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De la nécessité de réformer le système éducatif

Au fil des années et des réformes, l’évidence se fait de plus en plus forte : il faut réformer le système éducatif. Non pas que celui-ci ne soit pas bon, et n’ait pas fait ses preuves ; le collège général ainsi que le lycée créé par Napoléon ont su, à une époque, répondre à une nécessité de l’enseignement pour tous.

Cependant, le besoin d’aujourd’hui de remettre ce système en cause découle d’une raison toute simple ; l’époque à changé, et au même titre que la façon de produire ou de gérer l’économie et la finance doit être remise en question pour coller à notre temps, l’éducation se doit de le faire également. En outre, la repenser ne doit pas signifier l’adapter nécessairement à la demande du marché du travail, mais doit être considérée comme une nécessité culturelle et identitaire de notre société.

Il faut reconnaitre que la création du baccalauréat professionnel, en 1987, a permis à de nombreux jeunes qui ne se sentaient pas à l’aise dans le système général, de pouvoir néanmoins suivre un cursus de lycée, et permis le passage de 300 000 à 500 000 bacheliers entre 1987 et 1995. La création des CAP et BEP a également permis la professionnalisation avancée de ceux ne voulant pas suivre un enseignement général.

Tous ces systèmes ont eu la capacité de former de nombreux désintéressés des matières classiques enseignées au lycée, dans le but de reconnaitre leur compétence dans un domaine, et de leur faciliter l’accès à un emploi. La division des formations possibles dès la sortie du collège fut donc une idée judicieuse, tant sur le point de l’accès au marché du travail que sur la possibilité pour un certain nombre de suivre un enseignement différent, et plus adapté à leur souhait.

Aujourd’hui, l’idée du collège général est remise en cause. L’idée serait-elle ainsi de vouloir pré-professionnaliser des pré-adolescents de douze ans aux métiers qu’ils ne pourront exercer que dix ans plus tard ? Cette idée est évidemment dangereuse dans la mesure où l’on ne peut demander à un enfant de cet âge de donner ne serait-ce qu’une idée de choix sur ce qu’il aimerait faire plus tard.

Suivre un enseignement général est indispensable tant il serait inconsidéré vouloir catégoriser dès la sortie du primaire les collégiens en leur disant « toi, tu seras dans la classe de ceux qui ont choisi de travailler plus tard dans l’informatique ». L’idée n’est surement pas caricaturée à ce point mais le sentiment est là ; un enseignement général c’est une culture générale pour tous les élèves, et la société. Et quelque soit le métier de chacun à l’avenir, la culture générale n’est pas une question de marché du travail mais de société. Une société cultivée est une société plus créative, plus épanouie et plus heureuse.

Si commencer à professionnaliser au lycée est, à mon sens, autant une bonne idée, que pré-professionnaliser au collège en est une mauvaise, que reste-il donc? Le collège doit être le vecteur de l’éveil de passions qui, plus tard, pourront amener une professionnalisation. Or, de nos jours, le collège est un résumé de théories, historiques, mathématiques, physiques ou littéraires, qui n’ont vocation à éveiller aucune passion, sinon d’inculquer cette culture dite générale, historiquement acceptée et choisie par ceux qui rédigent les programmes scolaires. Ces matières sont très importantes, soit. Mais la culture générale ce n’est pas que cela.

La cuisine, la musique, la couture, la menuiserie, la danse, et j’en passe, font, sans nul doute, aussi partie de la Culture, dans son ensemble. A mon sens, un physicien est tout de même obligé de cuisiner pour s’alimenter, et pourrait avoir besoin de recoudre un bouton d’une de ses chemises. Cette Culture là, qui nous est aujourd’hui essentiellement enseignée à la maison, pour certains, et grâce à des activités extra-scolaires, pour d’autres, serait, en outre, utile à tous. Elle pourrait, elle, être vecteur de passions qui ne peuvent aujourd’hui se révéler qu’en marge du système, ou plus tard, et désengorger les filières dites classiques, empruntées par bon nombre de désintéressés. Et pour les maniaques des débouchés, allez expliquer à tous les restaurants qui mettent la clé sous la porte que le marché n’a pas besoin de cuisiniers, mais également de couturiers, de menuisiers, maçons, peintres en bâtiment, et ainsi de suite.

Pour faire simple, voilà l’idée : de la sixième à la troisième, cours « normaux » (entendre ceux qui sont enseignés aujourd’hui) jusqu’à 14 heures, et durant trois heures l’après-midi, une activité « différente » (comprendre celles qui ne le sont pas, ou peu). Une par après-midi, avec choix possibles entre sport un jour, sculpture, peinture ou dessin un autre, instruments de musique un autre, et ainsi de suite toute la semaine. Au lieu d’embaucher à la louche 60 000 enseignants sans préciser de quoi, je suis sûr que de nombreux professionnel, et connaisseurs, après quelques mois de formation, seraient ravis de pouvoir transmettre ce savoir et cette Culture, non moins importante que les matières aujourd’hui enseignées, à des collégiens. Il suffit d’y mettre un peu du sien et de se bouger, c’est tout.

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Incarner le centre et le rassembler : pas évident

« Il y a enfin un centre en France : un centre large, un centre fort, un centre indépendant » martèle François Bayrou, euphorique, au soir de l’élection présidentielle de 2007 où il a créé la surprise. Troisième homme avec près de 19% des suffrages, le leader de l’UDF entend incarner une nouvelle ligne politique, celle du centre. Il croit en une dynamique nouvelle qui sortirait la France du clivage classique et routinier droite-gauche. Sur la lancée de sa victoire, l’idée de remplacer l’UDF par un parti de masse rassemblant les forces du centre est impulsée par Bayrou et concrétisée par la création du Modem.

Mais voilà, cette décision déclenche une fracture au sein de l’UDF. Bayrou rompt avec la tradition de son parti mais également avec son passé de Ministre sous le gouvernement Balladur. En effet, l’Union pour la Démocratie Française créée en 1978 afin de soutenir le Président Valéry Giscard d’Estaing est un parti de centre-droit, de droite modérée amené à s’allier avec le Rassemblement Pour la République (devenu par la suite Union pour un Mouvement Populaire). L’ambition de François Bayrou se heurte ainsi au désaccord massif des cadres de son parti qui refusent de le suivre et se rallient au candidat UMP Nicolas Sarkozy. Par tradition mais aussi par intérêt.

L’extase aura été de courte durée. Et François Bayrou retrouve le chemin de la solitude. Celui qu’il avait apprivoisé lors de l’élection précédente où son score n’avait dépassé la barre des 7 %. Seuls quelques élus apportent leur soutien au Modem ce qui rend compliqué la construction d’un parti incarnant une véritable alternative. Le manque de leaders, d’implantation au niveau local comme national (seulement 4 députés apparentés) constitue un obstacle de taille à son affirmation.

Mais à ce problème, s’ajoute la trop forte personnalisation du parti. François Bayrou est seul en première ligne. Rares sont les apparitions d’autres représentants dans les médias, à l’exception, peut être de Marielle de Sarnez, vice présidente du Modem. « Monocrate » au sein de son parti, démocrate sur le plan politique, Bayrou s’apprête à entamer une troisième campagne présidentielle. Sa candidature semble s’épuiser dans les sondages ce qui déteint grandement sur le mouvement qu’il incarne.

Mais il reste au leader centriste un moyen de convaincre ses électeurs : le programme qu’il a pris le temps et le soin de préparer depuis plusieurs années. Plus que revendiquer le « ni droite, ni gauche », quelles sont les propositions du Modem pour 2012 ? Bayrou se présente tout d’abord, comme un candidat droit et sérieux, défenseur de la vérité en opposition au Président de la République dont le mandat a été entaché par nombre d’affaires. A travers 2012, Etat d’Urgence, livre qui témoigne de son engagement personnel publié l’été dernier, le leader centriste entend axer sa campagne sur deux priorités : la production en France et l’éducation.

Son premier objectif répond à un enjeu imminent : celui des finances publiques. A cet effet, Bayrou souhaite calquer sa politique sur l’exemple de l’Allemagne. Au plus bas dans les années 2000, notre voisin d’Outre-Rhin décréta l’état d’urgence sous la forme de l’agenda 2010 impulsé par Schroeder. Bayrou propose notamment d’encourager la production en France, en détruisant le barrage fiscal des moyennes entreprises créatrices d’emplois et créant un label comme il en existe pour le commerce équitable ou encore l’agriculture bio, plus de flexibilité dans l’embauche, enfin l’instauration de deux tranches imposables pour les revenus les plus élevés.

Il entend également « rendre à la France la meilleure éducation du monde », l’un des principaux thèmes de la campagne à venir. Une éducation de qualité n’a selon lui pas de prix. Etablir des programmes plus stables votés par le Parlement, un collège pas seulement unique mais permettant aussi des recours effectifs pour les élèves en échec scolaire, une terminale préparant l’Université, la transmission de l’expérience des enseignants qui réussissent. Sa capacité à convaincre une nouvelle fois les indécis se jouera au cours de la bataille des mois à venir. Toutefois, la multiplication des candidatures, en particulier au centre, brouille les pistes et rend difficile une percée de Bayrou.

Dimanche dernier, 27 novembre 2011, c’est Hervé Morin qui annonçait sa candidature à l’élection présidentielle, se posant comme le garant d’une « République exemplaire ». Mais sa candidature rencontre un faible écho dans l’opinion, créditée de seulement 1% des suffrages. Elle est déjà contestée au sein de son propre parti, le Nouveau Centre. Plusieurs ténors comme le ministre de la fonction publique, Christophe Lagarde, numéro deux, croient davantage au rassemblement derrière la majorité présidentielle et s’opposent à ce qu’il qualifie de « suicide politique ».

Le Nouveau Centre peine ainsi à être soudé, enfin tout simplement à exister. Il faut dire qu’il est devenu un véritable satellite de l’UMP, rongé par la tentation opportuniste. De plus, Morin n’a pas fait preuve d’un grand sens tactique. Il est resté au gouvernement sans broncher malgré les crises qui ont agité Nicolas Sarkozy et ébranlé ses valeurs républicaines. Aux moments de flirt avec l’électorat du Front National (évacuation forcée et bâclée des camps de roms en 2010) comme dans les affaires de financements supposés illicites (Betancourt, Woerth, Karachi) et des cadeaux adressés aux « amis du Fouquet’s », le représentant de la « République Exemplaire » est resté très discret.

Encore mois habile sur le plan tactique, Hervé Morin a quitté le gouvernement par la petite porte sans se démarquer de la ligne politique d’une droite dure. Il a fait, non seulement, le choix de partir au plus mauvais moment mais il a également manqué de courage, incapable d’affirmer et de montrer qu’une autre droite plus modérée pouvait exister. Le faible écho rencontré par sa candidature dans les sondages révèle donc aussi bien un manque de démarcation idéologique que des erreurs stratégiques.

Nombreux sont ceux se revendiquant du centre. Nombreux sont ceux qui s’y sont décrédibilisés. Cet article ne pourrait s’achever sans évoquer la fine comédie jouée par Jean Louis Borloo. Un jour potentiel premier Ministre, le lendemain démissionnaire et futur candidat à l’élection présidentielle, finalement brebis égarée bientôt ralliée. A l’inverse de Borloo ou Morin, la cohérence et l’indépendance de François Bayrou ne pourront lui être reprochées. Mais esseulé, sans mouvement de masse et sans élus pour le soutenir, la campagne s’annonce dure et longue, à moins que le seul vrai « centriste » tire profit de l’indécision des électeurs, comme en 2007.

En définitive, entre isolement et opportunisme, incarner le centre et le rassembler : pas évident.

Porqué deberíamos leer los autores clásicos

La lectura de los autores clásicos de muchas disciplinas no sigue siendo necesaria para estudiarlas académicamente. Muy pocas facultades de economía hoy en día hacen a sus estudiantes de primer año leer las obras de Adam Smith. Incluso, muchas clases de introducción a la psicología no incluyen las obras de Freud entre las lecturas obligatorias. La ciencia política se encuentra al otro extremo de esta tendencia. La lectura de los grandes autores de la disciplina a lo largo de la historia se considera como una condición imprescindible para realizar cualquier tipo de estudios en la materia. Las grandes universidades alrededor del mundo esperan que sus estudiantes, además de poseer un conocimiento de las obras de los grandes autores de la literatura Occidental como Dante y Shakespeare, dominen a la perfección todas las obras fundamentales de la filosofía política desde sus orígenes en Platón hasta Marx, e incluso más allá hasta el presente. Lastimosamente, este no es el caso en Sciences Po.

En nuestra clase de Introducción a la Ciencia Política, el texto más antiguo que leemos es de Max Weber. El resto de los textos requeridos, excepto por algunos análisis históricos del desarrollo de las instituciones políticas modernas, son estudios de política comparada, casi todos escritos en la segunda parte del siglo XX. Los autores de estos textos utilizan una gran cantidad de estadísticas, hacen todo tipo de cuadros y gráficos impresionantes, y escriben en un lenguaje técnico que resulta completamente incomprensible a cualquier ser humano común y corriente. El interés por entender la política desde una perspectiva histórica a través del estudio de las obras clásicas es casi nulo, si no inexistente. En el plan del curso solo hay mención de una obra clásica, Leviatán de Thomas Hobbes, y no es más que una lectura recomendada.

¿Por qué existe en Sciences Po este estilo de enseñanza tan particular de la ciencia política? A mi parecer existen dos razones, una superficial y otra más profunda, que voy a analizar a continuación. La primera razón, la más superficial, es que al parecer se asume que los estudiantes, al llegar a esta universidad, ya poseen esos conocimientos. Estoy seguro que los profesores que dictan nuestras conferencias poseen un conocimiento detallado de todas las obras clásicas de la filosofía política, solo que se les impone un currículum que da por sentado un conocimiento previo muy alto por parte de los estudiantes. Después de todo, el modo tradicional de entrar a una universidad como Sciences Po es a través de selectivas escuelas preparatorias. Sin embargo, la mayor parte de los estudiantes, particularmente en los campus deslocalizados, ya no siguen ese proceso, y llegan aquí con los conocimientos de filosofía política que les brindan sus cursos de ultimo año de liceo. Las discusiones de clase le piden a los estudiantes que debatan sobre temas fundamentales a la disciplina para los que la mayoría no estamos preparados. El contraste con los estudiantes de intercambio o doble diploma, que ya han cursado estudios universitarios en otra institución, es más que remarcable.

La segunda razón, un poco más profunda, es que lo que aquí se estudia es ciencia y no filosofía política. El siglo XX se diferencia de otros por una facilidad superior de utilizar métodos estadísticos para el estudio de las ciencias sociales. Durante la mayor parte de la historia habíamos dependido de las reflexiones de los grandes humanistas para comprender la naturaleza humana. El argumento parece ser que hoy en día no necesitamos pasar por ese camino tan pantanoso y subjetivo, ya que al ser humano se le puede medir y cuantificar como una maquina, y llegar a comprenderlo con la misma exactitud con la que podemos llegar a comprender una reacción química, o la aplicación de una ley de la física. Todo, desde la decisión de ir a votar, la puesta en práctica de una política pública, hasta un golpe de estado se puede entender de una manera estadística y objetiva. Los investigadores modernos tienen a su alcance una cantidad casi ilimitada de datos de todo tipo, y a diferencia de los autores clásicos, pueden acceder a bases de datos del otro lado del mundo sin moverse de lugar, lo que les permite agrandar el campo de investigación a una escala internacional. Esta concepción parece ser más fiel al nombre de la disciplina, ya que la ciencia política se vuelve más ciencia de lo que antes era.

El problema de este razonamiento es que ignora la connotación subjetiva que contienen todas las palabras del lenguaje humano. La sola palabra ciencia, que de cierta manera implica que podemos llegar a la verdad de manera objetiva, es un producto de la subjetividad humana. Al utilizar la palabra ciencia estamos poniendo en evidencia toda una gama de valores, una fe en el racionalismo y en las facultades humanas que son producto nada más y nada menos que de la filosofía. Vale la pena destacar que hasta hace unos tres siglos, en las universidades inglesas la ciencia no era más que una rama de la filosofía, y muchas veces no se le daba el nombre de ciencia como tal, sino filosofía natural. La más mínima declaración que hacemos en nuestra vida diaria contiene una serie de preconceptos y subtextos que no podemos entender sino a través del estudio de la filosofía. La filosofía no pretende cuestionar la posibilidad de llegar a conclusiones objetivas a través de procesos racionales, sino hacernos conscientes de que hasta los valores más básicos de nuestra sociedad provienen de conceptos desarrollados por seres humanos. Como dice Bertrand Russell: “Enseñar como vivir sin certeza, y al mismo tiempo sin dejarse paralizar por la inseguridad, es tal vez lo más importante que la filosofía, en nuestra época, puede todavía aportar a aquellos que la estudian.”

No dudo que todos los textos que leemos en nuestras clases sean pertinentes, y no pretendo quitarle merito a aquellos que los escriben. Como bien se ha explicado en una de nuestras primeras clases de ciencia política, el uso predominante de datos cuantitativos y de métodos estadísticos en la ciencia política, aunque haya surgido en los Estados Unidos, es una tendencia que se ha expandido alrededor del mundo, y ya no se encuentra delimitada a un país o un área geográfica determinada. En efecto, la gran parte de las tesis doctorales hoy en día son de alguna u otra forma estudios de política comparada, o investigaciones que se basan en su mayor parte en datos cuantitativos. Aun más, la conclusión de la tesis en pocos casos va a ser una reflexión filosófica que pretenda cuestionar alguna cuestión fundamental de la disciplina. Si este fuera el caso, la ciencia política sería tan inestable que nunca se llegaría a una conclusión concreta. Lo que hay que tener en cuenta es que la sola motivación para realizar un estudio de política comparada presupone unos ciertos valores ya cimentados en nuestra sociedad que son producto de ideologías que se han venido desarrollando a través de los siglos. El conocimiento de este contexto histórico e ideológico es más que fundamental para comprender realmente lo que los investigadores contemporáneos nos están tratando de decir.

El estudio de los autores clásicos no es necesario por que estos tuvieran razón. Por el contrario, muchas de las proposiciones que hicieron los autores clásicos han demostrado ser más que inapropiadas para gobernar nuestra sociedad. El estudio de los autores clásicos es importante porque estos pusieron en la mesa las preguntas que siguen dominando el debate político hasta el presente. ¿Qué constituye un buen régimen?, y ¿Quién debería gobernar? son dos preguntas que tienen tanta validez hoy como la tenían hace 2000 años, cuando fueron formuladas por primera vez. Podemos refutarlos todo lo que queramos, pero si hay algo que no podemos hacer es ignorarlos, ya que la forma como formularon los problemas sigue dominando nuestra forma de pensar hoy en día. Pero la idea no es solo saber cuales son las preguntas que han dominado el debate político a través de la historia, sino saber como se llegó a ellas. Ningún hombre es una isla, y lo que sucede a su alrededor determina substancialmente su manera pensar. Aristóteles y Platón no habrían escrito lo que escribieron si la Guerra del Peloponeso hubiera tenido otro resultado, y Thomas Hobbes y John Locke no habrían llegado a las conclusiones a las que llegaron si no hubieran sido testigos de la Guerra Civil Inglesa. Solo a través de una contextualización histórica que acerque al estudiante lo más que se pueda a la situación del autor en la época se puede llegar a entender por completo el origen y la importancia de la pregunta. Toda clase de ciencia política, por lo tanto, debería tener antes que nada no solo un enfoque literario sino también un enfoque histórico.

Por supuesto, los autores clásicos no son completamente ignorados en Sciences Po. Ciertos argumentos de Aristóteles y Hobbes han sido mencionados en nuestra clase de ciencia política – pero nada más que eso. Y por supuesto, cualquier estudiante puede elegir una obra clásica para escribir su ficha de lectura al final del semestre, y muchos lo hacen. Pero una vez más, leer las obras clásicas no debería ser una opción, debería ser una obligación. El aspecto histórico tampoco está completamente olvidado. Como ya dije, ciertos de los textos obligatorios tratan sobre el desarrollo de ciertas instituciones fundamentales de los regimenes políticos modernos. Pero, y volviendo a la primera razón citada, estos textos solo pasan por encima de procesos históricos que apenas conocemos de manera superficial, y el provecho que podemos sacar de estos es mínimo si el enseñante no se asegura antes que los estudiantes conozcan a fondo el periodo de la historia del que se está hablando.

El hecho de que no exista en Sciences Po una clase separada de filosofía política es algo bastante preocupante, pero la forma como esta es dejada de lado en nuestras clases de ciencia política es completamente inaceptable, especialmente si consideramos el nombre completo de la institución, Instituto de Estudios Políticos, y si tomamos en cuenta la reputación que esta tiene por el estudio de esta disciplina en particular. John Maynard Keynes alguna vez dijo lo siguiente:

“Las ideas de los economistas y los filósofos políticos, tanto cuando tienen razón como cuando se equivocan, son más poderosas de lo que normalmente se cree. En efecto, el mundo está gobernado por poco más que esto. Los hombres prácticos, que creen estar exentos de cualquier influencia intelectual, son normalmente esclavos de algún economista difunto.”

La frase de Keynes es tan aplicable a la ciencia política como lo es a la economía. Mientras más ignoramos la filosofía, más nos volvemos victimas de ella. Esta universidad prepara a muchos de los futuros lideres de esta nación, así que debería tomar en serio la responsabilidad que esto conlleva y ser consciente de lo importante que es formar individuos que sean, antes que nada, capaces de reflexionar. Ojala todavía seamos capaces de oír la voz de Sócrates cuando prometió siempre estar ahí para recordarnos que solo la vida examinada vale la pena ser vivida. En este momento, si es que todavía recordamos quién fue y que dijo, deberíamos rendirle homenaje a su legado y devolverle a la filosofía política su lugar como base fundadora de todo el esfuerzo de entender la política.

Ces jeunes cathos qui kiffent à Sciences Po (réponse à Charles Maurice)



Article publié sur Liberté Politique Jeunes

(Veuillez excuser s’il vous plaît le ton de cet article, ce n’est pas de la démagogie, ça sort tout droit du coeur)

Pourquoi écrire, une fois de plus, sur le destin du christianisme, après des siècles de pamphlets et de polémiques? Au terme du processus de béatification de Jean Paul II, en mai dernier, l’heure était à l’approfondissement et aux interrogations pour nous, communauté catho. Il était le pape qui invitait les chrétiens aux actes de repentances et de réconciliation, à regarder les zones d’ombre de notre histoire, le pape qui avait redonné une seconde jeunesse à cette Eglise en perte de vitesse. Ce dimanche premier mai là, je me souviens de plus d’un million de personnes unies par la prière, la fierté de Croire, l’envie d’avancer. En majorité des jeunes.

Et pourtant, Charles Maurice, mon frère, tu parles de disparition de la communauté catholique, tu nous décris comme une société secrète au sein de notre école, et je m’indigne de voir que tu nous dépeins comme un cliché populaire, Vive Dieu Vive le Roi Vive la France (VDVRVF pour les intimes), comme des croyants déconnectés de toute réalité, offusqués à l’idée de s’ouvrir, d’adapter leur Foi à un monde qui change, choqués par des capotes sur une table. Je m’en indigne parce qu’à cause d’articles -comme le tien- qui sombrent toujours dans la stigmatisation, la généralisation, le fantasme, l’amalgame, on en est arrivés à mépriser, au nom de la laïcité, notre tradition qui, je le crois, a peut-être beaucoup encore à apporter. Je comprends en te lisant le discrédit dont le catholicisme fait l’objet, d’un point de vue intellectuel, comprends pourquoi il suscite rejet et hostilité de nos jours. Et j’en suis navrée.

Charlot, s’il est vrai que pendant des siècles l’Eglise a tenu le rôle d’institution de régulation sociale, en exerçant une tutelle des plus contraignantes sur les consciences individuelles et même…sur l’Etat, on ne veut pas voir rétablir cet ordre moral là. Catho ne rime pas avec morale universelle. En 2011, notre mission de jeunes croyants, c’est celle du débat. Finie l’ère des croisades. Finie l’approche culturaliste très XIXème (à ce propos, je te contredis à nouveau, mais l’art africain égale à de nombreux égards l’art occidental, Charlot). Alors oui, les railleries se multiplient à tout va : on ne manque pas une seule occasion de se moquer du pape ou du clergé, abusant des clichés simplistes aujourd’hui dépassés. Du réchauffé !

Notre vraie mission de croyants n’est pas de prier pour nos frères à la sortie de l’amphi qui distribuent préservatifs et autres combinaisons de sûreté. Notre vraie mission de croyants n’est plus de prier pour le retour à la logique médiévale (le couple Dieu/Patrie que tu regrettes). Notre vraie mission, aujourd’hui, c’est de défendre nos institutions et notre Foi, démontant cette image d’acteurs passifs et détachés des enjeux actuels, tentant de comprendre ces objections dont notre Foi fait l’objet (peut-on les rapporter à un regain d’anticléricalisme ou sont-elles dues à tes potes, Charlot, qui nous foutent tous dans le même sac?). Notre religion ne doit pas avoir peur de l’intelligence -concept qui t’est apparemment peu familier puisque tu l’as défini par  » une idéologie floue »- ni se murer dans une démarche identitaire, fermée au monde, pour mieux se retrouver entre nous, à la messe tous les dimanche. Tu dis survivre, je dis célébrer. Kiffer.

Aujourd’hui la libération des mœurs constitue le critère principal de la modernité, on fait chaque jour un pas nouveau vers l’émancipation des comportements. On a peur des cathos, parce que si l’Eglise disposait du pouvoir, on soupçonne qu’elle ferait tout pour s’opposer aux évolutions et revenir en arrière, éternelle, irréductible anti-moderne. En lisant ton article, si je n’étais pas fière de ma communauté catholique et sûre de ma Foi, je le croirais certainement, en tous cas. Merci pour les amalgames développés dans ton article. Si c’est cela être catholique, je suis en état de péché mortel. Tu sais, il y a tout un monde hors de la chapelle derrière le chœur de l’église Saint-Sulpice, et il faut l’affronter pour pouvoir le changer (pourquoi pas sous l’impulsion du catholicisme, qui développe des valeurs de dévouement, de générosité, comme je le crois).

Dans les années 20, les cathos, c’était à la mode, Cocteau se faisait même gloire de sa conversion. Aujourd’hui, le conformisme est plutôt dans le persiflage, le sarcasme ou la dérision. On retrouve ce genre d’anticléricalisme vulgaire chez les Guignols de Canal ou même…chez certains profs de sciences politiques, qui, pour faire rire les sciencespistes, font appel à des stéréotypes simplistes, à des images traditionnelles, à l’archétype du Charles Maurice nouvelle génération. Au dernier cours magistral un aurait même lancé un « facho=catho » particulièrement blessant. A qui la faute?

Images: Problèmes de Sciences Pistes (CC)Images: Problèmes de Sciences Pistes

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L’Europe à l’heure du choix

Alors que nos chers politiques et autres décideurs sortent d’un été bien chargé, et que nous reprenons le cours de nos études, se dessine déjà un enjeu crucial pour l’avenir de la France dans l’Europe, et de cette même Union Européenne dans le monde. En effet, l’UE et plus précisément l’Eurogroupe, a été, conséquemment à l’inaptitude des dirigeants à prendre les décisions qui s’imposaient depuis presque un an, irrémédiablement fragilisé, comme l’explique bien mieux que moi Jacques Attali ici. Ces décisions de dernière minute nous ramènent à un problème fondamental qui secoue l’Union depuis Maastricht.

Le choix à faire est finalement assez simple : que désirons-nous, une Europe divisée, un Euro en pleine décrépitude sur le marché monétaire mondial, des pays en pleine débandade que leurs voisins et partenaires plus riches abandonnent aux charognards professionnels que sont les spéculateurs sur la dette souveraine ; ou bien l’avènement d’une véritable Union politique à même de prendre rapidement des décisions pour assurer la pérennité tant de ses membres que de l’ensemble, une Union au fonctionnement plus démocratique, à laquelle seraient délégués de nombreux pouvoirs aujourd’hui encore dévolus à des Etats dépassés sur la scène mondiale ?

Il me semble que si nous arrivions à nous départir de cette vision à court-terme qui obnubile tant la classe politique, la deuxième option s’imposerait d’elle-même. Certes, elle nécessiterait moult sacrifices et renoncements, l’abandon – partiel – du sacro-saint principe de « souveraineté nationale » au sens français, et probablement le largage en cours de route de nombre de pays récalcitrants ou non préparés à ce cheminement. Aux premiers rangs desquels la Pologne, le Royaume Uni ou la République Tchèque, eurosceptiques notoires qui entendent faire du rêve d’Union politique des pères fondateurs Delors ou De Gasperi un simple marché libre dont ils sauraient tirer profit sans avoir à s’engager, sur le modèle de l’ALENA défendue par les Etats-Unis. Ou encore des pays comme la Roumanie ou la Bulgarie, qui ne répondraient pas aux exigences économiques de cette nouvelle Union.

Attention ! Ne me taxez pas de protectionniste, ou « d’euro-nationaliste »… Il ne s’agit pas ici d’abandonner purement et simplement ces pays, mais de créer des niveaux d’intégration différents taillés dans l’Europe qui existe actuellement. Ce processus s’articulerait en deux phases :

  • Premièrement, soumettre aux pays européens (proposition traduite par des référendums nationaux) un véritable projet de Constitution Européenne dotée d’un agenda contraignant les pays à progresser vers une véritable Union fédérale, avec transfert partiel de compétences nationales, au premier rang desquelles la Défense (projet avorté à plusieurs reprises au sein de la CEE). Cette Union serait également construite autour de la monnaie unique (Ceci permettrait également une flexibilité accrue de la politique monétaire autour d’une BCE qui pourrait être amenée à tenir un véritable rôle de « banque nationale », permettant une flexibilisation plus importante des cours de l’Euro selon la conjoncture au profit des pays membres.), l’Euro, avec donc une politique monétaire commune. Les pays acceptant cette réforme seraient alors classés en deux catégories, tandis que ceux la refusant catégoriquement s’exposeraient logiquement à un processus de désengagement progressif de l’Union.
  • D’une part, nous aurions alors les pays directement, car déjà adeptes de l’Euro et prêts économiquement, prêts à fonder cette nouvelle union (typiquement, les 6 pays fondateurs de 1957 plus l’Espagne et les pays scandinaves) et d’autre part, ceux désireux de s’engager mais encore trop tendres pour ne pas mettre en danger les autres pays suivant ce processus. Ceux-ci seraient alors aidés par les pays du premier groupe dans le sens d’un développement progressif qui leur permettrait d’intégrer à moyen terme le premier groupe.

Ces idées et propositions éminemment vagues sont évidemment utopiques dans le contexte actuel, mais donneraient à mon sens un vrai coup de fouet à l’idéal européen tel qu’il était envisagé tant dans les années 50 que par les utopistes des siècles précédents. Celui-ci a en effet perdu de son éclat et même de son sens profond auprès des populations concernées à cause des souillures et compromissions qu’on lui a imposées, poussant ces mêmes populations à se tourner vers des tribuns populistes prônant un repli vers l’Etat-nation, ou pire, des partis extrêmes professant la haine de l’autre, et le repli total, phénomène dont la France et la Hollande par exemple sont des exemples criants avec la progression de partis tels que le Front National aux objectifs économiques caducs et délirants (retrait de l’Euro…).

De plus, cette construction permettrait véritablement à l’Europe en tant qu’entité politique de prendre un poids inédit face à la toute puissance américaine/anglo-saxonne, et d’exploiter plus efficacement les avantages économiques dont elle jouit encore. Ainsi, l’euro représente actuellement un tiers des réserves de monnaie dans le monde, est une monnaie objectivement solide, que les spéculateurs américains tentent de casser, comme le montre ce très intéressant article de Slate.fr, aidés en cela par le transatlantisme non-avoué de nombre de dirigeants de pays européens.

En somme, il est temps pour la France et l’Allemagne de reprendre conscience du rôle historique qu’elles ont à jouer comme moteurs européens et de progresser vers cet idéal fédéraliste, doucement mais surement.

Une montre intéressante de ce que pourrait devenir l’Union Européenne dans 10 ans est d’ailleurs l’expérience « Europe 2020 » menée par la Commission Barroso II.

Modern Family ou le scandale du vendeur de chaussures qui en avait trop dit.

Depuis 2009 est diffusée sur les petits écrans de nos voisins outre-Atlantique une série dont eux-seuls ont le secret (bien qu’en fait ce soit l’adaptation d’une production française, mais CHUT ! on ne froisse pas un égo américain), mettant en scène la vie quotidienne de trois familles étant le reflet de notre société, la bien nommée Modern Family. Et effectivement cette truculente série dresse le portrait des changements inhérents aux évolutions des mentalités occidentales au travers de ses personnages pittoresques, hauts en couleur, et qui ont su en seulement deux ans se faire indispensable au succès amplement mérité de ce petit bijou, mettant ses protagonistes dans des situations plus cocasses les unes que les autres, mais qui nous renvoient une image tellement bien esquissé des relations familiales.

Campagne de publicité d'EramTrois familles qui n’en forment qu’une: Jay qui s’est remarié à Gloria, une colombienne de 20 ans de moins que lui – reconnaissable ente mille grâce à son accent (ne regardez JAMAIS la VF !) – et mère de Manny né d’un précédent mariage, d’autre part sa fille Claire, mère poule surprotectrice et malade de l’autorité, mariée à Phil, avec qui elle a trois enfants, et enfin Mitchell, le frère homosexuel de Claire, qui vit avec Cameron avec qui il a adopté Lily, une petite vietnamienne. Loin de la bien-pensance et du puritanisme américain, ces familles ne nous font pas bouder notre plaisir quant à leur originalité. Les thèmes abordés, s’ils sont quelques fois traités avec légèreté, dépeignent toujours avec ironie, intelligence et subtilité les grandes questions sociétales grâce à la palette de personnages tous plus farfelus les uns que les autres, mais attachants, entiers et sans fioritures (sauf Cameron, peut-être, et ses excentricités…) qui s’agitent sur nos petits écrans. Et le traitement est le même pour tous : un peu de dérision, de mélo, et beaucoup de rires. Vieux, gros, intellos, homos, ados, tous sont logés à la même enseigne, tous les couples ont droit à la même attention, sans que cela ne choque personne.

Mais alors me demanderez-vous, quel rapport y a-t-il entre une série au succès explosif aux Etats-Unis et un marchand de chaussures ?  Eh bien, lecteur fidèle du Mural, sache que le titre loufoque de cet article a un sens – si si je te l’assure – et j’espère que toi aussi tu voudras participer au débat.

Un récent événement dans nos contrées gauloises a fait ruer dans les brancards une partie de la société française, manifestement contre la libération des mœurs. Eram, une célèbre marque de chaussures dont la cible principale est les familles, a provoqué un tollé suite à la sortie de sa dernière campagne de publicité « La famille c’est sacré » : des affiches mettant en avant une famille homosexuelle, deux femmes et leur fille, une autre constituée d’une femme et de son très jeune petit-ami, et enfin une famille recomposée. En bref, un panorama de la famille française d’aujourd’hui. Alors, évidemment, quand on sort des sentiers battus, la réaction ne se fait pas attendre, et l’indignation que suscite une telle campagne « dénigrant les valeurs traditionnelles de la France » dans certains milieux explose sur Internet, et déclenche de violents pamphlets envers cette publicité qui porte atteinte à la famille en la désacralisant de la sorte. Certains, outrés et révoltés, menacent même à coups d’envolées lyriques de définitivement tourner le dos à la marque en question. Mais Eram peut compter sur le soutien d’un nombre considérablement important de personnes, qui félicitent la maison pour cette initiative audacieuse qui ose briser les tabous encore persistants qui entourent le mythe de la famille.

Certes, le bien-fondé de tels modèles familiaux n’est pas tout rose, mais il est grand temps d’arrêter de voir le mal partout, pointer avec ses cornes, sa cape rouge et sa fourche, dans une éclat de rire machiavélique les « modern family » franchouillardes, tandis que les hérauts de la parole divine, pourfendeurs du malin, nobles pourvoyeurs de toutes vertus, parangons de la bienséance, et autres grands commandeurs de la vénération du Très Haut se damneront à brandir leurs crucifix pour répudier les pécheurs qui ne veulent entendre raison. Ils s’esbaudiront devant la très sainte Bible – ou tout autre Livre Sacré, mais n’étant pas versée dans la Torah ou le Coran, je préfère m’abstenir – et dénonceront à coup de psaumes et de versets que « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination » Et histoire d’en rajouter une couche «Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux ». C’est bien connu, les pédés sont des détraqués qui ne méritent que la mort, alors, Jésus Marie Joseph, avoir à leur charge un enfant, je vous en prie, ne jouez pas au jeu du plus con avec moi, je gagnerais haut la main à cela avec moi.
Et ce qui est déplorable, c’est que j’exagère à peine sur les atrocités qui ont pu être dites par les détracteurs de la campagne. La famille recomposée et celle où la différence d’âge est importante n’ont pas autant mobilisé les foules conservatrices, mais leurs tirades dithyrambiques n’étaient pas non plus des plus tendres, et pourtant, je pensais que l’on avait dépassé ce stade. Que l’homoparentalité ne fasse pas l’unanimité, c’est tout à fait compréhensible, mais que l’on crache encore dans la soupe face au divorce, et le manque de stabilité des familles reconstruites…  Très cher lecteur, si tu penses comme cela, s’il te plait, dis toi que l’on est en 2011, et qu’aujourd’hui, 1 couple sur 2 divorce à Paris, 1 sur 3 en province, et que l’avortement est légalisé (sait-on jamais que, comme certains internautes très en forme, tu mettes toi aussi tous les maux du monde moderne sur le dos de l’IVG. Ou presque.)

Alors simple stratégie commerciale ou véritable volonté de faire évoluer les mentalités et montrer LES différentes facettes du terme de famille, Eram aura soulevé les foules, catholiques et conservatrices d’une part cherchant à faire entendre leur voix, et de l’autre, un peu de tout, entre ceux qui se reconnaissent et que l’on cible pour la première fois, et ceux qui ont su entrevoir, par delà les critiques virulentes, les changements inévitables de la société, que l’on ne peut éternellement dénigrer.

Les vilaines langues diront que le coq est le symbole de la France car c’est le seul animal qui, les deux pieds dans la m*rde continue de chanter. Eh bien, au vu de ces hommes qui se revendiquent de foi et rejettent de but en blanc les évolutions depuis 1968, il semble de plus en plus probable que l’image du coq ne soit, après tout, pas tellement éloignée de la réalité.

PS : au moment où je boucle cet article, la rédaction de Charlie Hebdo s’est refait faire une beauté gratuitement par des architectes d’intérieur super doués – ils ont tout démonté en un temps record, chapeau messieurs –, et on m’informe que l’homoparentalité va se greffer au programme d’une nouvelle matière en série L. La France n’est peut-être pas un cas désespéré après tout.

Entre la pluma y el fusil

Sumaron treinta cuentos, instrucciones, cartas, y hasta guiones de teatro, los textos que recibí a finales del año pasado, junto con un pedido de la profesora Vera para inmortalizar los trabajos de mis compañeros de la clase “Julio Cortázar: Entre la pluma y el fusil”.

Es una oportunidad doblemente original. Primero, porque nunca se ha publicado un conjunto completo de trabajos finales del campus; y segundo, porque representa la entrada a la web de un Julio Cortázar diferente, un Cortázar refabricado por completo por un grupo de jóvenes provenientes de varios rincones del mundo.

En homenaje al maestro Julio Crotázar, el Mural les presenta esta inédita colección, con el honor que merece el insigne cuentista argentino.

Haz clic aquí para acceder a la colección.

Rafael Millán

Ca déconne sévère dans les rangs du Parlement.

[L’image en Une ne m’appartient pas, et résume la pensée bien putassière de cet article. Aux esprits prudes, vous êtes avertis, et le langage peu châtié, voire carrément déplacé, pourrait déstabiliser les plus fragiles d’entre vous. Ah oui, je ne compte pas faire de politique.]

C’est une image qui parle à tout le monde. Un monsieur qui s’époumone pour essayer de faire respecter le silence, une brochette bien remontée de baltringues qui mettent l’ambiance en gueulant à qui mieux mieux quand un petit camarade a la parole, tandis que d’autres touristes prennent leurs grands airs et font de grands gestes pour être sûrs qu’on voit que non, ils ne sont pas contents , que tout ce que les monsieurs et les madames ils disent, c’est du grand n’importe quoi, et qu’ils connaissent rien à leur sujet, d’abord. Et puis y’a ceux qui ont l’air de s’ennuyer ferme en regardant leur montre toutes les trente secondes, ou qui discutent avec le voisin de comment bêcher son jardin avec une cuillère en bois parce que ça fait bio et que c’est hyper méga hype en ce moment, et puis c’est toujours plus intéressant que ce qui se dit. Le chômage et les suppressions de postes dans l’enseignement, c’est trop pas choupi quoi. Lire la suite »

Bye Bye Schengen

Maintenant que Ben Ali et Kadhafi ne sont plus là pour veiller à la surveillance des frontières à l’extérieur de l’Union, l’Europe craint le déferlement d’une « probable » vague de migrants clandestins qui pourrait submerger les côtes italiennes et françaises.

Si tous les gouvernements de l’UE ont soutenus pendant des décennies les régimes dictatoriaux confortablement installés dans tout le monde arabe, ils se félicitent aujourd’hui des changements intervenus dans  la région et  multiplient les déclarations de soutien à « la démocratie et au combat pour les libertés ». Mais quand il s’agit de faire face aux conséquences directes de révolution, l’UE se défile, évitant de s’impliquer dans des politiques de coopération et de développement sérieuses (et coûteuses !). L’attitude de la France face aux problèmes posés par l’arrivée de quelques milliers de réfugiés sur l’île de Lampedusa est sur ce plan emblématique : sa proposition d’appliquer les « clauses de sauvegardes » des accords de Schengen, annoncée le 27 avril dernier, n’est pas que l’aveu de l’échec de sa politique de coopération avec les pays du Maghreb, mais  surtout la preuve d’une absence totale de volonté de solidarité. Lire la suite »

Requiem pour John Locke

Au-delà de ses positions critiquables envers les athées, au-delà des aspects de sa pensée très empreints de défense du protestantisme, et en reprenant strictement le noyau de sa théorie sur la tolérance religieuse, on en arrive vite à la conclusion que ses idées semblent avoir été oubliées de la classe politique française actuelle.

Hypothèse de base de Locke : la stricte séparation entre l’État et les Églises. Chacun a son organisation propre, ses objectifs propres, ses moyens propres. L’État a pour but de permettre la vie en société en protégeant ses citoyens ; il est donc limité à la défense des intérêts temporels et le magistrat est le seul qui a le pouvoir d’utiliser la force. Une Église a pour but d’assurer le bonheur de ses membres dans l’autre vie, elle est donc limitée à la défense des intérêts spirituels ; l’usage de la force lui est strictement prohibé.

Toujours partant des hypothèses de Locke, le voile est une « chose indifférente » à Dieu (à supposer l’existence d’un dieu, évidemment) : c’est la foi qui importe et non les choses extérieures. Le port d’un voile n’influe donc pas sur le salut du croyant – voile qui, soit-dit au passage, n’a pas un statut très clair dans les textes islamiques. On pourrait donc supposer que le magistrat peut légiférer sur les choses indifférentes, étant donné qu’elles ne mettent pas en jeu le supposé bonheur futur du croyant. Et on suppose pourtant faux : une loi doit se caractériser par son utilité par rapport au bien public. Qu’est-ce que le port d’un voile, aussi couvrant soit-il, a à voir avec le bien commun ? Vous allez me répondre que cela nuit à l’ordre public, étant donné que la dignité humaine a été intégrée à cette notion par jurisprudence.

Dignité humaine. Une notion bien vague, ma foi. Des esprits mal tournés pourraient penser que son invocation cache d’autres opinions moins humanistes. Une certaine hostilité à une religion différente, peut-être ? Bien, soyons coopératifs, et supposons que le port d’un voile intégral porte atteinte à cette fameuse « dignité humaine » que l’on a bien du mal à définir. Que faire si les femmes qui le portent sont persuadées d’avoir choisi de le porter ? Qu’on interdise de forcer quelqu’un à le porter, soit. Parce qu’un État a le devoir de protéger les libertés individuelles. Parce qu’une Église a l’interdiction de forcer quelqu’un à adhérer à son culte. Mais lorsque le port du voile intégral est revendiqué comme un choix –endoctrinement ou pas, peu importe –, que faire ? Une amende est-elle le meilleur moyen d’y remédier ? Ne risque-t-elle pas au contraire de cristalliser les tensions sous-jacentes ?

On revient ici à deux autres idées principales de la Lettre et de l’Essai sur la tolérance. Tout d’abord, la force n’est que l’ultime moyen à employer, et qu’il n’est pas forcément le plus efficace. Certes, une croyance, de par son nom, n’est pas une vérité absolue en soi. Mais il se trouve qu’on ne peut pas se forcer à croire quelque chose. Essayez de convaincre quelqu’un qui porte un voile volontairement que cela porte atteinte à sa dignité : il, ou plutôt elle, va vous rire au nez. Même si la fin justifiait les moyens, les moyens employés ne seraient de toute façon pas adaptés. Une loi sera inutile pour promouvoir la dignité humaine ou l’émancipation féminine au niveau individuel ; en revanche, la persuasion, la discussion, des questions bien posées, peuvent avoir des effets bien plus grands et surtout moins stigmatisants.

Ce qui nous conduit à une autre idée de Locke : il vaut mieux avoir des « ennemis » déclarés, auxquelles on est opposés que par la religion. Le terme d’ennemi ne convient pas ici, à moins d’être partisan d’un certain Front, mais vous avez compris l’idée : l’opposition systématique est non seulement inutile mais surtout contre-productive. Aussi dangereux que puissent être des groupuscules islamiques extrémistes pour l’État et pour la dignité de quelques 2000 femmes intégralement voilées, ils sont tout à fait différents de la grande masse des musulmans, qui pourraient bizarrement se sentir visés ; des musulmans qui n’ont, dans l’ensemble, aucun problème avec l’État et ne posent aucun problème en tant que musulmans.

Le vrai problème, c’est ceux qui voient un problème dans le port d’un voile à la Poste. Je parlais ici de l’interdiction du voile intégral, mais on peut facilement l’étendre au voile tout court ; oh, pardon, l’étendre « à tout signe religieux », pour ceux qui souhaitent rester dupes. L’État est laïc, effectivement, donc ses fonctionnaires aussi. Mais depuis quand un usager du service public, école, hôpital ou administration, devrait-il l’être ? A moins que ce port puisse porter atteinte à l’ordre public (exigence sanitaire, etc.), et n’en déplaise à Claude Guéant, cette interdiction relève plus d’une intolérance de la part de l’État que de la défense de la laïcité. Il ne s’agit pas ici d’être favorable ou non au voile, de l’approuver ou d’y être hostile, ce qui relève de l’opinion personnelle. Il ne s’agit pas de relativisme culturel abusif non plus, car l’État peut essayer de changer ces opinions en choisissant de véhiculer des idées féministes, égalitaires – mais pas les imposer. Non, il s’agit simplement de voir la situation d’un point de vue rationnel et pragmatique. Il s’agit d’examiner le rôle qu’un État doit avoir par rapport aux Églises, et le nôtre semble avoir dangereusement oublié certains de ses principes.