Mural

Wadjda


Wadjda, premier film saoudien tourné en Arabie Saoudite par Haifaa al-Mansour a déjà attiré plus de 160 000 spectateurs français depuis sa sortie en février 2013. Un succès qui s’explique par l’originalité (à tous les niveaux) de ce chef d’œuvre audacieux et déterminé.

Tout d’abord, un peu d’histoire pour comprendre la surprise qu’a pu provoquer la sortie de ce long métrage. Au début des années 1980, le gouvernement d’Arabie Saoudite décide de fermer tous les cinémas du royaume wahhabite lors du « renouveau islamique ». Malgré cette restriction, Abdullah al-Moheissen réalise avec l’algérien Ahmed Rachedi un long métrage intitulé Les Ombres du silence. En 2008, Ibrahim al-Ghais, un des responsables religieux du pays déclare que « nous n’avons rien contre le cinéma s’il montre le bien et ne viole pas la loi islamique. » Malgré les interdictions qui subsistent et les proscriptions implicites, Haifaa al-Mansour réussit à réaliser un long métrage, tourné dans la banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite, qui va redonner espoir dans une société où la liberté d’expression reste réduite.

Ce premier grand film saoudien met en scène une jeune fille de douze ans : Wadjda, vivant dans un milieu conservateur qui ne l’empêchera pas de s’affirmer dans ce monde où les règles encadrent la vie quotidienne. Wadjda ne se prive pas de s’habiller comme elle le souhaite (jeans et converses), d’écouter du rock et de s’imposer face à la figure masculine qui règne. Ce film montre clairement à quel point l’envie de posséder un vélo pour une petite fille qui veut « faire la course avec ses amis » peut devenir un combat et un défi lancé à toute une tradition.

« Abdallah (ami de Wadjda) : « Tu ne sais pas que les filles ne font pas de vélo? »

Wadjda : « Tu dis ça pour ne pas perdre contre une fille ». »

Wadjda va alors participer à un concours de récitation coranique organisé par son école pour essayer de gagner de l’argent afin de pouvoir payer le vélo de ses rêves. Sans vous raconter la fin du film, je peux vous dire que dans un pays où les femmes n’ont pas le droit de conduire, l’envie de faire du vélo pour une jeune fille n’est pas facile à satisfaire.

Ce film magnifique et farouche, qui ne s’excuse pas de dénoncer une société dans laquelle le machisme fait la loi et où les femmes sont privées de droits, a été doublement primé au festival du film de Dubaï. Il a obtenu le Muhr (étalon) du meilleur long métrage arabe. L’actrice principale, Waad Mohammed, qui joue le rôle de Wadjda, a également eu le meilleur prix d’interprétation féminine. Ce prix est symbolique pour Haifaa al-Mansour qui s’est battue pour pouvoir tourner son film : « J’ai dû diriger à distance, enfermée dans une camionnette. Dans les rues de Riyad, il aurait été mal perçu de voir une femme à la tête d’une équipe composée d’hommes. » Cependant, les salles de cinéma ne sont toujours pas autorisées et la scénariste précise alors que « Le public (saoudien) ira le voir dans un pays limitrophe, ou il le découvrira en DVD. Je suis sûre que l’ouverture des salles en Arabie saoudite est imminente. Évidemment, il y aura une entrée pour les hommes et une autre pour les femmes. »


Un film plein d’espoir, qui ne vous laissera pas indifférent ! A voir d’urgence, en VO !

Literatura marginal

Na terça-feira, 19 de março, o campus euro-latino-americano da Sciences Po serviu de palco para o talento de dois escritores brasileiros singulares e de cenário para a exposição da chamada “literatura de periferia”, criada em São Paulo.

Ferréz, romancista, contista e poeta brasileiro, e Rodrigo Ciriaco, professor, militante e escritor, fazem parte da chamada “literatura marginal”, que descreve a vida na periferia de São Paulo e que é produzida por artistas que lá nasceram e lá vivem até hoje.

Em um conversa dinâmica e informal, ambos os artistas proveram, juntos, uma prazerosa experiência para os alunos que os ouviam. A descoberta da literatura marginal demonstrou-se interessante, não apenas, para uma reflexão mais ampla a respeito da definição de literatura, de arte, de artista, mas também, para uma discussão acerca das desigualdades que fundamentam o abismo entre as classes sociais em São Paulo e, em geral, no Brasil.

Os escritores declamaram trechos de seus livros, encenaram suas histórias e forneceram uma amostra de sua história e de seu universo: a história e a realidade da periferia. Mais do isso, os poetas apresentaram sua maneira de pensar, de escrever, de perceber o mundo, de mudar o contexto onde vivem. Eles presentearam a platéia com uma arte completamente nova aos olhos dela e certamente atiçaram sua curiosidade.

Se, em duas horas, numa simples noite de terça-feira, esses artistas foram capazes de apresentar um universo inteiramente diferente daquele familiar aos alunos, certamente, suas obras são capazes de permitir a seus leitores que mergulhem nesse novo mundo e compreendam um pouco melhor a dimensão da alteridade que marca suas vidas:

Dois mundos, dois cenários, duas culturas, duas realidades, dois universos vizinhos, coabitando em um mesmo país, em uma mesma cidade, em um mesmo bairro, em uma mesma rua, separados por um muro que mais parece ter porte de uma muralha.

Pelo menos alguém quer derrubá-la e parece saber como.

Le pape est raide!

… Mais je n’en parlerais pas, lecteur avide de séniles radotants.

Sous le pont mirabeau coule la seine,

Sous le clain, vit le malin,

Et les alcools ces sens, fluides dans mes veines

Quand de nos vices je tête le sein

Avertissement : Cet article est sans réel sens ni cohérence, il faut le prendre comme un ensemble de pensées fugaces qui m’ont traversé pendants d’épais moments de solitude, ou de beaux moments d’émotions. Semaine dure, semaine longue, bien trop de choses à dire, et si peu de lignes pour écrire. Autant en finir, ça plaira bien à quelqu’un !

Ballades de cour en jardin, petite chronique d’un tour sur le manège de l’inéluctable

« La cour vous condamne à 12 ans d’emprisonnement ferme ». Le visage, dur et buriné par les années demeure impassible. Prévisible, pense-t-il sans doute. Injuste mais prévisible. Las regards des avocats, las et indifférents, tandis qu’ils referment la minuscule porte d’humanité qu’ils semblaient avoir ouverte le temps de ce procès. La justice est dure, dans nos beaux pays, aussi dure que la vérité se perd dans les tréfonds, si insondables. J’ai vu les juges sonder les âmes, les avocats, jouter sans grande ardeur. J’ai vu les jurés, perdus et concentrés, âme du peuple et main de fer. J’ai vu un homme, enfin, que la vie n’a pas gâtée, abandonné par son père, recueilli, arraché à sa famille, malade car détruit, puis détruit, car malade. C’est l’histoire d’un homme, un peu paumé, un peu malade, atteint dans son esprit, tardivement diagnostiqué. C’est aussi l’histoire d’un récidiviste, ancien braqueur de magasin. C’est l’histoire d’un homme marié, passionné des jeux, passionné de pèche, de sa femme, plus vieille de 15 ans et très malade. C’est l’histoire d’une vie de merde qu’on ne trouverait pas dans un roman de Zola. Cette histoire, il faut la juger, après un braquage, commis il y a quelques années, avec une arme à blanc, suivi d’une tentative de fuite avec prise d’otage. Dur de raconter en quelques lignes 2 ans de procès. Mais en écoutant les délibérations, une mince ligne : voulait-il éponger ses dettes par le braquage, ou était-il sous l’emprise de la folie, après avoir délaissé médicaments, et avoir laissé ses pulsions le mener vers le suicide qu’est le braquage de jour d’une banque prêt d’un commissariat ? La cour a tranché, l’homme fut responsable, il le demeure, il doit payer. Quelle vie, après ? 12 ans, 55 ans déjà, presque, pas d’argent, pas d’amour, pas de sortie… Ne préférerait-t-on pas mourir que de ressortir dans un monde si terriblement changé, alors qu’on a si terriblement vieilli ? Et derrière, en ligne de fond, ma conviction, que confirmeront ses paroles après le jugement : il ne le voulait pas, ce braquage, il voulait la mort. Pourquoi, sinon, demander à indemniser, après le jugement, les victimes de ses actes ? Quels regrets sinon, que ceux d’un acte qu’il assume, mais ne normalise pas ? En quoi un homme à 50 ans, après une vie foirée, un peu plus qu’une autre, une journée foirée, mais pas plus qu’une autre, après une pause de 20 ans reprendrait-il, et si inconséquemment. Bref, une vie au placard, passons à autre chose, le malheur, après tout est dans le monde non ?

Vent de fraicheur pour Angoulême

Autre panorama, plus ouvert, plus joyeux, malgré le froid et le vent qui régnaient. On fêtait ses 40 ans, au festival d’Angoulême la semaine passée. Je ne connaissais le lieu, et l’évènement, que lointainement et en ces temps troubles, quitter Poitiers et bien… Ca fait du bien. Les rues étaient bondés de gens de tout âge de tout genre : en famille, en bon nerd, en train de faire du cosplay… Une ambiance excellente dans les rues, donc, tandis qu’on se ballade pour aller d’une bulle –énormes tentes sous lesquelles se trouvent les exposants- à l’autre. On y trouve de tout, des grandes maisons d’éditions qui éditent les bd de nos enfances, Astérix, bien sûr, mais aussi Thorgal, kid Paddle, Blacksad tout ça, tout ça. C’est donc avec un cœur plus léger que j’ai apprécié la balade et la visite, même si mon porte-monnaie vide m’a retenu d’être l’acheteur compulsif que j’aurais apprécié d’être. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir l’occasion de découvrir des bds inconnues. Trop de monde, pas assez d’espace… Impossible de tomber sur LA perle, à moins d’avoir repéré auparavant ce qui nous intéresse. Ca et de ne pas avoir pu croiser Uderzo, qui faisait ses adieux et passait le flambeau d’Astérix à une nouvelle génération d’artistes. Ce ne sera plus jamais les mêmes aventures pour moi, mais il faut bien s’arrêter. Même si j’aurais probablement plus apprécié de voir les aventures des irréductibles s’arrêter là, le massacre cinématographique n’a pas besoin de s’accompagner du massacre d’une bd.

Mais bon, se faire dédicacer par un Adlard (The Walking Dead, malheureusement pour les connaisseurs trop médiatisée par la série éponyme) souriant et conciliant, ça prend 3h, c’est frustrant, mais bon, ça a vraiment valu le coup d’être tenté. Bref, pour 15 euros la journée, petit poitevin, voilà venue pour toi l’occasion de quitter le village (Angoulême, c’est pas loin, c’est pas cher), de refaire ton stock de bds et de visiter une nouvelle ville. 3 activités sympa en une, je sais pas vous, mais ça remplit de joie.

Sinon, je cherche toujours un témoin éventuel de l’Orgie Romaine pour pouvoir m’indiquer comment je me suis blessé dans cette fameuse soirée qui est pour moi plus obscure que floue. Me suis-je cassé la gueule ou fait casser la binette ? Si tu as une réponse à cette question, n’hésites plus et envoie moi une inbox ou en commentaire.
Bisous à toi, ce fut bref et peu profond, mais j’ai des courbatures dans le dos et une toux d’enfer, ça m’empêche de me concentrer.

La justice dans l’œuvre de Victor Hugo, une conférence animée par Robert Badinter.

La conférence du jeudi 31 janvier 2013 portant sur « La justice dans l’œuvre de Victor Hugo » a tout d’abord débuté par des applaudissements chaleureux dès l’entrée de Robert Badinter sur la scène du TAP (Théâtre et Auditorium de Poitiers). Le Maire de Poitiers, Alain Claeys accueillit le public (très nombreux) ainsi que Monsieur Badinter en rappelant le rôle joué par l’ancien ministre de la justice dans la création de la loi contre la discrimination des homosexuels et en se déclarant satisfait des projets de loi actuels du gouvernement veillant à rendre notre société plus égalitaire.

Robert Badinter prit ensuite la parole en surprenant le public par sa voix pleine de vigueur et d’enthousiasme : « Je vais vous parler de Victor Hugo, je suis un Hugolâtre, j’aime Victor Hugo comme une personnalité parce que son parcours politique est singulier » puis expliqua en quoi le parcours politique Victor Hugo est fascinant : tout d’abord Royaliste, puis Libéral et Libéral-Socialiste-Démocrate, et finalement Libéral-Socialiste-Démocrate-Républicain ! Sur un ton rieur, Robert Badinter raconta de quelle façon Victor Hugo prouva toute sa vie à quel point il était républicain et ajouta que même si lui, « il a tout le trajet inverse », il admire et partage les valeurs pour lesquelles Victor Hugo s’est battu toute sa vie. « Partager des valeurs » est même un peu faible comme formule : Victor Hugo et Robert Badinter ont tous les deux défendu une nouvelle justice : une autre justice que celle de leur temps, une justice plus fraternelle, une justice sociale, une justice du bien. Comme le dit Victor Hugo et comme l’a fait Robert Badinter : « Il faut combattre les mauvaises actions de la loi ».

Le combat de Victor Hugo, qui a forgé les convictions de Robert Badinter, s’est nourri d’expériences vécues : l’écrivain aurait été traumatisé par la vision d’une jeune fille brulée pour avoir volé, il aurait été touché par le Bagne, sujet que l’on retrouve tout au long de ses écrits. Victor Hugo est engagé et actif : il décrit la prison, il la visite, il la dénonce, il revendique le « droit de devenir meilleur » et partage ses convictions à travers la France ainsi qu’a travers l’Europe toute entière. Comme le dit Robert Badinter : « Hugo est père de France, il assiste à une gloire européenne : la première édition des Misérables est autant vendue à Moscou qu’à Paris. C’est un homme qui écrit pour toute l’Europe. »

Vouant une grande admiration à l’ouvrage Claude Gueux de Victor Hugo, œuvre qui vise à faire vivre et ressentir au lecteur le supplice moral que constitue la peine de mort, Robert Badinter décida d’écrire avec Thierry Escaich un opéra intitulé Claude qui raconte l’histoire d’un homme condamné à mort après avoir assassiné son directeur. Robert Badinter nous rappelle avec humour que son opéra sera diffusé à Lyon du 27 mars au 14 avril 2013 (à ne pas manquer, évidemment !)

Pour l’ancien garde des sceaux, Victor Hugo est le plus grand abolitionniste de tous les temps et la haine qu’Hugo peut éprouver pour la peine de mort s’inscrit dans des expériences lointaines qui ont formé son combat. Une de ces expériences est décrite dans une lettre que Victor Hugo écrit à Monsieur Bost, pasteur à Genève, le 17 novembre 1862 : « Il y a huit ans, à Guernesey, en 1854, un homme nommé Tapner fut condamné au gibet ; j’intervins, un recours en grâce fut signé par six cents notables de l’île, l’homme fut pendu ; maintenant, écoutez : quelques-uns des journaux d’Europe qui contenaient la lettre écrite par moi aux Guernesiais pour empêcher le supplice arrivèrent en Amérique à temps pour que cette lettre pût être reproduite utilement par les journaux américains ; on allait pendre un homme à Québec, un nommé Julien ; le peuple du Canada considéra avec raison comme adressée à lui-même la lettre que j’avais écrite au peuple de Guernesey, et, par un contrecoup providentiel, cette lettre sauva, passez-moi l’expression, non Tapner qu’elle visait, mais Julien qu’elle ne visait pas. Je cite ces faits ; pourquoi ? Parce qu’ils prouvent la nécessité de persister ».

Persister. C’est aussi ce qu’a fait Robert Badinter lorsqu’il a prononcé son discours d’abolition de la peine de mort à l’Assemblée Nationale, en espérant rendre hommage au combat abolitionniste mené par Victor Hugo et faire obstacle aux « meurtres sur la place publique », alors qu’il venait de voir un sondage annonçant que seulement 32% des français étaient pour l’abolition de la peine de mort alors que 64% étaient contre. Badinter nous confie, avec émotion, qu’après avoir prononcé son discours à l’Assemblée, il était allé s’asseoir à la place où s’asseyait Victor Hugo lorsqu’il y siégeait (en 1848) et pensa que « cette loi du sang pour le sang » il l’avait lui aussi combattu et qu’il avait honoré la volonté de Victor Hugo en se battant pour une justice sociale et fraternelle.

Après plus d’une heure et demi de conférence, les paroles de Robert Badinter se confondent avec celles de Victor Hugo et le public ne peut qu’admirer cette volonté de changement et cette force qui semble appuyer chaque phrase prononcée, comme si chaque  discours était un combat à gagner et un auditoire à convaincre. En écoutant ces mots, nous sommes convaincus que l’homme est bon et que la société le rend mauvais : « cerveau bien fait, cœur bien fait, mais société si mal faite que l’homme finit par voler, qu’il finit par tuer ».

L’admiration et la reconnaissance qu’éprouve Robert Badinter pour Victor Hugo font de lui un grand homme, son combat et ses convictions font de lui un justicier et un visionnaire. Comme le dit Victor Hugo : « L’abolition de la peine de mort entrera comme un soulagement divin » et comme le permet Robert Badinter, la justice tend à être meilleure : « Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus pour notre honte commune, des exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. A cet instant, j’ai le sentiment d’assumer, au sens ancien, au sens noble, le plus noble qui soit, le mot de ministère c’est le service, j’ai le sentiment de l’assumer. Demain, c’est l’abolition.
Législateurs français, de tout mon cœur, je vous remercie ». Discours du 17 septembre 1981.

Pour finir la conférence, Robert Badinter cite une phrase de Victor Hugo gravée en lui : « Je vote l’abolition pure, simple et définitive de la peine de mort ».

Django, sans chaînes et déchaîné

C’est à 49 ans que Quentin Tarantino sort son dernier film, tant attendu trois ans après Inglorious Bastards. Notre nouveau film préféré, Django Unchained.

Pour résumer, Django nous raconte l’histoire de Django, interprété par Jamie Foxx, un esclave noir aux États Unis peu avant la guerre de Sécession qui, affranchi par un chasseur de primes allemand, Dr. King Schultz (Christoph Waltz), devient chasseur de têtes à ses côtés le temps d’un hiver avant de partir à la recherche de sa femme, esclave dans la propriété du célèbre Monsieur Candie, formidablement interprété par Leonardo Di Caprio. Nouveautés et classiques tarantinesques, ce western spaghetti a de quoi ravir.

Encore et toujours, la bonne équation d’acteurs
Django est un recueil de bons personnages par de très bons acteurs. Tout d’abord, Samuel L. Jackson, qui n’est pourtant pas une surprise. La muse de Tarantino incarne le rôle du majordome noir de M. Candie, vile créature éprise du syndrome de Stockholm, complètement attaché à son maître, fier de son statut de chef parmi les esclaves mais qui ne revendique pas pour autant une liberté. Samuel L. Jackson quitte les rôles de chef de gang pour être maintenant l’égérie de la soumission. Christoph Waltz, que nous avions déjà vu dans Inglorious Bastards a su de nouveau montrer son talent en jouant un européen lettré qui méprise les américains et l’esclavage. Dr. Schultz est à la fois un personnage et une interprétation fantastiques. Cependant, l’acteur phare de ce film est sans aucun doute Di Caprio. Sa belle gueule met le masque d’un riche propriétaire, businessman américain sans scrupules. On est à des kilomètres du romantique Jack de Titanic. Ajoutés à Foxx – et éventuellement Kerry Washington– la meilleure combinaison possible d’acteurs est portée à l’écran.

Un western spaghetti à la sauce Tarantino
Ceux qui ont été déçus par la fiction historique et peu probable imaginée dans Inglorious Bastards peuvent, avec Django, se réconcilier avec le réalisateur. Quoique surprenant, c’est un récit qui tient la route, une route sud américaine qui traverse de somptueux paysages de l’ouest américain pour déboucher dans le Mississipi. Des décors impeccables et historiquement justes nous projettent une autre image du XIXè siècle américain. Cependant un humour satirique et anachronique renverse le film régulièrement. On retrouve du Pulp Fiction ou du Jackie Brown dans le langage ghetto et « nigga » à tous moment. Très ad hoc pour des noirs américains – même si ils sont esclaves au XIXè siècle…

Tarantino s’amuse avec les clichés et stéréotypes de l’histoire et des États Unis. Comment ne pas penser à Lucky Luke avec ces saloons et shérifs (à lire avec l’accent texan : saloooon), aux images que l’on a communément de l’Amérique profonde, cette image que l’on a tendance –et que l’on veut – répandre de l’Américain de base en opposition avec celle de l’Européen raffiné. Tarantino joue avec cela, voire à l’extrême dans la scène qui ridiculise le Ku Klux Klan de toutes les façons possibles. Django où « let’s make fun of America one more time« .

La bande son infaillible
Finalement, mais nous le savions déjà, ce brave Quentin, en plus d’avoir une fine créativité cinématographique et de mise en scène, possède certainement un don-bande-son, celle de Django étant particulièrement réussie. On retrouve dans ce film l’art de renverser une scène par une musique complètement hors du contexte. Dans Kill Bill nous avons été surpris par l’air espagnol dans une scène de combat nipponne. Ici, après de longues scènes aux accents épiques bercées par Ennio Morricone – entre autres – c’est Tupac qui revit. Quoi de plus approprié que du rap pour raconter les exploits d’un noir américain ? Une première dans le ciné tarantinesque que l’on espère bien retrouver !

Ainsi, chers lecteurs, si vous n’avez pas encore regardé l’objet de mes joies, je vous recommande vivement de courir au ciné pour ne pas le rater ! Au pire, vous pouvez toujours télécharger. Mais shh, c’est illégal.

De chilango a chilanguito, siempre capitalino


DF, DFectuosos DFiniendose, increíble ciudad sin límites, Tenochtitlan no muere.
Como no extrañar esas calles, trazadas con precisión para la sede de Nueva España. La Ciudad de México no deja de sorprender. La ciudad en movimiento mezcla con habilidad la espontaneidad de la capital tercer mundista, la tecnología del futuro y ese ambiente tan peculiar, tan propiamente alternativo, tan… chilango.

Todo empieza el lunes en la mañana. Después del reventón de fin de semana, el chilango inicia la semana con el tráfico. Con el vapor humano del metro. Los intestinos de la ciudad son atravesados por esos monstruos naranja que sin duda son la manera más rápida y eficaz de moverse en el DF. El chilango está acostumbrado a oír los “popurrí” de música que escupen bocinas de mala calidad, llevadas por ambulantes en el semáforo, en el tráfico o en el vagón metropolitano. El chilango tiene que resistir diariamente a las tentadoras llamadas para que se lo lléve: “llévele, llévele! La pluma azul, para todas ocasiones! Tres pesos, tres pesoooos!”

A medio día, el chilango sale al puestito de la esquina, a comerse sus tacos, va por su torta o se sienta en la fondita de la calle. Después de ello, no falla el cigarro suelto, 4 pesos en el kiosco.

La rutina sigue hasta martes, que el miércoles, despierta la noche chilanga. Que una cerveza por aquí, que si vamos por unos tragos a la Condesa, por unos mezcales a Coyoacán, que “Una cubita, ándale” y ya estamos bailando desenfrenadamente en uno de los antros capitalinos. Todas las músicas, todos los ambientes: para DJs internacionales, música comercial o electrónica alternativa “hecho en México”. Para todos gustos, todos sabores. ¿Qué querías un concierto? No faltarán las ocasiones de acudir al José Cuervo Salón, al Plaza Condesa, al Foro Sol. Festivales los hay. La escena musical se desarrolla lenta pero seguramente en la ciudad. Artistas internacionales acuden frecuentemente a representarse en los escenarios chilangos.

Para los amantes del deporte no hay escapatoria. La afición mexicana gira mucho entorno del fútbol, pero no sólo eso. Afortunado, el chilango se emociona durante un partido desde un palco, de lo contrario, tampoco le falta el ambiente a los generales del Estadio Azteca, del Estadio Universitario o del Estadio Azul. A un lado de este último, se encuentra la plaza de toros para los amantes de la tauro machía. Para una buena rutina de baile, ineludible es la lucha libre en la Arena México de la colonia Doctores.

El fin de semana llega con todo el descanso y la fiesta imaginables. ¿Un poco de naturaleza? El parque de Chapultepec recibe a los chilangos en sus tres secciones; los sureños acudirán a los jardines de Ciudad Universitaria (CU, para los amigos. Los amantes de la buena mesa irán a Polanquito a la terraza de alguno de sus restaurantes. Más alternativos, se sentarán en la Condesa o en la Cuahutemoc, zona en plena expansión restaurantera, con la ventaja de poder pasear en los alrededores del Ángel al finalizar la comida. Los domingos, la bici está de moda en el Paseo de la Reforma, quién cierra con ese propósito. El valiente ira desde Chapultepec al Centro histórico, pasando por el Monumento de la Revolución. El cultural se entretendrá en esa zona; con suerte, una exposición en Bellas Artes. De lo contrario, en el Zócalo, el Palacio Nacional da a admirar los murales de Diego Rivera. Para un descanso, fácil es encontrar un café en terraza.

El chilango es consumidor. Aquél vintage encuentra su suerte en la Colonia Roma. El lujoso optará por la Colonia Polanco. Sin embargo, cada quién consume la ciudad según su placer. Reunirse es también parte de la afición chilanga: los capitalinos batieron récord del mundo de flash mob con Thriller en 2009; el DF reunió más gran zombie walk este 2012. Entre otras movilizaciones, Huladiccion.

El DF late dentro de cada chilango. Por el momento, esperando ansiosamente regresar, como diría la Chilanga Banda, “Mejor yo me hecho una chela y chance enchufo una chava”.

The eXXperience

And you just keep on getting closer
When you’re the one that I’ve kept closest

De toute façon c’est toujours mieux de sortir et connaître, essayer des nouvelles habitudes et expériences ne pouvant me faire que du bien. Train direction Bordeaux à 15H45, comme d’habitude, pris à la dernière minute. Juste un billet, des clés, un manteau et des sandwichs.

La gare et le train, ça commence à devenir une habitude. Quand Poitiers disparait derrière nous, j’émerge pour prendre au sérieux ce bouleversement de la routine. S’échapper, ça fait du bien.

My heart is beating in a different way
Been gone such a long time and I feel the same

Bordeaux, l’inconnu. Il fait beau, j’ai faim mais il faut trouver la salle du concert. On décide de traverser une partie de la ville à pied. La sainte 3G nous a guidé le long du chemin, on traverse des quartiers, tous différents, rien de spécial. Le grand Bordeaux nous attend de l’autre coté de la ville.

Basic space, open air
Don’t look away, when there’s nothing there

Quand tu penses à une salle de concert, tu penses aux gradins, à la scène, aux entrées. Mais dans cet endroit, rien à voir. Aucun gradin, une scène au milieu de ce qu’on pourrait décrire comme un gymnase de lycée. Le public attendait devant la scène, debout, quelques-uns avec des bières, les autres seulement en train de parler.

19h30, le concert n’a pas démarré. 20H, le concert toujours pas. 20h15 deux mecs qu’on n’attendait pas sortent et commencent à jouer. Ils essayent de mettre l’ambiance, ils arrivent par moments mais le public attend le trio. Finalement ils annoncent que the xx ne devrait plus tarder. Bonne nouvelle, mais il faut encore attendre. 20 longues minutes, et tout à coup, le noir.

If someone believed me
would be
As in love with you as I am

Quelle façon de commencer ! A travers un écran qui laisse entrevoir un peu la scène, on voit défiler des images et des vidéos qui accompagnent la première chanson du concert. Malgré des petits problèmes techniques, ils s’en sortent et ne déçoivent en aucun moment. Premier et deuxième album mélangé, ils font revisiter les classiques tout en même nous introduisant solennellement à leur nouvel ouvrage. Même si il n’est pas à la hauteur du premier, il est digne d’être écouté et d’autant plus avec cette mise en scène.

Going back to where I’ve been
I’m froze by desire
No need to leave

Tous les grands morceaux de son Opera prima y sont présents. On peut retrouver le fil conducteur d’une histoire d’amour échouée, histoire qui est racontée tout au long des 11 tracks. Mais ce n’est que mon interprétation personnelle, et subjective comme toujours.

Wish the best for you
Wish the best for me
Wished for infinity

On assiste à un jeu de lumières qui peut seulement te laisser speachless. Toutes les couleurs, toutes les intensités, toutes les variantes… Chaque chanson est parfaitement bien accompagnée d’une mise en scène grâce aux lumières. Le détail qui tue : entre les chansons, Jamie XX nous offre un peu de son talent. Vers la fin, au summum du concert, apparaît sur la scène le X, comme dans une secte. Fait en verre, translucide, elle se remplit de lumière et à l’unisson, le public applaudit et acclame ce qui se passe.

And with words unspoken
A silent devotion

La grosse déception, le concert ne dure que 1h30. Mais bon, todo lo bueno dura poco n’est-ce-pas?

C’est le moment de sortir et connaître Bordeaux, ne pas dormir et prendre un train à 6h du matin. Madness ? Peut être, mais sans un peu de folie et spontanéité on tombe dans la routine, me dis-je. Une routine à éviter.

Heart skipped a beat
And when I caught it you were out of reach
But I’m sure, I’m sure
You’ve heard it before

Orchestre philarmonique du Conservatoire de Poitiers

No final de semana passado, o TAP foi palco para um festival de música norte-americana. A Orquestra da Harmonia do Conservatório de Poitiers produziu um concerto de direção de Claude Kesmaecker, o qual contou com um grande público e muitos aplausos.

O evento contou com composições de Copland, Shaw, Gershwin, Barnes e Bernstein. Animados e modernos, os sucessos da música clássica norte-americana foram representados em cinco obras diferentes, que sempre fizeram muito sucesso, foram tocadas por diversos artistas famosos de jazz e são apreciadas até hoje.

Cada composição adquire ainda mais valor se considerado o contexto em que foi criada e a intenção de seus compositores. Para compreender tal fenômeno, só conferindo ao vivo. Mas pra quem ficou com água na boca, pode tentar se contentar com Porgy e Bess, de Gershwin: http://www.youtube.com/watch?v=Qbh1BrDE2ac.

Fica a dica!

Après Mai, la revolución aguada

El domingo por la noche fui al cine con la esperanza de ver algo entretenido. No es que estuviera aburrida de trabajar, que va, solo quería poder recomendaros una película bien, algo que sirviera de excusa para salir un rato y olvidar esa pila de mini-mémoires.

La cartelera, como muchas otras veces, ofrecía unos títulos poco o nada tentadores, pero ya me había decidido por “Après mai”, una producción francesa ambientada no lejos del mítico mayo de 1968. Tengo que reconocer que todo lo hippy, años 60-70 y esas cosas tan coloridas siempre me han gustado. Tenía cierta esperanza a pesar de las templadas críticas.

Gilles, el protagonista de la película, es un estudiante de liceo parisino inmerso en todo el movimiento de contestación de la época. Menos revolucionario de lo que se pretende, su lado rebelde va poco a poco diluyéndose en sus aspiraciones personales: ser pintor.

Todo esto, como es de esperar, mezclado, aguado con una buena dosis de amores, vacaciones y problemas varios. En ese contexto, y con todas las posibilidades del argumento, la película debería haber sido mucho menos aburrida, o al menos con una estética más interesante. ¡Con el juego que puede dar un pintor revolucionario! Tal vez todo era demasiado bonito, todos demasiado guapos.

Siento decir esto así, pero si queréis emociones, tal vez sea mejor meterse a Twilight o Skyfall.

Le divin blasphème du regard de l’homme ou comment je ne souhaite pas mourir

Ce qui m’a surpris, c’est l’ampleur de la queue. Près de 15 minutes avant le début théorique de la pièce, j’étais encore en train de poireauter dans la file pour les vestiaires. Mesures de sécurité draconiennes? Sans doute, vu qu’il y avait plus de CRS que d’employés du théâtre dans les environs. Impossible de réchapper aux contrôles et surtout pas question d’emmener ta bouteille, ni même ton sac, sale terroriste en herbe! Une bonne raison à ce retard, donc, mais pas que…
Cette queue si longue des retardataires, attendait en effet mardi dernier la représentation du dernier Castellucci, « Sur le concept du visage du fils de Dieu ». Et ça se sent, dans cette attente des vestiaires. Les gens se regardent, s’interrogent, semblent vouloir rentrer à reculons dans la salle . Et pourtant, elle est comble. Mais alors, que se passe-t-il? Et bien, douce France, tu cries au scandale quand tu regardes cette pièce, voilà ce qu’il se passe. Partout dans le monde, la représentation se fait sans accrocs, mais pas ici.

Ouai, ça s’annonçait folklo

Bon, c’est donc un peu déçu de ne pas avoir vu les grands absents du soir, les clowns intégristes prêts à tout faire sauter mais aussi intrigué par cette pièce qui somme toute, semblait tout de même n’être pas un grand moment de plaisir, que je pénétrais mardi dans la salle de théâtre du TAP. Petite et agréable surprise, pour des justifications (peu crédibles à mon sens) de sécurité, le TAP annonce que la pièce est coupée d’une scène. En effet, le comité de censure local a interdit aux enfants qui y intervenaient de jouer, « pour des raisons de sécurité ». Le but était sans doute aucun d’en empêcher la représentation, mais le TAP s’est accroché et a décidé de la faire représenter tout de même. C’est donc une pièce amputée que j’allais voir, me dis-je en m’asseyant.

Au nom du père, du fils et du saint esprit…

En face, une scène au décor minimaliste. Un « salon » symbolisé par un canapé et une télé, une salle à manger et sa table et enfin un lit. Trois décors pour, je le découvrirais plus tard, trois étapes, le triptyque semble être là, le divin est donc bien présent.
Mais le plus impressionnant est sans doute cette gigantesque toile représentant le Christ illuminé occupant le fond de la scène. C’est l’objet du scandale. Cela mais aussi ce que l’on pourrait hâtivement considérer comme une dimension… légèrement scatophile. En effet, dans les trois tableaux successifs, un homme, par ses gémissements geignards et son immobilisme emplit la salle du son de ses halètements plaintifs alors que s’étale à ses pieds la merde qui déborde de sa couche. Désespérément impotent, reclus dans sa propre solitude, il est l’incarnation de la misère, de la vieillesse, de l’abandon. Et pourtant, se tient à ses côtés un fils, bien habillé, homme d’affaire, homme pressé. Il se prépare à partir lorsque les sanglots du vieil homme démarrent. Et en un rien de temps, une tâche de merde, puis une autre. L’homme pressé semble stopper dans le temps, le console en bon fils, avant de le nettoyer, lentement. Sous les yeux du spectateur se met donc à nu ce vieil impotent délaissé, baigné dans sa merde, dont les sanglots ne sont entrecoupés des paroles rassurantes mais légèrement exaspérées du père qui patiemment, le déshabille, le nettoie, nettoie la merde qui bientôt, envahi la scène nos yeux, nos nez, même.
Le vieux sanglote sous le poids de la honte que font peser sur lui le regard du fils et nos regards de spectateurs. Et cela se répète, une seconde, une troisième fois. La tension monte avec l’impuissance de l’un et l’exaspération de l’autre, jusqu’à en devenir insoutenable. La performance est frappante de réalisme, et tient du body art, ce mouvement artistique étudiant la beauté et les limites du corps.

La transcendante révélation

Et l’on comprend alors. L’anathème populaire qui s’est abattu sur cette scène théâtrale est celle de ceux qui, comme le disait Desproges, « ce sont trompés de colère ». J’expliquerais aussi personnellement ce phénomène par l’absence de sur-titres, la pièce étant en Italien. Dommage, dommage, car les expressions et l’importance des quelques mots exprimés, la tendresse qui leur est sous-jacente, me semble vitale pour comprendre l’abîme d’affection qu’entretiennent les deux personnages.
Jésus est l’homme fait d’une image, d’un regard. Il est profondément ancré dans ces cultures occidentales qui aujourd’hui le rejettent. Etre millénaire, supérieur et humain, il est le symbole d’un triptyque religieux. Le père est là, le fils est là. Il manque l’esprit, dans cette scène. Sauf peut-être celle de cette peinture, de ce dieu, « ecce homo », car voici l’homme. Point d’histoire, juste le désespoir de ce regard qui juge, celui du spectateur, qui ne peut que s’apitoyer de cet homme qui plonge désespérément dans la merde des considérations humaines. Dieu est absent, dans cette vie d’abandon. A ce titre, il n’y a pas de blasphème, on ne souille pas son image, dans cette pièce. La scène terrible, finale, ou l’image va littéralement se décomposer, vaut le coup d’œil. Chef d’œuvre d’esthétique théâtrale, elle est aussi lourde de sens sur l’invisible omniprésence d’une force divine. On peut la souiller, la détruire, elle sera toujours là. Car il s’agit de la présence du sublime, si dégradée mais aussi si présente dans l’homme.
Et les manifestations d’extrémisme sont là pour prouver qu’une vraie foi, celle qui nous est propre à tous, croyants comme laïque, tient en ce que le beau sans doute, est inhérent à l’homme. Voilà pourquoi, je dois le dire, après être entré méfiant et un peu intimidé, j’en suis ressorti convaincu.

***

Castellucci fait ici preuve d’une superbe démonstration, aussi esthétique que profonde. On ne blasphème pas Dieu, dans cette pièce. Au contraire, Dieu et son incarnation soupèsent notre être charnel, et sous le poids de son regard, on sent le regard de l’autre. L’homme n’est que fèces et urine, mais il est aussi autre chose. C’est ce que Castelluci interroge, c’est ce que nous ne devrions jamais oublier.