Le voyage du projet co Partage est la première expérience de camping pour la moitié du groupe. Nous découvrons ainsi le monde sous un point de vue plus pragmatique et avons reclassé nos priorités. Alors qu’à Poitiers ces dernières vont d’étudier à aller sur Facebook, voici celles de la vie à l’état primitif:
1. De l’eau potable, voire de l’eau tout court. S’hydrater régulièrement n’est pas si évident lorsqu’on boit des bidons remplis dans les stations d’essence. Imaginez-vous aussi la frustration de passer des heures sur ou DANS le Tage pollué et de galérer ensuite pour se doucher. Pire encore: faire la vaisselle. Heureusement qu’il y a des fontaines d’eau ça et là, ainsi que des tuyaux d’arrosage délaissés…
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Pas encore montés sur le canoë, mais en territoire espagnol: nous avons déjà rencontré des “autochtones” comme certaines personnes diraient. Cette terre n’est pas nouvelle, bien sûr que non, mais n’empêche, c’est la première fois pour nous tous (pour certains plus que pour d’autres) qu’on vient en Espagne faire un reportage: la première fois que notre but est d’analyser la population à la quête d’un comportement quelconque qui nous donne un indice de ressemblance, ou de différence, avec ses voisins.
Le chemin jusqu’à Madrid a été long et fatiguant: mais nous ne pourrions avoir eu une meilleure mise en bouche de ce que ce voyage va (espérons-le bien) être.
Nous sommes partis de Poitiers à 00h56, en train jusqu’à Pau. Aviez- vous déjà entendu la rumeur selon laquelle dormir dans un train est presque impossible? Ce n’est pas une rumeur. N’essayez de trouver aucun deuxième sens à ses paroles: malgré toutes les positions essayées, impossible de dormir plus de dix minutes sans sentir un torticolis galopant. Or, cela n’a pas empêché des rires à 3h du matin.
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Le Tage avec 1007 kilomètres est le plus long fleuve de la péninsule Ibérique. Son cour d’eau traverse à la fois différents pays que sont l’Espagne et le Portugal et des régions distinctes a une échelle plus réduite qu’est celle du pays.
Par la variété des zones géographiques et territoriales que le Tage est amené à traverser le fleuve prend de facto une dimension politique s’inscrivant dans le cadre de la géopolitique de l’eau. La géopolitique de l’eau sous-entend les possibles rivalités et conflits liés à sa gestion que ce soit pour la régulation de son débit ou l’exploitation des multiples ressources hydrauliques. Si de telles rivalités ont tendance à prendre leur source dans une dimension internationale affectant les relations entre deux états il ne faut négliger les relations interétatiques. De fait chaque région tente de tirer de son bassin hydraulique de commune manière au détriment de la zone territoriale voisine située en aval.
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Le Tage s’écoule sur 1007 km en traversant la péninsule ibérique. Cela en fait un facteur non négligeable de l’organisation des régions qu’il traverse. Si ces premiers 816 km s’étendent sur le territoire espagnol, il se révèle cependant être un facteur important de l’économie pour les deux pays.
En effet, les régions bordant le Tage reposent encore majoritairement sur le secteur primaire, on y trouve donc essentiellement de l’agriculture et des élevages.
Au Portugal, au Nord du Tage, on cultive du maïs. Au sud du fleuve, du froment, et enfin du seigle près de la frontière espagnole. La vallée du Tage, notamment dans la région de Lisbonne, est cependant en train de s’industrialiser en développant les infrastructures de transport et de communication.
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« Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. Ou encore : D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou encore : Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir. Ou encore : Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font. Ou encore : Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d’amour… »
Tous, nous connaissons ces mots que Molière faisait dire à Monsieur Jourdain. Tous, nous avons ri au collège en lisant la prose pataude du Bourgeois gentilhomme. Mais qui d’entre nous aurait imaginé se plier un jour au même exercice ? Personne ! Et pourtant, nous, membres du projet collectif ParTage, nous sommes retrouvés, ridicules mais pourtant admirables d’application, dans la position de Monsieur Jourdain composant sont impromptu.
Je m’explique. Au début du mois de novembre, notre projet collectif, déjà bien entamé, commençait à prendre une tournure plus affirmée. Il nous a donc fallu entamer deux tâches, apparemment anodines et pourtant tellement complexes : la rédaction de lettres de motivation pour les médias et pour les sponsors. En effet, notre projet s’inscrit dans une démarche de promotion de la péninsule ibérique à travers, entre autres, un écho médiatique. Pour cela, il nous fallait donc contacter les médias. D’autre part, l’aboutissement de notre promotion repose sur l’épopée en canoë, reliant Madrid à Lisbonne sur le Tage. Il nous fallait donc un appui financier.
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« La loterie était le seul événement public auquel les prolétaires portaient une sérieuse attention. Il y avait probablement quelques millions de prolétaires pour lesquels c’était la principale sinon la seule raison de vivre. » In George Orwell, 1984
En 1948, George Orwell théorisait déjà la loterie dans son célébrissime roman 1984. La loterie cristallisait périodiquement les espoirs les plus fous du prolétariat. Elle symbolisait l’ascension sociale, le bonheur, et palliait à toute revendication politique ou sociale. George Orwell, écrivain talentueux et – vous le découvrez peut-être – brillant politicien, en faisait un instrument de manipulation des masses.
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“Música é vida” disse Amália Rodrigues. Na mais simples das frases, a diva do fado, a que foi e continua a ser a rainha das noites de Lisboa, a que guarda o charme dos fins de tarde sobre o Tejo, fala-nos de uma experiência que se pode viver de duas maneiras. Se por um lado, a música mexe e remexe o interior de cada um da forma mais íntima e pessoal, mudando a nossa maneira de ver o mundo, levando-nos a enfrentar a realidade numa viajem ao imaginário, pode igualmente transformar-se num verdadeiro fenómeno colectivo, vindo definir e consolidar a identidade de um povo. Assim, pela harmonia de uma melodia podemos criar a harmonia de uma sociedade, a identificação entre os seus membros, a consciência de um passado e uma cultura comuns, e, talvez de uma forma idealista, uma solidariedade quase total.
Assim, como todos os povos, o Português criou a sua própria música, produto da sua história, das suas vivências. O Fado nasceu um dia no Tejo, vindo do outro lado do mundo, e tendo a sua origem nos cantos de escravos brasileiros, mais conhecidos como Lundum. Veio do fundo do mar, e se pelas águas do Tejo passou, lá parece ter ficado. Às mágoas e dores que trouxe a maresia, respondeu com choros e gritos de saudade; às glórias e felicidades que as correntes levaram até á costa lusa, cantou hinos de louvor e reflectiu a luz torrada tão-somente Lisboeta com que o céu agraciou a cidade. Ergueu a voz de um povo e fez-se narrador das suas histórias, das suas festas populares e da sua “estranha forma de vida”.
É vendo as mulheres lavar a roupa no rio que ri ainda Amália, é do cimo da Torre de Belém que canta Mariza, é sentado num banco de jardim que adormece Carlos do Carmo, é empoleirado no pontão abandonado que se liberta Camané, é olhando o Cristo Rei nos olhos que se inspira Ana Moura, é de pés dentro de água que chora Dulce Pontes, e é num beco de viela banhando o passado, que vive ainda hoje Marceneiro.
Não há vento que não soe ao lamurio de uma fadista, não há sino de Igreja que não faça lembrar a guitarrada, não há fado que não se oiça à beira Tejo, e não há canto que melhor enlace este rio e sua amada.
Lourenço Jardim de Oliveira, para ParTage
«O Tejo é o mais belo rio que corre pela minha aldeia». No inicio do século XX, Fernando Pessoa sob o pseudónimo de Alberto Caeiro escreveu sobre o impacto do rio Tejo no quotidiano dos lisboetas. Respeitando a simplicidade e ingenuidade, característica de Caeiro, o poeta descreveu o rio luso-espanhol e sublinhou a sua importância para os Descobrimentos.
Com o verso «Pelo Tejo vai-se para o mundo», Pessoa sintetiza o impacto do rio na cultura portuguesa, nomeadamente pelo facto do Tejo ser um ponto de partida e de chegada na época de grande glória lusa. Á sua volta e em sua função foram construídos o Mosteiro dos Jerónimos e a Torre de Belém. Do primeiro, ficaram as lembranças das missas pelos navegadores e marinheiros que partiram à descoberta de um mundo novo e perigoso. Do segundo, as memórias dos que vigilavam a chegada dos valentes e queridos portugueses ou dos ameaçadores inimigos que pelo Tejo tentavam entrar na capital. Ambos construídos sob o próspero reino de D. Manuel, constituem uma prova física da sua importância de há quinhentos anos, que se continua a manifestar hoje pela lembrança e saudade, característica crassa para a cultura lusa.
Do Tejo foi-se para o mundo, e a Europa graças a Portugal descobriu novos caminhos e novas terras. Como consta na epopeia Lusíadas de Luiz Vaz de Camões, Vasco da Gama descobriu o caminho para as Índias saindo da ocidental praia lusitana i.e. do Tejo. Do mesmo modo, quando Pero Vaz de Caminha escreveu ao rei D. Manuel dando-lhe a boa nova da descoberta do Brasil, começou por evocar a partida de Belém. Esta memória das naus, faz com que o Tejo esteja carregado de simbologia de um passado glorioso, e talvez seja ele a causa do sentimento de saudade e de melancolia constante nos portugueses. Alberto Caeiro demonstra no poema que evocámos a carga sentimental do Tejo e noutro poema da Mensagem, Fernando Pessoa, vem de certa maneira confirmar a hipótese que fizemos quando nos questionámos sobre a origem da melancolia lusa. «O mar salgado, quanto do teu sal são lágrimas de Portugal? Por te cruzarmos, quantas mães choraram, quantos filhos em vão rezaram! Quantas noivas ficaram por casar. Para que fosses nosso, o mar».
A conquista do mar e das terras a que ele levou, partiu do Tejo. O rio ficou portanto conotado como o responsável pelas vidas que o mar tirou, e portanto no coração das mães, filhos e noivas a ultima imagem foi a da partida – pelo Tejo. Quando nos questionamos sobre as razões da palavra «saudade» existir apenas em português, a resposta está provavelmente associada aos sentimentos do século XVI, século dos Descobrimentos, século onde o Tejo era o ponto de partida.
Maria Roquette, para ParTage
Autrefois, Fernando Pessoa décrit dans son poème¹ le Tage comme un fleuve majestueux qui ouvre ses portes vers le monde. Aujourd’hui, ce symbole de l’âge d’or a perdu de sa beauté et de sa grandeur pour devenir un fleuve sali par l’homme. Il suffit d’aller à Lisbonne, et plus précisément à la Praça de Comercio pour réaliser qu’il n’est plus le fleuve qui a tant donné d’inspiration aux poètes. La bouteille vide bercée par les vagues décevra surement le lecteur naïf de Fernando Pessoa.
La pollution a en effet envahi le Tage, notamment au niveau de son embouchure. Elle a fondamentalement trois origines. Tout d’abord, l’urbanisation progressive sur les bords du Tage a négligé la préservation de la qualité de l’eau en rejetant dans le fleuve l’eau domestique usagée. Pour vous donner une idée, près de deux millions personnes vivent dans la région, ce qui correspond à un rejet de 300 000 m³ d’eau résiduelle des habitudes quotidiennes d’hygiène et des activités domestiques. A cela s’ajoute l’activité industrielle, facteur tout aussi important. Elle aussi déverse dans le fleuve ses résidus, qui n’ont malheureusement pas toujours été bien traités. Ces effluents contiennent en général des substances non biodégradables et souvent, des éléments toxiques. Vous pouvez facilement imaginer les conséquences pour le Tage et ses habitants sous marins…Enfin, l’agriculture intensive est en partie responsable de la pollution de ce grand fleuve. En effet, elle diffuse dans l’eau, de manière indirecte (par les nappes phréatiques) dans l’eau, les engrais qui ne sont pas absorbé par les plantes. Cela inclut un grand nombre de pesticides dont l’excès est porté dans les sources de l’estuaire par les eaux de pluies et les eaux d’irrigation.
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Le Tage traverse d’Est en Ouest le centre de la péninsule ibérique et possède ainsi une faune et une flore représentatives de la région.
Le fait que le Tage sillonne pendant de nombreux kilomètres des régions inhabitées ou peu habitées a fait de ce fleuve une zone naturelle et écologique riche dont la protection et la préservation sont d’une grande importance. En témoignent notamment les parcs naturels qui ont été créés pour protéger légalement la zone, comme le Parc national de Monfragüe, le Parc national du Haut Tage, ou encore la Réserve naturelle de l’estuaire du Tage, près de Lisbonne.
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