Lorsque les premiers cris de la Révolution du Jasmin se firent entendre à Sidi Bouzid, rares furent ceux qui pouvaient imaginer l’ampleur de ce mouvement. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement la Tunisie qui a connu une révolution et a renversé sont “Président”. Après 18 jours de manifestations, l’Égypte vient lui aussi d’entrer dans une nouvelle ère dont on ne connaît pas encore les conséquences ou la portée.
Le discours de Moubarak du jeudi 10 février 2011 était marqué de “Expectations and frustration”. Malgré la pression venue des Etats-Unis, le “Pharaon” avait déjà dit qu’il ne quitterait jamais le territoire égyptien, et par la suite affirmait qu’il ne quitterait pas le pouvoir. Le monde a eu peur de ce que le futur pouvait réserver pour l’Egypte, après le discours du jeudi soir. On ne s’y attendait plus à ce qu’il résigne. Ou on le tuait ou la révolution éclatait.
Le 20 janvier, 11 Allemands ont été placés en garde à vue après avoir protesté contre l’expulsion brutale d’un immigré Malien. Indignés, des passagers filment la scènejusqu’à ce que le commandant de bord du vol AF 3096 à destination de Bamako leur interdise.
Suite à cet évènement, Mural a organisé un débat filmé le mercredi 2 février à 12h30 en Bolivar autour des questions suivantes:
Peut-on être le spectateur d’une telle violence et rester insensible au risque d’être coupable de délit de solidarité? Les citoyens doivent-ils prendre part aux mesures d’expulsion du gouvernement? Ces actes sont-ils légitimes? Comment auriez vous réagi en tant que témoin de la scène ? Vous seriez vous révolté à l’image des passagers allemands ? Ou seriez-vous restés assis respectant la loi ?L’intervention policière était-elle selon vous justifiée?
Avec la participation de Luc ALDON, Victor CHAUTARD, Thimotée NARRING, Thomas PERRAUD et Maud RITZ. Propos modéres par Maurice NEYRA.
Parlons découvertes. 18 heures, un mercredi pluvieux, l´amphi Bolivar se prépare à recevoir une conférence particulière. Un titre interpellant, « L´origine de la vie : un chapitre vieux de 2.1 milliards d’années». Le géologue et sédimentologiste Abderrazak EL ALBANI de l´Université de Poitiers nous présente sa fameuse découverte. L´histoire commence dans les couloirs de l´Université, avec l´arrivée d´un boursier provenant du Gabon, qui par la suite retournera au Gabon pour faire du travail de terrain dans le cadre du développement de sa thèse. Jusque-là rien de très fascinant, à part le fait que l´Université de Poitiers réussit quand même à intégrer à ses files d´étudiants en recherche un nombre considérable d´étudiants étrangers, avec un service de Relations Internationales dévoué pour leur accorder des bourses s´égalant au niveau des françaises. Lire la suite »
A l’occasion de sa venue à Poitiers le mardi 25 janvier 2010 Richard Descoings a accepté de répondre à quelques questions des paparazzis muralistes. Entre gestion d’une institution pour le moins importante, réunions budgétaires et administratives, petit déjeuner/déjeuner/dîner avec des personnalités, des débats au sujet parfois insolite avec les étudiants (« comment redonner sens aux nouvelles générations ?»), quelques posts facebookiens, le directeur de Sciences-po Paris nous a livré quelques mots sur les campus délocalisés.
Mural : En cette année 2011, le campus de Poitiers souffle fièrement sa dixième bougie. Pouvez-vous nous expliquer quelles furent vos motivations pour créer un campus spécialisé sur l’Amérique Latine et la Péninsule Ibérique ?
R. Descoings : En créant les campus, notre idée étant d’internationaliser le premier cycle du collège universitaire. Il était évident que l’Amérique Latine et la Péninsule Ibérique devaient trouver une place dans cette initiative. Le rôle des acteurs politiques locaux dans ce type d’initiative a été primordial. Ces derniers souhaitaient voir se développer dans la région un même type de campus que celui ouvert à Nancy un an auparavant. Or les très bonnes relations de l’université de Poitiers avec la fameuse université de Salamanque, la tradion d’accueil d’étudiants hispanophone et lusofones, peuvent entre autres justifier la localisation dans la région Poitou-Charentes d’un centre d’étude spécialisé sur la Péninsule ibérique et l’Amérique Latine.
Quelles étaient vos attentes en créant le campus ?
L’idée principale était de créer une génération multiculturelle et polyglotte : permettre à des étudiants français et à des étudiants étrangers d’étudier ensemble est une manière de favoriser la tolérance et l’altérité. Je pense que vous en êtes les acteurs et les témoins quotidiens.
Donc finalement, 10 ans après, le campus de Poitiers ressemble à ce que vous aviez imaginé ?
Au niveau des résultats, oui. Surtout en termes d’altérité, comme vous devez en jugez par vous-même dans un campus où la mixité culturelle est la principale richesse. Il est vrai, cependant, que le campus a évolué dans une voie propre et extérieure à ma volonté initiale. D’un point de vue sociologique, cette évolution est passionnante car elle est le fruit des envies et pratiques du corps social qui a modelé de lui-même les campus tels qu’ils sont aujourd’hui. « La révolution poitevine » suite à la réforme de la troisième année est un bon exemple de l’adaptabilité des campus. Vous avez réussi, par vos contestations, à modifier le projet initial. Voilà dix ans que le corps d’élèves façonne selon sa volonté les campus qui ont donc pris, au cours du temps, leur autonomie… et « le plus joli c’est que chacun des campus a pris sa vie, ses différences, sa caractéristique».
Quels sont vos projets d’avenir concernant les campus délocalisés ?
Nous avons ouvert en 2010 le campus Euro-Américain à Reims et souhaitons mettre en place pour septembre 2011 un programme Europe-Afrique en région parisienne. Pour l’instant nous ne souhaitons pas ouvrir davantage de campus mais plutôt se centrer sur la stabilité et le développement des campus existants. Nous sommes entrain d’augmenter les capacités d’accueil des campus de manière à recruter davantage d’étudiants. Le nouveau campus de Reims présente un important potentiel et nous travaillions actuellement à son renforcement. Ce campus pourrait accueillir 1500 étudiants. Les campus de Menton et du Havre présentent aussi une importante possibilité d’expansion. Au regard des dossiers, de très nombreux étudiants ont leur place dans notre institution mais nous restons limités par les capacités d’accueil.
Vous êtes vous fixé un chiffre précis d’admis dans chaque campus ?
Je ne suis pas forcément en faveur d’objectifs chiffrés et précis d’étudiants dans chaque campus car le choix du campus ne doit pas avoir de conséquence sur la procédure d’entrée à Sciences-Po. Nous ne souhaitions pas différencier les campus délocalisés et le campus de Paris en fonctionnant selon des critères quantitatifs.
Vous ne faites donc pas de différence entre le campus de Paris et les campus de régions ?
Il ne s’agit pas de différencier les étudiants des campus et les étudiants de Paris, par contre, je pense que l’internationalisation des études est très importante. Je vais vous livrer une formule très méchante, et donc pas vraie, mais qui peut vous permettre de comprendre ma vision : « Paris est la clef d’entrée dans le monde d’aujourd’hui, les campus en région, la clef d’entrée dans le monde de demain ». Il faut se rendre à l’évidence, la France et même l’Europe ne sont plus le centre du monde et l’ouverture est désormais primordiale pour l’avenir. Je pense que l’entrée des étudiants dans le monde actif est aujourd’hui plus certaine lorsqu’elle se fait par les grandes régions du monde. Ainsi je souhaite internationaliser l’admission au 1er cycle du collège universitaire de Sciences-po Paris.
Cela signifie que tous les étudiants en premier cycle devront se spécialiser sur une zone géographique spécifique ?
Nous espérons atteindre un objectif élevé (environ 60%) d’étudiants du premier cycle dans des campus délocalisés. Cependant, je ne pense pas que la solution adéquate soit d’imposer à tous nos élèves les études en campus délocalisés. Nous devons laisser le choix aux étudiants d’une spécialisation régionale ou non. Il sera toujours possible de réaliser son premier cycle sur le campus de Paris où nous allons, par contre, mettre en œuvre la procédure internationale d’admission.
[Avec nos remerciements à Monsieur Richard Descoings et Monsieur Olivier Dabène d'avoir permis cet entretien.]
Pour la 23ème année consécutive, la journée du 1 décembre fut dédiée à la lutte contre le sida. Conceptualisée en 1988 lors du Sommet des ministres de la santé sur les programmes de prévention du sida, la journée mondiale de la lutte contre le sida est l’occasion d’une sensibilisation du public à la triste réalité de cette épidémie : plus de 25 millions de morts et près de 60 millions de personnes affectées depuis l’apparition de la maladie. La lutte vise, malheureusement, un adversaire de taille. Depuis sa première manifestation en 1980, le virus s’est propagé de par le monde à une allure surprenante. En 1990, 7,3 millions de personnes vivaient avec le VIH ; fin 2009, ils étaient 33,4 millions. Parmi eux, 2,1 millions d’enfants de moins de 15 ans.1
L’épidémie sévit particulièrement sur certaines régions. En décembre 2009, on comptait en Afrique subsaharienne plus de 22,4 millions de personnes vivant avec le VIH ; 3,8 millions en Asie du Sud et du Sud-Est, 2 millions en Amérique Latine… De tels chiffres mettent en évidence une réelle disparité régionale ; cependant le sida n’en reste pas un moins une épidémie sans frontière. Ralentir l’épidémie, lutter contre sa propagation, inverser la tendance est un devoir collectif, une exigence mondiale. En signant la Déclaration du Millénaire, 191 Etats s’engagent sur cette voie. Lire la suite »
Une fois de plus Jean-François Kahn éblouit son public par son éloquence théorique. Centriste et révolutionnaire à la fois, l’ex-directeur de Marianne appelle à la construction d’une nouvelle société centrée sur l’humain. Une autre société est-elle possible ? Faut-il changer la société ? Comment changer de société ? Et pourquoi le changement ne s’effectue-il pas ? Autant de questions abordées par l’auteur du livre L’Alternative. Oui c’est possible ! invité de l’association Citoyens démocrates libres vendredi 19 novembre à la Maison du Peuple.
Un rapide coup d’œil historique permet de répondre positivement à la question : une autre société est-elle possible ? Selon notre conférencier, nos sociétés ont bien été auparavant féodales, esclavagistes ou monarchistes. Chaque époque à ses « idéaux-logies » a-t-il indiqué et l’ex-journaliste d’ajouter. « Le changement est donc possible et même nécessaire. Depuis Galilée, le changement est à l’honneur ». Mais alors pourquoi rien ne bouge ? Paradoxalement, tout le monde aspire au changement mais à la fois tout le monde est unanime pour constater l’impossibilité de ce changement. D’où vient ce malaise, ce rejet, cette démoralisation ? Jean-François Khan distingue deux raisons, deux préjugés qu’il convient de combattre. Mondialisation et excès de réalisme n’empêchent pas le changement. Lire la suite »
Silence. Quelle rare sensation que celle de me réveiller à Buenos Aires ce matin-là. Sans bruit. A 15 heures. Sans aucun bruit de la rue… L’antinomie, l’incompatibilité des termes me suggère de me rendormir. Je dois sûrement être en train de rêver, peu consciente de l’ambiance lourde qui pèse dehors. Peut-être devrais-je monter les persiennes ? …
Le silence de mort qui règne m’extirpe enfin des bras de Morphée ; et m’aspire par la fenêtre. Et alors que ma rétine capte la chaleur solaire, aucun son n’atteint mon oreille. Lire la suite »
Combien de temps encore avant qu’on se colle un radar facebook sur le derrière ? Combien de temps avant que le bouton « publier sur facebook » ne fasse son apparition sur les sites d’achat-vente en ligne ? Après tout, puisqu’on peut informer nos 555 amis (oui, il est beaucoup plus facile de se faire des amis au XXIème siècle) de l’achat de nos billets de trains, de l’endroit où nous nous trouvons, de la personne située à côté de nous, pourquoi pas aussi publier sur facebook le prix et la photo des pyjamas que nous venons d’acheter en ligne ? Lire la suite »