
Crédits Photographiques: lezadig.com
Le Mural relance son partenariat avec le journal du campus de Menton, le Zadig.
«Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. (…). Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation.». Civilisation? Il semble effectivement en être question, à entendre parler Claude Guéant. Liberté, égalité, fraternité : devise française érigée au rang de civilisation ? Ne lisons pas ces lignes avec méticulosité, vous pouvez même ajouter tous les mots y ressemblant de près ou de loin. Vous ne commettrez pas de faute majeure. Il parlera de « religion musulmane » peu de temps après. Tradition, culture, civilisation, religion… Notre potentielle imprécision ne serait qu’une négligeable gouttelette d’eau de plus dans un brouillard sémantique déjà répandu.
A l’inverse de certains interlocuteurs, nous ne pensons pas qu’il faille procéder à un éclaircissement sémantique des termes. Cela a peu d’importance. Cela est même dangereux, car ce discours prend l’allure d’un double piège. Le premier serait de nous pousser vers un débat dont Claude Guéant posa les termes au préalable. Nous rentrerions alors dans une compétition des civilisations, établirions les principes permettant de les classer pour ensuite aboutir à leur hiérarchisation. Le second serait de nous conduire à discuter de la terminologie des termes employés. D’aucuns s’attelleront à soulever les incohérences de son discours à la lumière du dictionnaire : qu’entend-on par « civilisation » ? Était-ce pertinent de recourir à un tel terme ? etc. Il est vrai que l’histoire des mots vaut presque autant que celle des hommes. Il pourrait être intéressant d’analyser les points communs et les évolutions du sens de « civilisation » de la Grèce antique jusqu’aujourd’hui, en passant par l’épisode colonial du XIXe siècle.
Néanmoins, l’essentiel serait tout d’abord d’inscrire ces propos dans une rhétorique établie par la droite, depuis plusieurs années déjà. Dans l’absolu, cela ne devrait pas susciter une telle polémique, au vu de ce discours que tenait auparavant Brice Hortefeux. Nous voyons s’opérer sous nos yeux une institutionnalisation d’un racisme mêlant xénophobie et arrogance, qui ne se préoccupe plus de dissimuler son agenda politique. Ministère qui pose par ailleurs une équation dont les composantes sont réorientées par le vent du « national-populisme » : laïcité + colonisation des rues par les prières + immigration + identité nationale + loi sur le niqâb + ethnicisation de la question sociale + l’accroissement du nombre de fidèles = Guéant résout l’équation par la « religion musulmane ». Nous disposons de l’essentiel de la rhétorique d’une droite qui adopte depuis quelques années une stratégie politique parfaitement ancrée dans l’ère du temps.
De plus, la femme serait donc l’outil sine qua non de l’évaluation qualitative d’une civilisation. Instrumentalisée à son insu, elle serait le nouvel outil permettant de mesurer « l’Indice de Développement Civilisationnel » : plus il y a inégalité entre l’homme et la femme, plus la civilisation en question est négligeable. Souvenez-vous maintenant de l’argument principalement avancé pour l’interdiction du port du niqâb : la soumission et l’indigne traitement réservé à la femme. Remarquez le lien qui unit ces polémiques passées. Vous l’aurez compris, cette rhétorique n’est pas nouvelle. Elle n’est pas propre à Claude Guéant, personnaliser ce discours serait donc une erreur. Si Claude Guéant est démis de ses fonctions aujourd’hui, un nouveau ministre issu des rangs de l’UMP aura recours à la même rhétorique le jour d’après.
L’analyse de ces propos ne porte pas d’intérêt en soi, c’est la visée politicienne derrière l’argumentaire qui est dangereuse. Il apparaît clairement que la droite actuelle surfe sur cette peur existante à l’égard du français de confession musulmane. Une véritable volonté de jouer sur la psychologie collective, en affirmant un peu plus, au fil des polémiques qui s’enchaînent, qu’il est légitime de s’interroger sur la loyauté des français musulmans. Ils représenteraient un danger contre lequel il convient de « protéger notre civilisation ». Un énième procédé marquant la frontière entre « nous » et « eux », pas vraiment français, pas vraiment européens. La banalisation de thèses extrêmes suit son cours, comme si l’amnésie historique s’était propagée aux plus hautes sphères de l’Etat. Il ne faudrait pas tomber dans le sentiment victimaire, mais en appeler aux principes que chérissent les citoyens français, musulmans ou non, ces principes qui n’ont ni couleurs, ni religions. Ce n’est pas une affaire islamo-islamique, il est question de citoyenneté et d’avenir. De notre avenir.
Dans l’attente d’une parole citoyenne universelle.
par Hamza El Hiyani,
étudiant en 3A au Caire
Fin février sera commercialisé le Raspberry Pi, un ordinateur qui fait grosso-modo la taille de votre carte de crédit et qui ne la débitera que de 25 dollars.
Le projet né dans la tête de Eben Upton en 2006 est ambitieux : construire un ordinateur aux dimensions, prix et spécifications limités, afin de permettre au plus grand nombre de s’initier à l’informatique. C’est dans cette optique qu’a été créé la Raspberry Pi Foundation.
Alors qu’il travaille aux admissions de Cambridge, Upton part d’une constat simple : dans les années 90, les étudiants qui cherchent à intégrer le département de Computer Science de l’illustre université ont tous une expérience de la programmation souvent à un niveau amateur. Depuis les années 2000, la tendance s’est inversée, et ils n’ont pour la plupart aucune compétence en programmation ; seuls quelques uns ont des bases en développement web.
Epiloguer sur les causes d’un tel phénomène serait vain, tant elles sont variées et complexes. Les nombreux bouleversements qu’a connu le monde de l’informatique dans les années 90 l’expliquent en grande partie : La disparition des archaïques Altair 8800, Commodore et consorts1 au profit de l’architecture PC avec l’OS de Microsoft. En bref, la fin de l’ère de la bidouille, la bidouille au sens noble, premier sens du terme hacking.
Depuis quelques années, on assiste à une vaste nomadisation dont les smartphones, réseaux sociaux et cloud computing sont les aspects les plus médiatisés. Parallèlement, pour les ordinateurs « traditionnels » se poursuit l’ancienne logique, suivant la sacro-sainte loi de Moore2, avec une course effrénée à la performance.
Deux choses semblent sûres dans ce monde en mutation : le prix doit être élevé, et le marché aux mains de grandes entreprises.
Le Raspberry Pi se pose à contre-courant de ces tendances. Il se base sur les dernières avancées en terme de dispositif mobile, se présente sous la forme de ce qui serait l’héritier de l’unité centrale que tout le monde a oubliée, et est -paradoxalement- portable. Enfin, il sera distribué à 25$ (ou 35 pour le modèle « haut de gamme », B sur le schéma ci-dessous), par une association à but non lucratif.

Sans faire le détail des caractéristiques techniques qui n’intéressent personne ici, vous récupérez un vieux clavier et une souris qui traînent, filez acheter un câble HDMI (ou RCA si vous avez une vieille télé cathodique), branchez tout ça, et vous avez un ordinateur opérationnel.
Et là, je vous vois venir, les deux ou trois qui n’ont qu’une envie, me dire « mais à quoi ça sert ton truc ? ». Alors je vais être patient et prendre 3 exemples d’utilisations potentielles.
L’ordinateur pédagogique
A un tel prix, le Raspberry Pi semble tout à fait adéquat pour remplir son objectif premier, à savoir offrir au plus grand nombre un accès à l’informatique, une informatique non aseptisée, qui ne se résume pas à Google-Facebook-Word (en ajoutant Powerpoint et l’ENTG pour les étudiants de Sciences Po). Il serait en effet accessible aux écoles primaires, souvent équipées sommairement ou archaïquement en matériel informatique. Et dans un monde où le micro-ondes, élément central du quotidien d’un étudiant, contient plus de technologie que l’ordinateur moyen d’il y a 30 ans, il semble aberrant que ledit étudiant ne soit pas foutu d’écrire une ligne de code.
Le Raspberry Pi serait donc la courroie de transmission bon marché entre le monde fermé des bidouilleurs et le grand public. Comprendre le fonctionnement général d’un système informatique -a fortiori connaître la logique générale de la programmation- me semble en effet aussi indispensable aujourd’hui que la maîtrise de Word ou d’un moteur de recherche.
Le mediacenter bon marché
Une autre utilisation qui peut être envisagée pour le Raspberry Pi est celle de mediacenter. C’est probablement celle que j’en ferai une fois l’objet acquis. Pour faire simple, vous y connectez votre disque dur externe sur lequel vous stockez toute votre musique, séries et films légalement acquis, vous le branchez sur votre télé, le connectez à votre réseau local, et le laissez branché en permanence, puisqu’il ne consomme que 2W.
Ensuite, depuis un autre ordinateur, vous pouvez le piloter pour lancer à volonté musique et films. Sans oublier la possibilité, puisque c’est un ordinateur et pas seulement un disque dur multimédia, de regarder directement des vidéos en streaming ou de télécharger directement du contenu. Et tout ça pour un coût bien moindre que l’ Apple TV, un ordinateur traditionnel connecté à un télé ou un disque dur multimédia.
Le serveur personnel
Enfin, la dernière utilisation est celle de serveur personnel. En effet, avec une consommation électrique très basse, un faible coût, auxquels s’ajoute le système d’exploitation (une distribution GNU/Linux), adapté pour le développement web, semblent faire du Raspberry Pi un candidat idéal comme serveur. Son propriétaire peut alors héberger son propre site internet, fichiers personnels, sans être dépendant de grandes entreprises. Et, à l’heure où la liberté sur Internet semble en danger, grâce aux formidables créations de nos gouvernants dont la stupidité se cache derrière des acronymes, l’idée que chacun puisse héberger son site internet ou partager soi même ses fichiers ne semble pas si mauvaise.
1 – Avant que l’architecture PC ne domine le marché de l’informatique dans les années 90, il existait de nombreuses architectures concurrentes, incompatibles entre elles, chacune ayant un système d’exploitation propre. Voir cet article d’Ars Technica pour un petit historique de l’ordinateur, la page 6 pour l’apparition du compatible-PC.
2 – La loi de Moore est une loi empirique émise par Gordon Moore (cofondateur d’Intel) et qui, dans sa version précisée de 1975, avance que la densité des transitors sur un microprocesseur double environ tous les deux ans.
Faites vos jeux, rien ne va plus.
Non, rien ne va plus. La France est devenue une pâle copie de ce pays chargé d’une histoire et d’une culture qui forçaient à la fois l’admiration, le respect, et pour certains l’indignation, car on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais mon pays s’en est allé.
Plus le temps passe, et plus l’évidence s’impose. Les valeurs que l’on nous matraque dès qu’il est question de l’immigration, les principes dont on se targue d’être les instigateurs, après la révolution lorsque trois pelés et deux tondus se sont attaqués à une prison où croupissaient sept personnes… Où sont-ils passés ?
Certainement embarqués vite fait dans les bagages des politiciens qui se crêpent le chignon à longueur de journées, comme de vieilles mégères aigries, qui vous pointeraient du doigt ou tendraient une spatule accusatrice vers vous. Prise en tenailles, ma pauvre France, entre ces différents courants, qui, loin de t’avoir aidé à te relever, se sont désolidarisés et ont cherché à rabattre le faute sur les autres. De toute façon, c’est bien connu, s’il y a un coupable, c’est forcément pas moi.
Mais je radote.
Monsieur Guéant fait partie de ces joyeux trublions des hautes sphères bien gardées de la politique qui se font connaître pour leurs frasques et leurs dérapages, pour lesquels il n’est plus à son coup d’essai. Champion des propos portant à controverse sur l’immigration ou l’islam, notre ministre de l’intérieur, très en forme ce jour là (comme aurait aimé à le souligner MAFR), nous a donc gratifiés d’un sublime « Toutes les civilisations ne se valent pas. […] Nous devons protéger notre civilisation ». Du Guéant dans toute sa splendeur.
Quel exemple penses-tu donner, Cloclo, en sortant des inepties de la sorte ? Que la tienne vaut mieux qu’une autre parce qu’elle promeut la liberté, l’égalité et la fraternité ? Mais que viens-tu donc me chanter là ? Il y a bien longtemps que notre vieille France n’est plus en mesure de respecter ces idéaux…
Peut-on réduire une civilisation à trois fanatiques qui se battent en duel pour dire que celle-ci vaut moins qu’une autre ? Certes, de nombreux peuples sont opprimés, on leur confisque leurs libertés, et les femmes ne sont bonnes qu’à servir d’incubateurs. Mais qui est en train de se faire massacrer dans les rues en ce moment même ? Qui sont ces peuples épris de liberté et de justice qui défient au quotidien leurs geôliers ? Ceux-là même que vous dénigrez, monsieur le ministre.
N’oubliez pas que la France, au milieu du siècle dernier, n’a pas non plus été un modèle de vertu. La Résistance, aussi auréolée de gloire et d’admiration ait-elle été après la Libération, n’a pas accueilli dans ses rangs la majorité des Français. Beaucoup trop ont vendu leur âme au diable et au nazisme, ont tourné le dos à peur patrie en embrassant ces valeurs, s’il est possible de les traiter de valeurs, et ont trahi celles que notre devise nationale prônaient. Repentir il y a eu, mais cette période restera à jamais gravée dans le marbre de notre histoire, nous obligeant à rabaisser notre égo et nous remettre en question. Comment être capable d’affirmer comme vous le faites que notre civilisation, avant tout, doit être sauvée ? Alors que nous n’avons pas été capables de protéger les nôtres ? Les ressortissants de notre propre patrie, pour une simple question de religion, ont été envoyés à l’abattoir ! Nous devrions rougir de honte devant de tels propos, et faire profil bas. Notre bonne et belle civilisation, pétrie de toutes les valeurs que vous voudrez, se sera laissé embourber dans toute sa splandeur.
Personne, pas même vous, tout ministre que vous êtes, ne peut arbitrairement juger de la supériorité ou non d’une civilisation. Elles sont chacune marquées de l’empreinte de leur propre histoire, de leur évolution, qui fait qu’elles sont ce qu’elles sont aujourd’hui. Nos valeurs républicaines, si elles nous paraissent évidentes, ne doivent pas être par analogie celles que le monde entier devrait embrasser. Laissez le monde faire sa vie. Laissez les différences s’affirmer. Laissez la multitude décider par elle-même de ce qu’elle veut. La voix d’un peuple uni dans sa culture et son histoire doit être la seule à pouvoir s’exprimer.
Et commencez par vous occuper de votre propre pays qui en a bien besoin, au lieu de détourner l’attention sur une question qui n’a pas lieu d’être. Vous considérez que notre civilisation est dotée d’une supériorité incontestable ? Faites-en sorte que l’on puisse en dire autant. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Vois-tu, douce France, à quel niveau tes valeurs ont été reléguées ? On t’exhibe, pour animer un débat où toi qui n’a rien demandé, te retrouve au milieu d’un bourbier sans nom, à devoir montrer un exemple qui est hors de ta portée.
Qu’il est loin, le temps des Lumières, le temps de la quête des droits, des libertés, et de la fierté de porter hautes tes couleurs. Te voilà exploitée, rendue à la servitude de ces hommes qui ne recherchent en toi rien d’autre que le moyen d’assouvir leurs ambitions personnelles.
Même Mickaël Vendetta commence à parler de vouloir devenir député, et pense que « si je me serais présenté, ça aurait été moi [le président en 2012]. »
Pleure, ma bonne France, et crains pour ton avenir.
A Jorge Elías González se le conoce hoy en día como el “Señor de la lluvia”. Este campesino de sesenta y cuatro años, un chamán que se autodefine como “sacerdotista”, saltó a la fama inesperadamente desde hace una semana tras el descubrimiento por la opinión pública de su papel durante el cierre del mundial Sub-20 que se celebró en Colombia entre julio y agosto de 2011.
Pese a que el objeto del contrato legal indicaba una simple “asesoría técnica”, su tarea consistió en algo fácil de explicar pero casi imposible de imaginar: impedir que la llegada de la lluvia arruinara el evento final de clausura del mundial.
La polémica está en que la suma equivalente a 1700 euros que recibió el chamán por sus servicios provino del dinero de los contribuyentes, es decir de los impuestos pagados por todos los ciudadanos.
Sin embargo, en un país donde la corrupción abarca sumas incalculables de dinero, la noticia inicialmente produjo indignación, posteriormente muchos chistes y, al final de la semana, el sentimiento de que entre todas las barbaridades que se cometen en Colombia, el pago al “Señor de las lluvias” resulta casi insignificante.
El tema causo inicialmente tanta indignación y revuelo en el país que el debate alcanzo a poner bajo su sombra cualquier otra novedad, como por ejemplo la revelación del fuerte vinculo entre el nuevo ministro de Defensa de Venezuela, el general Henry Rangel Silva, y las Farc.
Juan Manuel Santos, presidente desde el 2010, ironizó afirmando que “otro indicador muy notorio de por qué el país va bien, es que llevamos una semana en los medios de comunicación debatiendo, muchos se desgarraron las vestiduras, sobre si los chamanes hacen llover o no.”
Curiosamente, se demostró que González también había sido contratado durante la investidura del presidente. No obstante, aunque este último elemento hace enrojecer a los organizadores de la ceremonia presidencial, se sabe que el dinero que financió la participación del chamán provino de fuentes privadas.
Sin embargo, la verdadera fuente de dichos dineros permanece siendo un misterio. (¿Se trataría de dinero destinado originalmente al financiamiento de la campaña presidencial?) Otro dato relevante es que justo después de la investidura de Santos en el 2010, el recién nombrado presidente viajó en helicóptero pagado esta vez por dineros públicos hasta la Sierra Nevada de Santa Marta en el Norte del país para realizar su “posesión simbólica”.
La Sierra Nevada es en Colombia el sitio geográfico con mayor presencia indígena: los resguardos presentes en el territorio están habitados por los kogui, los arhuacos, los wiwas y lo mayuu, descendientes directos de pueblos tradicionales cuya existencia documentada remonta a mas de cinco siglos.
Durante la ceremonia, el mandatario se confesó sobre una piedra sagrada y luego recibió el “hilo de la aseguranza” y las “tumas”, amuletos que simbolizan la Madre Tierra y que lleva desde ese día en sus muñecas. Los indígenas encargados del ritual le ofrecieron para terminar la ceremonia un “bastón de mando” para ejercer el buen gobierno. Y nadie dijo nada, independientemente de cualquier cuestión financiera.
Es decir que las creencias religiosas provenientes de la cultura indígena son aceptadas únicamente cuando los miembros mejor situados en la jerarquía social acuden a ellas. En cambio, cuando un campesino de sesenta y cuatro años dice hacer uso de conocimientos que le fueron transmitidos a través de su padre como una reliquia de sus ancestros, se crea una polémica nacional que lo convierte en el hazmerreir del país.
Además, desde Rasputín en la época de los zares, se sabe que esta no es la primera vez que el esoterismo llega al nivel del jefe de Estado. En Estados Unidos, durante el gobierno de Ronald Reagan, se descubrió que su esposa Nancy Reagan fijaba la agenda de su marido basándose en las orientaciones de su astróloga de cabecera. En Argentina también hubo grandes escándalos durante los gobiernos tanto de Perón como de su viuda Isabelita, al saberse que el verdadero poder estaba en manos del brujo místico José López Rega.
González explicó en numerosas entrevistas que diferentes empresas públicas y privadas llevan contratándolo por más de diez años en eventos tales como el Festival Iberoamericano de Teatro. Aunque controvertida, su técnica parece mostrar resultados. Se sabe por ejemplo que la lluvia se detuvo casi que por arte de magia el día de la clausura del Mundial Sub-20, o que el día de la investidura de Santos hubo un nivel de lluvia peculiarmente inferior al que había habido en los días anteriores y posteriores.
El chamán afirma que su técnica tiene una efectividad del 90%, es decir que su control sobre la lluvia es, a sus ojos, casi total. Explica que él trabaja con la ciencia de la radiestesia y que aprendió a “descubrir cómo se da el campo magnético para poder controlar la lluvia”. Asegura que utiliza este campo magnético para programar un péndulo que le permite aislar las lluvias. Dice además que con sus conocimientos no sólo puede evitar que llueva, sino que además puede provocar la lluvia.
En tono de burla, muchos se preguntan en dónde pudo olvidar sus habilidades y su corazón al dejar desamparado al país durante el duro invierno que inundó casi por completo muchos poblados del país dejando a miles de familias sin hogar a causa de las fuertes lluvias. A esto González ha declarado que “yo he luchado mucho por obtener patrocinio del Gobierno, pero no lo he logrado”. La única certeza que se tiene por el momento acerca de esta controversia es que el campesino tendrá que presentar explicaciones públicas frente a la Fiscalía, la Contraloría y la Procuraduría de la Nación.
Lo que ha de causar polémica en todo este asunto es el financiamiento de los servicios del chamán con dineros públicos, independientemente de la efectividad de sus prácticas. A muchos les cuesta aceptar que ese “don con el cual el Creador me mandó al mundo” según las palabras de González no es más que una creencia como cualquier otra.
Esta misma semana llego al país un tubo de ensayo que contiene la sangre del beato Juan Pablo II. La mayoría la considera una reliquia que permitiría sanar el mal y el pecado. ¿Por qué debería ser tolerada esta creencia cuando las actividades del chamán son ridiculizadas casi por completo por una buena parte de la opinión?
Con una inversión total de miles de millones de pesos en el mundial Sub-20 de futbol, el pago que recibió el chamán fue algo comparable a haber ofrecido una misa para que no lloviera. Además, considerando el monto y la transparencia del contrato, el asunto prestaba más para carcajadas que para indignación. Sobre todo si se tiene en cuenta que, a diferencia de todos los escándalos de contratación que se viven en Colombia en la actualidad, el contratista en este caso sí cumplió con sus obligaciones.
Es más: el chamanismo goza de una tradición que le confiere una credibilidad equivalente a la de otros ritos y concepciones del mundo. En otras palabras, si la sociedad acepta y respeta un número incalculable de variantes de las religiones más populares, ¿por qué deberíamos aceptar que algunos hablen de “derivas mágico-religiosas” cuando se refieren a las prácticas de González?
En regiones sureñas como Ecuador, Bolivia, Perú y Colombia sigue vigente una cultura indígena que se vive todavía y que no ha de ser menospreciada a pesar de estar completamente alejada de las concepciones que se tienen hoy al respecto de la ciencia y la tecnología. El trabajo de González no consiste simplemente en mover las orbitas celestes y exorcizar los espíritus que engendran las precipitaciones destructoras. Se trata de mantener vivas sus raíces al continuar practicando los ritos que heredó de sus ancestros.
La participación de González en el Festival de Teatro de Dinamarca de 1997 muestra que Colombia no tiene por qué negar su tradición indígena, así sea para seguir imitando el modelo de los países que considera más avanzados.
Coges el mando y cambias de canal. Marcas números al azar, esperando ver algo interesante. Entonces la ves, o mejor dicho las ves. Una tras otra, pero al fin y al cabo todas iguales. Tienen nombres que hacen soñar a más de uno, puede que talento, pero parece que eso no es lo más importante. Una de ellas baila al son de una música hecha totalmente por ordenador: con el pelo al viento mueve las caderas llevando lo que parece ser ropa interior del futuro. Sus pasos nos son muy elaborados: ponerse de cuclillas con las rodillas separadas, apoyarse contra una pared moviendo la cabeza de un lado a otro e incluso restregarse por el suelo, llevando siempre unos tacones de 12 centímetros. Te quedas mirando este canal “musical” y te da la impresión de estar viendo el mismo vídeo varias veces aunque por supuesto sería mentir decir que no hay variantes: en uno Rihanna se encuentra en una bañera o en un campo de trigo, en otro Ke$ha lleva un body negro ajustado que seguramente le habrá robado a Beyoncé, en un tercero sale Britney Spears llevando un sujetador vaquero tipo Madonna “early 2000” pero sin ropa… Que nadie te malinterprete, el hecho de que estas mujeres se quiten la ropa o más bien no se pongan ropa en sus videoclips o en el escenario no es lo que te choca. Al contrario, el hecho de que las mujeres se desnudaran fue fundamental en el proceso de liberación sexual que empezó en los años 60′. Todos recordamos la famosa imagen de Patti Smith llevando únicamente una cazadora de cuero, sin nada debajo lo que era una forma de revolucionar una sociedad arraigada y arcaica mostrando que el cuerpo humano no tenía por qué ser escondido. Lo que te choca, es que en una sociedad mucho más evolucionada, en que desnudarse no es un acto político sino simplemente un acto que te permite vender discos, el talento y la música pierde todo protagonismo y que ahora lo que cuenta es ser la más sexy, la más provocativa, la más excitante. ¿la mejor artista?… claro, si le quedan bien los bikinis. Ya no las oyes y empiezas a pensar:
“El mundo de la música, como un gran número de mundos siempre fue dominado por los hombres. Elvis Presley, Ray Charles e incluso Bob Dylan reafirmaron a las mujeres en sus roles tradicionales, escribiendo canciones sobre cómo tenían que estar allí para ser buenas con ellos y para complacerles. Pero en ese mismo mundo en el que las mujeres eran musas, fans o grupies, poco a poco consiguieron cambiar de bando. Las mujeres también eran artistas, el escenario también les pertenecía, y ya no sólo interpretaban canciones escritas por hombres. Siguieron los pasos de Billie Holyday, y se hicieron un hueco. Joan Baez, Judy Collins o Grace Slick de Jefferson Airplane, abrieron el paso a una pléyade de mujeres “folkies”. Junto a Jimi Hendrix en agosto del 69 Janis Joplin desató la exaltación de más de 400.000 personas mostrando que un artista es un artista independientemente de su género. Con el “women’s lib” se llegó a una música más igualitaria. En los años 70′ las mujeres empezaron a exaltar sus encantos con un erotismo explícito para deshacerse de la imagen pulcra de las cantantes de la escena folk como por ejemplo Donna Summer que molestó a una sociedad que no estaba preparada para ello. Por el contrario, bandas como The Runaways imitaron una imagen masculina asexuando su presencia. Cabe destacar también la figura de Patti Smith, que además de hacer música, poesía y fotografía chocó al mundo con frases como “Jesús murió por los pecados de alguien, pero no los míos”. Fueron artistas que entraron en un mundo de hombres y que junto a ellos se hicieron un hueco y abrieron la puerta a las demás mujeres que quisieron entrar en él”
Hoy en día, nuestro mundo ha evolucionado. El cuerpo ya no parece ser algo tabú, ya no tenemos que esconderlo. Lo que te parece triste es que ahora, para poder subir a un escenario, la voz, la técnica musical, el hecho de tener algo que decir es completamente secundario si tienes un físico explosivo, un buen agente, y un ordenador en el que la tecla “auto-tune” funcione bien. No estás diciendo que las mujeres del “mainstream” musical de hoy en día no tengan talento, te enfadas porque justamente el talento es lo de menos: forman parte de agencias en las cuales escriben sus canciones por ellas, hacen los arreglos por ellas y su contribución al producto final son: esa voz que no se parece en nada a lo que oyes en un concierto “live” y las posiciones “sexys” de los videoclips. Se restriegan en las paredes cantando letras como “chains and whips excite me” lo que podría hacer que las mismísimas Rosa Parks o Billie Holyday vuelvan de entre los muertos. Lo que quieres es que estas “artistas” entiendan que vender sexo no es lo mismo que vender música. Después de haber pasado demasiado tiempo viendo todo tipo de mujeres con todo tipo de bikinis, vuelves a coger el mando dirección botón rojo, pero entonces escuchas el piano y la reconoces, con su voz inimitable y su presencia abrumadora, sentada en una silla, no necesita hacer nada más para que captes su mensaje, en el último “never mind I’ll find someone like you” crees escuchar un susurro proveniente de tus oídos purificados que te dicen “gracias”.
Au fil des années et des réformes, l’évidence se fait de plus en plus forte : il faut réformer le système éducatif. Non pas que celui-ci ne soit pas bon, et n’ait pas fait ses preuves ; le collège général ainsi que le lycée créé par Napoléon ont su, à une époque, répondre à une nécessité de l’enseignement pour tous.
Cependant, le besoin d’aujourd’hui de remettre ce système en cause découle d’une raison toute simple ; l’époque à changé, et au même titre que la façon de produire ou de gérer l’économie et la finance doit être remise en question pour coller à notre temps, l’éducation se doit de le faire également. En outre, la repenser ne doit pas signifier l’adapter nécessairement à la demande du marché du travail, mais doit être considérée comme une nécessité culturelle et identitaire de notre société.
Il faut reconnaitre que la création du baccalauréat professionnel, en 1987, a permis à de nombreux jeunes qui ne se sentaient pas à l’aise dans le système général, de pouvoir néanmoins suivre un cursus de lycée, et permis le passage de 300 000 à 500 000 bacheliers entre 1987 et 1995. La création des CAP et BEP a également permis la professionnalisation avancée de ceux ne voulant pas suivre un enseignement général.
Tous ces systèmes ont eu la capacité de former de nombreux désintéressés des matières classiques enseignées au lycée, dans le but de reconnaitre leur compétence dans un domaine, et de leur faciliter l’accès à un emploi. La division des formations possibles dès la sortie du collège fut donc une idée judicieuse, tant sur le point de l’accès au marché du travail que sur la possibilité pour un certain nombre de suivre un enseignement différent, et plus adapté à leur souhait.
Aujourd’hui, l’idée du collège général est remise en cause. L’idée serait-elle ainsi de vouloir pré-professionnaliser des pré-adolescents de douze ans aux métiers qu’ils ne pourront exercer que dix ans plus tard ? Cette idée est évidemment dangereuse dans la mesure où l’on ne peut demander à un enfant de cet âge de donner ne serait-ce qu’une idée de choix sur ce qu’il aimerait faire plus tard.
Suivre un enseignement général est indispensable tant il serait inconsidéré vouloir catégoriser dès la sortie du primaire les collégiens en leur disant « toi, tu seras dans la classe de ceux qui ont choisi de travailler plus tard dans l’informatique ». L’idée n’est surement pas caricaturée à ce point mais le sentiment est là ; un enseignement général c’est une culture générale pour tous les élèves, et la société. Et quelque soit le métier de chacun à l’avenir, la culture générale n’est pas une question de marché du travail mais de société. Une société cultivée est une société plus créative, plus épanouie et plus heureuse.
Si commencer à professionnaliser au lycée est, à mon sens, autant une bonne idée, que pré-professionnaliser au collège en est une mauvaise, que reste-il donc? Le collège doit être le vecteur de l’éveil de passions qui, plus tard, pourront amener une professionnalisation. Or, de nos jours, le collège est un résumé de théories, historiques, mathématiques, physiques ou littéraires, qui n’ont vocation à éveiller aucune passion, sinon d’inculquer cette culture dite générale, historiquement acceptée et choisie par ceux qui rédigent les programmes scolaires. Ces matières sont très importantes, soit. Mais la culture générale ce n’est pas que cela.
La cuisine, la musique, la couture, la menuiserie, la danse, et j’en passe, font, sans nul doute, aussi partie de la Culture, dans son ensemble. A mon sens, un physicien est tout de même obligé de cuisiner pour s’alimenter, et pourrait avoir besoin de recoudre un bouton d’une de ses chemises. Cette Culture là, qui nous est aujourd’hui essentiellement enseignée à la maison, pour certains, et grâce à des activités extra-scolaires, pour d’autres, serait, en outre, utile à tous. Elle pourrait, elle, être vecteur de passions qui ne peuvent aujourd’hui se révéler qu’en marge du système, ou plus tard, et désengorger les filières dites classiques, empruntées par bon nombre de désintéressés. Et pour les maniaques des débouchés, allez expliquer à tous les restaurants qui mettent la clé sous la porte que le marché n’a pas besoin de cuisiniers, mais également de couturiers, de menuisiers, maçons, peintres en bâtiment, et ainsi de suite.
Pour faire simple, voilà l’idée : de la sixième à la troisième, cours « normaux » (entendre ceux qui sont enseignés aujourd’hui) jusqu’à 14 heures, et durant trois heures l’après-midi, une activité « différente » (comprendre celles qui ne le sont pas, ou peu). Une par après-midi, avec choix possibles entre sport un jour, sculpture, peinture ou dessin un autre, instruments de musique un autre, et ainsi de suite toute la semaine. Au lieu d’embaucher à la louche 60 000 enseignants sans préciser de quoi, je suis sûr que de nombreux professionnel, et connaisseurs, après quelques mois de formation, seraient ravis de pouvoir transmettre ce savoir et cette Culture, non moins importante que les matières aujourd’hui enseignées, à des collégiens. Il suffit d’y mettre un peu du sien et de se bouger, c’est tout.
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« Il y a enfin un centre en France : un centre large, un centre fort, un centre indépendant » martèle François Bayrou, euphorique, au soir de l’élection présidentielle de 2007 où il a créé la surprise. Troisième homme avec près de 19% des suffrages, le leader de l’UDF entend incarner une nouvelle ligne politique, celle du centre. Il croit en une dynamique nouvelle qui sortirait la France du clivage classique et routinier droite-gauche. Sur la lancée de sa victoire, l’idée de remplacer l’UDF par un parti de masse rassemblant les forces du centre est impulsée par Bayrou et concrétisée par la création du Modem.
Mais voilà, cette décision déclenche une fracture au sein de l’UDF. Bayrou rompt avec la tradition de son parti mais également avec son passé de Ministre sous le gouvernement Balladur. En effet, l’Union pour la Démocratie Française créée en 1978 afin de soutenir le Président Valéry Giscard d’Estaing est un parti de centre-droit, de droite modérée amené à s’allier avec le Rassemblement Pour la République (devenu par la suite Union pour un Mouvement Populaire). L’ambition de François Bayrou se heurte ainsi au désaccord massif des cadres de son parti qui refusent de le suivre et se rallient au candidat UMP Nicolas Sarkozy. Par tradition mais aussi par intérêt.
L’extase aura été de courte durée. Et François Bayrou retrouve le chemin de la solitude. Celui qu’il avait apprivoisé lors de l’élection précédente où son score n’avait dépassé la barre des 7 %. Seuls quelques élus apportent leur soutien au Modem ce qui rend compliqué la construction d’un parti incarnant une véritable alternative. Le manque de leaders, d’implantation au niveau local comme national (seulement 4 députés apparentés) constitue un obstacle de taille à son affirmation.
Mais à ce problème, s’ajoute la trop forte personnalisation du parti. François Bayrou est seul en première ligne. Rares sont les apparitions d’autres représentants dans les médias, à l’exception, peut être de Marielle de Sarnez, vice présidente du Modem. « Monocrate » au sein de son parti, démocrate sur le plan politique, Bayrou s’apprête à entamer une troisième campagne présidentielle. Sa candidature semble s’épuiser dans les sondages ce qui déteint grandement sur le mouvement qu’il incarne.
Mais il reste au leader centriste un moyen de convaincre ses électeurs : le programme qu’il a pris le temps et le soin de préparer depuis plusieurs années. Plus que revendiquer le « ni droite, ni gauche », quelles sont les propositions du Modem pour 2012 ? Bayrou se présente tout d’abord, comme un candidat droit et sérieux, défenseur de la vérité en opposition au Président de la République dont le mandat a été entaché par nombre d’affaires. A travers 2012, Etat d’Urgence, livre qui témoigne de son engagement personnel publié l’été dernier, le leader centriste entend axer sa campagne sur deux priorités : la production en France et l’éducation.
Son premier objectif répond à un enjeu imminent : celui des finances publiques. A cet effet, Bayrou souhaite calquer sa politique sur l’exemple de l’Allemagne. Au plus bas dans les années 2000, notre voisin d’Outre-Rhin décréta l’état d’urgence sous la forme de l’agenda 2010 impulsé par Schroeder. Bayrou propose notamment d’encourager la production en France, en détruisant le barrage fiscal des moyennes entreprises créatrices d’emplois et créant un label comme il en existe pour le commerce équitable ou encore l’agriculture bio, plus de flexibilité dans l’embauche, enfin l’instauration de deux tranches imposables pour les revenus les plus élevés.
Il entend également « rendre à la France la meilleure éducation du monde », l’un des principaux thèmes de la campagne à venir. Une éducation de qualité n’a selon lui pas de prix. Etablir des programmes plus stables votés par le Parlement, un collège pas seulement unique mais permettant aussi des recours effectifs pour les élèves en échec scolaire, une terminale préparant l’Université, la transmission de l’expérience des enseignants qui réussissent. Sa capacité à convaincre une nouvelle fois les indécis se jouera au cours de la bataille des mois à venir. Toutefois, la multiplication des candidatures, en particulier au centre, brouille les pistes et rend difficile une percée de Bayrou.
Dimanche dernier, 27 novembre 2011, c’est Hervé Morin qui annonçait sa candidature à l’élection présidentielle, se posant comme le garant d’une « République exemplaire ». Mais sa candidature rencontre un faible écho dans l’opinion, créditée de seulement 1% des suffrages. Elle est déjà contestée au sein de son propre parti, le Nouveau Centre. Plusieurs ténors comme le ministre de la fonction publique, Christophe Lagarde, numéro deux, croient davantage au rassemblement derrière la majorité présidentielle et s’opposent à ce qu’il qualifie de « suicide politique ».
Le Nouveau Centre peine ainsi à être soudé, enfin tout simplement à exister. Il faut dire qu’il est devenu un véritable satellite de l’UMP, rongé par la tentation opportuniste. De plus, Morin n’a pas fait preuve d’un grand sens tactique. Il est resté au gouvernement sans broncher malgré les crises qui ont agité Nicolas Sarkozy et ébranlé ses valeurs républicaines. Aux moments de flirt avec l’électorat du Front National (évacuation forcée et bâclée des camps de roms en 2010) comme dans les affaires de financements supposés illicites (Betancourt, Woerth, Karachi) et des cadeaux adressés aux « amis du Fouquet’s », le représentant de la « République Exemplaire » est resté très discret.
Encore mois habile sur le plan tactique, Hervé Morin a quitté le gouvernement par la petite porte sans se démarquer de la ligne politique d’une droite dure. Il a fait, non seulement, le choix de partir au plus mauvais moment mais il a également manqué de courage, incapable d’affirmer et de montrer qu’une autre droite plus modérée pouvait exister. Le faible écho rencontré par sa candidature dans les sondages révèle donc aussi bien un manque de démarcation idéologique que des erreurs stratégiques.
Nombreux sont ceux se revendiquant du centre. Nombreux sont ceux qui s’y sont décrédibilisés. Cet article ne pourrait s’achever sans évoquer la fine comédie jouée par Jean Louis Borloo. Un jour potentiel premier Ministre, le lendemain démissionnaire et futur candidat à l’élection présidentielle, finalement brebis égarée bientôt ralliée. A l’inverse de Borloo ou Morin, la cohérence et l’indépendance de François Bayrou ne pourront lui être reprochées. Mais esseulé, sans mouvement de masse et sans élus pour le soutenir, la campagne s’annonce dure et longue, à moins que le seul vrai « centriste » tire profit de l’indécision des électeurs, comme en 2007.
En définitive, entre isolement et opportunisme, incarner le centre et le rassembler : pas évident.
La lectura de los autores clásicos de muchas disciplinas no sigue siendo necesaria para estudiarlas académicamente. Muy pocas facultades de economía hoy en día hacen a sus estudiantes de primer año leer las obras de Adam Smith. Incluso, muchas clases de introducción a la psicología no incluyen las obras de Freud entre las lecturas obligatorias. La ciencia política se encuentra al otro extremo de esta tendencia. La lectura de los grandes autores de la disciplina a lo largo de la historia se considera como una condición imprescindible para realizar cualquier tipo de estudios en la materia. Las grandes universidades alrededor del mundo esperan que sus estudiantes, además de poseer un conocimiento de las obras de los grandes autores de la literatura Occidental como Dante y Shakespeare, dominen a la perfección todas las obras fundamentales de la filosofía política desde sus orígenes en Platón hasta Marx, e incluso más allá hasta el presente. Lastimosamente, este no es el caso en Sciences Po.
En nuestra clase de Introducción a la Ciencia Política, el texto más antiguo que leemos es de Max Weber. El resto de los textos requeridos, excepto por algunos análisis históricos del desarrollo de las instituciones políticas modernas, son estudios de política comparada, casi todos escritos en la segunda parte del siglo XX. Los autores de estos textos utilizan una gran cantidad de estadísticas, hacen todo tipo de cuadros y gráficos impresionantes, y escriben en un lenguaje técnico que resulta completamente incomprensible a cualquier ser humano común y corriente. El interés por entender la política desde una perspectiva histórica a través del estudio de las obras clásicas es casi nulo, si no inexistente. En el plan del curso solo hay mención de una obra clásica, Leviatán de Thomas Hobbes, y no es más que una lectura recomendada.
¿Por qué existe en Sciences Po este estilo de enseñanza tan particular de la ciencia política? A mi parecer existen dos razones, una superficial y otra más profunda, que voy a analizar a continuación. La primera razón, la más superficial, es que al parecer se asume que los estudiantes, al llegar a esta universidad, ya poseen esos conocimientos. Estoy seguro que los profesores que dictan nuestras conferencias poseen un conocimiento detallado de todas las obras clásicas de la filosofía política, solo que se les impone un currículum que da por sentado un conocimiento previo muy alto por parte de los estudiantes. Después de todo, el modo tradicional de entrar a una universidad como Sciences Po es a través de selectivas escuelas preparatorias. Sin embargo, la mayor parte de los estudiantes, particularmente en los campus deslocalizados, ya no siguen ese proceso, y llegan aquí con los conocimientos de filosofía política que les brindan sus cursos de ultimo año de liceo. Las discusiones de clase le piden a los estudiantes que debatan sobre temas fundamentales a la disciplina para los que la mayoría no estamos preparados. El contraste con los estudiantes de intercambio o doble diploma, que ya han cursado estudios universitarios en otra institución, es más que remarcable.
La segunda razón, un poco más profunda, es que lo que aquí se estudia es ciencia y no filosofía política. El siglo XX se diferencia de otros por una facilidad superior de utilizar métodos estadísticos para el estudio de las ciencias sociales. Durante la mayor parte de la historia habíamos dependido de las reflexiones de los grandes humanistas para comprender la naturaleza humana. El argumento parece ser que hoy en día no necesitamos pasar por ese camino tan pantanoso y subjetivo, ya que al ser humano se le puede medir y cuantificar como una maquina, y llegar a comprenderlo con la misma exactitud con la que podemos llegar a comprender una reacción química, o la aplicación de una ley de la física. Todo, desde la decisión de ir a votar, la puesta en práctica de una política pública, hasta un golpe de estado se puede entender de una manera estadística y objetiva. Los investigadores modernos tienen a su alcance una cantidad casi ilimitada de datos de todo tipo, y a diferencia de los autores clásicos, pueden acceder a bases de datos del otro lado del mundo sin moverse de lugar, lo que les permite agrandar el campo de investigación a una escala internacional. Esta concepción parece ser más fiel al nombre de la disciplina, ya que la ciencia política se vuelve más ciencia de lo que antes era.
El problema de este razonamiento es que ignora la connotación subjetiva que contienen todas las palabras del lenguaje humano. La sola palabra ciencia, que de cierta manera implica que podemos llegar a la verdad de manera objetiva, es un producto de la subjetividad humana. Al utilizar la palabra ciencia estamos poniendo en evidencia toda una gama de valores, una fe en el racionalismo y en las facultades humanas que son producto nada más y nada menos que de la filosofía. Vale la pena destacar que hasta hace unos tres siglos, en las universidades inglesas la ciencia no era más que una rama de la filosofía, y muchas veces no se le daba el nombre de ciencia como tal, sino filosofía natural. La más mínima declaración que hacemos en nuestra vida diaria contiene una serie de preconceptos y subtextos que no podemos entender sino a través del estudio de la filosofía. La filosofía no pretende cuestionar la posibilidad de llegar a conclusiones objetivas a través de procesos racionales, sino hacernos conscientes de que hasta los valores más básicos de nuestra sociedad provienen de conceptos desarrollados por seres humanos. Como dice Bertrand Russell: “Enseñar como vivir sin certeza, y al mismo tiempo sin dejarse paralizar por la inseguridad, es tal vez lo más importante que la filosofía, en nuestra época, puede todavía aportar a aquellos que la estudian.”
No dudo que todos los textos que leemos en nuestras clases sean pertinentes, y no pretendo quitarle merito a aquellos que los escriben. Como bien se ha explicado en una de nuestras primeras clases de ciencia política, el uso predominante de datos cuantitativos y de métodos estadísticos en la ciencia política, aunque haya surgido en los Estados Unidos, es una tendencia que se ha expandido alrededor del mundo, y ya no se encuentra delimitada a un país o un área geográfica determinada. En efecto, la gran parte de las tesis doctorales hoy en día son de alguna u otra forma estudios de política comparada, o investigaciones que se basan en su mayor parte en datos cuantitativos. Aun más, la conclusión de la tesis en pocos casos va a ser una reflexión filosófica que pretenda cuestionar alguna cuestión fundamental de la disciplina. Si este fuera el caso, la ciencia política sería tan inestable que nunca se llegaría a una conclusión concreta. Lo que hay que tener en cuenta es que la sola motivación para realizar un estudio de política comparada presupone unos ciertos valores ya cimentados en nuestra sociedad que son producto de ideologías que se han venido desarrollando a través de los siglos. El conocimiento de este contexto histórico e ideológico es más que fundamental para comprender realmente lo que los investigadores contemporáneos nos están tratando de decir.
El estudio de los autores clásicos no es necesario por que estos tuvieran razón. Por el contrario, muchas de las proposiciones que hicieron los autores clásicos han demostrado ser más que inapropiadas para gobernar nuestra sociedad. El estudio de los autores clásicos es importante porque estos pusieron en la mesa las preguntas que siguen dominando el debate político hasta el presente. ¿Qué constituye un buen régimen?, y ¿Quién debería gobernar? son dos preguntas que tienen tanta validez hoy como la tenían hace 2000 años, cuando fueron formuladas por primera vez. Podemos refutarlos todo lo que queramos, pero si hay algo que no podemos hacer es ignorarlos, ya que la forma como formularon los problemas sigue dominando nuestra forma de pensar hoy en día. Pero la idea no es solo saber cuales son las preguntas que han dominado el debate político a través de la historia, sino saber como se llegó a ellas. Ningún hombre es una isla, y lo que sucede a su alrededor determina substancialmente su manera pensar. Aristóteles y Platón no habrían escrito lo que escribieron si la Guerra del Peloponeso hubiera tenido otro resultado, y Thomas Hobbes y John Locke no habrían llegado a las conclusiones a las que llegaron si no hubieran sido testigos de la Guerra Civil Inglesa. Solo a través de una contextualización histórica que acerque al estudiante lo más que se pueda a la situación del autor en la época se puede llegar a entender por completo el origen y la importancia de la pregunta. Toda clase de ciencia política, por lo tanto, debería tener antes que nada no solo un enfoque literario sino también un enfoque histórico.
Por supuesto, los autores clásicos no son completamente ignorados en Sciences Po. Ciertos argumentos de Aristóteles y Hobbes han sido mencionados en nuestra clase de ciencia política – pero nada más que eso. Y por supuesto, cualquier estudiante puede elegir una obra clásica para escribir su ficha de lectura al final del semestre, y muchos lo hacen. Pero una vez más, leer las obras clásicas no debería ser una opción, debería ser una obligación. El aspecto histórico tampoco está completamente olvidado. Como ya dije, ciertos de los textos obligatorios tratan sobre el desarrollo de ciertas instituciones fundamentales de los regimenes políticos modernos. Pero, y volviendo a la primera razón citada, estos textos solo pasan por encima de procesos históricos que apenas conocemos de manera superficial, y el provecho que podemos sacar de estos es mínimo si el enseñante no se asegura antes que los estudiantes conozcan a fondo el periodo de la historia del que se está hablando.
El hecho de que no exista en Sciences Po una clase separada de filosofía política es algo bastante preocupante, pero la forma como esta es dejada de lado en nuestras clases de ciencia política es completamente inaceptable, especialmente si consideramos el nombre completo de la institución, Instituto de Estudios Políticos, y si tomamos en cuenta la reputación que esta tiene por el estudio de esta disciplina en particular. John Maynard Keynes alguna vez dijo lo siguiente:
“Las ideas de los economistas y los filósofos políticos, tanto cuando tienen razón como cuando se equivocan, son más poderosas de lo que normalmente se cree. En efecto, el mundo está gobernado por poco más que esto. Los hombres prácticos, que creen estar exentos de cualquier influencia intelectual, son normalmente esclavos de algún economista difunto.”
La frase de Keynes es tan aplicable a la ciencia política como lo es a la economía. Mientras más ignoramos la filosofía, más nos volvemos victimas de ella. Esta universidad prepara a muchos de los futuros lideres de esta nación, así que debería tomar en serio la responsabilidad que esto conlleva y ser consciente de lo importante que es formar individuos que sean, antes que nada, capaces de reflexionar. Ojala todavía seamos capaces de oír la voz de Sócrates cuando prometió siempre estar ahí para recordarnos que solo la vida examinada vale la pena ser vivida. En este momento, si es que todavía recordamos quién fue y que dijo, deberíamos rendirle homenaje a su legado y devolverle a la filosofía política su lugar como base fundadora de todo el esfuerzo de entender la política.

Article publié sur Liberté Politique Jeunes
(Veuillez excuser s’il vous plaît le ton de cet article, ce n’est pas de la démagogie, ça sort tout droit du coeur)
Pourquoi écrire, une fois de plus, sur le destin du christianisme, après des siècles de pamphlets et de polémiques? Au terme du processus de béatification de Jean Paul II, en mai dernier, l’heure était à l’approfondissement et aux interrogations pour nous, communauté catho. Il était le pape qui invitait les chrétiens aux actes de repentances et de réconciliation, à regarder les zones d’ombre de notre histoire, le pape qui avait redonné une seconde jeunesse à cette Eglise en perte de vitesse. Ce dimanche premier mai là, je me souviens de plus d’un million de personnes unies par la prière, la fierté de Croire, l’envie d’avancer. En majorité des jeunes.
Et pourtant, Charles Maurice, mon frère, tu parles de disparition de la communauté catholique, tu nous décris comme une société secrète au sein de notre école, et je m’indigne de voir que tu nous dépeins comme un cliché populaire, Vive Dieu Vive le Roi Vive la France (VDVRVF pour les intimes), comme des croyants déconnectés de toute réalité, offusqués à l’idée de s’ouvrir, d’adapter leur Foi à un monde qui change, choqués par des capotes sur une table. Je m’en indigne parce qu’à cause d’articles -comme le tien- qui sombrent toujours dans la stigmatisation, la généralisation, le fantasme, l’amalgame, on en est arrivés à mépriser, au nom de la laïcité, notre tradition qui, je le crois, a peut-être beaucoup encore à apporter. Je comprends en te lisant le discrédit dont le catholicisme fait l’objet, d’un point de vue intellectuel, comprends pourquoi il suscite rejet et hostilité de nos jours. Et j’en suis navrée.
Charlot, s’il est vrai que pendant des siècles l’Eglise a tenu le rôle d’institution de régulation sociale, en exerçant une tutelle des plus contraignantes sur les consciences individuelles et même…sur l’Etat, on ne veut pas voir rétablir cet ordre moral là. Catho ne rime pas avec morale universelle. En 2011, notre mission de jeunes croyants, c’est celle du débat. Finie l’ère des croisades. Finie l’approche culturaliste très XIXème (à ce propos, je te contredis à nouveau, mais l’art africain égale à de nombreux égards l’art occidental, Charlot). Alors oui, les railleries se multiplient à tout va : on ne manque pas une seule occasion de se moquer du pape ou du clergé, abusant des clichés simplistes aujourd’hui dépassés. Du réchauffé !
Notre vraie mission de croyants n’est pas de prier pour nos frères à la sortie de l’amphi qui distribuent préservatifs et autres combinaisons de sûreté. Notre vraie mission de croyants n’est plus de prier pour le retour à la logique médiévale (le couple Dieu/Patrie que tu regrettes). Notre vraie mission, aujourd’hui, c’est de défendre nos institutions et notre Foi, démontant cette image d’acteurs passifs et détachés des enjeux actuels, tentant de comprendre ces objections dont notre Foi fait l’objet (peut-on les rapporter à un regain d’anticléricalisme ou sont-elles dues à tes potes, Charlot, qui nous foutent tous dans le même sac?). Notre religion ne doit pas avoir peur de l’intelligence -concept qui t’est apparemment peu familier puisque tu l’as défini par » une idéologie floue »- ni se murer dans une démarche identitaire, fermée au monde, pour mieux se retrouver entre nous, à la messe tous les dimanche. Tu dis survivre, je dis célébrer. Kiffer.
Aujourd’hui la libération des mœurs constitue le critère principal de la modernité, on fait chaque jour un pas nouveau vers l’émancipation des comportements. On a peur des cathos, parce que si l’Eglise disposait du pouvoir, on soupçonne qu’elle ferait tout pour s’opposer aux évolutions et revenir en arrière, éternelle, irréductible anti-moderne. En lisant ton article, si je n’étais pas fière de ma communauté catholique et sûre de ma Foi, je le croirais certainement, en tous cas. Merci pour les amalgames développés dans ton article. Si c’est cela être catholique, je suis en état de péché mortel. Tu sais, il y a tout un monde hors de la chapelle derrière le chœur de l’église Saint-Sulpice, et il faut l’affronter pour pouvoir le changer (pourquoi pas sous l’impulsion du catholicisme, qui développe des valeurs de dévouement, de générosité, comme je le crois).
Dans les années 20, les cathos, c’était à la mode, Cocteau se faisait même gloire de sa conversion. Aujourd’hui, le conformisme est plutôt dans le persiflage, le sarcasme ou la dérision. On retrouve ce genre d’anticléricalisme vulgaire chez les Guignols de Canal ou même…chez certains profs de sciences politiques, qui, pour faire rire les sciencespistes, font appel à des stéréotypes simplistes, à des images traditionnelles, à l’archétype du Charles Maurice nouvelle génération. Au dernier cours magistral un aurait même lancé un « facho=catho » particulièrement blessant. A qui la faute?

Images: Problèmes de Sciences Pistes (CC)Images: Problèmes de Sciences Pistes

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Alors que nos chers politiques et autres décideurs sortent d’un été bien chargé, et que nous reprenons le cours de nos études, se dessine déjà un enjeu crucial pour l’avenir de la France dans l’Europe, et de cette même Union Européenne dans le monde. En effet, l’UE et plus précisément l’Eurogroupe, a été, conséquemment à l’inaptitude des dirigeants à prendre les décisions qui s’imposaient depuis presque un an, irrémédiablement fragilisé, comme l’explique bien mieux que moi Jacques Attali ici. Ces décisions de dernière minute nous ramènent à un problème fondamental qui secoue l’Union depuis Maastricht.
Le choix à faire est finalement assez simple : que désirons-nous, une Europe divisée, un Euro en pleine décrépitude sur le marché monétaire mondial, des pays en pleine débandade que leurs voisins et partenaires plus riches abandonnent aux charognards professionnels que sont les spéculateurs sur la dette souveraine ; ou bien l’avènement d’une véritable Union politique à même de prendre rapidement des décisions pour assurer la pérennité tant de ses membres que de l’ensemble, une Union au fonctionnement plus démocratique, à laquelle seraient délégués de nombreux pouvoirs aujourd’hui encore dévolus à des Etats dépassés sur la scène mondiale ?
Il me semble que si nous arrivions à nous départir de cette vision à court-terme qui obnubile tant la classe politique, la deuxième option s’imposerait d’elle-même. Certes, elle nécessiterait moult sacrifices et renoncements, l’abandon – partiel – du sacro-saint principe de « souveraineté nationale » au sens français, et probablement le largage en cours de route de nombre de pays récalcitrants ou non préparés à ce cheminement. Aux premiers rangs desquels la Pologne, le Royaume Uni ou la République Tchèque, eurosceptiques notoires qui entendent faire du rêve d’Union politique des pères fondateurs Delors ou De Gasperi un simple marché libre dont ils sauraient tirer profit sans avoir à s’engager, sur le modèle de l’ALENA défendue par les Etats-Unis. Ou encore des pays comme la Roumanie ou la Bulgarie, qui ne répondraient pas aux exigences économiques de cette nouvelle Union.
Attention ! Ne me taxez pas de protectionniste, ou « d’euro-nationaliste »… Il ne s’agit pas ici d’abandonner purement et simplement ces pays, mais de créer des niveaux d’intégration différents taillés dans l’Europe qui existe actuellement. Ce processus s’articulerait en deux phases :
- Premièrement, soumettre aux pays européens (proposition traduite par des référendums nationaux) un véritable projet de Constitution Européenne dotée d’un agenda contraignant les pays à progresser vers une véritable Union fédérale, avec transfert partiel de compétences nationales, au premier rang desquelles la Défense (projet avorté à plusieurs reprises au sein de la CEE). Cette Union serait également construite autour de la monnaie unique (Ceci permettrait également une flexibilité accrue de la politique monétaire autour d’une BCE qui pourrait être amenée à tenir un véritable rôle de « banque nationale », permettant une flexibilisation plus importante des cours de l’Euro selon la conjoncture au profit des pays membres.), l’Euro, avec donc une politique monétaire commune. Les pays acceptant cette réforme seraient alors classés en deux catégories, tandis que ceux la refusant catégoriquement s’exposeraient logiquement à un processus de désengagement progressif de l’Union.
- D’une part, nous aurions alors les pays directement, car déjà adeptes de l’Euro et prêts économiquement, prêts à fonder cette nouvelle union (typiquement, les 6 pays fondateurs de 1957 plus l’Espagne et les pays scandinaves) et d’autre part, ceux désireux de s’engager mais encore trop tendres pour ne pas mettre en danger les autres pays suivant ce processus. Ceux-ci seraient alors aidés par les pays du premier groupe dans le sens d’un développement progressif qui leur permettrait d’intégrer à moyen terme le premier groupe.
Ces idées et propositions éminemment vagues sont évidemment utopiques dans le contexte actuel, mais donneraient à mon sens un vrai coup de fouet à l’idéal européen tel qu’il était envisagé tant dans les années 50 que par les utopistes des siècles précédents. Celui-ci a en effet perdu de son éclat et même de son sens profond auprès des populations concernées à cause des souillures et compromissions qu’on lui a imposées, poussant ces mêmes populations à se tourner vers des tribuns populistes prônant un repli vers l’Etat-nation, ou pire, des partis extrêmes professant la haine de l’autre, et le repli total, phénomène dont la France et la Hollande par exemple sont des exemples criants avec la progression de partis tels que le Front National aux objectifs économiques caducs et délirants (retrait de l’Euro…).
De plus, cette construction permettrait véritablement à l’Europe en tant qu’entité politique de prendre un poids inédit face à la toute puissance américaine/anglo-saxonne, et d’exploiter plus efficacement les avantages économiques dont elle jouit encore. Ainsi, l’euro représente actuellement un tiers des réserves de monnaie dans le monde, est une monnaie objectivement solide, que les spéculateurs américains tentent de casser, comme le montre ce très intéressant article de Slate.fr, aidés en cela par le transatlantisme non-avoué de nombre de dirigeants de pays européens.
En somme, il est temps pour la France et l’Allemagne de reprendre conscience du rôle historique qu’elles ont à jouer comme moteurs européens et de progresser vers cet idéal fédéraliste, doucement mais surement.
Une montre intéressante de ce que pourrait devenir l’Union Européenne dans 10 ans est d’ailleurs l’expérience « Europe 2020 » menée par la Commission Barroso II.