[L’image en Une ne m’appartient pas, et résume la pensée bien putassière de cet article. Aux esprits prudes, vous êtes avertis, et le langage peu châtié, voire carrément déplacé, pourrait déstabiliser les plus fragiles d’entre vous. Ah oui, je ne compte pas faire de politique.]
C’est une image qui parle à tout le monde. Un monsieur qui s’époumone pour essayer de faire respecter le silence, une brochette bien remontée de baltringues qui mettent l’ambiance en gueulant à qui mieux mieux quand un petit camarade a la parole, tandis que d’autres touristes prennent leurs grands airs et font de grands gestes pour être sûrs qu’on voit que non, ils ne sont pas contents , que tout ce que les monsieurs et les madames ils disent, c’est du grand n’importe quoi, et qu’ils connaissent rien à leur sujet, d’abord. Et puis y’a ceux qui ont l’air de s’ennuyer ferme en regardant leur montre toutes les trente secondes, ou qui discutent avec le voisin de comment bêcher son jardin avec une cuillère en bois parce que ça fait bio et que c’est hyper méga hype en ce moment, et puis c’est toujours plus intéressant que ce qui se dit. Le chômage et les suppressions de postes dans l’enseignement, c’est trop pas choupi quoi. Lire la suite »
Maintenant que Ben Ali et Kadhafi ne sont plus là pour veiller à la surveillance des frontières à l’extérieur de l’Union, l’Europe craint le déferlement d’une « probable » vague de migrants clandestins qui pourrait submerger les côtes italiennes et françaises.
Si tous les gouvernements de l’UE ont soutenus pendant des décennies les régimes dictatoriaux confortablement installés dans tout le monde arabe, ils se félicitent aujourd’hui des changements intervenus dans la région et multiplient les déclarations de soutien à « la démocratie et au combat pour les libertés ». Mais quand il s’agit de faire face aux conséquences directes de révolution, l’UE se défile, évitant de s’impliquer dans des politiques de coopération et de développement sérieuses (et coûteuses !). L’attitude de la France face aux problèmes posés par l’arrivée de quelques milliers de réfugiés sur l’île de Lampedusa est sur ce plan emblématique : sa proposition d’appliquer les « clauses de sauvegardes » des accords de Schengen, annoncée le 27 avril dernier, n’est pas que l’aveu de l’échec de sa politique de coopération avec les pays du Maghreb, mais surtout la preuve d’une absence totale de volonté de solidarité. Lire la suite »
Au-delà de ses positions critiquables envers les athées, au-delà des aspects de sa pensée très empreints de défense du protestantisme, et en reprenant strictement le noyau de sa théorie sur la tolérance religieuse, on en arrive vite à la conclusion que ses idées semblent avoir été oubliées de la classe politique française actuelle.
Hypothèse de base de Locke : la stricte séparation entre l’État et les Églises. Chacun a son organisation propre, ses objectifs propres, ses moyens propres. L’État a pour but de permettre la vie en société en protégeant ses citoyens ; il est donc limité à la défense des intérêts temporels et le magistrat est le seul qui a le pouvoir d’utiliser la force. Une Église a pour but d’assurer le bonheur de ses membres dans l’autre vie, elle est donc limitée à la défense des intérêts spirituels ; l’usage de la force lui est strictement prohibé.
Toujours partant des hypothèses de Locke, le voile est une « chose indifférente » à Dieu (à supposer l’existence d’un dieu, évidemment) : c’est la foi qui importe et non les choses extérieures. Le port d’un voile n’influe donc pas sur le salut du croyant – voile qui, soit-dit au passage, n’a pas un statut très clair dans les textes islamiques. On pourrait donc supposer que le magistrat peut légiférer sur les choses indifférentes, étant donné qu’elles ne mettent pas en jeu le supposé bonheur futur du croyant. Et on suppose pourtant faux : une loi doit se caractériser par son utilité par rapport au bien public. Qu’est-ce que le port d’un voile, aussi couvrant soit-il, a à voir avec le bien commun ? Vous allez me répondre que cela nuit à l’ordre public, étant donné que la dignité humaine a été intégrée à cette notion par jurisprudence.
Dignité humaine. Une notion bien vague, ma foi. Des esprits mal tournés pourraient penser que son invocation cache d’autres opinions moins humanistes. Une certaine hostilité à une religion différente, peut-être ? Bien, soyons coopératifs, et supposons que le port d’un voile intégral porte atteinte à cette fameuse « dignité humaine » que l’on a bien du mal à définir. Que faire si les femmes qui le portent sont persuadées d’avoir choisi de le porter ? Qu’on interdise de forcer quelqu’un à le porter, soit. Parce qu’un État a le devoir de protéger les libertés individuelles. Parce qu’une Église a l’interdiction de forcer quelqu’un à adhérer à son culte. Mais lorsque le port du voile intégral est revendiqué comme un choix –endoctrinement ou pas, peu importe –, que faire ? Une amende est-elle le meilleur moyen d’y remédier ? Ne risque-t-elle pas au contraire de cristalliser les tensions sous-jacentes ?
On revient ici à deux autres idées principales de la Lettre et de l’Essai sur la tolérance. Tout d’abord, la force n’est que l’ultime moyen à employer, et qu’il n’est pas forcément le plus efficace. Certes, une croyance, de par son nom, n’est pas une vérité absolue en soi. Mais il se trouve qu’on ne peut pas se forcer à croire quelque chose. Essayez de convaincre quelqu’un qui porte un voile volontairement que cela porte atteinte à sa dignité : il, ou plutôt elle, va vous rire au nez. Même si la fin justifiait les moyens, les moyens employés ne seraient de toute façon pas adaptés. Une loi sera inutile pour promouvoir la dignité humaine ou l’émancipation féminine au niveau individuel ; en revanche, la persuasion, la discussion, des questions bien posées, peuvent avoir des effets bien plus grands et surtout moins stigmatisants.
Ce qui nous conduit à une autre idée de Locke : il vaut mieux avoir des « ennemis » déclarés, auxquelles on est opposés que par la religion. Le terme d’ennemi ne convient pas ici, à moins d’être partisan d’un certain Front, mais vous avez compris l’idée : l’opposition systématique est non seulement inutile mais surtout contre-productive. Aussi dangereux que puissent être des groupuscules islamiques extrémistes pour l’État et pour la dignité de quelques 2000 femmes intégralement voilées, ils sont tout à fait différents de la grande masse des musulmans, qui pourraient bizarrement se sentir visés ; des musulmans qui n’ont, dans l’ensemble, aucun problème avec l’État et ne posent aucun problème en tant que musulmans.
Le vrai problème, c’est ceux qui voient un problème dans le port d’un voile à la Poste. Je parlais ici de l’interdiction du voile intégral, mais on peut facilement l’étendre au voile tout court ; oh, pardon, l’étendre « à tout signe religieux », pour ceux qui souhaitent rester dupes. L’État est laïc, effectivement, donc ses fonctionnaires aussi. Mais depuis quand un usager du service public, école, hôpital ou administration, devrait-il l’être ? A moins que ce port puisse porter atteinte à l’ordre public (exigence sanitaire, etc.), et n’en déplaise à Claude Guéant, cette interdiction relève plus d’une intolérance de la part de l’État que de la défense de la laïcité. Il ne s’agit pas ici d’être favorable ou non au voile, de l’approuver ou d’y être hostile, ce qui relève de l’opinion personnelle. Il ne s’agit pas de relativisme culturel abusif non plus, car l’État peut essayer de changer ces opinions en choisissant de véhiculer des idées féministes, égalitaires – mais pas les imposer. Non, il s’agit simplement de voir la situation d’un point de vue rationnel et pragmatique. Il s’agit d’examiner le rôle qu’un État doit avoir par rapport aux Églises, et le nôtre semble avoir dangereusement oublié certains de ses principes.
30 mars 2011, le 20H de France 2 : Les internats d’excellences
Depuis 2008 le ministѐre de l’éducation français a mis en place les « internats d’excellence » afin d’offrir un environnement favorable aux collégiens, lycéens et étudiants motivés (et repérés par le corps enseignant) provenant de milieux difficiles. Ces internats s’inscrivent dans les politiques de promotion d’une mixité sociale et de l’égalité des chances initiées par le gouvernement. Les élѐves du programme se voient logés et encadrés la semaine durant dans des locaux entourés de verdure pour rentrer chez leurs familles le weekend venu. Ainsi voit-on émerger des paradis scolaires où deux professeurs font cours à une classe de onze élѐves.
Auparavant le 20H abordait le thѐme de l’absentéisme des professeurs. On peut ainsi constater qu’une même élѐve peut cumuler plus de quinze semaines de cours non assurés sur deux matiѐres. Les parents d’élѐves excédés face aux absences répétées de ceux à qui ils confient leurs progénitures en sont arrivés à occuper un établissement en signe de protestation.
Comment justifier le fait que onze élus puissent jouir de deux professeurs à pleins temps lorsqu’à vingt kilomѐtres de là une classe de trente-cinq élѐves n’en a pas un ? Certes les deux exemples ne se réfѐrent pas à la même problématique d’origine. Mais n’y a-t-il tout de même pas contradiction?
Nous pourrions aisément dresser, sans que ce soit ici le sujet principal, un parallèle avec l’opposition prépa/licence. L’élѐve de classe préparatoire coûte une fois et demi plus cher à l’Etat que son homologue de l’université. Certes voici dix ans ce même élѐve coûtait deux fois plus cher que l’étudiant de licence, mais cette inégalité est-elle équitable ? De plus l’on constate que ces étudiants à qui l’Etat accorde plus de dépenses réussissent globalement mieux que leurs camarades du systѐme universitaire.
A l’époque de la remise en cause du systѐme des prépas justement due en partie à ce systѐme inégal, les internats d’excellence n’instaurent-ils pas une nouvelle opposition entre élѐves de la ‘voie classique’ et élѐves de la voie ‘d’excellence’ ?
L’expérience étant à ses débuts peu de conclusions peuvent être dressées en comparant les résultats des deux voies. Il serait pourtant facile de prédire une meilleure performance des élѐves issus de la ‘voie d’excellence’, fruit de cette inégalité de moyens, tel que l’on observe au niveau du supérieur.
C’est certes une tentative qui cherche à s’attaquer à certains mots de l’éducation publique. Mais nous pourrions aussi soulever le caractère hypocrite que peut arborer ces internats d’excellence. Mettre en place des catalyseurs à réussite pour élѐves de milieux défavorables permet de détourner l’attention de l’inefficacité des établissements dont ils proviennent. Porter onze élѐves à la réussite scolaire coûte moins cher que de rénover un systѐme qui ne fonctionne pas. Où les professeurs n’ont de comptes à rendre à personne, sauf périodiquement aux inspecteurs. Où les classes sont trop importantes pour permettre un réel accompagnement des élѐves. Où des professeurs aux heures libres remplacent trop peu souvent leurs collѐgues absents. Où ces profs sont trop peu motivés par une dévalorisation de leur travail. Où le redoublement est inefficace. Ceux sont parmi d’autres des problѐmes de structure !
Les programmes sont là, tout neufs (ou recyclés) issus des réformes, mais le corps malade s’enlise dans la maladie. A quand une consultation ?
J’ai mis mon cœur dans le vieux bolduc qui trainait au fond du tiroir à bordel, et tiré un trait sur mes souvenirs avec un stylo qui a perdu son capuchon. J’avais du trop le mâchouiller. Il aura fini entre le four à micro-ondes sur lequel s’entassent factures de loyer et recommandations en tous genres, et la machine à laver où s’empile une vaisselle de trois jours. De toute façon, on finira tous dans le bocal à poisson, comme aurait dit l’autre. En attendant, on essaie de combler les trous de notre vie avec tout ce qui est en vogue. Histoire de colmater, souvent de façon sommaire, le rien du tout quotidien dans lequel on s’enfonce et se complait.
Pas besoin de sortir les violons. Je ne me la jouerai pas poète maudit ou autre philosophe aigri et son verbiage stérile. Le pouvoir, l’argent et le sexe régissent notre petit monde. Sans cela, il ne nous reste rien (sauf le titre de l’article : le contreseing comme limite du pouvoir, et la pornographie comme machine à faire de l’argent, et bien entendu, du sexe). Petite recommandation pour ceux qui poursuivraient leur lecture au-delà de ces quelques lignes : armez vous d’une bonne dose de second degré, et échauffez vos zygomatiques (mieux vaut rire de ce qui va suivre que d’en pleurer). Lire la suite »
"Photo: Franck Perry/AFP"
A l’heure où Marine le Pen monte en puissance, avec un Front National présent au second tour dans 402 cantons, d’aucuns diraient que le pire est à venir. En effet, nos contrées hexagonales regorgent de miliciens frontistes. Disposés à endosser la tunique de justicier, que portent habituellement des forces de l’ordre jugées «inefficaces», leurs actions sont bercées par des aspirations d’autorité. Sans aucun doute leur discours, teinté de xénophobie, traduit des désirs de répression. Et dans une France sans frontières, qui dit répression dit avant tout endiguement de l’immigration massive et illégale. Les cibles privilégiées, les Roms. Tout droit venues de Roumanie, Bulgarie voir Bosnie, ces populations dérangent nombre de fervents fanatiques des propos lepénistes ou gollnischiens. Lire la suite »
Je ne me serais très certainement jamais prêtée au jeu des corsos et autres chars décorés d’agrumes si je n’avais pas reçu une petite visite familiale durant la traditionnelle fête du citron de Menton, qui a pris place et a provoqué un véritable raz-de-marée de touristes venus des quatre coins de la France ( et du monde ? D’Italie tout du moins ! ) En effet, selon les statistiques de la ville aux jardins, les rues mentonnaises se gorgeraient de 230 000 touristes chaque année grâce à cet événement qui a donné depuis de nombreuses années sa notoriété à Menton, et ce à travers la France. Non, non ne souriez pas ! Après une petite visite à Lyon pendant les vacances, le peu de personnes que j’ai rencontrées pensaient tout de suite à cette manifestation annuelle quand j’évoquais mon lieu de résidence, plutôt étonnant pour une étudiante.
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On a tendance à oublier combien la vie est simple. Moi-même je l’ai oublié ces derniers mois, si angoissé que j’étais par mes résultats, parce que mes professeurs pensaient de mon travail ou par la qualité de mes copies. Peut-être ces trois points sont-ils les mêmes, après tout ? Ce qui est sûr cependant, c’est qu’à Sciences-Po, la demande en productions intellectuelles est grande. Et nous autres, pauvres petits ouvriers spécialisés de l’usine à intelligence, travaillons en flux tendu afin de satisfaire les besoins du corps professoral. Professeurs qui semblent, d’ailleurs, avoir un appétit en exposé à ce point insatiable, que M. Wasmer lui-même s’étonnerait du taux de croissance exponentiel de leurs utilités marginales. Alors, pour contenter la clientèle, il nous faut user de patience et d’acharnement. Tenir bon et s’intégrer, devenir un bon ouvrier. Lire la suite »
Les voy a presentar una cosa que realmente me estremece de dolor y angustia. Les voy a hablar de una matanza, de un massacre, de una carnicería, de una guerra vergonzosa que nadie se atreve a denunciar. Son millones, inocentes, no han perpetrado ningún delito, no pueden defenderse y son suprimidos, rechazados, perseguidos, acosados, hostigados porque nadie los soporta. Varias técnicas fueron inventadas para tratar de destruirlos : son arrancados, quemados, estropeados, golpeados, extraidos o decapitados. Esta exterminación no es nueva. En 1150 antes de nuestra era, en la época de Ramses III ya existía. Para algunos historiadores esta costumbre es aún más antigua y data del año 3000 antes de Jesu Cristo en Egipto. En aquella época, se practicaba sobre todo en las axilas. Sí, lo han entendido, les voy a hablar de la técnica salvaje de la depilación. La depilación es probablemente la cosa que odio más en mi vida cotidiana. Lire la suite »
« Le mot réalisme ne veut rien dire. Dans une certaine mesure, tout est réaliste. Il n’y a pas de frontière entre l’imaginaire et le réel », déclarât le cinéaste italien Frederico Fellini.
On se souvient tous – ou peut-être mieux maintenant vu les derniers événements et la mémoire rafraîchie – de la déclaration de Sarkozy durant les « élections » présidentielles algériennes de 2008 : « Je préfère Bouteflika que les talibans à Alger ». Jusqu’alors encensée, la politique diplomatique du chef de l’Etat français était jugée bien volontiers pragmatique. « Réaliste » est l’autre mot bien à la mode qu’ont l’habitude d’employer nos chers hommes politiques devant les durs choix qu’ils ont à trancher. Lire la suite »