et pourtant. Pourtant. Pourtant mon âme torturée, lassée, n’abandonne pas ses recherches.
Et pourtant. Pourtant. Pourtant mon cœur continue à soupirer, à se languir de ce qu’il anticipe déjà sans le savoir. Et de se languir il se meurt. Il se meurt la mort à l’âme comme un jour je mourrais de tristesse de n’avoir jamais trouvé ce que désespérément je cherchais.
Pourtant. Pourtant. Pourtant certains, beaucoup même, m’ont conseillé de ne plus chercher. Car à fouiller dans tous les coins ce que je ne connais pas… Je ne regardais plus disaient-ils, je ne voyaient plus disaient-elles ce qu’autrement j’aurais aimé. Oui, j’aurais aimé! Croyez le ou pas, j’aurais aimé. Mais mon cœur est un grand romantique: aimer ce qu’il trouve ne lui suffit pas il veut trouver ce qu’il aime. Pauvre cœur torturé. Pauvre naïf qui croit aimer sans connaître l’objet de ses passions. Et à croire qu’il aime par avance un brouillard dans l’horizon, il reconnaît en chaque étranger, en chaque passant un inconnu qu’il croit aimer. Arrête de chercher m’a-t-on dit. Arrête cette quête insensée.
Et pourtant. Pourtant. Pourtant. S’ils savaient pourtant que ce n’est pas d’une quête désespérée que je souffre. Non, le mal-être n’est pas de là. Si mon cœur souffre c’est à cause d’un amour frustré. Frustré de ne pas avoir connu l’objet de ses pensées.
Écrit par Rafiki
21 mars 2010 |
Nunca me consideré una asesina despiadada. No me gustan los gritos, la humillación o hacer miedo. Sé que es difícil de creer, y no es a mí de juzgar, pero tuve mis razones para matar a esa mujer.
Me motivó ese zafiro, debía tenerlo, y para ello necesitaba sacar a esa mujer de mi camino. Fue su culpa, ella se lo buscó. Sin ese zafiro, nada de esto habría pasado. La piedra era tan hermosa que el vívido azul de su superficie me hacía alucinar. Sólo el hecho de haberla sostenido en mis manos durante esos primeros minutos, y haberla contemplado con detenimiento, hicieron que todo valiera la pena.
Apenas sospeché del zafiro empecé a planear todo con mucha precisión. Fijé el día, el lugar y el método de una manera muy sutil para que nadie, ni siquiera ella, se diera cuenta del brutal asesinato. Una pistola habría hecho demasiado ruido, así que escogí un arma blanca. Si la hubiera asesinado en su casa, las sospechas de sus vecinos me habrían revelado, entonces escogí una escena alejada para cometer el crimen. Por último, la invité imprevistamente, ya que las expectativas de una llamada muy antelada habrían alertado a sus amigos.
La llevé a mi cabaña. Justo antes de la cena me le acerqué sigilosamente por detrás, y con un cuchillo de cocina, la degollé en un movimiento seco. No hizo ni un gemido; creo que murió inmediatamente. Espero que todo haya sido lo suficientemente rápido como para que su último pensamiento no hubiera sido la traición, pero supongo que eso nunca lo sabré.
Aveces estoy al borde del arrepentimiento, pero trato de recordar que de todas maneras esa gema no era suya. Tampoco era mía, lo admito, pero la ladrona era ella. No estoy arrepentida, ¿pero ahora qué? No sé qué hacer con este zafiro. Podría venderlo sin problemas, escapar, y olvidarme de todo. Pero nada de eso me interesa.
¿Estaré decepcionada? Quizás. Quedé insatisfecha, como si necesitara asesinarla de nuevo y robarme la piedra que ya tengo; no para tener más gemas, sino para tener más razones para matarla. Pienso que estaría más contenta si el zafiro no existiera. Quizás sí soy una asesina despiadada. Quizás el zafiro sólo fue un pretexto.
Photo : Jess Johnson (Creative Commons).
Renee was ready. She had hated this farm ever since she had arrived and had longed for this moment. As a London kid, she could not get used to this archaic way of living. Though Mrs Jones was a nice lady, she still was out of Renee’s orbit. She had gathered her belongings in a backpack which she grabbed firmly. The moment had come.
She slipped out of the sleepy house and closed the front door. She paused for a second to stare at the keyhole. She knew her own key was lying inside with the explanatory letter she had written. There would be no coming back.
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Mademoiselle,
(Car je ne crois pas, c’est mon avis, qu’on ait jamais trouvé mariage à votre goût
En effet, qui peut se vanter de vous avoir déjà apprivoisée ?)
Je ne sais comment trouver les mots ;
Pour vous livrer mon sentiment. . . . . . . .
Mais depuis le temps vous le savez. – Plait-il ! Cessez votre sourire narquois -
Le mieux est d’être franche!
Sur ce, très chère, je vous délie.
Tu voulais de l’opinion ! Je vais te montrer mes tripes !
- Ah ! Tu me nargues encore avec ta tronche d’ironie déguelasse -
Directe ! Dans le dictionnaire des égouts et des bordels !
Ça t’apprendra petite faucul : salope : catin :
qui se fout en permanence de la gueule de mon gosier à sec,,
« de ma plume » de mon stylo pâteux_maladroit
Incapable, nul, pourri…
Toi ? Une Demoiselle ?
Sale palabre ! Vieille passerelle ! -
Sans cesse à cause de toi faut qu’je bégaye(…)(…)(…)(…)
Triste folle ! Pt’ être bien qu’tu m’dé-boussoles…
Mais… s’tu savais comme je m’en gondole !
Tu as malgré tout réussi à être l’ustensile
Le plus débile, soit, le plus futile
Aussi prestigieux et vital pour l’animal.
—à quoi sert donc le mot …. Rhizome ? Mouluration ? Horripilateur ? ^ ^
Tout à fait jubilatoire ! -
« Bonjour je voudrais trois Rhizomes. En liquidités ? Alors ça fera deux numéraires»
Heureusement que la langue est parfois plus réaliste terre à terre corporelle
Péteuse arrogante chambre à air fardeau social emmerdeuse fonctionnaire château de Versailles !
Mais voilà qu’il faut s’attabler…
Parce que dehors on te crie, parce que dehors on te hurle.
Alors on parle, tu parles…discours, ardeur, rêve, espoir !
Quel tact? “” Tic Tac Boom””
Seules tes onomatopées ont encore de l’impact !
Des mots, des mots ! du vent ! du courant d’air !
Tes mots ?! J’y croyais mais je les vomis maintenant……
Crois-moi, des particules !
Trop pitoyables, bouffonnes, burlesques : trop ridicules.
A quoi bon ? Puisque tu embrasses aussi bien que tu _ _ _ _ _ _ _
C’est fini,
Plus jamais je n’articule.
Signée,
Une fille qui a malgré tout plus de langue que de visage…
Écrit par Anonyme
15 février 2010 |
Ta, je suis ta.
Je suis à toi ta tienne.
Comme une unité qui appartient au nombre supérieur, qui appartient au deux, aux deux. Attention… Un miroir brisé te montre la réalité… je ne suis pas, je ne suis plus. L’image brisée est éclatée, elle reflète mes « moi » éparpillés, mon unité désintégrée, désagrégée. Je ne suis une qu’en étant tienne quand tous mes « moi » vont vers toi, convergent vers tous tes « toi » qui me reçoivent dans leurs bras. Et étant une je suis tienne car cohérente, je t’appartiens. Mes « moi » serrés dans tes bras se font petits, tout petits. Et ils se serrent contre ta peau, de peur de s’égarer, de s’éparpiller. Sans toi, mes « moi » éparpillés, mon unité égarée… Je suis moi ta tienne quand je suis à toi, contre toi.
Petite, je suis petite.
Je suis peu, petite.
Par ce que tu es grand… grand comme un tout. Le tout unique de ta petite moi. Alors pour me blottir contre toi, mon moi rétrécit pour trouver les meilleurs endroits où se cacher et se nicher en toi. Je suis petite car avec toi je ne suis plus toute moi. Je deviens une partie de mon anatomie… Je suis ma main que tu tiens dans ta main ou qui courent sur toi. Je suis mon doigt dans tes cheveux ou dans ta bouche. Je suis ma langue contre la tienne. Je suis mon sein que tu caresse. Je suis cette partie de moi qui te sens, te touche, t’entend.
Blonde, je suis blonde.
Je suis blonde plutôt rouillée.
Je suis une blonde ex-brune. Le sel de nos larmes mélangées et le soleil de nos jours heureux ont blondit mes cheveux. Je garde chaque rayon de ta lumière dans mes boucles éblouies et désordonnées. Chaque caresse est précieusement conservée, dans mes cheveux oxydés, dans le registre des jours blonds de ta petite moi.
Sexy, « Tu es sexy ».
Ça, c’est toi qui le dit,
Quand je joue à être ta petite blonde sexy.
Je vois une jeune fille aux yeux verts et poilus, coiffée de tresses enfantines.
Je note qu’elle a les mains abîmées et les boucles d’oreilles dépareillées.
Je remarque qu’elle porte une fine chaîne en argent avec un pendentif en forme de cœur.
Je souligne que le bleu turquoise et le vert sapin dominent sa tenue.
Je me demande si elle a des vêtements d’autres couleurs dans son placard.
Je suis certaine qu’elle mange souvent des bonbons et des yaourts à la fraise en cachette dans son lit.
Je doute qu’elle sache faire la cuisine.
Je parie qu’elle aime rire et qu’elle fait elle-même beaucoup rire les autres.
Je ne peux pas croire que ce soit elle l’aînée de sa fratrie.
Je n’aimerais pas qu’elle me fasse à manger.
Je préférerais qu’elle fasse la vaisselle parce que je sais qu’elle n’a pas peur des éponges.
Je regrette qu’elle n’ait pas frappé plus tôt à la porte de ma vie.
Je Vois ma colocataire, mon amie, ma sœur de cœur.
Je vois d’abord une tignasse blonde.
Je note que les vêtements sont en accord avec la tignasse blonde : un pull simple, un pantalon trop large, des chaussures de skate imposantes, sales et déchirées.
Je remarque une succession de boucles d’oreille non assorties : une petite étoile verte, une perle noire, une salamandre argentée et une énorme spirale en bois pour surplomber le tout.
Je souligne une grande bouche, plutôt au sens figuré.
Je me demande si ces vêtements bizarres sont ceux qu’elle a acheté chez Jules.
Je suis certaine que cette grande bouche a beaucoup de chose à dire et qu’on va l’entendre tout au long de l’année.
Je doute que l’on arrive à la faire taire.
Je parie que le seul moyen de le faire, serait de l’effrayer avec un tas d’éponges, objet dont elle a une phobie.
Je ne peux pas croire que ses pensées soient toutes rationnelles.
Je n’aimerais pas que ce soit quelqu’un qui manque d’humour.
Je préfèrerais qu’elle aime les yaourts à la fraise parce que j’y suis allergique et on finit toujours par les jeter.
Je regrette que l’on ne se soit pas rencontré avant.
Je Vois quelqu’un dont l’apparence et la position décalées – genoux remontés sous son menton – reflètent la personnalité.
Laura et Vanessa
J’aurai pu commencer par « Il était une fois… », raconter l’histoire de la Princesse-aux-milles-et-unes-qualités et de son magnifique-mais-ô-malheureusement-inexistant prince charmant. J’aurai pu, convoquer les joyeux lutins, les belles petites fées, Peter pan et pourquoi pas Mickey ? J’aurai pu, c’est vrai, nous vendre du rêve.
Et bien, non.
Aujourd’hui, j’ai décidé de raconter la vie. La vie des autres. Lire la suite »
Écrit par Anonyme
11 décembre 2009 |
Sur les marches des escaliers, les étudiants se sont étalés. Comme un tapis multicolore déroulé qui descend les escaliers, préparant l’arrivée d’un important invité.
Quand on se penche du haut de l’escalier du deuxième étage de Sciences Po, on peut voir tout le monde monter.
Certains montent les marches quatre à quatre.
Du haut, on a presque l’impression qu’ils les avalent d’une grande enjambée.
Certaines du rythme de leurs talons, marquent leur ascension.
Du bas, le tac tac prétentieux martyrise les tympans sensibles et le bois de l’escalier.
Certains,
par
le
poids
de
leur
sac
entraînés,
défient
ardûment
l’imposante
loi
de
la
gravité.
De
tous
côtés,
ils
ont
plutôt
l’air
de
tomber.
D’autres guillerets ou pressés…
…Montent les escaliers.
Seuls ou accompagnés…
…Montent les escaliers.
Endormis, yeux cernés ou au beurre noir…
…Montent les escaliers.
De côté, vers le haut ou [vers]le bas…
…Montent les escaliers.
Mais depuis dix minutes déjà, plus personne…
…Ne monte les escaliers.
Du haut des escaliers, on commence à s’ennuyer. Les quinze premières minutes passées, on n’a plus rien à se raconter. Toutes les vacances y sont passées, mais on a beau implorer les escaliers, la professeur attendue n’est toujours pas arrivée.
Certaines convictions sont inébranlables. Un professeur, même dans son absence apparente, est présumé présent par l’élève, jusqu’à preuve formelle, inébranlable et incontestable du contraire. On remarquera qu’ironiquement, la réciproque est fausse. A savoir que le professeur n’aura aucun mal à admettre que l’élève est absent, même dans le cas où celui-ci, présent, n’a pas tout simplement pas entendu son nom à l’appel à travers le brouhaha confus des débuts de cours. En clair, un élève qui aura mis une demi heure, voire plus, à considérer l’éventuelle possibilité d’une hypothétique absence du professeur sera lui-même par celui-ci constaté, admis, inscris, déclaré et enregistré comme absent un moins d’une demi-seconde de temps.
Cette remarque n’est pas innocente. Elle permet au narrateur de justifier la persistance des élèves, au bout de la demi-heure précitée, persistance donc d’espérer la venue improbable de celle qui deviendra l’éternelle absente.
« Peut-être… peut-être est-ce un exercice… Genre au bout d’une heure elle arrive et elle nous demandera de raconter l’attente… »
Temps de réflexion. Silence brisé qui meurt déshonoré par une onomatopée [a-t-on idée de tuer pour une onomatopée ?].
« Heeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuu…. ouais… »
Vite fait quoi. On en attend toujours trop des [les ?] professeurs. Mais bon, mieux vaut attendre et espérer qu’attendre et désespérer.
CONCLUSIONS
« Le professeur ne sera pas en mesure de dispenser les cours » … L’administration promet de nous tenir informés. Insouciants, innocents qui vous en remettez aux mains des faiseurs de papiers compliqués, sachez dorénavant vous en méfiez.
Anonyme