Mural

Billet d’humeur numéro 1

* Billet d’humeur numéro 1 (par Florian Bercault) 

Vendredi 20h01 : un avion s’écrase sur la tour Eiffel. « A bas la culture moderne ! ». « Sauvons l’art français, le vrai, le beau » s’écrit le collectif « pour un art réfléchi et pensé ».  A l’heure de l’art post-moderne, comment devons-nous juger cette fabrication « artistique » glossématique ? Le XXIème s’annonce comme le siècle du « tout » artistique : du dessin de maternelle au pipi conservé dans une bouteille, considérés comme des chefs d’œuvre. « Choquer pour résister » semble être le leitmotiv des  artistes en vogue. Est-ce dû à la décadence artistique ou à l’ «annonciation» d’une nouvelle ère? Comment expliquer à la fois la cohue au grand palais pour l’exposition Monet et la multiplication des «modern museums» ? Besoin d’ailleurs ou irrationalité de l’homme pourraient être les clés de compréhension de notre monde artistique. Tous, nous recherchons le luxe, le calme et la volupté baudelairienne.

Epitafio de un afecto pasajero

Prefacio innecesario:

« Je me sers de ce que je vis pour écrire, ce qui ne veut pas dire que je vive ce que j’écris. » – Un honnête homme.

Porque a veces…

no hace falta entregarse por completo

ni darse a conocer sin reticencias

ni decir toda la verdad

ni abrir los ojos para confesar con las pupilas

ni ofrecer la boca

ni ser poeta que redacta sobre cuerpos

ni ser escritorio que sirve a los poetas

ni ser deseo cancelado

ni ser paréntesis  en la historia de otro

ni ser afirmación ahogada en el camino

ni ser pasos sin destino

ni correr con objetivo

ni gustar del blanco o los lunares

ni hablar con espontaneidad

ni tocar sin pensarlo

ni explotar en mil realidades simultaneas y disonantes al admitir una necesidad.

A veces solo hace falta bailarla un poquito.

Poussière d’étoile

Une nuit comme tant d’autres. Une nuit sombre et épaisse, recouvrant la ville d’un rideau d’encre et d’un manteau où les timides étoiles se nichent, dans la crainte de se montrer. Une nuit où le vent furieux surplombe impérialement les anciennes maisons, luttant avec bravoure et courage contre la noirceur d’un triste ciel d’hiver. Lire la suite »

Poema

Perdido num sonho
sem rumos, rimas ou formas
dança o soneto despedaçado
e lança versos em movimento
Sem rumo no sono Lire la suite »

Twelfth Squared

 

I am what I am, human, flesh, blood and spirit. Among others just the same, I walk my day to day life form bed to class and back again never forgetting that as a student I am expected to forget all good manners once in a while and free body and soul from the oppression of books and empty pages. Lire la suite »

Je me souviens

Je me souviens d’une photo où deux têtes bouclées sur des carrés de couleurs se regardent et se découvrent. Une photo où les mains touchent la peau laiteuse et l’autre au niveau de la joue, au creux du sourire. Deux pairs d’yeux bleus, deux nez ronds et deux bouches roses, allongées côte à côte.

Je me souviens d’un lit moelleux, d’un hamac au soleil ou d’un matelas dans le jardin. Ils écoutent comme moi la voix de maman qui lit les Mille et Une Nuits, pour moi, rien que pour moi.

Je me souviens du miroir ovale qui se souvient d’une cicatrice sur le front, des cheveux lissés et des mots tracés au rouge à lèvres, mots d’adieu, d’au revoir, d’à bientôt.

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Salut Marie

Salut Marie, aux grands yeux de femmes
Non, je sais, tu ne répondras pas.
Tu murmures que c’est à moi
D’aller me faire foutre aujourd’hui.
Je t’en prie, tais-toi.

Marie,
Moi aussi j’ai le ventre creux et percé
Mes enfants meurent avant le baiser
Et même Jésus,
Fruit de ton viol, n’ose plus.

Marie, tu me ressembles de chair et de peau
Alors pourquoi ne pas tout pardonner ?
Pourquoi ne pas s’embrasser,
Comme deux filles de joie?

Salut Marie, ma sœur, mon autre,
Tu sais bien toi que l’on s’en fout.
Que l’on soit belle ou pas
Vierge ou pas
Tu sais mon amour, tu sais bien toi
Qu’il faut tout éclater
Qu’il faut tout avaler
Au sens. Au sentiment.
Et baiser Dieu.
On le réinventera.
Celui de deux passantes nues
Sans peur de rien,
Pour faire l’amour enfin.

Salut Marie,
Fais l’amour
Puisque tu murmures qu’il n’existe pas.
Je t’en prie, ne dis pas ça.
Ne baisse pas les bras, pas toi.

Je te salue Marie.
Ma Marie, ma sœur, mon membre.

HERA CAMETIS

Faceless man

Je n’ai pas de visage. Je n’ai pas d’identité. Je n’ai pas de souvenir. Rien.

Pourtant. Pourtant. Pourtant mes pas suivent un chemin tout tracé. Ou plutôt mes pas se laissent importer, se laisse attirer vers l’objet de mon désir.

Pourtant. Pourtant. Pourtant je ne sais pas ce que je veux. Ce que mes pas cherchent. Ce qui attire mes pieds fatigués d’avoir tant marché. Tant marché pour n’être rien;

Pourtant. Pourtant. Pourtant, au passage j’emporte tout. En pensant que peut être ainsi dans le tout je trouverais ce que je veux, ce qui attire mes pas. Je prends tout à mon passage. Au risque de me perdre. Et parce que je me nourris de tout dans l’espoir de le trouver, je n’obtiens rien. Rien de rien.

Pourtant. Pourtant. Pourtant qui aurait pu dire qu’en ayant tout on n’a plus rien. J’aime tout ce que j’ai. Mais j’en suis profondément insatisfait car je n’ai pas ce que j’aime.

Pourtant. Pourtant. Pourtant peut-on dire que l’on aime ce que l’on ne connaît pas? Que l’on désire ce que l’on n’a jamais vu, sentis, touché,entendu, ou expérimenté sensorielle ment?

Et pourtant. Pourtant. Pourtant mon âme torturée, lassée, n’abandonne pas ses recherches.

Et pourtant. Pourtant. Pourtant mon cœur continue à soupirer, à se languir de ce qu’il anticipe déjà sans le savoir. Et de se languir il se meurt. Il se meurt la mort à l’âme comme un jour je mourrais de tristesse de n’avoir jamais trouvé ce que désespérément je cherchais.

Pourtant. Pourtant. Pourtant certains, beaucoup même, m’ont conseillé de ne plus chercher. Car à fouiller dans tous les coins ce que je ne connais pas… Je ne regardais plus disaient-ils, je ne voyaient plus disaient-elles ce qu’autrement j’aurais aimé. Oui, j’aurais aimé! Croyez le ou pas, j’aurais aimé. Mais mon cœur est un grand romantique: aimer ce qu’il trouve ne lui suffit pas il veut trouver ce qu’il aime. Pauvre cœur torturé. Pauvre naïf qui croit  aimer sans connaître l’objet de ses passions. Et à croire qu’il aime par avance un brouillard dans l’horizon, il reconnaît en chaque étranger, en chaque passant un inconnu qu’il croit aimer. Arrête de chercher m’a-t-on dit. Arrête cette quête insensée.

Et pourtant. Pourtant. Pourtant. S’ils savaient pourtant que ce n’est pas d’une quête désespérée que je souffre. Non, le mal-être n’est pas de là. Si mon cœur souffre c’est à cause d’un amour frustré. Frustré de ne pas avoir connu l’objet de ses pensées.

El zafiro

Nunca me consideré una asesina despiadada. No me gustan los gritos, la humillación o hacer miedo. Sé que es difícil de creer, y no es a mí de juzgar, pero tuve mis razones para matar a esa mujer.

Me motivó ese zafiro, debía tenerlo, y para ello necesitaba sacar a esa mujer de mi camino. Fue su culpa, ella se lo buscó. Sin ese zafiro, nada de esto habría pasado. La piedra era tan hermosa que el vívido azul de su superficie me hacía alucinar. Sólo el hecho de haberla sostenido en mis manos durante esos primeros minutos, y haberla contemplado con detenimiento, hicieron que todo valiera la pena.

Apenas sospeché del zafiro empecé a planear todo con mucha precisión. Fijé el día, el lugar y el método de una manera muy sutil para que nadie, ni siquiera ella, se diera cuenta del brutal asesinato. Una pistola habría hecho demasiado ruido, así que escogí un arma blanca. Si la hubiera asesinado en su casa, las sospechas de sus vecinos me habrían revelado, entonces escogí una escena alejada para cometer el crimen. Por último, la invité imprevistamente, ya que las expectativas de una llamada muy antelada habrían alertado a sus amigos.

La llevé a mi cabaña. Justo antes de la cena me le acerqué sigilosamente por detrás, y con un cuchillo de cocina, la degollé en un movimiento seco. No hizo ni un gemido; creo que murió inmediatamente. Espero que todo haya sido lo suficientemente rápido como para que su último pensamiento no hubiera sido la traición, pero supongo que eso nunca lo sabré.

Aveces estoy al borde del arrepentimiento, pero trato de recordar que de todas maneras esa gema no era suya. Tampoco era mía, lo admito, pero la ladrona era ella. No estoy arrepentida, ¿pero ahora qué? No sé qué hacer con este zafiro. Podría venderlo sin problemas, escapar, y olvidarme de todo. Pero nada de eso me interesa.

¿Estaré decepcionada? Quizás. Quedé insatisfecha, como si necesitara asesinarla de nuevo y robarme la piedra que ya tengo; no para tener más gemas, sino para tener más razones para matarla. Pienso que estaría más contenta si el zafiro no existiera. Quizás sí soy una asesina despiadada. Quizás el zafiro sólo fue un pretexto.

Stolen Little Renee

Photo : Jess Johnson (Creative Commons).

Renee was ready. She had hated this farm ever since she had arrived and had longed for this moment. As a London kid, she could not get used to this archaic way of living. Though Mrs Jones was a nice lady, she still was out of Renee’s orbit. She had gathered her belongings in a backpack which she grabbed firmly. The moment had come.

She slipped out of the sleepy house and closed the front door. She paused for a second to stare at the keyhole. She knew her own key was lying inside with the explanatory letter she had written. There would be no coming back.

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